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Le drusthuil, meuble typique du Cap-Sizun

 

La coiffe de deuil "ar jibilinen "

Ces objets sont visibles au musée du patrimoine 

Le  Marquisat de Pont-Croix

et en photo sur le blog

 

 

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Vous aimerez le Cap-Sizun

situé au bout du monde, au pays des calvaires, au pays des chapelles, au pays du grandiose, là où finit la terre et commence la mer.

Regardez!!

 

 

 

 


 


Evel ar C'hap, n'eus bro ebet

Il n'y a pas de pays comme le Cap

Pont-Croix

Cap-Sizun côté pile et face

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Toutes ces miniatures sont extraites de l'album photo du blog. Elles correspondent chacune à un article qu'il suffit de demander dans la liste des articles 

 

 

 

 

 

4 juin 2006 7 04 /06 /juin /2006 09:15

Ma Bro Ar C'Hap Hirio suite 7

461 – PRIMELIN
Nous abordons donc maintenant la dernière commune par ordre alphabétique. Dernière dans ce classement, elle n’en est peut-être pas pour autant la moins riche en patrimoine religieux. Outre son église paroissiale dédié à Saint-Primel, PRIMELIN peut, en plus des chapelles de Saint-Chrysanthe, de Saint-Théodore et du manoir de Lézurec, se flatter de compter sur son territoire un monument historique Saint-Tugen. Mais n’anticipons pas !!

Eglise Saint-Primel

De construction assez récente (XVIIIème siècle), cette église a cependant été édifiée avec des matériaux anciens. Le clocher est daté de 1776. Sise au centre du bourg, où elle a été reconstruite de 1774 à 1776 (cf : documentation personnelle de Roger Moullec).

Chapelle Saint-Chrysanthe




Située dans la vallée est-ouest qui relie la
plage de la Baie des Trépassés à la rivière Le Goyen, près du village de Kerscoulet, cette chapelle est originale , tant par sa forme que son clocheton à dôme et la fontaine qui se trouve à l’intérieur. Elle a été construite (et non reconstruite ) au XIXème siècle( cf : doc Roger Moullec).
Saint-Chrysanthe était invoqué pour les rhumatismes.
Pas de cantique connu

Le pardon a lieu le dimanche avant l’Ascension

Chapelle Saint-Théodore



Elle date du XVIIème siècle (1672), et se situe dans le hameau du même nom.
Saint Théodore était invoqué pour les fièvres malignes.
Pas de cantique connu
Deux pardons y sont célébrés chaque année : le 19 mars, fête de Saint-Joseph, et le 3ème dimanche de septembre.
(On dit aussi qu’un petit somme dans la cuve, à l’ombre fraîche du dolmen, était souverain contre le ‘’mal aux cheveux’’.

Chapelle de Lézurec
Chapelle du manoir du même nom, elle est dédiée à Sainte-Marguerite, et désaffectée depuis longtemps. Datant de 1626, propriété privée, cette chapelle est en très mauvais état.


Chapelle de Saint-Tugen



Le monument historique de PRIMELIN est aussi
le joyau du Cap. J’ai déjà parlé de la dynamique association du patrimoine religieux , au sein de laquelle oeuvrent de nombreux bénévoles déjà cités précédemment. Cette association a d’ailleurs publié une brochure intitulée ‘’Les Cahiers de Monsieur Abjean’’, sur laquelle figurent les commentaires de Roger Moullec qui n’a plus rien à apprendre sur le sujet. Monsieur Abjean est un ancien vicaire de la paroisse qui écrivait de nombreuses notes sur des cahiers. Malheureusement, certaines de ces notes ont servi à ‘’Ti Adèle’’, la ‘’Carabassen’’ (bonne de curé) pour allumer le feu. Heureusement, l’essentiel est sauf et l’association l’a décortiqué pour en faire un opuscule
Mais, Saint-Tugen a fait l’objet d’une littérature abondante, à laquelle je vais me référer.
( photo collection personnelle)

Publications concernant Saint-Tugen
· Par Daniel Bernard en 1908
· Par l’Abbé Velly : plusieurs notices, à partir de 1914 (l’Abbé était un cousin de ma mère).
· Par Hyacinthe Le Carguet en 1916.
· Par le Chanoine Pérennès en 1936
Les détails cités par ces auteurs mériteraient un ouvrage de synthèse pour éviter les répétitions et surtout dégager l’hypothèse la plus vraisemblable. Je ne suis pas assez qualifié pour cette tâche. Je me contenterai donc de retenir le point de vue des uns et des autres, quitte à les répéter en fonction du contenu des ouvrages de référence, et surtout sans prendre parti.
Daniel Bernard (écrit en 1908) 
-  D’après la légende, sa fondation serait due aux Anglais, mais elle a plus vraisemblablement été élevée au XVème et XVIème siècle, par les ‘’du Menez’’ qui habitaient le manoir de Lézurec. 
-  Sous le clocher nord, se trouve une chambre fermée (la prison), dans laquelle on enfermait les gens atteints de la rage. 
-  Sous la révolution, la toiture en plomb fut démolie pour servir à la fabrication de balles de fusils. 
-  La légende prétend que les chiens enragés viennent boire à la fontaine. 
-  La chapelle Saint-Trohu se trouvait autrefois entre Kervran (village du Médecin général Moullec), et Kerhas-a-Bis en PRIMELIN. 
-  La chapelle fut estimée le 19 germinal an III par Mathieu Thalamot, notaire à Custren, et Joseph Guezno d’AUDIERNE. ( Rappelons que Joseph Guezno est le frère du conventionnel Mathieu ) . Elle fut vendue le 11 thermidor à Dagorn de PRIMELIN, au prix de 20.100 livres.

°°°°°°
Légende de la fontaine



Photo: collection personnelle)

« La légende dit que tous les chiens enragés viennent boire à cette fontaine, et que toute personne mordue par un chien, soupçonné atteint de la terrible maladie, doit y venir s’y regarder sans retard. Si l’eau claire reflète la figure d’un homme, la morsure n’aura pas de suite, le pouvoir du saint s’est exercé préalablement. Si, au contraire, l’eau reproduit l’image d’un chien, c’est que l’animal a déjà passé et caché ce qu’il a fait. Saint-Tugen n’a pas prévenu le mal et le patient tombe en rage à l’instant ».
°°°°°°
Il me paraît nécessaire de reproduire ici, mot à mot, le texte de Daniel Bernard, pour décrire ce qu’il appelle une anecdote qui daterait de 1793, lors de l’envoi au district de PONT-CROIX des matières précieuses de Saint-Tugen. J’en ai déjà parlé mais je cite :

« Au moment où la charrette contenant les objets précieux s’ébranlait dans le cimetière, une femme des environs, trompant la vigilance des conducteurs et des gardes, réussit à s’emparer d’un beau calice qu’elle lança par dessus un mur, dans une propriété voisine. Cet acte paraît-il, passa absolument inaperçu, et un instant après, lorsque la voiture eût disparu, la même personne s’en vint reprendre son calice qu’elle trouva intact. Ce magnifique calice fut ainsi sauvé d’une destruction certaine ».
°°°°°°

