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Pont-Croix 

Objets rares d'hier 

Le drusthuil, meuble typique du Cap-Sizun

 

La coiffe de deuil "ar jibilinen "

Ces objets sont visibles au musée du patrimoine 

Le  Marquisat de Pont-Croix

et en photo sur le blog

 

 

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Vous aimez la Bretagne

Vous aimerez le Cap-Sizun

situé au bout du monde, au pays des calvaires, au pays des chapelles, au pays du grandiose, là où finit la terre et commence la mer.

Regardez!!

 

 

 

 


 


Evel ar C'hap, n'eus bro ebet

Il n'y a pas de pays comme le Cap

Pont-Croix

Cap-Sizun côté pile et face

Beuzec

Cleden

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Plogoff 

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Pont-Croix 

Primelin

 

Toutes ces miniatures sont extraites de l'album photo du blog. Elles correspondent chacune à un article qu'il suffit de demander dans la liste des articles 

 

 

 

 

 

24 décembre 2015 4 24 /12 /décembre /2015 23:26

Noël 1956 en Algérie


PIC_0444.jpg


*****

Noël !!!

A l'occasion des fêtes de Noël, Il est d'usage et même de tradition dans certaines professions d'échanger quelques mots avec les amis en se rappelant parfois quelques souvenirs, par exemple les temps forts  qui ont jalonné un itinéraire. Un de mes camarades d'école, une école pour adultes à propos de laquelle je ne dirai rien de plus, vient de m'adresser  un texte que je publie ici avec son autorisation. Il se trouve que je connais,  au moins partiellement,  les lieux qui sont cités car il s'agit d'une histoire authentique qui raconte un Noël vécu, dans les circonstances particulières, très particulières qui caractérisent certaines professions. Merci François d'avoir bien voulu m'autoriser à publier ton texte que j'ai trouvé très beau et plein de signification

*****



A l'automne 1956, en Algérie, le 3ème Bataillon (Commandant Langlois) du 3ème REI (Colonel Gaumè) quitte les postes qu'il occupait en bordure de l'Oued Abdi, dans le massif des Aurès, pour se regouper en réserve de secteur à Biskra. La 12ème compagnie (Capitaine Bussière, alias Bubu, avec la 11 bivouaquent dans l'école de Ksar et Melouk, sud de Biskra sur la route de Tolga.
Noël est proche. je suis l'unique Lieutenant de la 12. Il me revient donc de veiller à la préparation de notre traditionnel concours de crêches. Nous disposons de peu de temps; nos activités opérationnelles occupent l'essentiel de celui-ci. Le choix d'une crêche vivante nous paraît le meilleur pour tenir compte de cette contrainte.
Un coin de préau aménagé prendra l'apparence d'une étable. Une vache famélique sera élevée à l'emploi et à l'appellation de boeuf. Un bourricot sera un âne parfait. Les moutons viendront du voisinage. Quant au dromadaire, destiné à donner du relief à l'ensemble, il sera négocié sur le marché local des camélides.

Des légionnaires feront de fiers bergers. Pour les rôles de Marie et Joseph, je ne m'en mêle pas. Ils seront cooptés au sein de la compagnie.
Et Jésus ??....

Contre toute attente, la solution s'est miraculeusement imposée d'elle même:
Aïcha !..
Aïcha est une charmante petite Algérienne du douar voisin, âgée d'environ 3 ans. Elle vient fréquemment traîner dans le cantonnement. Adoptée par tous, elle est devenue la mascotte de la compagnie.

La maman consultée accepte avec joie notre idée.

C'est ainsi qu'en cette nuit du 24 décembre 1956, dans une étable improvisée, à Ksar el Melouk, dans le sud algérien, une petite fille musulmane fut l'enfant juif qui allait devenir le seigneur de la Chrétienté.
Sur la place, devant l'école, une foule musulmane assiste émerveillée à cette fête de la nativité, et je crois que tous, nous étions en communion....

******
texte du Capitaine François Girauld 1er RE, 3ème REI, 2ème REP (1955-1961)
NB:  RE: Régiment étranger (d'infanterie) 
                     REP: Regiment Etranger de parachutistes


saferedirect1.jpg

Joyeux Noël à tous ceux qui liront ce texte

*****




 

Cet article a déjà été publié ici le 15-12-2019

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2 octobre 2014 4 02 /10 /octobre /2014 09:32

Audierne.Cap-Sizun. Le vieux soldat

 

C'est par l'intermédiaire d'une audiernaise de souche exilée en région parisienne que nous avons eu connaissance d'une très jolie chanson qui, par certains côtés a des rapports avec l'actualité. Nous avons donc décidé de la publier, et tenons à remercier notre amie Anne (nom d'emprunt) pour sa fidélité et son attachement à notre beau pays du bout du monde. Merci Anne. Nous vous embrassons avec toute notre amitié en partageant ce beau poème de JP Mefret avec tous les vieux soldats.

Video consultable sur youtube:

www.youtube.com/embed/shBxm5x6QTs

 

    audierne-7-02-05_052.jpg 

 

******

Le vieux soldat 

 

Dans ses yeux, il y a de la souffrance,
ça ne se voit pas.
Dans son coeur, il y a de la vaillance,
ça ne s'entend pas.
Ses bras ont perdu leur puissance,
mais il est toujours là,
prêt à se lever pour la France,
le vieux soldat.

Derrière lui, il y a une existence,
que je n'te raconte pas.
ça commence dans la Résistance,
c'est loin déjà.
Il sortait à peine de l'enfance,
en ce temps là,
quand les nazis crevaient la France,
et c'est pour ça


REFRAIN
Ca lui fait mal, toutes ces insultes,
cracher sur la France que l'on traite de pute.
Ca lui fait mal, le drapeau brûlé, le drapeau souillé
la mémoire tachée.

Ca lui fait mal, il l'a mauvaise,
lorsque l'on siffle la Marseillaise
Ca lui fait mal, voir son pays livré au mépris,
il en est meurtri.
Le respect, il veut du respect,
juste du respect, le respect.


Les symboles ont de l'importance,
pour cet homme là.
La vision de toutes les offenses,
Fait du dégât.
Il faut dire que ça n'arrive qu'en France,
Toutes ces souffrances, là.
Il vient défier l'irrévérence,

le vieux soldat .

 

*****

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15 octobre 2012 1 15 /10 /octobre /2012 11:15

Communiqué

 

Objet : 19 mars 1962

 

Références: Article ici publié relatif au 19 mars 1962

 

Titre: 19 mars 1962. Accords d'Evian Mémoire vivante

 

Lien pour accès direct

 

Audierne.Cap-Sizun.19 mars 1962.Accords d'Evian.Mémoire vivante

 

******    

L'article désigné ci-dessus vient de recevoir un complément sous la forme d'une analyse juridique qui confirme les informations déjà publiées .

A l'attention des aimables lecteurs. Merci 

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11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 00:00

 

Audierne. Cap-Sizun.

19 mars 1962. Accords d'Evian

 

    Mémoire vivante

 

 

 

 

 

 

 

Ci -dessus : souvenirs de famille.Guerre de 14-18. Hôpital d'Autun Saône et Loire. 21 mars 1916

 

Les souvenirs ont-ils  une âme ??

 

******

 

Références:

 

Source: informations privées et personnelles

 

Objet: Projet de loi déposé par le député de la Première circonscription de la Loire, Monsieur Régis Juanico, pour faire reconnaître la date du 19 mars 1962 comme journée nationale du souvenir

 

Cette proposition de loi est

 

« relative à la reconnaissance du 19 mars comme journée nationale du souvenir et de recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie et des combats en Tunisie et du Maroc »

 

    Préambule. Motivation du blog konchennou: 

 

  La date du 19 mars 1962 est régulièrement et tous les ans honorée en France comme en Cap-Sizun par une association des Anciens combattants d'Afrique du Nord: la FNACA.  Ayant participé aux évènements d'Algérie durant quasiment 7 années et ayant été présent sur le territoire concerné avant et après cette date du 19 mars 1962, j'ai pu constater en spectateur voire même être acteur  au cours  de certains évènements qui s'y sont déroulés. Je considère donc pouvoir et peut-être même

 devoir

 

Témoigner, sans esprit de revanche, sans ambitions personnelles, en toute objectivité et sans acrimonie.

J'écris de mémoire, sans consultation de notes . Tout est dans la tête, en toute sérénité, sans obsession ni esprit  de revanche .

 

Si d'aventure quelqu'un souhaitait apporter la contradiction et plus encore mettre en doute la réalité de ce que j'écris, j'affirme sur l'honneur que je ne dis que la vérité.  Ce n'est pas ma vérité, c'est la relation aussi fidèle que possible d'évènements vécus,  en vraie grandeur sur le terrain. Je suis officier en retraite et lorsqu'un officier donne sa parole il sait que si  la preuve du contraire de ce qu'il dit ou écrit  était apportée il serait couvert de honte et confronté au déshonneur. J'assume !!

 

A 82 ans je n'attends plus le jugement des hommes mais le jugement dernier.

 

*******

J'ai déjà écrit dans un texte précédent le drame de conscience que j'avais vécu avec mes harkis. On peut le relire  éventuellement :

 

Lien:

 

Audierne.Esquibien.Cap-Sizun.Accords d'Evian.Qui s'en souvient ??     

 

  J'ai dit que à cette date précise je me trouvais en métropole bénéficiant d'une permission . A l'issue de cette permission j'ai rejoint mon unité que mes adjoints avaient fait déplacer sur ordre. Par respect d'un dernier devoir de réserve, et peut-être aussi par  prudence (excès de ) , je ne citerai  pas les noms de lieux  de manière précise pas plus que les numéros d'unités.

J'ajoute que la hiérarchie de la période opérationnelle active avait été remplacée à cette époque  par une autre génération que j'ai baptisée celle de  "Des Bureaux" dans un livre publié en 2000.