Saint-Tugen est le patron de quelques églises du Finistère, mais il est à remarquer que nulle part ailleurs il n’a aucun pouvoir contre la rage.
Pourtant, la légende dit que…


Légende de Saint-Tugen
(à propos de la rage)

« Si le ciel eut exaucé ses premiers vœux, il serait devenu le patron des jeunes filles, gardien de leur innocence. Dans ce domaine, il avait reçu la garde de sa sœur qu’il surveillait jour et nuit pour la préserver de toute souillure. Autorisée à s’isoler derrière un buisson d’aubépine pour, en apparence, satisfaire un besoin naturel, la demoiselle se laissa séduire par un galant, ce qui provoqua la colère de Saint-Tugen :
- Ah, s’écria-t’il, il est plus facile d’empêcher un chien enragé de mordre qu’une fille de mal faire !
- En es-tu bien sûr ? lui demanda le Bon Dieu qui l’écoutait. Pour ta peine d’avoir parlé trop vite, tu en feras l’expérience. Donc, puisque tu te reconnais impuissant à garder la vertu des jeunes filles, veille désormais sur les chiens fous de la Bretagne……On assure que le Saint y consentit volontiers……L’emblème de son pouvoir est une clé merveilleuse ».


Légende de la clé

« Lorsque les Anglais furent chassés du pays, ne pouvant emporter leur église dont ils étaient si fiers, ils en enlevèrent du moins la clef . En traversant la baie du Cabestan, la clef tomba à la mer. Tout le monde dans le Cap ignorait ce fait, lorsqu’un jour on prit un lieu de grande taille. Le pêcheur qui l’avait pris se sentait malgré tout attiré vers l’église de Saint-Tugen. Après avoir ouvert son poisson, il trouve dans son ventre une clef toute rouillée. Frappé d’inspiration, il présente cette clef devant la porte de l’église. La clef entre toute seule dans la serrure. Miracle cria-t-on ! C’était la clef du saint qui ne voulait pas que son culte disparût du pays.
On fit alors de la clef, l’emblème de la puissance du saint, et son église où son miracle avait eu lieu, fut appelée :
Ilis sant Tugen an alfe ( l’église de saint-Tugen la clef) »


°°°°°°
Daniel Bernard cite ensuite l’origine de la dévotion aux clefs de Saint-Tugen : Les Papes envoyaient des clefs d’or aux personnages notables. Ces clefs, considérées comme des reliques, contenaient de la limaille des chaînes de Saint-Pierre et Saint-Paul. Ces clefs étaient appliquées aux infirmes pour obtenir des guérisons. On entreprit aussi la fabrication de clefs dans un autre métal, et l’on s’en servait pour la guérison des animaux malades.
Les clefs connues sont celles de Saint-Pierre, Saint-Hubert et par imitation des précédents Saint-Tugen.
Autrefois, on piquait avec la clef miraculeuse de Saint-Tugen, une grande quantité de pains que l’on distribuait ensuite aux pardonneurs. Ces petits pains ‘’Bara an Alfe’’, qui ne devaient plus moisir, avaient en outre la propriété de guérir les maux de dents.
De petites clefs en étain sont vendues au pardon. Peut-être faudra t-il dire bientôt ’’étaient vendues au pardon’’, pour des raisons de modernité. Lorsqu’un chien enragé poursuit une personne , celle-ci doit lui jeter la clef, et l’animal s’arrête pour la broyer jusqu’à ce qu’il l’ait réduite en poudre. Pendant ce temps elle peut se sauver hors de l’atteinte de son agresseur .
Le pardon de Saint-Tugen a lieu en juin, le dimanche avant la Saint-Jean.
J’ai précédemment cité les auteurs qui ont écrit sur cette chapelle. Pour respecter la chronologie des écrits, je dois donc citer maintenant l’Abbé Velly.

°°°°°°
L’Abbé Velly
(A écrit plusieurs notices sur Saint-Tugen et son église- La première date de 1914)

 



Les publications de l’Abbé Velly, enrichies à chaque réédition, nous apportent de nombreux renseignements sur Saint-Tugen. Ses prises de position remettent en cause certains éléments affirmés par d’autres. Je cite, sans prendre parti comme il se doit !!

Porche sud (photo collection personnelle)

· Saint-Tugen vivait au VIème siècle. Il a sa statue dans l’église de BRASPART, près du calvaire de LANDERNEAU, à la chapelle Saint-Mathieu de BANNALEC, à la chapelle Saint-Tugdual de LANDUDAL, à la chapelle Saint-Jean à SAINT-NIC, au presbytère de CAST.
· Un rêveur s’est un jour permis d’écrire sans la moindre preuve, que l’église avait été bâtie par les Anglais. Rien n’est plus faux !! ( qui est ce rêveur ? Daniel Bernard a parlé de légende !!)……..A l’époque où elle fut bâtie, il n’y avait pas un seul Anglais en Bretagne……L’honneur d’avoir élevé un si beau monument à Saint-Tugen revient tout entier à la famille du Menez , seigneur de Lézurec, aidée des habitants de la contrée et des pèlerins.
· A quelle époque pourrait donc remonter la première chapelle ? Au 7ème, 8ème, 9ème siècle, on ne peut le dire .
· Entrons dans le chœur. Nous y voyons le caveau des seigneurs de Lézurec, surmonté d’une grande pierre en marbre gris, avec leur devise : FIDE et OPERE, c’est à dire ‘’par la foi et par les œuvres’’……protestation contre la doctrine des Protestants et des hérétiques de tous les temps, prétendant qu’on peut se sauver par la foi seule sans les œuvres, contrairement à toute la sainte écriture. (Je rappelle, à cette occasion le massacre de la Saint-Barthélémy en 1572, et les dragonnades de Louis XIV. Tolérance ??) .
· De même que le soleil se lève à l’orient, de même à la fin du monde Notre Seigneur paraîtra à l’orient pour venir rendre justice à chacun. C’est pour cela que dans les cimetières, les corps sont placés tournés vers l’orient, de telle sorte qu’en se levant de leurs tombeaux, ils se trouveront immédiatement face à celui qui vient les juger. (QUID de l’incinération ??)
· L’Abbé confirme les écrits de Daniel Bernard concernant ‘’Bara an Alc’houe’’, ( pain de la clef) puis de la clef qui guérit les maux de dents (confirmation de ce pouvoir par plusieurs témoins dignes de foi selon l’abbé) :
« Le dentiste guérit……en se faisant payer, Saint-Tugen guérit……pour un simple balayage de l’église »
· Préservation de la morsure des chiens enragés :un récit des faits en date du 13 octobre 1919
· Confirmation de la date du Pardon (indulgence plénière accordée aux conditions ordinaires).
· Description du catafalque datant de 1642, sur lequel on peut lire en latin :
Qui speculum cernis…..toi qui vois ce miroir
Cur non mortalia spernis ?……pourquoi ne méprises-tu pas les choses temporelles
Tali namque domo……Car c’est dans une telle demeure
Clauditur omnis homo……Qu’est enfermé tout mortel
· La chaire date de 1766.
· Description des fonts baptismaux. On y trouve une cheminée dont la présence peut s’expliquer comme suit : jusqu’en l’année 1757, on enterrait les morts dans cette chapelle, comme on le faisait dans les églises des environs, même dans la petite église d’AUDIERNE et dans la chapelle des Capucins…….Eh bien, la nuit précédent précédent la sépulture, on portait le corps sous l’auvent……et pendant l’hiver on faisait du feu.
· Autrefois en Bretagne, ce n’est pas dans des palais scolaires que se tenaient les écoles, mais dans les églises et les chapelles.
· Saint-Tugen a été de tous temps une trève de PRIMELIN (elle comportait 104 ménages)
· Le gouvernement révolutionnaire avait confisqué toutes les fondations pieuses comme il devait le faire encore hélas en 1905.
· Historique de la chapelle : En 1626, les Tréviens produisent un acte de 1418 prouvant qu’avant la construction de l’église actuelle et sur le même emplacement, il y eut, de temps immémorial, une chapelle en l’honneur de Saint-Tugen.
· Confirmation que la toiture en plomb fut enlevée pour faire des balles de fusils.
· Affaire du calice - identité de la personne concernée : Marie-Jeanne Cuillandre, épouse de Marc Normant de Saint-Tugen (voilà qui nous ramène au préambule de cet ouvrage : Marie-Jeanne !!)
· Vente de la chapelle :11 thermidor an III ( 29 juillet 1795 ). La même date que celle retenue par Daniel Bernard.
· En 1908, l’église de Saint-Tugen est classée monument historique.
· Histoire de la famille du Menez (Daniel Bernard a également écrit un ouvrage sur la seigneurie de Lézurec).
C’est Vincent du Menez qui en 1657, fonda le couvent des Capucins à AUDIERNE……..On a découvert tout dernièrement, au manoir de Lézurec, 3 ouvertures de souterrains, et l’on suppose qu’il y a dans la chapelle de Saint-Tugen, une ouverture qui conduit jusqu’au manoir. Ceci toutefois est peu probable (Avis partagé par Roger Moullec déjà cité).
· La rage : un chien enragé meurt au bout de six jours