 

*****

Les faits

 

Donc j'ai reçu l'ordre, postérieurement au 19 mars 1962,   de reprendre et  de m'installer temporairement dans  le poste précédemment tenu par ma compagnie. Il était occupé par une unité  de combattants appartenant à nos adversaires qui ne respectaient pas les acccords d'Evian puisqu'ils étaient sortis des zones qui leur étaient attribuées. Dans le cas précis, selon les accords, ils n'avaient pas le droit d'être là 

 

Mon unité,  se déplaçant au pas cadencé, arme à la bretelle, a réoccupé le poste sans tirer un seul coup de feu.  Les occupants sont partis au pas de course également sans tirer. Ils stationnaient à environ 200 mètres de nous sans agressivité.

 

Je précise que tous ces évènements étaient vécus par  les soldats appelés du contingent avec lesquels certains "Des Bureaux" faisaient "joujou".  

Mon poste était donc investi et occupé jusqu'à notre arrivée. Un local privé (ex chapelle), datant de la construction du poste était transformé en toilettes pour ne pas employer un autre mot plus courant et vulgaire. Heureusement mes adjoints avaient démonté la pierre d'autel et récupéré le parchemin scellé avant de partir .

 

 Et ce n'est pas tout.

 

J'ai reçu par radio l'ordre de faire des prisonniers pour pouvoir témoigner en haut lieu  de la situation de  non respect des accords d'Evian. J'ai donc donné mes ordres :

 

Disposition de combat, interdiction d'approvisionner et tirer sans mon ordre personnel    

        

  Pendant la progression un de mes chefs de section, officier de réserve et séminariste de son état  a paniqué et a hurlé:

 

Ils vont tirer !!

 

Grossièrement , une fois n'est pas coutume, je lui ai répondu:

 

"Ta gueule ! La ferme !! Ils n'ont pas le droit."

 

Nos objectifs ont pris la fuite au pas de course. Sprint des soldats du contingent en pleine forme physique. Nous avons réussi  à encercler un groupe de 2 combattants retardataires. Prisonniers, ils  ont refusé de remettre leurs armes. J'ai demandé par radio une intervention de gendarmerie tout en maintenant  l'encerclement. Même refus de remettre les armes. Ils ont cependant accepté d'embarquer dans le véhicule de gendarmerie à condition de garder leurs armes. PV dressé à la brigade de gendarmerie de ..... et libération accordée avec leurs armes. "Des Bureaux" était content. Pas moi car cela aurait pu être un carnage. En effet, nous avons procédé à un exercice hyper dangereux qui aurait pu se traduire par des pertes énormes et inutiles si la discipline de feu n'avait pas été respectée. Imaginez une fusillade à bout portant. Combien, de victimes ?? Heureusement personne n'a tiré. Je crois pouvoir dire que celui qui a ordonné cette opération ignoble, stupide  et inutile  aurait été plus à sa place dans un patronage comme moniteur de colonie de vacances chargé d'organiser un grand jeu, que dans les Aurès après le 19 mars 1962 . Mon métier étant d'obéir, j'ai obéi. Pour un grand jeu irresponsable. 

   

Renouvellement de ce type d'opération dès le lendemain en direction d'une célèbre Guelaa (grenier à grains). Un arc de triomphe attendait à l'entrée du village l'arrivée des vainqueurs. J'ai demandé l'autorisation de destruction? Refusée par "Des Bureaux". Les vainqueurs stationnaient tout près. Parmi eux, un déserteur FSNA de ma compagnie avec son PM MAT 49. Tout souriant !! Mon convoi est entré dans le village en inaugurant l'arc de triomphe. Puis , ordre de retour. Encore un coup pour rien puisqu'une photo aérienne prise sans risques  aurait suffit pour matérialiser et officialiser la présence abusive .

 

Stage en France au camp du Valdahon pour moi. J'y retrouve des amis. Nous nous préparons pour..... le mur de Berlin face à l'est alors que c'est au sud que les choses se passent.  Nous sommes tous à cran !!

La radio nous annonce que 2 légionnaires viennent d'être fusillés. Bruit de verres cassés au bar du camp. Les officiers anciens de la légion se sont mis au garde à vous  en silence , tous très pâles.

 

Durant mon absence  ma compagnie quitte les Aurès sans que je le sache. Nouvelle mission à Alger.

Fin de stage. Je rejoins mon bataillon que je croyais toujours dans les Aurès et je me rendais à Batna. Dans l'avion France-Alger un officier supérieur rejoignant Alger me fait savoir que mon unité s'y trouve aussi et me propose de le suivre dans le  véhicule   qui l'attend à Alger-Maison Blanche. Je suis et me présente à "Des Bureaux" qui ne m'avait même pas informé de la situation nouvelle . C'était à El Biar, cité universitaire

 

 Imaginez la suite...à Batna et dans les Aurès....   seul...!!! Je ne témoignerais sans doute pas aujourd'hui

 

Nouvelle mission à Alger: gardiennage de locaux sensibles: villa Sezini, Villa  Pouillon et centre Lung d'action sociale. Mission accomplie avec plusieurs incidents!

 

1- Villa Sezini point sensible. Pas d'abri pour les sentinelles régulièrement caillassées. Confection de lance-pierres comme dans mon enfance et tir à volonté sur mon ordre depuis le toit en terrasse de la villa. Parallèlement lâcher de chiens bergers allemands d'un peloton cynophyle reçu en  renfort, chiens muselés. Avertissement oral par gygaphone: Demain les chiens seront   sans muselière. Bilan quelques blessés légérs et un oeil en berne. On nous fout alors la paix . Nous remettons en état la villa pour laquelle je garde mes souvenirs sans les diffuser  

 

2- Centre Lung  Comprend une piscine, une école d'infirmières, une école d'horlogerie sur plusieurs hectares. La mission de gardiennage est confiée à une section de la compagnie aux ordres d'un officier d'active.  Un matin, à l'aube  2 ATO (Auxiliaire temporel occasionnel) armés de PM Mat 49 percent la clôture longue de plusieurs centaines de mètres et pénètrent dans le centre au nez  et à la barbe des sentinelles . Mon chef de  section me rend compte. Je rends compte à mon bataillon et rejoint le centre pour entendre les ATO me  dire que les lieux n'étant pas gardés il en prennent la charge .  Le commandant adjoint du bataillon arrive sur place  puisque "Des Bureaux " est en permission. Il ordonne  énergiquement aux ATO de se retirer. En réponse on lui braque les 2 Pistolets mitrailleurs  armés sur le ventre. (culasses en arrière, volet ouverts donc armes prêtes à tirer. Il suffit d'appuyer et... Pour les connaisseurs).

 Entre temps j'avais fait venir un groupe de combat armé jusqu'aux dents. Le commandant en second me donne des ordres  à voix forte sans émotion apparente. Je lui réponds qu'il ne commande pas dans ces conditions et que  c'est moi qui décide.

   

Alignement de mon groupe de combat. Inspection des armes .

 

Mes ordres: culasses ouvertes, interdiction d'approvisionner sauf mon ordre personnel.

 

Seul un sous-officier  ancien est dispensé de la neutralisation de son  arme et reste en garde, prêt à intervenir. Mon commandant s'agite et moi je négocie en proposant de baisser les armes toujours braquées.  J'obtiens petit à petit gain de cause et les armes se rangent. Les ATO quittent les lieux.

 Durée  de l'opération:

plusieurs heures de tension nerveuse.  On ne les reverra pas.

 

Plus tard, beaucoup plus tard mon commandant en second  a embrassé mon épouse en lui disant que ....C'est confidentiel. Quelques  larmes partagées. On ne décrit pas les émotions qui appartiennent au domaine personnel.

 

Je n'ai pas dit que  j'étais sans arme apparente mais que j'avais en réserve dans ma poche droite comme d'habitude mon petit pistolet 6,35, acheté en France avec la complaisance des gendarmes au cours d'une permission, détenu légalement et invisible de par sa taille. Un jouet de cinéma fait pour rater une vache dans un couloir . Il m'accompagnait toujours lorsque nous avions l'ordre de nous montrer sans arme pour la frime et la parade. Il est revenu en France , discrètement et sans munitions  pour franchir la douane des vainqueurs et je l'ai gardé jusqu'à ce que mon autorisation de détention soit victime d'un fonctionnaire naphtaliné  qui m'en a refusé le renouvellement . Refus pour refus j'ai refusé de le rendre mais j'ai dû le faire mutiler à la manufacture d'armes  de Saint Etienne où son canon a été soudé. Il ne fonctionnera plus jamais mais il ne parlera plus non plus car s'il n'a pas servi ce jour-là, ses états de service appartiennent à ma mémoire. Il a peut-être servi ailleurs, participant aux souvenirs du 19 mars 1962 qui ont vu l'accession à l'indépendance d'anciens départements français au prix de 30000 morts dont 53 jeunes officiers de ma promotion. Mon ex-pistolet ne parlera plus. Nous sommes trois à connaître son histoire. Le Diable, le Bon Dieu et moi. Les deux premiers ne diront rien, moi non plus. Confidentiel personnel.  

J'aurais pu  faire partie des victimes  puisque c'était mon métier. Le sort ne l'a pas voulu . Les "naphtalinés de service "qui gèrent les dossiers dans la douce quiétude d'un bureau climatisé appartiennent sans doute à la même race que les "Des Bureaux" . On parle aujourd'hui de 15000 kalachnikovs en circulation. Alors les "naphtalinés" ???? 

   

3- Villa Pouillon:  Appartenant à l'architecte du même nom , elle n'a pas eu d'histoire particulière durant mon temps de responsabilité. Par contre, l'architecte, réalisateur des célèbres constructions de Diar El Massoul et Diar el SAADA (orthographe à vérifier) a eu des démêlés avec la justice française. Mais il avait récupéré sa villa intacte, auprès de l'ambassade de  France, bénéficiant si je me souviens bien d'une double nationalité. On le retrouvera plus tard, en ouest algérois, construisant une cité balnéaire près du tombeau de la chrétienne à Zeralda.

****

L'ensemble des locaux dont j'avais la garde a été remis à Monsieur l'Ambassadeur de France qui pour remercier mon unité , lui a fait parvenir un témoignage de satisfaction figurant dans les dossiers .

Préalablement j'avais assisté à l'entrée des vainqueurs dans Alger. Ils arrivaient par la "route moutonnière" située à l'est de la ville. La vue de la terrasse de la villa Sezini dominant Alger la Blanche était magnifique mais les coeurs étaient serrés et  tristes.

 

La coupe était bue, jusqu'à la lie !! Une autre époque démarrait. Le bataillon irait à Boufarik, sans moi. Retour en France 

 

Malheur aux vaincus car il n'y a qu'un seul  vainqueur.

 

Je reverrai mon bataillon une fois encore, plus tard , pour assister à sa dissolution à Sarrebourg dans l'est de la France . Que d'embrassades !! Personne n'avait oublié; personne ne pourra oublier.

.... 

 

Derniers souvenirs 

 

Alger se vide. Les frigidaires sont sur les trottoirs , à vendre pour quasiment rien puisqu'ils proviennent des appartemnts libérés par les européens. Les rues sont encombrées de voitures vides et abandonnées. On nous invite parfois à nous rendre à l'église de... Derrière le bénitier, une arme dissimulée par un partant . Les convois militaires sont invités par un geste dédaigneux à franchir les contrôles organisés par les vainqueurs . Les appelés du contingent se baignent au centre Lung ou à Sidi Ferruch et j'en passe...

 

Il n'y a pas eu de coups de feu tirés par respect du cessez le feu, mais,

que de coups de pied au ...plutôt  pour la servitude du métier des armes que pour sa grandeur.

 Dans ce périple  j'ai rencontré un camarade de promotion qui a choisi une voie différente de la mienne. Il se reconnaîtra s'il lit ce texte . Je pense qu'il partagera mon point de vue tant pour ce qui concerne les harkis que pour les "Des Bureaux " qu'il a lui-même subi. Salut Jacques...  

 

        Trois saints-cyriens sont sortis de l'enfer ....Mes camarades connaissent la suite.. 

 

Conclusion 

 

    Citation paquetage pour "Des Bureaux" qui a obtenu sa croix de guerre et n'aura plus à loucher jalousement sur le coté gauche de la tenue de sortie de ses subordonnés, juste au dessus de la poche . Il  a terminé sa carrière comme général, satisfait du devoir accompli après avoir agi selon sa conscience. Moi aussi, sauf que nous n'avions sans doute pas la même définition de ce mot .   Il  se trouve sans doute aujourd'hui, quelque part en Enfer où j'espère ne pas être affecté lors de ma prochaine mutation. Fasse le ciel que un nouveau 19 mars 1962 me soit évité dans la cohabitation de l'au-delà. Je voisinerai volontiers avec mes anciens harkis, à proximité des jardins de leur religion. 

   

On pourrait poursuivre.

 

Et tout cela avec des soldats du contingent.

 

 

Alors 19 mars 1962, commémoration en présence des.....

 

Future journée nationale, non !!   Je serai absent et fournirai si nécessaire un certificat médical car je serai  consultant  pour consultation motivée  puisque j'ai conservé quelques traces du périple et même du 19 mars 1962, jour sans gloire de notre histoire qui ne mérite pas devenir une commération ni une référence.

 

Tout au plus, une petite croix sur l'éphéméride pour enseigner l'histoire avant le passage...sur l'autre rive. 
    

 

     

 

 

******

 

 

 

1

Le 19 mars,

un faux anniversaire pour un faux armistice

 

 

1

 

a date de la commémoration de la fin de la guerre d’Algérie, comme l’appellation ellemême

de cette « guerre », longtemps considérée seulement comme « les événements

d’Algérie », a aussi longtemps fait débat en France, jusqu’à la décision prise par le Président

de la République d’adopter la date du 5 décembre pour la journée nationale d’hommage

aux morts de la guerre d’Algérie et des opérations au Maroc et en Tunisie

 

2.

Le choix de cette date a été le fruit du travail d’une commission, présidée par le Professeur

FAVIER, de l’Institut et réunissant les douze associations les plus représentatives d’Anciens

Combattants de toutes les guerres pour proposer une date commune. Après discussion et un

vote démocratique, 10 associations (représentant 800 000 adhérents

 

3) ont opté pour le 5

décembre, date à laquelle avait été inauguré, en 2002, le Mémorial A.F.N. du Quai Branly.

Le 5 décembre 2002, en effet, toutes les associations et fédérations étaient présentes, dans

une même communion d’esprit, autour du seul souvenir de ceux qui avaient donné leur vie

au service de la Patrie au cours de cette période des combats d’A.F.N.

La volonté d’apaiser les débats se manifestait ainsi dans un jour qui rassemble, exempt de

toute considération politique, philosophique ou religieuse et respectant les sensibilités de

chacun. Il ne s’agissait ni de commémorer une date, ni de célébrer une victoire ou de

pleurer une défaite, mais tout simplement d’honorer ce jour là, sur l’ensemble du territoire

national la mémoire de ceux qui, indépendamment de leurs propres convictions, avaient

disparu dans ces combats et ces événements.

On peut certes contester le choix du 5 décembre, mais on ne peut refuser à cette date

l’avantage d’être neutre et uniquement tournée vers l’hommage aux morts.

Cependant, malgré la quasi unanimité recueillie autour de ce choix, une association

continue de militer pour que ce soit à la date du 19 mars que soit célébrée la mémoire des

morts en Algérie.

La date du 19 mars est celle du cessez-le-feu décidé, en 1962, lors des entretiens entre le

gouvernement français et des représentants du Front de Libération Nationale algérien, à

Evian.

C’est là que commence toute une série de malentendus…..

***

1

 

- Titre et éléments d’argumentation empruntés à un article de M. René MAYER, paru dans la revue de l’été

2009 de l’Association « Secours de France ».

2

 

- Par décret n° 203-925 du 26 septembre 2003 le Prési dent de la République a institué le 5 décembre journée

Nationale d’Hommage aux « Morts pour la France » pendant la guerre d’Algérie et des combats du Maroc et de la

Tunisie. Cette date du 5 décembre a été confirmée par l’article 2 de la loi N° 2005-158 du 23 février 2005 portant

Reconnaissance de la Nation.

3

 

- Les deux autres associations représentaient environ 400 000 adhérents)

L

 

2

e premier malentendu tient au fait qu’

 

il n’y a jamais eu d’accords officiels signés entre la

France et un quelconque organisme représentant la rébellion algérienne :

 

1. ce que l’on appelle « les accords » d’Evian ne porte même pas ce nom dans le

document d’origine établi à Evian : les conclusions des entretiens qui se sont déroulés

à Evian portent le nom de « déclarations »

2. cette absence de référence à tout accord de type diplomatique ne confère à ces

déclarations aucune valeur juridique au plan international et laissait, d’emblée, la

porte ouverte à toutes les remises en cause, puisqu’il ne s’agissait que de déclarations

d’intentions.

3. ces « déclarations » ont d’ailleurs été immédiatement rejetées par les instances

dirigeantes de la rébellion, qui ont désavoué les représentants qu’elles avaient ellesmêmes

déléguées à Evian.

4. en l’absence de toute portée juridique, les conclusions des négociations d’Evian

n’ont jamais pu être utilisées par la France et ses ressortissants vis-à-vis de la juridiction

internationale pour faire respecter les clauses essentielles prévues (telles que, par

exemple, les droits de propriété des européens d’Algérie, la participation

d’européens aux affaires publiques, la parité de la mise en valeur du sous-sol

saharien, l’usage de la langue française, etc…)

La mise en oeuvre des « déclarations d’Evian » a donc été effectuée de manière strictement

unilatérale, par la France seule, sans partenaire.

Ce fut notamment le cas de ce que l’on a appelé le « cessez-le-feu ».

***

e second malentendu est en effet

 

la notion de « cessez-le-feu » décrété à partir du 19

mars 1962.

Dans une guerre « normale », cette décision, qui s’apparente à la notion d’armistice entre

deux belligérants, est appliquée sur le champ de bataille par les troupes en présence et

conduit à une interruption des combats et à la mise en oeuvre d’un certain nombre de

procédures, permettant notamment de préserver les populations. Cette situation débouche

ensuite soit sur la reprise des combats en cas de désaccord entre les diplomates négociant

la fin du conflit, soit sur un accord de paix entre les parties.

Dans le cas de l’Algérie, la situation était fort différente de cette procédure : la guerre n’en

était pas vraiment une et l’adversaire n’avait pas d’existence internationale légale. En outre,

compte tenu du caractère même de la « guerrilla », l’ennemi sur le terrain n’obéissait à

aucun commandement capable de faire appliquer un tel cessez-le-feu, d’autant plus qu’à

l’époque, les combats étaient devenus rares, en raison de la mise hors-de-combat,

précisément, de la plupart des rebelles, sur le territoire des départements d’Algérie.

Le cessez-le-feu ne fut donc mis en oeuvre que par le commandement français, qui l’imposa

à ses troupes, avec toute la rigueur d’une organisation militaire conventionnelle. L’armée

française reçut l’ordre de s’enfermer dans ses cantonnements et de n’intervenir qu’en cas

de légitime défense d’elle-même.

Le cessez-le-feu fut donc strictement unilatéral et les « combattants de la onzième heure du

F.L.N. » eurent alors les mains libres pour se livrer à une application particulière d’un cessez-lefeu,

non validé par les instances dirigeantes de la rébellion, réfugiées à Tripoli.