· Salut d’un poète :
Salut, ô Saint-Tugen, chapelle au front sévère
Souvenir du passé qu’on adore à genoux
Qui dresses dans le ciel mélancolique et doux
Ces deux actes de foi, : ta tour et ton calvaire



Calvaire de Saint-Tugen
(photo collection personnelle )
°°°°°°
L’Abbé Velly est mort en 1933.

H. Le Carguet : « Petite chronique de Monsieur Sainct Tugen » 

-  Saint-Tugen est venu d’Angleterre. Sa sœur et lui habitaient le même monastère 
-  La légende ferait de Saint-Tugen le contemporain, peut-être même le disciple de Saint-Patrice. Saint-Tugen serait alors un abbé régionnaire (comme Rumon Abbas d’Audierne, assimilé à Saint-Ronan, Goazec ou Goadec, de Poulgoazec, Primel etc… 
-  Confirmation de l’existence d’une chapelle dédiée à Saint-Ochou, le saint des pourceaux (Och), à l’est de Saint-Théodore, près de Kervrant 
-  Il aurait existé, une chapelle à Kervéoc, à 1 kilomètre au nord de Saint-Tugen dédiée à Sainte-Hélène. Un lieu-dit se nommerait Liors-Ilis (cour de l’église). A proximité, entre Kervéoc et Gorréguer, se trouve Feunteun- Goad (fontaine du sang).
Remarque : Ma connaissance personnelle du terrain me permet de dire que Kerveoc est sur la commune d’ESQUIBIEN, dans laquelle ce village se situe à 3 kilomètres nord-est de Saint-Tugen, à proximité de Gorrequer et non 1 kilomètre comme l’écrit Monsieur le Carguet. 
-  Définitions : LEZ : Cour seigneuriale du chef souverain - KER : Camp fortifié de chef militaire – LANN : terre d’église et résidence de chef religieux 
-  Toponymie : Monsieur Le Carguet donne les noms de 2 ruisseaux : le STIRY et le DOURRAY. Je crois devoir préciser que le STIRY est également le nom d’un vieux quartier d’AUDIERNE, que je connais depuis toujours, dans lequel je suis né et dans lequel j’habite. Avant que les rues ne soient baptisées, les résidents étaient connus par l’adresse de leur quartier, qui figurait sur leurs correspondances. J’ai toujours vu écrire STIRY , et non STIRI comme on l’affiche aujourd’hui sur certaines pancartes. Les parrains de ces pancartes auraient du lire Monsieur Le Carguet, par ailleurs ancien percepteur d’AUDIERNE, et donc connaisseur en lieux-dits. 
-  Le chef religieux devait gagner la bienveillance des indigènes…..si bien que la nation bretonne-armorique s’est constituée presque exclusivement de par l’action des religieux bretons insulaires. La preuve se trouve dans la désignation des paroisses qui portent encore, après 14 siècles leurs noms……Or, à l’époque de notre émigration, le Cap-Sizun, par son isolement et ses moyens naturels de défense, était devenu , après la disparition de la civilisation gallo-romaine, le ramassis de populations païennes, d’origines diverses, errant, sans chefs, sans lois.
Saint-Tugen aurait été , à ce propos, un modérateur des combats opposant les uns aux autres. 
-  De tous temps, la trève de Saint-Tugen a revendiqué, indivisément avec les villages riverains échappés de l’ensablement, la propriété de toute la palue de Trez-Goazrin et du Kanaëc .
Remarque :Aujourd’hui on dit Trez-Goarem. Cette remarque est intéressante si on veut bien se rapporter aux chapitres : ‘’cahiers de doléances’’ et ‘’goëmon’’, dans lesquels les rivalités opposent ESQUIBIEN et PRIMELIN. 
-  Saint-Ono d’ESQUIBIEN est surnommé ‘’le têtu’’ : Ono Pennek 
-  Le pouvoir de Saint-Pierre est absolu et la clef en est le symbole (évoqué au paragraphe précédent : clef de Saint-Tugen) . 
-  Croyance populaire : le pain bénit fait crever les chiens 
-  Confirmation de l’origine de la clef de Saint-Tugen (clef papale en or, contenant de la limaille des chaînes de Saint-Pierre et Saint-Paul. 
-  Saint-Guénolé, pour guérir une morsure de serpent, se servit d’un mélange d’eau et d’huile qu’il bénit et donna à boire au patient. 
-  Les pouvoirs de Saint-Gildas sont les mêmes que ceux de Saint-Tugen ( Saint-Gildas existe à Cleden : cf : Saint-Tremeur). Ils protègent tous deux des chiens enragés. Leurs légendes se confondent aussi.
J’ai raconté précédemment la légende de Conomore, à propos de Saint-They et Saint-Tremeur. Monsieur Le Carguet raconte la légende de Saint-Gildas, dans laquelle Sainte Trifine (mère de They et Tremeur) aurait épousé contre son gré le comte Comorre qui la décapita. Saint Gildas remit la tête à sa place et Sainte Triphine retourna à la vie. 
-  Confirmation de la légende de Sainte-Evette et son frère Saint-Demet. 
-  Le pouvoir de Saint-Tugen lui vient de Saint-Patrice. Monsieur Le Carguet nous décrit ensuite la cérémonie des clefs. Il fait remarquer que :
« Le clergé est complètement étranger au commerce de ces petites clefs qui sont fabriquées et vendues par des marchands de PONT-CROIX) 