La date du 19 mars 1962 a donc été le signal d’une période particulièrement douloureuse de

la tragédie algérienne, puisqu’il y a eu, à partir de cette date et jusqu’à l’exode total des

Européens d’Algérie, plus de victimes, (d’origine européenne ou algérienne) que durant

toute la guerre. Assassinats et enlèvements, qui avaient été pratiquement éradiqués, ont

connu une virulence accentuée par la sauvagerie et le caractère irrationnel des actes

L

L

 

3

commis. Aujourd’hui encore, de nombreuses familles de pieds-noirs ne savent toujours pas ce

que sont devenus ceux des leurs qui ont été enlevés à ce moment-là et qui ont été estimés à

plus de 3000 personnes (contre 2788 tués et 875 disparus pour la période 1954-1962).

En ce qui concerne les harkis, qui avaient le statut légal de supplétifs de l’armée française,

on évalue le nombre de leurs morts, dans des conditions particulièrement atroces

(égorgements, ébouillantements, écorchages vivants, émasculations, etc….) à un chiffre

officiel compris entre 60 et 70 000 victimes, massacrées sous les yeux de l’armée française

dans les rangs de laquelle ils combattaient quelques semaines avant.

Sans parler des populations d’origine algérienne qui s’étaient engagées aux côtés de la

France et qui ont également été impitoyablement massacrées dans leurs douars, au fond

des montagnes, sans que l’on puisse avancer un chiffre qui ferait sans doute horreur.

Enfin, et ce n’est pas le moindre fait au regard de la démarche de mémoire que

recherchent aujourd’hui les Anciens Combattants de cette époque, la Direction de la

Mémoire, du Patrimoine et des Archives (DMPA) du ministère de la Défense a recensé

 

386

militaires français

 

 

ayant trouvé la mort après le 19 mars 1962 et pas seulement dans des

accidents en service.

***

e troisième malentendu est d’origine plus récente, car, dans l’imaginaire populaire

français, qui ne connaît pas vraiment l’histoire de cette période, on a facilement

 

tendance

à placer la commémoration de la fin de la guerre d’Algérie au même niveau aue

l’armistice du 11 novembre 1918

 

 

(qui a été demandé par l’adversaire en raison de la victoire,

sur le terrain, des troupes alliées) ou que la Victoire du 8 mai 1945 (qui a été imposée par les

Alliés à l’Allemagne totalement vaincue).

Il est bien compréhensible, en effet, que les deux millions de jeunes Français qui ont été

envoyés défendre les couleurs de la France en Algérie veuillent aujourd’hui commémorer la

fin d’un événement qui a marqué leur jeunesse.

Mais, après avoir vécu une guerre qui n’a jamais voulu dire son nom, pourquoi faut-il qu’une

minorité d’entre eux, certes organisés en une fédération très active, qui occupe

puissamment l’espace politico-médiatique, mais qui demeure minoritaire, choisisse une date

célébrant un faux armistice ?

Pourquoi faut-il, après avoir inutilement sacrifié une partie de leur jeunesse, qu’ils sacrifient

aujourd’hui leur honneur en commémorant un faux anniversaire ?

*

**

***

a date du 5 décembre n’est sans doute pas très heureuse, mais elle a le mérite de se

vouloir apaisante, quelles que soient les opinions.

S’il n’existait qu’une seule raison pour refuser la date du 19 mars, elle ferait appel à la

mémoire de tous ceux qui sont tombés là bas avant le 19 mars et dont la mort n’a servi à rien.

Elle ferait surtout appel à la mémoire de tous ceux qui sont morts après le 19 mars, parce que

la France avait baissé les armes et les avait abandonnés à leurs tueurs.

Vouloir célébrer le 19 mars est

 

un déni d’honneur à l’égard des premiers et un déni de

mémoire

 

 

à l’égard des seconds.

Le 1

 

er novembre 2009

Henry-Jean FOURNIER

 

Officier général en 2

 

ème section

L

L

 

 

 

 

 

 

 

 

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6 octobre 2012 6 06 /10 /octobre /2012 09:00

Audierne.Esquibien.Cap-Sizun.Accords d'Evian. Qui s'en souvient ??

 

Référence:Télégramme de Brest en date du 26-9-2012

 

 Titre: Accords d'Evian. Le harki quimpérois n'a pas oublié

 

*******

 

 

avril-mai_06_026.jpg

 

 

Les accords d'Evian. Qui s'en souvient ?? Les harkis, qui s'en souvient ?? De temps en temps, au cours d'une cérémonie de recueillement on effleure le sujet "Guerre d'Algérie" qui pour la majorité des gens fait partie des souvenirs d'ailleurs parfois classés aux oubliettes. Sauf bien entendu par ceux qui ont vécu et participé à cette tranche de notre histoire. C'est le cas du Quimpérois qui a fait l'objet de l'article cité en référence et qui a assisté à une cérémonie commémorative dans sa ville au cours de laquelle Monsieur Le Préfet du Finistère a lu un texte du Président de la République. Je cite:

 

" Il ya 50 ans , la France a abandonné ses propres soldats , ceux qui lui avaient fait confiance, ceux qui s'étaient placés sous sa protection, ceux qui l'avaient choisie et qui l'avaient servie "

 

 

 avait déclaré quelques minutes plus tôt, le Préfet, lisant le discours du chef de l'état .

 

****** 

 

Mea Culpa   !!

 

Répétons la question: Qui s'en souvient ?? Y a t-il des témoins ??

 

La réponse est oui !!!

 

******

 

J'ai été témoin et même acteur de ce drame affreux qui n'était ni plus ni moins que le renouvellement de ce qui s'était passé préalablement au Viet-Nam. Nous avons abandonné sur ordre ceux qui  avaient servi le drapeau français, ceux qui avaient combattu pour la France, nos compagnons d'arme.

 

Voici mon modeste mais authentique  témoignage, sans tous les détails par respect d'une certaine discrétion pour ne pas dire secret professionnel:

 

Après avoir effectué un premier séjour de plus de 4 années et demi en Algérie commencé dès 1955 lors de ma sortie des écoles militaires, j'ai été désigné pour un 2ème séjour commencé en septembre 1961 dans les Aurès. Commandant de compagnie d'infanterie dans le secteur des gorges de Thighanimine le plus exposé et le plus célèbre depuis la Toussaint Rouge de 1954 (début des hostilités) je dirigeais un sous-quartier (surface approximative: le Cap-Sizun) avec l'aide d'une harka de 40 hommes, tous vieux soldats aguerris. Mes harkis, opérant souvent en liaison ou renfort de la compagnie d'appelés du contingent,  obtenaient des résultats exceptionnels grâce à leur connaissance des lieux et leur sens du terrain qui les dirigeaient très rapidement vers les objectifs traités par leur habileté à utiliser les armes. J'ai plusieurs fois confié en opération ma sécurité personnelle et celle de mon équipe de commandement (radios) à mes harkis qui ne m'ont jamais déçu ni trahi . Cela aurait pourtant été facile !! C'est pour cette raison que je fus amené, lors de la cérémonie du 11 novembre 1961, à  remettre à 5 d'entre eux, la croix de la valeur militaire avec citation (photo à consulter dans un livre cité ci-dessous). Je me souviens de leurs  yeux et de leur regard qui exprimaient la  fierté et la reconnaissance. Un d'entre eux  m'a embrassé, en me disant que j'étais son père. J'eus ensuite l'occasion de faire plusieurs opérations avec eux et de les apprécier encore un peu plus et je leur faisais entièrement confiance. Pas un seul déserteur à la harka. 

 

Quelques jours avant Noël 1961, une embuscade  mixte composée d'appelés du contingent appuyés par des harkis réalisait à la tombée de la nuit, sans perte, un bilan que je ne détaille pas (plusieurs armes récupérées) . Ce bilan allait être le dernier de mon unité car dès le mois de janvier 1962, ordre était donné de préparer le désarmement des harkis, ce qui fut réalisé en février suivant.

En fonction de la durée de leur temps de service, les harkis recevaient en dédommagement une indemnité de remerciement pour ne pas dire de  licenciement. Nous savions pertinemment que cet argent serait convoité et récupéré très rapidement par nos adversaires qui attendaient dans l'ombre, faisant croire à nos harkis qu'en échange on les laisserait tranquilles. Rappellons qu'ils étaient désarmés donc incapables de se défendre. Certains affichaient leur fatalisme, d'autres pleuraient, allant jusqu'à nous (me) demander de les exécuter parce que c'était notre (mon) devoir. Souvenirs atroces  car nous devions répondre par une plaisanterie en  leur faisant croire qu'il n'arriverait rien parce que nous restions sur place mais que nous n'avions plus de raison de les utiliser puisque la paix arrivait.

 

Mensonge sur ordre !!!!

 

Après 6 mois de séjour dans les Aurès, j'ai bénéficié d'une permission en France. C'est en France, dans ma famille, que j'ai vécu le 19 mars 1962 (application des accords d'Evian), pendant que mes adjoints recevaient l'ordre de déménager, d'abandonner le poste occupé par la compagnie pour installer l'unité ailleurs, sans les harkis bien-sûr .

A la fin de ma permission, j'ai rejoint mon nouveau domaine  et constitué d'autres souvenirs en particulier au cours de  la réoccupation temporaire de mon ancien fortin, près duquel vivaient  avant les harkis. Je n'en dirai qu'un mot : je n'ai pas trouvé un seul harki, pas une seule famille de harki. Leurs logement étaient  vides. Qu'étaient-ils devenus ?? Personne n'a voulu me le dire. Par conséquent, je ne l'inventerai pas, je l'imaginerai seulement car je n'ai pas de preuves formelles  comme on en trouve en Sud-Oranais, à Saïda, où les harkis du commando Georges furent ébouillantés dans des lessiveuses .

 

Pour autant, tout le monde sait qu'il y a eu des chasses à l'homme, des vengeances horribles, des mutilations. Ceux qui ont vu ici ou là, des gorges ouvertes baillant vers le ciel et pleines de mouches, des yeux crevés, des nez et des oreilles coupés, des sexes coupés et cousus dans la bouche avec du fil de fer, des viols, des égorgements, des ventres ouverts, vidés et bourrés de cailloux et j'en passe, savent que la bestialité n'a pas  de limites.