-  Le cantique des miracles, datant de la seconde moitié du XVIIème siècle ou du début du XVIIIème, dit :
An alfe-Ma, kristenien..........Cette clef, chrétiens
So digased da sant Tugen.........a été apportée à Saint-Tugen
Gand un el eus ar firmamant……….par un ange du firmament
Pa oa, en he beden , ar zant……….quand le saint était en prière
 

-  Avant la clef de Saint-Tugen, il existait une autre enseigne du pardon : l’épingle de Saint-Tugen 
-  Saint-Tugen apportait la réconciliation au lit des mourants
- La rage : On peut considérer qu’il existe 3 sortes de rage :
Ar gounnar red : la rage blanche – l’animal enragé écume et mord
Ar gounnar vud : la rage müe – l’animal écume et ne mord pas
Ar gounnar asten : la rage qui fait trembler, allongé par terre 

-  Utilisation de la clef contre les chiens enragés :
« faire avec cette clef le signe de la croix, et la jeter devant le chien. Le chien se précipitant, se couchera sur elle, la broiera entre ses dents, écumant et rageant. Pendant ce temps, vous aurez le temps de vous sauver : Saint-Tugen aura commandé au chien de s’arrêter ». 
-  On pouvait suppléer au pain de la clef, en utilisant un morceau de pain noir béni par l’épingle. A AUDIERNE surtout, et dans le Cap, les bonnes femmes qui portent l’enfant au baptême, ont soin de cacher , dans leur manche, une croûte de pain noir, pour préserver l’enfant du mauvais œil. 
-  Le Cap-Sizun reçoit plus fréquemment que les autres la visite des chiens enragés.

°°°°°° 
- Le goût de l’indépendance individuelle inné chez les bretons, était porté chez eux, dans l’ordre politique , jusqu’à l’extrême 
-  L’autorité du chef religieux était souveraine dans le LAN (colonie ecclésiastique). Le chef du PLOU était le seigneur, le maître
- A l’arrivée des émigrés, le pays était couvert de forêts. Pour la mise en culture, il fallut d’abord abattre les arbres et brûler les souches. 
-  La récolte était le bien du Bon Dieu, la propriété de tous ; 
- La première guerre mondiale a généré un esprit de solidarité dans le Cap. A Saint-Tugen les personnes valides se sont entendues pour faire en commun, d’une ferme à l’autre, la récolte, en commençant par celles dont les hommes étaient au front. Mot d’ordre : il ne faut pas laisser perdre la récolte, c’est le bien du Bon Dieu. 
-  Les seigneurs, venus après les moines, étaient mal vus et considérés comme étrangers ; 
-  Les hordes du Cap-Sizun représentant toute les races et toutes le civilisations précédentes, ont formé, unies aux émigrés bretons-insulaires, une entité ethnique chez laquelle était prépondérant l’esprit de solidarité et d’assistance. 
-  Les tréviens de Saint-Tugen eurent à défendre leur chapelle (due uniquement à la piété des fidèles) contre les seigneurs qui ne leur plaisaient guère et à qui la tradition a refusé la fondation du monument, pour l’attribuer, faute de mieux aux anglais, quoique ennemis séculaires des bretons.

°°°°°°

Chanoine H. Pérennes : Saint-Tugen au Cap-Sizun (1936) 

-  C’est à la fin du Vème siècle qu’abordèrent dans notre pays les bretons d’Outre-Manche, chassés par les anglo-saxons. 
-  Monsieur le Carguet a voulu démontrer que Saint-Tugen venait d’Irlande, mais aucun de ses arguments n’emporte la conviction. 
-  La Bretagne est le pays des légendes (légende de la sœur de Saint-Tugen et histoire de la clef ) 
-  Les personnes atteintes de la rage étaient étouffées entre 2 couettes de balle, surchargées de poids lourds. La lugubre exécution avait lieu parfois au sein de lits-clos où l’on enfermait garrottés d’infortunés patients. 
-  A propos de chiens enragés : ils doivent tous comparaître devant Saint-Tugen, dans son église, avant de mourir, pour lui rendre compte de leur conduite. Furieux de se sentir attirés dans cette direction , ils mordent tous ceux qu’ils trouvent……..Pour éviter le châtiment qu’ils ont mérité, les chiens mentent à Saint-Tugen…. 
-  Quand on rencontre un chien enragé, il faut réciter la formule suivante :
Ki klaon kerz hen da hent……..Chien malade, passe ton chemin
Sao er park ha torr da zent……..saute dans dans le champ et brise tes dents
Erru ar groas hag ar baniel……….Voici la croix et la bannière
Hag an otrou Sant-Tugen……….ainsi que Monsieur Saint-Tugen
 

-  Depuis 1672 la trève de Saint-Tugen possède la petite chapelle de Saint-Théodore. Quatre manoirs faisaient partie de la trève : Lézurec, La salle, Keronou et Kérouil. 

-  A l’intérieur, du côté de l’Evangile, on aperçoit une chambre appelée ‘’prison de Saint-Tujan’’. La lumière n’y arrive que par une petite ouverture garnie de barres de fer (1593). …..Cette prison était destinée à recevoir les ivrognes et autres indésirables qui troublaient l’ordre aux jours de pardon. Selon une tradition rapportée par Monsieur Le Carguet, on y aurait enfermé les personnes enragées pour attendre la mort. 
-  Saint-Michel terrasse de sa lance un épouvantable dragon (anecdote : Saint-Michel est devenu aujourd’hui le saint patron des militaires servant dans les troupes parachutistes) 
-  Saint-Tugen est également invoqué pour les maux de dents 
-  Saint-Christophe est le saint patron des automobilistes. Les anciens l’invoquaient dans les temps de peste 
-  Le chanoine Pérennès décrit également l’enfeu des seigneurs de Lézurec et le catafalque ( déjà vus) 
-  Aux fonts baptismaux, se trouve un foyer…..D’après une opinion assez courante, il servait à chauffer l’eau de baptême en hiver. 
-  Se fondant sur un texte de Clément Marot qui se trouverait à la bibliothèque nationale, L’Abbé Velly affirme que Marguerite d’Angoulême, sœur de François 1er serait venue prier en 1525 dans la chapelle primitive. Elle y aurait fait vœu de la transformer en grande église si elle parvenait à obtenir de Charles-Quint la grâce de son frère prisonnier. Exaucée, elle aurait accompli son vœu quelques années plus tard. Mais, après vérification, le chanoine Pérennes précise que le texte en question ne figure pas à la bibliothèque nationale. L’Abbé Velly est ainsi contredit dans ses écrits. 
-  Dans un arrêt du 3 mars 1770, le Parlement de Bretagne demande :
Au sujet de nourrir les pauvres…….
La fabrique répond : « nous allons les employer afin de leur faire gagner leur pain pour charroyer et tirer des pierres ….à condition de faire 2 voyages par jour du village de Kervigoudou (Beuzec-Cap-Sizun). 
-  Le Darbareur confectionne le mortier ( ce mot ne figure pas au Larousse) 
-  Le chanoine confirme l’histoire du calice et l’identité de Jeanne Cuillandre épouse de Marc Normant. Il est vrai qu’il se réfère à Daniel Bernard pour cette anecdote. 
-  1908 : l’église est classée monument historique. 
-  L’Abbé Velly a fait 7 éditions de sa monographie 
-  Quelques définitions : OBIT -service religieux. VIGILES- Vêpres des morts 
-  En 1524, il y avait plusieurs ecclésiastiques à Saint-Tugen 
-  En 1537, sept pardons étaient célébrés annuellement . 
-  C’est un lieu de pèlerinage très fréquenté : nous y avons remarqué tous les ans les costumes de FOUESNANT, CORAY, CHATEAULIN, et quelques uns du Morbihan…..On peut évaluer à plus de 12.000 le nombre de personnes qui défilent chaque année devant la chapelle. 
-  Au jour du pardon, dans la trève de Saint-Tujan, le maître de maison conviait à déjeuner ses parents et amis éloignés. Au milieu du repas, il disait lui-même ce qu’on nomme ‘’les Grâces’’ : Pater et Ave pour tous les parents vivants, présents et absents. De profondis pour les parents défunts et pour tous ceux qui ont habité la maison, jusqu’à la 9ème génération . 
-  Le 17 juin 1725, naufrage du bac AUDIERNE-POULGOAZEC transportant les pèlerins de Saint-Tugen - 52 noyés