 

Malheur aux vaincus !!

 

Et nous n'avons pas bougé.

 

Inch' Allah !!

 

 

J'ai estimé devoir raconter  cela (partiellement) dans un livre romancé publié en l'an 2000, livre accompagné de quelques  d'images, figurant dans la plupart des bibliothèques du Cap-Sizun Audierne, Primelin, Cleden etc.... sauf Esquibien car le maire de l'époque n'avait pas aimé constater par  mon texte (hors harki)  qu'il ne connaissait pas l'histoire de  sa commune, plus particulièrement l'histoire de la construction de la digue de Sainte Evette à propos de laquelle on continue à écrire encore des âneries aujourd'hui.

 

C'est l'orphelin de la digue de Sainte Evette que je suis qui le dis:  

 

Titre du livre :

 

Le calvaire, la colombe et la Croix du Sud 

 

  C'est peut-être pour le remercier de son ignorance que l'ancien maire d'Esquibien a été récemment fait "chevalier de la boutonnière" car ne connaissant pas l'histoire de sa commune il ne doit pas connaître non plus l'histoire des harkis. 

 

Le drame des harkis n'a été qu'une répétition comme nous l'avons déjà dit. mais aujourd'hui les langues se délient pour parler par exemple des réfugiés espagnols auxquels je viens de consacrer un article. Ils furent eux aussi des victimes, du franquisme et  du fascisme dans ce cas précis.

 

Lien:

 

link

 

 Répétons encore une fois:

 

    Malheur aux vaincus !! 

 

 

Le temps est passé, mais les souvenirs restent comme on le voit parfois inscrit sur les tombes en Bretagne. Il ne nous reste plus qu'à attendre le jugement dernier, celui qui fera la part des choses. Ajoutons encore qu'il n'y a pas si longtemps un homme politique méridional, aujourd'hui disparu s'est permis de traiter les harkis de sous-hommes. N'insultons pas les morts et disons seulement que les sous-hommes sont plutôt ceux qui parlent pour ne rien dire et qui feraient mieux de se taire. La parole appartient à ceux qui ont vu, à ceux qui ont vécu, et pas aux discoureurs. Ceux qui ont vu doivent témoigner pour apporter leur contribution personnelle à une tranche  de vérité de notre histoire. C'est ce que j'aurai essayé de faire , à mon modeste niveau.

 

Honneur aux harkis soldats français, serviteurs du drapeau tricolore, et respectueux de la Marseillaise  

 

Que ceux qui liront ce texte, et en particulier mes camarades de promotion le fassent connaître s'ils partagent mon point de vue . Qu'ils en soient remerciés par avance.

 

 Ajoutons  seulement, en paraphrasant Alfred de Vigny que ces souvenirs font partie de 

 

"la grandeur et de la servitude"

 

 

du métier des armes, quelle que soit l'origine de ceux qui les portent, y compris ceux qui ont été formés  dans  une  prestigieuse école dont on dit qu'elle forme des hommes d'honneur .

 

 

avril-mai_06_040.jpg 

 

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3 octobre 2012 3 03 /10 /octobre /2012 00:00

Audierne. Cap-Sizun. Guerre d'Espagne et Franquisme 

 

      

Que vient faire le Franquisme en Cap-Sizun ?? Rien pour la plupart des gens. Et pourtant, les vieux audiernais, octogénaires aujourd'hui, tout au moins ceux qui fréquentaient l'école publique, se souviennent de ces réfugiés espagnols qui sont arrivés en Cap-Sizun peu de temps avant la deuxième guerre mondiale . Ces réfugiés ne furent dans l'ensemble que de passage à Audierne. Cependant certains s'y installèrent faisant suivre par leurs enfants une scolarité tout à fait normale et s'intégrant parfaitement dans la société locale par leur activité professionnelle. Ils sont bien entendu devenus citoyens français à part entière.

 

Par discrétion on ne citera pas de noms, certains étant toujours portés à Audierne.

 

Mais le monde étant petit et internet jouant son rôle, un contact a été réalisé par l'intermédiaire du blog "Konchennou", avec un descendant de ces émigrés espagnols, aujourd'hui citoyen français . Antonio, c'est son nom, descendant de réfugiés d'Espagne a transité par Audierne dans les bras de sa maman, avant d'effectuer une sorte de tour de France qui l'a vu atterrir dans la région de Toulouse dans laquelle il réside. Aujourd'hui retraité il profite de son temps libre pour satisfaire 2 passions: la photographie et la recherche de ses racines. Et voilà ce qui l'a fait passer par Audierne en l'an 2011.

Il a donc visité le Cap-Sizun et autres lieux, utilisant son incontestable talent de photographe pour prendre quelques clichés d'excellente qualité qu'il publie sur son blog.

 Et ce n'est pas tout. Parcourant son blog et plus particulièrement sa biographie j'y ai découvert des photographies de demoiselles audiernaises, hélas aujourd'hui disparues, mais qui étaient très photogéniques et  connues dans la localité et alentours. Elles sont représentées sur ces clichés en costume breton, tenant par le bras leurs chevaliers servants  qui n'étaient autres que des réfugiés espagnols. Ils semblerait que les clichés aient pu être pris lors d'une kermesse à Audierne. Ceux qui auront la gentillesse ou la curiosité de visiter le blog d'Antonio découvriront ces images du passé qui à ma connaissance, ne figurent nulle part ailleurs.

 

Et si d'aventure ces clichés, peut-être  inconnus débouchaient sur des retrouvailles familiales ?????    

 

Remerciements à Antonio qui en diffusant une partie de son histoire nous livre aussi une partie de la nôtre.

 

Consultons vite le blog Photos et Passions de Antonio Martinez -Quirce accessible par le lien ci-dessous :

 

Lien:

 

  http://www.martinez-quirce.fr  

 

Rechercher particulièrement la généalogie et la Retirada

 

 

     p1000070.jpg

 

Bonne promenade 

 

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23 octobre 2010 6 23 /10 /octobre /2010 00:00

Histoire  audiernaise. Suite. Editorial 11/2010.

 

 aud_raymond2347.jpg 

 

Références: Télégramme de Brest en date du:

 

(1) - 22-10-2009: Afghanistan: une semaine avec les soldats bretons

 

(2) - 22-1-2010: Afghanistan. Au plus près des Marsouins

 

(3) - 12-2-2010: Gendarmes . Un avant-goût d'Afghanistan

 

(4)  - 21-9-10: Pontivy: L'Afghanistan s'invite au dîner

 

(5)  -13-10-10: Afghanistan: Un prêtre sur tous les fronts

 

(6) -19-10-10:  Titre: Daniel Duigou: Divine solitude  

 

 

*****

liens:

 

SPECIAL AFGHANISTAN

 

Audierne, Esquibien - Histoires audiernaises- Editorial 1/2009

 

*****

L'article désigné par le lien ci-dessus intitulé: "Histoires audiernaises-Editorial 1/2009"

  a été ici  publié le 1/1/2009. En raison de connaissances nouvelles acquises un peu par hasard, il paraît souhaitable d'apporter à cet article un complément d'information. Rappelons que le rédacteur  de cet article  a cité nominativement le Recteur Prigent qui officiait à la paroisse d'Audierne, et informé  pour ne pas dire dénoncé certains de ses comportements.  Ce Recteur obtus pratiquait sans discernement l'abus de pouvoir, attitude indigne  d'un responsable s'adressant par exemple  à une personne veuve,  désarmée et sans défense. Il ne craignait pas non plus de pratiquer l'exclusion paroissiale en condamnant , autre exemple, à la privation de sacrements ceux qui avaient commis la faute de lui déplaire ou de ne pas se soumettre à sa volonté. Un  curé sectaire  dans le plein  sens du terme !!

L'anecdote racontée dans cet article se situait en 1941, à la suite d'un accident mortel du travail sur le chantier de construction de la digue de Sainte Evette. Le Recteur Prigent  avait été nommé à Audierne en 1932  et succédait à l'Abbé Chapalain qui a fait l'objet d'un livre ici présenté qui s'intitule :

 

Un curé d'avant hier:

Lien:

 

Ma Bro Ar C'Hap Gwechall-Suite 13

 

et son règne dura jusqu'en 1941. Son remplaçant fut Monsieur Balbous dont la gentillesse, la bonhomie et la rondeur n'eurent aucun mal à remplacer le recteur  Prigent honni par une majorité de paroissiens pour son sens de l'autorité sans partage. "L'autorité c'est moi, point final !!!  Telle était sa devise !!

 La guerre scolaire se manifestait encore sournoisement à cette époque et le pouvoir paroissial pour ne pas dire clérical  n'était pas un vain mot . Or, à cette époque un certain Yves Lefebvre venait de publier un livre dont l'intrigue se situe en pays de Léon et qui s'intitule

 "La terre des Prêtres".

(Réédité  en 1980 aux Editions Le Signor)

Quasiment introuvable aujourd'hui,  j'ai cependant pu accéder à ce texte grâce à des amis que je ne citerai pas, et qui  ont  bien voulu mettre un exemplaire à ma disposition. Je les en remercie. Ils se reconnaîtront.  Je les en remercie d'autant plus que l'Abbé Prigent n'était pas un inconnu pour cette famille qui a également été victime de ce recteur dont le sectarisme pourrait s'appeler méchanceté . J'ai déjà eu l'occasion d'exprimer un profond mépris à l'égard de ce curé despotique, par ailleurs nuisible à son camp, à son Eglise et à sa religion. Il appartenait à la race  de ceux qui font tout pour fabriquer des anticléricaux, ce que je ne suis pas, tout en étant laïque et non laïciste comme cela a déjà été dit . Monsieur Prigent était un digne héritier des disciples de l'Inquisition, un de ceux qui encore aujourd'hui seraient volontaires pour allumer le feu du bûcher de Jeanne d'Arc .