Le cahier de Monsieur Abjean
(écrit par l’association de sauvegarde du patrimoine religieux de Primelin- observations : Roger Moullec)

« Imaginez au début de ce siècle (le 20ème), dans sa chambre étroite d’un presbytère du bout du monde, entre un catéchisme ou une confession en breton, une visite de malade ou la nécessaire séance de jardinage, le jeune vicaire compulsant les parchemins…. »

Telle est l’entrée en matière de cet ouvrage auquel le lecteur pourra se reporter pour la plus grande satisfaction de l’association.. Je ne dirai donc rien de plus sur ce cahier, me limitant aux commentaires de Roger Moullec. 
-  Tout d’abord le cahier . Comme je l’ai dit au début de ce chapitre, ‘’Ti Adèle’’, la fidèle servante du recteur Claquin, avait l’habitude d’allumer le feu avec les ‘’vieux papiers du coffre’’. Ce zèle destructeur est sans doute responsable de la disparition d’archives précieuses définitivement perdues.
Le vocable ‘’Ti’’ mérite peut-être une explication : Ti est un terme de respect utilisé pour s’adresser à une personne connue, généralement âgée. A cette occasion, les rédacteurs nous rappellent un certain nombre de termes en usage dans le Cap : Maern = marraine, Yont = Oncle, Moereb = Tante, Intron Varia = Madame Marie ……..etc. L’explication au sujet des us et coutumes locaux témoignent d’une connaissance approfondie du sujet. 
-  Une carte de PRIMELIN figure en annexe. On y remarque la curieuse coupure de Kerlaouen entre 2 paroisses et la hernie d’ESQUIBIEN sur le territoire naturel de PRIMELIN. Selon certains, cela remonterait à la peste de 1349. Histoire classique de sacrements donnés par le clergé d’ESQUIBIEN, alors que le clergé de PRIMELIN n’avait pas pu ou voulu se déplacer. Les promeneurs d’aujourd’hui ne se rendent sans doute pas compte de ce que les premières maisons situées sur le littoral, à l’ouest du ruisseau qui sert de limite séparative naturelle entre les deux communes, sont situées sur la commune d’ESQUIBIEN.
·- Monsieur Le Carguet (précédemment cité) percepteur à AUDIERNE se fit porter malade pour ne pas procéder aux inventaires. 
-  Les rédacteurs nous rappellent aussi quelques unités de mesure anciennes. J’ai consacré un chapitre à ce sujet ; je n’y reviens pas. 
-  La famille du Menez (manoir de Lézurec) était originaire d’AUDIERNE (quartier de la Montagne) – [ remarque de l’auteur : Le fondateur des Capucins d’AUDIERNE, Vincent du Menez serait donc retourné sur le territoire de ses racines locales ].
Un du Menez était écuyer de DUGUESCLIN au siège de POITIERS . 
-  Les rédacteurs publient ici une correspondance de Mademoiselle Petitpas, professeur, adressée au chanoine Pérennès en 1935. Elle a trouvé à la bibliothèque nationale, en 1914, un manuscrit de la main même de Clément Marot, daté de fin d’année 1525 et année 1526. Ce document raconte le voyage de Marguerite d’Alençon en Bretagne, son pèlerinage et son vœu à Saint-Tugen. Ce vœu fut réalisé de 1528 à 1534 à Saint-Tugen, où la chapelle devint église.
Nous avons pris connaissance de ces faits par les écrits de l’Abbé Velly, mais cette affirmation a été démentie par le chanoine Pérennès.
Choix cornélien !!! Qui a raison ???
°°°°°°
Roger Moullec précise également que de grands travaux de restauration ont été effectués entre 1981 et 1995, qu’il n’y a pas de lutrin, contrairement à ce qui a été écrit par René Couffon et Alfred Le Bars (répertoire des églises et chapelles), et que le séjour dans la ‘’chambre de dégrisement’’ n’est pas prouvé . Il apporte par ailleurs de nombreuses précisions concernant le mobilier, sujet que je n’ai pas abordé, ayant peut-être et même sûrement trop longuement parlé de Saint-Tugen au goût du lecteur.

Le point de vue de l’auteur

Je ne prendrai pas parti dans un débat d’historiens, laissant à chacun la responsabilité de ses affirmations. Mais le lecteur est en droit de se demander pourquoi j’ai attaché tant d’importance à Saint-Tugen. Les raisons sont multiples : 

- Saint-Tugen est classé monument historique depuis 1908, soit bientôt un siècle. 
-  La documentation qui m’a été confiée est abondante : 4 auteurs respectables cités en tête de ce chapitre qui ont tous étudié le sujet, enrichi par l’érudition de Roger Moullec et ses pertinents commentaires. Ils ne sont pas tous d’accord entre eux, jusque dans l’orthographe : le Saint-Tujan du chanoine Pérennès redevient Saint-Tugen à l’association de sauvegarde. Je ne suis pas historien et n’ai pas la prétention de le devenir. Simple narrateur, je prends acte de tout ce qui a été écrit, juste ou faux. Au lecteur de se faire sa propre opinion. 
-  Les commentaires de Roger Moullec ont fait l’objet de recherches approfondies. Il estime (notes non écrites) qu’il n’y a pas lieu de retenir l’hypothèse des souterrains évoquée par l’Abbé Velly, et Daniel Bernard dans son étude sur la seigneurie de Lézurec. Les raisons sont d’ordre géologique, la constitution des sols ne se prêtant pas à de telles réalisations. 
-  Le naufrage de 1725 est un témoignage de l’importance accordée au pardon de Saint-Tugen. C’était avant la révolution. Le premier pont D’AUDIERNE datant de 1856 n’existait donc pas. 
-  Enfin, et ce n’est pas la moindre de mes raisons, un attachement de ma famille à cette chapelle. Voici pourquoi :
Mon père, Jean-Hervé, est mort de mort violente, victime d’un accident du travail, écrasé par un wagonnet chargé de pierres, sur le chantier de construction de la digue de Sainte-Evette (Esquibien), le 15 juillet 1941, à l’âge de 52 ans.

Ses dernières paroles , alors qu’il se vidait de son sang, furent :

Ô Sant-Tugen, Ô sant-Tugen

Le lecteur comprendra que je n’en dise pas davantage.

Ce qui a paru intéressant à Daniel Bernard, au plan de la réalité historique à CLEDEN, n’a pas retenu l’attention des ‘’passeurs de mémoire’’ d’ESQUIBIEN . Personne ne contestera la référence à Daniel Bernard puisqu’une partie de son œuvre vient d’être rééditée. Certes, la vie d’un homme est peu de chose. J’ai vu mourir des jeunes, au combat. Les morts ne m’ont jamais laissé indifférent. J’ai retenu, uniquement pour la réflexion, quelques citations à ce sujet :
L’oubli des vivants fait mourir les morts (Célèbre auteur inconnu)
L’oubli est fait du silence des morts, et du mutisme des vivants (Robert Brisebois)
Mourir n’est rien, c’est être oublié qui est terrible (Michel Folco)
Un injustice n’est rien, si on parvient à l’oublier (Confucius)


°°°°°°

Pour le mot de la fin, je crois qu’il faut laisser la parole à l’invocation de Saint-Tugen

Cantique

Etre Parrez Eskibien ha parrez Primelen
Dem-dost da barrez Goulien ha da barrez Kleden
Zo savet eur chapel gaër , hag eun tour braz meurbet
En enor da Zant Tugen , Zant Tugen benniget

Entre les paroisse d’Esquibien et de PRIMELIN
Près des paroisses de Goulien et de Cleden
Est élevée un belle chapelle et une très grande tour
En l’honneur de Saint-Tugen, Saint-Tugen béni


******
Alors grincheux !! Encore des légendes, Encore des cantiques dis-tu !!
Je sais, tu n’y touches pas !! Tant mieux !!

Un dernier mot : Tous les ans, la procession qui fait suite aux vêpres du pardon de Saint-Tugen, se rend au calvaire situé à l’entrée des dunes de Trez Goarem. Les processions ne connaissent pas de frontières car, si Saint-Tugen est situé sur la commune de PRIMELIN, le calvaire se trouve sur la commune d’ESQUIBIEN. Interparoissialité, communauté de paroisses, ensemble paroissial, quel que soit le terme retenu, la procession de Saint-Tugen montre la voie du bon sens et de la raison. Si les ‘’croix et les bannières’’ ne connaissent pas de frontières, si les paroisses ont su vaincre les ridicules limites administratives de leurs clochers , qu’attendent donc les communes pour abandonner un peu de leur ‘’pré carré’’ et en faire autant,
dans l’intérêt général du Cap-Sizun ??

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2 juin 2006 5 02 /06 /juin /2006 09:16

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46 – Culture: la langue bretonne – Le costume –

461 – LANGUE - LE BRETON –

Définition selon le Larousse : langue celtique parlée dans l’ouest de la Bretagne. Par conséquent : dialecte, patois ou langue, la question ne se pose pas. Il s’agit bien d’une langue.
Je ne reviendrai pas sur l’origine de cette langue puisque j’ai déjà traité nos origines. La langue va avec nos origines. Dans son édition du 12 avril 1997, ‘’le Télégramme de Brest’’ a consacré une page au breton tel qu’on le parle : pourcentages, statistiques, l’amateur de chiffres pourra s’y référer. J’en cite seulement quelques-uns uns :
En 1997, 45% des bretons âgés de plus de 75 ans parlaient la langue ; ce chiffre n’est que de 5% dans la tranche d’âge de 20 à 39 ans. Sur 2500 personnes interrogées, 31% comprennent le breton mais seulement 18% très bien. Passons !! Comme cas concret, je peux évoquer mon cas personnel : mes parents, nés à la fin du XIXème siècle pratiquaient couramment la langue bretonne, qui était d’ailleurs leur langue maternelle . Pratiquement, tous les gens de leur génération s’exprimaient en breton. Cette langue était d’ailleurs la seule utilisée localement pour les transactions commerciales : foires (marchandages), achat du poisson sur les quais, commerce et toutes conversations à la campagne. Même les valeurs de l’argent étaient exprimées en breton : Lur = livre, franc – Real = 5 sous – Skoed = 3 francs etc…
Vint alors l’école publique qui enseigna exclusivement le français, bannissant le breton et les tournures de phrase dérivées : Kaz an dra ze ganit signifie littéralement « envoie cela avec toi », ce qui n’est pas du français correct ; emporte-le conviendrait mieux ! Le français commence assez vite à supplanter le breton, par ailleurs interdit à l’école. De ce fait, le français devient très vite la langue des gens instruits, la langue des enfants que de nombreuses grands-mères durent apprendre ou tout au moins balbutier pour parler à leurs petits-enfants.
Mes parents assurèrent l’éducation de leur progéniture uniquement en français, se réservant de converser en breton pour traiter les affaires de grandes personnes qui ne regardent pas les enfants. Mais les enfants , comme tous les enfants jouent entre eux et côtoient des enfants bretonnants, voire des anciens qui ne s’expriment qu’en breton. L’apprentissage sur le tas se traduit assez vite par un langage parlé correct qui laisse les parents ébahis lorsque fuse la première réplique en breton. Désormais ils devront se méfier pour les secrets de familles. Viennent ensuite les chants bretons, les cérémonies religieuses, les prônes et homélies en breton, les publications de mariages (bans) à la grand-messe etc….
Promesa ar Vriadelez a vezo etre : X..Mab major eus an décéded Y….
Il y a promesse de mariage entre :X..fils majeur du décédé Y…

Les pardons particulièrement donnent lieu à des prônes en breton. Les jeux : quilles, galoche, billes ont leurs règles et leurs dénominations en breton. Bref, le breton fait partie de l’enfance des gens de ma génération. A vrai dire, il n’en reste pas grand-chose. Désintégré par l’école, le breton n’est plus parlé par les enfants qui grandissent devant la télévision et l’ordinateur. L’école enseigne les langues vivantes, particulièrement l’anglais, langue du commerce international et du langage informatique : Microsoft Word, Outlook Express sont des mots plus courants que ‘’Demat’’ (bonjour) ou ‘’Mont a ra mat ganéoc’h ? ’’ (littéralement : ça va bien avec vous, en français :Vous allez bien ? ). Certes, les médias trouveront bien toujours un plaisantin pour présenter ‘’une bretonne (Bigoudène) à bicyclette sur les Champs Elysées’’ (Bécassine), ou décrire les bretons comme étant les champions du ‘’Gwin Ru’’ (vin rouge ; était-il besoin de traduire ?). D’autant qu’on ajoute aussi facilement que ‘’Bara’’ (le pain) et ‘’Gwin’’ (le vin) sont à l’origine du mot baragouiner qui signifierait dans ce cas, parler comme un breton. Humour douteux, car on parle en Bretagne aussi bien qu’ailleurs.
Mais c’est un fait, le breton, langue minoritaire a du mal à survivre. Je me contenterai de citer l’école DIWAN, sans entrer dans la querelle qui l’oppose à l’état au sujet de son mode d’enseignement dit ‘’par immersion’’. Cette école existe. Elle enseigne le breton que l’on ne retrouve plus guère que dans les cantiques des pardons, les associations culturelles et celtiques, ainsi que les cercles d’enseignement. Un patrimoine disparaît, comme beaucoup d’autres choses, et c’est dommage. Une histoire racontée en breton, avec un vocabulaire souvent imagé, parfois gaulois, a plus de saveur que la même histoire en français. A terme , on peut imaginer que la langue de nos pères fera partie des souvenirs, malgré le dynamisme et les efforts de nombreuses associations. Il est évident que le breton n’a aucun avenir dans le domaine international . Il peut cependant servir en certaines circonstances. Je me souviens avoir parlé en breton sur un réseau radio militaire en opérations. Mon correspondant était breton comme il se doit. Nous avons pu avoir une conversation confidentielle défiant par là même les oreilles indiscrètes mal intentionnées.
Les langues régionales sont minoritaires sans aucun doute, mais elles font partie de l’héritage culturel et du patrimoine. A ce titre, elles méritent la plus grande considération. Régulièrement de nouveaux titres apparaissent dans la presse locale :
les associations se mobilisent, langue bretonne en danger, des élus interpellés etc…
Il faut en prendre conscience et essayer de sauver ce qui peut l’être encore.