Parlons de  "la terre des prêtres". L'ouvrage  paru en 1924 a  défrayé la chronique dès sa parution. Il a cependant fait l'objet d'une diffusion normale bientôt suivie de représentations théatrales en 1932, 1933, et 1934. 

 

Je ne raconterai pas en détail le contenu du livre qui a fait l'objet d'une décision de justice suite à la plainte déposée par plusieurs membres du clergé. Voici ce que l'historien local Serge Duigou a écrit au sujet d'une de ces représentations théâtrales prévue et réalisée à Audierne le 26 novembre 1933 ...   

 

"L'abbé Prigent, le recteur de la paroisse  déchire  les affiches et le fait savoir."J'ai déchiré ces affiches parce que cette pièce  est une injure au clergé et qu'elle est de nature à semer la discorde et la haine au moment  même où la France a besoin de l'union de tous ses enfants en face d'une Allemagne qui s'apprête à nous accabler d'une nouvelle guerre. La représentation a lieu. Un fiasco titre "le progrès du Finistère", le journal officieux de l'évêché , dont le bouillant directeur est le vindicatif et talentueux abbé Cornou.......

Les catholiques venus d'Audierne, de Poulgoazec, de Cleden, Beuzec et Pont-croix ont chanté......

 

******

 

Alors Audierne. La représentation théâtrale  devait avoir lieu dans une salle de projection située sur le versant du  coteau du Roz, entre l'école Pierre Le Lec et l'ancienne gendarmerie. Cette salle appartenait à une audiernaise qui la louait à un couple d'exploitants également audiernais et  très connus à l'époque. Les noms ne seront pas cités par respect pour des personnes aujourd'hui disparues mais que les Anciens identifieront sans difficulté. Dans la fureur de sa vindicte, Monsieur Prigent annonça en chaire, à l'église paroissiale que:

 

"Les époux X....ainsi que leurs enfants n'auraient plus accès aux sacrements de l'Eglise..."

 

Cette phrase a été écrite à la main sur l'exemplaire mis à ma disposition et qui a été annoté par un membre de la famille concernée. En conséquence Il n'y a pas lieu de la mettre en doute. C'est un témoignage et je le reproduis textuellement .

Des enfants étaient donc privés de sacrements en raison d'une prétendue faute de leurs parents par ce recteur d'une autre époque, qui n'était qu'un nuisible pour son Eglise.

 

******

 

Pour autant, il ne s'agit pas de "mettre tout le monde dans le même sac". Les recteurs ignobles ont existé. Monsieur Prigent n'en est qu'un exemple. Fort heureusement leur imbécilité est corrigée par le comportement de  curés courageux et  cela existe aussi. Dans son édition en date du 13-10-2010 (dernière page) "le Télégramme de Brest"  vient de consacrer une page entière à un aumônier militaire oeuvrant en Afghanistan. Il a été ordonné prêtre en 1994 après avoir tout quitté y compris sa copine. Voilà très certainement un curé "dans le coup". Et il n'est pas seul. Le rédacteur du présent article peut témoigner de ce qu'il a vu, à savoir que au cours de l'hiver 1961-1962, les aumôniers militaires, tant Catholiques que Protestants servant en Algérie n'hésitaient pas à circuler seuls et sans arme, dans  le massif des Aurès pourtant réputé comme étant la zone la plus dangereuse de tout le territoire algérien. Disposant d'un simple véhicule civil comme moyen de locomotion, ils refusaient toutes les escortes qui leur étaient proposées et rejoignaient les postes les plus isolés pour y célébrer ici une messe ou là un office. Chapeau  à ces curés courageux, qui nous permettent d'oublier les obtus avides de pouvoir, prônant la charité qu'ils se gardaient bien de mettre en pratique.

La triste affaire des moines de Thibehirine assassinés en 1996 dans l'Atlas algérien,  qui vient de faire l'objet du film "Des Hommes  et des Dieux" mérite également le plus grand respect. Le film a obtenu le grand prix du jury à Cannes en mai 2010 ainsi que le prix du jury oecuménique . Les Pères blancs de la communauté concernée, dont la maison mère se situe à  Notre Dame d'Aiguebelle dans le département de la Drôme et son annexe à Notre Dame des Neiges dans la Haute Loire, sont allés au bout de leurs convictions, jusqu'au sacrifice.

 

******

 

Le Cap-Sizun a bien connu cette domination du clergé qui régnait sur toute la population. N'oublions pas que le premier maire de Cleden fut le Recteur dont personne n'a jamais su s'il était prêtre réfractaire ou constitutionnel. Tout était bon pour accéder au pouvoir.  Actuellement, le sectarisme religieux et le sectarisme politique ont un point commun: l'imbécilité  qui fait perdre à ses adeptes le sens de l'intérêt général.

La situation est ce qu'elle est aujourd'hui. Mais ceci explique cela. Personne ne peut prédire l'avenir ni dire ce que seront demain par exemple nos pardons. Faute de clergé ces évènements pourtant si chers aux Capistes pourraient bien disparaître sans être remplacés. Nos chapelles deviendraient alors de simples témoignages d'une époque révolue ce que personne ne souhaite.

  L'avenir sera ce que nous en ferons, ce que nous laisserons à nos enfants et pas uniquement dans le domaine des religions. Pour autant certaines manifestations dans les chapelles et les églises doivent être envisagées avec beaucoup de circonspection. N'oublions pas la profanation de la chapelle Saint Pierre de Mahalon tout comme la photo de Ben Laden à l'église Saint Raymond d'Audierne en 2009. A l'heure où les menaces terroristes pèsent sur la  France, à l'heure où les soldats français et les gendarmes ( originaires de Bretagne) sautent sur des mines en Afghanistan, (50 soldats français tués depuis 2001- 3 gendarmes blessés par mine le 9 août 2010),  il semble inconvenant d'accepter ici, chez nous de tels débordements . Gageons que le silence de certains  responsables locaux et leur manque d'initiative en ces regrettables circonstances ne seront pas oubliés dans les temps à venir par les croyants et pratiquants bien-sûr mais aussi et plus simplement par les électeurs capistes.  Ces électeurs  n'oublieront pas qu'il s'agit en fait  d'outrages à leur patrimoine et de manque de respect  à leur histoire,  à leurs Anciens et  même à leurs (nos) soldats qui sont parfois appelés à payer le prix de leur engagement au service de leur pays et de la collectivité nationale. Ceci mérite mieux qu'une indiférence silencieuse. J'ai déjà écrit que personnellement j'aurais fait fermer l'église Saint Raymond d'Audierne  lors d'une certaine exposition qui n'était pas à sa place dans un édifice religieux. Seuls les membres du clergé ont réagi à cette occasion, donnant par là même une leçon d'exercice de la responsabilité  à certains qui n'ont été que des figurants en cette circonstance. Je suis certain que les Capistes  s'en souviendront et exprimeront leur réprobation, sans trop tarder.

En conclusion, on peut citer encore l'article cité en référence 6: Divine solitude qui se termine comme suit:

 

"je critique l'Eglise en tant qu'institution. Au Vatican, on continue comme si on était au XIXème siècle. Son discours est conservateur.....Car comme toute institution l'Eglise a peur de perdre son pouvoir ....."

 

Laissons au rédacteur du Télégramme de Brest et à celui qui a inspiré cet article, la responsabilité de leur appréciation que chacun sera libre de partager ou non.   

******

 

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11 octobre 2009 7 11 /10 /octobre /2009 10:41

Ar Gannaeg: Le magazine d'Esquibien-N° 6- Automne 2009



Le magazine ar Gannaeg de la commune d'Esquibien vient d'être distribué aux habitants de la commune dont je ne suis pas. J'en ai cependant un exemplaire sous les yeux qui m'a été remis par ....une des mémoires d'Esquibien, un Ancien donc. Objectivement et en toute impartialité, je dois prendre acte d'un certain dynamisme de la nouvelle municipalité. Je reconnais humblement que ce magazine est un moyen de communication de très bonne qualité digne du professionnalisme. Le temps de l'action psychologique avec musique et hauts-parleurs est dépassé et tout serait parfait si la publication ne comportait pas quelques erreurs qui sont également des lacunes chez les rédacteurs qui  écrivent ce qu'ils croient être vrai et qui ne sont ni dirigés ni contrôlés dans leur rédaction avant publication. Mais à Esquibien l'erreur fait partie des habitudes . Pourtant, il ne faut pas réciter l'histoire, pas même l'histoire locale sans prendre quelques garanties. Alors au fait !!

******
Titre de l'article figurant page 4: Esquibien d'hier et d'aujourd'hui: Ste Evette
(texte de F..L- photo P...D)

je cite:

" les travaux de construction du brise-lames à Beg-ar-Radennec à Lervily qui débutèrent en 1938, furent interrompus aux débuts de l'occupation. Ils furent partiellement repris , semble-t-il en 1941 par les allemands, puis pleinement enfin en 1946"
*****

A elle seule cette phrase comporte 3 erreurs majeures:

- Partiellement repris
-Semble-t-il
- Par les allemands

*****
1 -Première erreur: partiellement repris

La reprise n'a pas été partielle mais totale. Le chantier fonctionnait normalement, en totalité, avec les engins de l'époque, dont les wagonnets utilisés pour le transport des matériaux lourds, tels les pierres. Ces wagonnets circulaient sur un petite voie ferrée, par inertie et freinés en descendant la pente, par traction d'un cable pour la remontée. Cela ne correspond donc pas à un chantier partiel, mais total fonctionnant dans un régime normal.