462 – LE COSTUME

Le Cap-Sizun était, l’est-il encore, un pays pauvre. Le costume était à l’image de cette pauvreté, c’est à dire modeste, contrairement au costume bigouden. Le vêtement masculin pratiquement sans originalité, comprenait : en guise de pantalon, les ‘’Bragou Braz’’ que l’on retrouve dans beaucoup d’endroits, un ‘’chupen’’, compromis entre veste et gilet, à double rangée de boutons, et un chapeau à guises (rubans), sans oublier les bas et les sabots.
Le costume féminin se caractérise d’abord par la coiffe. Le Cap-Sizun n’avait pas une coiffe unique : dans les communes de l’ouest PLOGOFF, CLEDEN, GOULIEN, PRIMELIN, ESQUIBIEN et partiellement AUDIERNE, la coiffe ‘’Kapen’’ ou ‘’Capen’’ était prédominante. A partir de BEUZEC, l’influence douarneniste se faisait sentir ; la coiffe Capen laissait la place à la coiffe ‘’Pen-Sardin’’ (littéralement tête de sardine) ; à PONT-CROIX et CONFORT , on trouvait plutôt la ‘’Ponponne’’, et enfin à PLOUHINEC un compromis de Pen-Sardin et de Ponponne. La coiffe permettait d’identifier la personne , et facilitait les transactions commerciales aux foires et marchés, par une sorte d’esprit clanique. Il valait mieux acheter à une ‘’payse’’ qu’à une ‘’d’ailleurs’’. (Il est vrai que l’on n’avait pas encore inventé la communauté de communes). Les Capens étaient réputées plus ceci , par rapport aux Plouhinécoises plus cela par exemple. Et il est évident que les affaires honnêtes se faisaient entre gens de la même paroisse, car, avec les autres, on ne sait jamais !!!
Un tablier chatoyant, richement travaillé pour le dimanche , recouvrait une longue robe, descendant jusqu’aux chevilles, généralement de couleur sombre. Cette longueur de vêtements n’empêchait nullement nos grands-mères d’entrer dans l’eau froide de la mer, jusqu’à la taille , pour récolter le goëmon, en retroussant cotillons et jupons
Les costumes ne sortent plus des armoires dans la vie courante ; seulement à l’occasion des fêtes folkloriques. (J’ai déjà cité BEUZEC, et la superbe noce en chars à bancs, le jour de la fête ‘’Gouel Ar brug’’, la fête des bruyères.A cette occasion, on peut retrouver le souvenir d’un passé pas si éloigné. Ma mère a porté la coiffe jusqu’aux environs de 1970. Elle a promené cette coiffe à Paris, à Strasbourg et même en Allemagne, en rendant visite à ses enfants ‘’émigrés’’. Mes cousines, nées avant 1920, ont porté la coiffe, mais elles l’ont abandonnée assez rapidement.
Il faut ajouter que ces costumes n’étaient pas toujours très pratiques pour le travail. Les marins ont très vite adopté une sorte de vareuse, veste sans boutons, à enfiler par la tête. Ces vareuses étaient généralement teintées avec les restes de ‘’tan’’ ou ‘’tannée’’ servant à protéger les voiles des bateaux, ce qui leur donnait une couleur rouge, bleue ou marron.
Ajoutons enfin les sabots pour tous : ‘’Boutou-Koad’’ (sabots de bois pour tous les jours ; à la campagne on y mettait de la paille au lieu et place des chaussettes et chaussons), ‘’Boutou-kiger’’ ( sabots de boucher à bouts pointus, signe extérieur évident de richesse) et même plus récemment les ‘’Boutou-Ler ‘’ (sabots de cuir, chaussures). Les sabotiers ne manquaient pas de talent pour faire , à partir d’un morceau de bois , un objet décoré à leur marque et destiné à chausser les pieds de nos anciens.
Tout cela a disparu, et fait partie des souvenirs. La modernité est passée par là, apportant comme partout en France, la minijupe et les talons hauts qui remplacent les sabots. Ceux qui ont porté les sabots, ceux qui sont nés à l’époque de la lampe à pétrole doivent se souvenir pour transmettre car la mémoire ne repasse pas les plats. Combien sont-ils ceux qui , aujourd’hui, regrettent de n’avoir pas enregistré au magnétophone les conversations de nos anciens. Toute cette mémoire perdue, est définitivement perdue.
Mais , n’a-t-on pas déjà dit que :

‘’ DE TON TEMPS, C’ETAIT TON TEMPS !!’’

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30 mai 2006 2 30 /05 /mai /2006 09:17

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47 – Politique 


Il va de soi que je vais me contenter de parler ici de politique locale qui, le cas échéant, et compte tenu des particularismes, n’a pas toujours le rapport que l’on imagine avec la politique nationale. L’intérêt général du Cap-Sizun ne passe pas systématiquement à mon sens par l’engagement de ses élus en politique, même s’il peut et doit même y avoir des sympathies personnelles. La politique locale est surtout une question de projets crédibles à défendre pour les faire aboutir, dans un contexte de rapport des forces en présence. D’un côté, le pouvoir de décision et d’initiative, de l’autre côté les électeurs capistes et ses représentants . Le Cap-Sizun n’échappe pas aux cajoleries de tous bords en période électorale. Si les voix capistes sont utiles pour les élections, elles doivent aussi être considérées après les verdicts. Et je n’ai pas à aller chercher bien loin pour argumenter mon point de vue. A l’heure où j’écris ces lignes, très exactement le 16 août 2003, j’ai sous les yeux le journal ‘’Le Monde’’, édition du 8-8-03 (il y a 8 jours), et je lis l’article qui explique le point de vue d’ Henri Goardon, maire de GOULIEN :
« Ici , les gens ont le sentiment qu’on les a laissés tomber, parce qu’ils ont refusé la centrale, comme si on voulait les punir, assure le maire. Depuis des années, nous demandons une route digne de ce nom pour faciliter le désenclavement. Nous l’attendons toujours ».
Je pense que j’aurai l’occasion de reparler de cet article, mais chaque chose en son temps. Je me contenterai de dire , pour l’instant que, si on n’y prête attention, il faudra à l’avenir s’attendre à voir diminuer le nombre des électeurs se déplaçant pour aller voter, puisqu’ils penseront que cela ne sert à rien car ils votent pour des réalisations qui ne les concernent pas, étant donné qu’ils sont toujours laissés pour compte. Mais, revenons à la centrale et ses conséquences.