2- Deuxième erreur: semble t-il

Semble t-il signifie doute. On n'est pas sûr de ce que l'on écrit. Soit !! Ne vaudrait-il pas mieux vérifier ?? Question: A quoi correspondrait alors l'accident mortel du travail survenu sur le chantier le 15 juillet 1941. Un  wagonnet chargé de pierres , privé de son cable de sécurité rompu par l'usure, amorça la descente, se dirigeant vers la zone de travaux sur laquelle se trouvait encore du personnel dont les scaphandriers. Pressentant le danger, un contremaître hurla qu'il fallait arrêter le wagonnet, ce qui fut fait par un ouvrier qui commit l'erreur de se mettre à cheval sur un des rails . Appelé sur les lieux le Docteur Lequer d'Audierne, constata la gravité de la blessure (sectionnement de l'artère fémorale) et s'avéra impuissant. L'hémorragie mortelle ne survint qu'après déchargement du wagonnet, qui mit fin à la compression artérielle. Durant tout ce temps, la victime était restée consciente.
Je n'affirme pas sans preuve. Et je n'écris pas "semble t-il", car un récit historique, même local, ne peut s'accommoder d'approximations.

3- Troisième erreur: par les allemands 

C'est faux, absolument faux et je m'insurge, ayant été personnellement concerné par cette affaire.
Il convient de replacer les choses dans leur contexte. Dans les débuts de l'occupation, les allemands entreprirent la construction du mur de l'Atlantique dont on trouve les traces un peu partout. A cet effet, ils réquisitionnèrent toute la production de ciment, après avoir remis en service pour la circonstance le petit train d'Audierne:
le Youtar, dont l'histoire est racontée par l'historien bigouden Serge Duigou, qui a pignon sur rue. Privée de ciment, l'entreprise Limousin qui assurait le chantier ne pouvait continuer les travaux. Ceux-ci furent repris, non par les allemands comme il est écrit, ce qui laisserait entendre un certaine collaboration, mais par une entreprise bien française (hors collaboration)  après déblocage de ciment par les allemands qui y voyaient un double intérêt
- Permettre à leurs propre bateaux de bénéficier de l'abri du brise-lames en cas de nécessité
- Limiter les possibilités de débarquement en interdisant la circulation maritime  au ras de la côte, et surtout, en plaçant les éventuelles  péniches de débarquement dans l'axe de la passe entre la Gamelle et l'Île au vaches sous le feu  et les tirs croisés des armes lourdes en batterie tant à Lézongar que sur la côte de Plouhinec.
Le mur de l'Atlantique  a été construit pas l'entreprise TODT qui utilisait du personnel français et par la compagnie française dont les bureaux se trouvaient à l'école Pierre Le Lec à Audierne (école des filles à l'époque). En aucun cas, pour ce qui concerne le Cap-Sizun, l'entreprise Limousin, dans laquelle j'ai moi-même été embauché plus tard, n'a travaillé pour les allemands comme on pourrait le croire



Je pourrais ajouter que je suis un témoin visuel,
- qui a vu les tombereaux réquisitionnés, circulant en convois gardés sur la route de la Pointe du Raz, sentinelle devant et derrière et rien au milieu, ce qui permettait au charretiers de "balancer"  un sac de ciment ici ou là pour les amis  et à la barbe des allemands,
- que les sacs de ciment étaient souvent volontairement crevés par les ouvriers chargés du débarquement en gare d'Audierne,
- que les gamins dont je faisais partie, armés d'une pelle à charbon et d'une balayette contournaient les sentinelles dans cette gare et récupéraient ce ciment transporté ensuite sur un porte-bagage de bicyclette, après avoir préalablement crevé  les pneus des vélos de sentinelles  et badigeonné les selles de "caca". Faut-il en rajouter ??
Cela ne paraît pas nécessaire sauf à dire, pour le plaisir que c'est un peu comme à la pétanque:

"quand une équipe perd par 11 à zéro, on dit qu'elle a fait Fanny"


 





Kénavo !!

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1 janvier 2009 4 01 /01 /janvier /2009 09:46


Additif en date du 12-01-2009

Le livre "Gwaiën gwechall" présenté ci-dessous vient de faire l'objet d'un article sur le site "errances"
dont voici les références:

http://www.errances.info/

(lecture recommandée)

Le webmaster de ce site, amoureux du Cap-Sizun, s'attend comme moi à être accusé de partialité ce qui n'est pas bien grave lorsque les accusations sont émises par des anonymes;
Soulignons tout de même l'audience de ce site qui a reçu en 2008_

94550 visiteurs qui ont lu 266079 pages


Qui dit mieux ???

Bonne lecture

********


Cet article est dédié à:
-  Annie...., une audiernaise exilée en région parisienne
et à
-"Hermine" une "amie virtuelle", quelque part dans le midi
Bonne année à elles
******




ci-dessus: crêche de Noël musée maritime Audierne


Audierne, Esquibien - Histoires audiernaises- Editorial 1/2009

Bloavez Mad  d'an holl. Bonne année à tous




L'année 2009 commence. 2008 est déjà derrière nous. Le mois de décembre 2008 aura contribué à l'enrichissement de la mémoire audiernaise en enregistrant la parution d'un nouveau livre, écrit par un écrivain local. Audierne autrefois, Gwaïen gwechall, tel est le titre de ce nouvel ouvrage publié par Paul Cornec aux éditions du Cap-Sizun. Il s'agit d'un recueil de textes écrits par deux audiernais aujourd'hui disparus: Jean Couic et Daniel Guezengar.  Ces textes n'étaient pas totalement inconnus du public puisqu'ils ont été diffusés, en d'autres temps dans diverses publications locales dont le bulletin paroissial d'Audierne. Le bulletin paroissial n'existe plus aujourd'hui, et les archives sont souvent incomplètes. L'intérêt de l'ouvrage se trouve donc avant tout dans le regroupement d'articles disparates, voire disparus, et dans la sauvegarde de la mémoire qui est à mon sens essentielle. Je me suis déjà exprimé sur ce sujet, expliquant que je préférais publier mes textes sur internet plutôt que de faire la course aux éditeurs. Mais l'auteur personnalise son ouvrage en l'agrémentant d'une préface qui ne peut que réveiller des souvenirs chez les vieux audiernais qui ont vécu certains évènements "au près", "au plus près". Je fais partie de ces Anciens qui ont connu la lutte à couteaux tirés entre les deux écoles: celle du Bon Dieu et celle du Diable et les sanctions qui pouvaient parfois en découler. On se croirait presque chez "Don Camillo" et "Peppone", mais comme les faits se déroulent à Audierne, restons en terre Capiste pour revivre l'affrontement
entre le maire Françis Postic et le recteur Yves Pelleter.
*****
Les faits se situent en 1950. A cette époque j'exerçais, après mes études secondaires, une activité manuelle à Audierne, ce qui m'a valu d'intervenir à l'église paroissiale  (Saint Joseph) pour participer à l'installation de la sonorisation, première du genre, destinée à traiter les problèmes acoustiques de l'édifice religieux. J'ai donc eu l'occasion de côtoyer les membres du clergé local dont le recteur Pelleter et ses vicaires ainsi que l'organiste Jean Couic qui n'avait pas son pareil pour accompagner "l'Asperges Meï" à l'ouverture de la grand' messe. Mon entreprise s'occupait aussi de la sonorisation des kermesses dont la "paroissiale" d'Audierne aux Capucins. C'était l'époque du disque des auditeurs dont nous  usions pendant les kermesses. Je me souviens particulièrement de la "sérénades des cloches" par les compagnons de la chanson qui était souvent demandée pour faire une blague pas toujours de très bon goût. Un jour, c'est un vicaire qui l'a demandée et offerte à un autre vicaire. Qu'importe: l'argent rentrait, au profit de la kermesse
Je connaissais par ailleurs Francis Postic, maire élu après la seconde guerre mondiale, qui succédait à Tonton Jean Jaffry, après l'épisode éphémère du Colonel Plouhinec. Par ailleurs, je précise que je suis un pur produit de l'école publique et laïque, n'ayant jamais mis les pieds dans une école libre, et que je revendique cette formation  obtenue grâce  à des maîtres exerçant leur activité en toute neutralité
******  
La municipalité d'Audierne était d'obédience communiste, première du genre en terre Capiste profondément marquée par le cléricalisme. Selon l'auteur, la municipalité refusait d'accorder des secours aux indigents dont les enfants étaient inscrits à l'école libre. Le bulletin paroissial d'octobre 1950, cité par l'auteur accuserait le maire

"d'être le dictateur qui entretient la discorde".


Suit une diatribe au sujet de la sollicitude de la municipalité envers l'école dont "elle a la charge" (école publique).

*****

Je voudrais préciser ici un certain nombres de choses en apportant mon témoignage personnel dont je garantis l'authenticité:
-1- J'ai quitté Audierne en octobre 1950 pour entreprendre un nouveau parcours. Je n'ai donc pas connaissance du bulletin paroissial cité ci-dessus et si d'aventure je l'avais lu, je ne m'en souviens pas.
-2- Mon père, victime d'un accident du travail, est décédé de mort violente en juillet 1941. Ma mère est devenue veuve avec 2 enfants mineurs à charge. C'était pendant la guerre. Je venais d'obtenir le certificat d'études primaires et de réussir à l'examen des bourses, à l'école communale d'Audierne, qui porte aujourd'hui le nom d'un de mes anciens instituteurs: Pierre Le Lec.
-3-Suite au décès de mon père, le Recteur d'Audierne,
Monsieur Prigent est venu, chez moi,  en ma présence, inviter ma mère à m'inscrire gratuitement à l'école Saint Joseph . Ma mère a réfléchi et demandé jusqu'où je poursuivrais mes études. Réponse: jusqu'au brevet. Question suivante: et après? Réponse: le brevet c'est déjà bien. Cela lui suffira. (Faux. J'ai fait des études secondaires, et même un peu plus).
Question suivante: Et s'il veut aller plus loin ??
Le recteur est devenu rouge. et n'a pas répondu.  Ma mère est restée calme et a refusé la proposition. Le Recteur est parti en claquant la porte.
-4- Suite de l'histoire. Le dimanche suivant, ma mère se présente au confessionnal du Recteur pour avouer des péchés dont je n'ai pas connaissance. Elle a dû sortir du confessionnal, après avoir essuyé un
 
refus d'absolution.
 Mortifiée et apeurée, elle est allée se faire absoudre par un vicaire d'Esquibien qui s'est montré plus compréhensif. L'attitude du recteur Prigent est un bel exemple d'intolérance, de sectarisme, d'insulte à la  charité  et même d'inintelligence, d'autoritarisme et de fanatisme.  Je mesure la portée du dernier mot.  L'autoritarisme n'est  que le semblant d'autorité de ceux qui en sont naturellement dépourvus et qui utilisent tous les subterfuges pour tenter de prouver et  surtout se prouver le contraire. Abuser de son autorité à l'égard d'une personne sans défense n'est pas digne de la  fonction exercée par un responsable quel qu'il soit, à fortiori religieux, dont le comportement se situe en dessous des principes élémentaires de la morale. Il ne faisait pas bon être pauvre à cette époque, quand les enfants de l'école du Stum (démons de l'école du Diable) étaient parqués à l'écart de ceux de l'école du Bon Dieu ( angelots de l'école Saint Jo encadrés par leurs enseignants: les "Frères de Ploërmel) pendant les offices dominicaux, pour éviter toute contagion par des idées révolutionnaires peut-être.  Sans compter les séances de catéchisme réservées aux "pratiquants de 2ème classe " , élèves de  l'école publique, le jeudi, les autres élèves  étant instruits dans leur école libre.  Même  sectarisme pour la désignation des enfants de choeur (dont l'auteur du livre a fait partie) ou des porteurs d'enseignes les jours de processions. Lamentable les sanctions infligées aux enfants pour se venger des parents.
Monsieur Prigent réfléchit peut-être aujourd'hui dans un de ces lieux brûlants superbement représentés  par les "Taolennous",   comme au temps des missions du Père Maunoir et Michel Le Nobletz. A moins qu'il ne soit condamné à fredonner éternellement le cantique de l'Enfer pour avoir oublié que la pratique doit être avant tout la mise en oeuvre de la théorie qui n'est pas faite que pour être enseignée aux autres. Il conviendrait d'abord de montrer l'exemple pour être un bon pédagogue crédible et respecté. Quelques recteurs Prigent ont fait autant de mal à leur religion que certains évènements relevant de notre histoire. A ce sujet, la lecture du magnifique ouvrage de Georges Bernanos: "Journal d'un curé de campagne", pourrait servir de  thème de réflexion et méditation.  On y lit (page 159):

"Le chef ne sera pas seulement jugé sur les intentions: ayant assumé la charge, il reste comptable des résultats".


On ne peut accuser sans preuves un maire d'avoir refusé des secours  à des familles d'enfants de l'école libre, alors que: pour ne pas avoir inscrit ses enfants à l'école libre une mère de famille veuve s'est vue refuser le pardon de ses fautes. La faute concerne plutôt le manque de compréhension et de charité de l'homme d'église. Le choix de l'école relève des libertés fondamentales dont la liberté de pensée, et le théorème de Pythagore ne fait pas partie des Ecritures.
Pour apprécier et évaluer les résultats de ces comportements sectaires, il suffit d'assister aujourd'hui à un office dominical et constater l'héritage.  La plus haute autorité diocésaine va jusqu'à dire que  "Noël est une fête dévoyée". (Télégramme de Brest 24-12-2008). Quant aux obsèques, je leur ai consacré un article .....et on n'a sans doute pas encore tout vu.
*******  
 Je livre ici un exemple très personnel qui va paraître aujourd'hui d'une autre époque. Cette autre époque a existé et elle n'est pas plus vieille que moi.
 Dans sa réponse le Maire d'Audierne a invité le Recteur à se

"cantonner dans le cadre et l'esprit de ses fonctions spirituelles"
.


J'approuve cette réponse et je partage le point de vue du Maire, quelles que soient ou puissent être par ailleurs mes convictions personnelles et spirituelles  que je n'ai pas à afficher. Sa réponse se référait peut-être à quelques exemples identiques à  celui que je viens de citer et qui n'est sans doute pas un cas unique. D'ailleurs, c'est  ainsi que l'on définit la laïcité aujourd'hui: respect de toutes les religions mais séparation des pouvoirs: spirituel et  temporel. Aux religions le spirituel, aux responsables démocratiquement élus le temporel. 
 
Si j'ajoute par ailleurs, un extrait du livre: Page 52, le propos tenu par un ancien Recteur d'Audierne:

"Mes paroissiens sont de braves gens, mais sont un peu comme les Protestants, ils acceptent ce qui leur plait et rejettent ce qui leur déplait" 

Je me vois dans l'obligation de confier au lecteur que j'ai décidément tout pour plaire, après avoir épousé

Une Protestante 

descendante des Camisards, victimes des 8 guerres de religions, curieusement le même chiffre que celui des croisades

****

En conséquence: Pardonnez tout mais n'oubliez rien

******

 
Vive la Tolérance, l'oecuménisme, le respect de toutes les religions sans exception et même  de l'athéisme, ainsi que la Paix des Braves.

A bas le fanatisme et le sectarisme tant religieux que politique.

  Et tant pis pour le "qu'en dira t-'on" ???? !!!!! 
  


  

photo du chantier de construction de l'école Saint Joseph
date approximative: 1937

(collection familiale personnelle)

On peut souligner les techniques de construction, sans moyens mécaniques. Le 6ème personnage  à partir de la gauche porte sur ses épaules un  " oiseau " servant au transport du ciment monté à dos d'homme par des échelles. Cette tâche était généralement accomplie par les manoeuvres (hommes à tout faire) approvisionnant les maçons. C'est mieux qu'à l'époque de la construction des cathédrales, mais tout aussi difficile et dangereux. (Aucune  mesure de sécurité ni filet de  protection face au vide pour éviter les chûtes par exemple). On remarquera aussi que la plupart des ouvriers portent des

 "boutou-koad"

Des audiernais sont identifiables sur cette photo dont le maître maçon  et...d'autres

*******

Ci-dessous: les coiffes de nos "Penn kaled" de mères qui savaient dire non le cas échéant. Elles méritent notre respect



Ci-dessus: coiffe de deuil de Mamm-Gozh, portée en 1941 (Ar Jibilinenn).  Cette coiffe est exposée dans une vitrine au musée du patrimoine de Pont-Croix (Le Marquisat)




Ci-dessus: Pod-houarn
(phonétiquement Pout-houarn= marmite en fer, plutôt en fonte)
et
Boutou-Koad Mamm-Gozh



*******
J'espère, par ce cas personnel et concret, apporter ma participation  à la sauvegarde de la mémoire, objectivement, sans acrimonie mais avec réalisme pour éclairer les opinions. Cet article n'est pas une critique de l'auteur du livre. Seulement un témoignage concernant des faits vécus pour que l'on sache bien que la réalité et la vérité ne sauraient s'accommoder de caricatures quasi folkloriques, à caractère local, et encore moins d'angélisme prêtant à sourire. Les faits évoqués donnent  un aperçu inédit et un peu moins idyllique d'une situation sociale vécue qui va au delà  d'un simple duel "municipalo-clérical" digne de figurer dans une représentation théâtrale. La vie de cette époque n'était  pas un théâtre, mais plutôt le combat des "pauvres en sabots" ( "boutou koad" )   pour le pain quotidien. Cette  situation est parfois définie comme étant la "richesse et la chance des pauvres", définition qui n'aurait sans doute pas bonne presse aujourd'hui, la soumission totalement passive  n'étant plus d'actualité et ce depuis l'abolition des privilèges et l'émancipation du tiers-état.
Bonne année 2009

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14 décembre 2008 7 14 /12 /décembre /2008 11:19



Audierne - 2008: Un Noël original

Noël !! La fête de Noël !! Que signifie Noël. Pour certains, les plus nombreux sans doute, c'est la fête de la Nativité qui se célèbre aujourd'hui, dans les lieux de culte par une veillée qui a succédé à la messe de minuit. C'est le Noël des chrétiens. Il faut d'ailleurs souligner que notre calendrier est construit autour des fêtes religieuses: Pâques, Pentecôte, Noël etc... Nous  serons bientôt en l'an 2009, sous-entendu 2009 années après Jésus-Christ. Pour autant, l'aspect religieux des choses n'est pas le point de vue de tout le monde. Pour certains Noël est la fête de la famille, pour d'autres, la fête de la consommation. A chacun son point de vue.
****** 
Il est d'usage, dans les diférentes communes de marquer Noël par  des illuminations et décorations, généralement limitées au centre ville, ce que j'appelle habituellement "la vitrine". Et les audiernais avaient pris l'habitude, après avoir apprécié les lumières du  sapin de la place de la Liberté, de retourner dans l'obscurité de leur quartier, fêter Noël chacun à sa manière.
Tout le monde se souvient des élections municipales de mars 2008 qui ont vu l'avènement d'une nouvelle municipalité qui annonçait qu'elle voulait "changer Audierne". Simple slogan de campagne ou réalité ?? Constatons que les nouveaux élus ont décidé de marquer Noël dans les quartiers et dans les rues généralement oubliées comme la route de la Pointe du Raz (rue du 14 juillet) ou la "rue double" (rue Danton), tout comme la rue Lamartine. Bien sûr il n'y a pas de sapin à Kergadec ni à Kervréac'h. Mais avant il n'y en avait nulle part dans les quartiers. Alors ????

*****

il n'est pas possible de publier ici  toutes les photos du Noël 2008 à Audierne. Personnellement j'apprécie cette initiative qui ne fera sans doute pas l'unanimité, considérant que.... et patati et patata !!!! Il faut tout de même bien avouer que cela nous change agréablement de l'indifférence affichée par les précédents  responsables. Reste à espérer que les audiernais seront conviés au "pot" du nouvel an comme cela se fait partout, pour recevoir les voeux de leurs responsables, ce qui leur permettra d'oublier les "autosatisfactions" publiquement exprimées devant un auditoire sélectionné, disons plutôt un  parterre de courtisans nominativement invités et dévoués  à l'applaudimètre  

























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