471 – La centrale nucléaire de PLOGOFF : conséquences

Il est incontestable que, en dehors des guerres, l’affaire de PLOGOFF fut le grand événement local du XXème siècle. Il est entré dans la légende, tout comme les prêtres réfractaires, le petit séminaire de PONT-CROIX, la guerre de l’enseignement ou la Résistance.
Rien d’original si je dis que les ‘’anti’’ eurent à affronter les ‘’pro’’. Schématiquement, on peut tout de même dire que les ‘’pro’’ se reconnaissaient plutôt dans les formations politiques de droite, tandis que les ‘’anti’’ étaient plutôt de gauche. Les choses ne sont pourtant pas aussi simples. En effet, les municipalités de CLEDEN, GOULIEN, AUDIERNE par exemple (liste non exhaustive) étaient ‘’anti’’, sans être de gauche. L’observation est la même pour certaines personnes qui étaient ‘’pour’’, tout en étant de gauche (PCF), ou ‘’anti’’ tout en allant à la messe, ce qui est considéré, à tort d’ailleurs, comme un critère de droite. Comme quoi, il n’y a pas d’exclusive à mon sens !!
Mais il est incontestable que le dénouement fut un événement politique local certes, mais de dimension nationale : décision d’abandon du projet prise par le nouveau Président de la République élu en 1981, Monsieur François Mitterand . A titre personnel, certains électeurs expriment encore aujourd’hui leur reconnaissance en continuant à voter pour cette tendance. Il en va de même pour certaines collectivités. Certains individus tentèrent aussi de profiter des circonstances pour essayer de se faire un nom, en faisant parler d’eux. A mon point de vue, l’engagement en politique doit déboucher sur le service des autres. Les motivations relevant de critères personnels tels que satisfactions d’orgueil ou goût du pouvoir ne sont pas compatibles avec l’intérêt général du Cap-Sizun. Monsieur de Lapalisse aurait pu écrire que l’honnêteté intellectuelle, la probité, l’envie de se rendre utile, bref le désir de servir, ne sont pas des vertus qui appartiennent plus aux gens de droite, qu’à ceux de gauche et réciproquement. La gestion des affaires municipales dans les petites communes devrait être confiée à une équipe apolitique, élue sur une liste ouverte , c’est à dire ouverte à tous et pas seulement ceux qui ont une carte ici ou ailleurs. C’est le cas dans plusieurs communes, mais je suis bien placé pour dire, qu’il n’y a pas de place pour cette perspective à AUDIERNE, qui veut être gouverné à droite aujourd’hui, et demain à gauche par le jeu de l’alternance et d’usure du pouvoir.
Si un élu local a pour seule et unique ambition de se consacrer à ses administrés, à leur vie quotidienne, à la propreté de la ville qu’il dirige, j’attends celui qui me démontrera que les trottoirs sont mieux balayés et nettoyés, sous un régime de droite, que sous un régime de gauche. Ma formation militaire m’a appris à servir l’Etat, quelle que soit sa couleur politique. Il ne faut pas confondre servir et se servir, j’entends par là vouloir à tout prix, satisfaire des ambitions personnelles. Pour ma part, j’ai depuis longtemps dépassé ce stade, et je m’y tiens. La conquête ‘’du pouvoir pour le pouvoir’’ est sans intérêt au plan local. Vouloir se faire appeler Monsieur Le Maire n’est pas fondamentalement différent de Monsieur le Contrôleur des platanes cher à Fernand Raynaud. D’autant que le contrôleur des platanes n’est pas assis sur un siège éjectable, et qu’il a, comme tout le monde, des caractéristiques qui lui sont propres : intelligence, potentiel, goût du service…etc. Ceci est vrai pour toutes les catégories socioprofessionnelles, donc pour les élus locaux en général, et donc aussi pour les élus du Cap-Sizun en particulier.
J’ai déjà dit que le Cap ne fournissait pas d’élu local à fort potentiel : pas de ministre, pas de sénateur, pas de député. Nous devons confier notre représentation nationale à des bigoudens ou bigoudènes, et parfois à des douarnenistes. Peut-être sommes-nous plus aptes à servir comme subalternes que comme décideurs. Amiraux, rares, Généraux, aussi rares, professeurs, médecins, cadres supérieurs dans les entreprises ailleurs que dans le Cap, oui !! Mais hommes politiques, non !! C’est un fait, et il faut en prendre acte. Mais, c’est tout de même curieux qu’une race farouchement indépendante et reconnue comme telle, capable de se mobiliser pour une grande cause ou quand elle se sent agressée, ne soit pas capable de faire émerger un leader. Les qualités du capiste : courage physique, bon sens, intelligence sont reconnues par tous. Or, elle ne s’expriment pas en politique. J’en reviens donc à mon préambule, et à l’interpellation des ‘’Marie-Jeanne’’, car c’est peut-être sur elles qu’il faut compter !!
°°°°°°
J’ai cité précédemment un article du journal ’’ Le Monde’’. En fait , il y en a deux, à la même date. (8-8-2003). Voici le premier titre :

PLOGOFF, du rejet du nucléaire au désaccord sur le parc naturel

Le lecteur intéressé pourra s’y référer. J’en retiens l’essentiel : 
-  La grande falaise qui surplombe le site ne devrait plus exister 
-  Après un quart de siècle ,l’hérésie écologique n’apparaît que plus flagrante 
-  La Pointe du Raz, le site le plus visité de Bretagne 
-  Les vieilles bretonnes en coiffe insultant les forces de l’ordre ( plutôt de la légalité à mon sens) 
-  PLOGOFF est devenu le symbole d’une victoire contre l’Autorité avec un grand A 
-  Bretons, chair à canons en 1914, chair à neutrons en 1978 
-  Une affaire de femmes 
- Une partie de la population vit mal d’être considérée comme des bons sauvages par PARIS (interview du maire de Plogoff) 
-  En 1792, il y avait beaucoup de prêtres réfractaires. En 1906, (loi de séparation de l’église et de l’état) il a fallu des gendarmes pour prendre possession de l’église. 
-  Un quart des maisons de PLOGOFF sont aujourd’hui des résidences secondaires. 
-  La Pointe du Raz (600.000 visiteurs) hésite sur l’avenir qu’elle doit se donner. Elle sait juste ce qu’elle ne veut pas (Le parc marin en gestation bien-sûr !! ).
Le Deuxième titre :
Les contradictions d’Henri Goardon, maire (UMP) de GOULIEN
Je cite : 
-  Etudiant à l’époque, il avait fait le choix personnel d’être ‘’anti’’ centrale 
-  A l’époque il y avait beaucoup de peurs : peur du nucléaire, du changement, de voir abîmer les paysages, que la mer soit polluée, mais aussi la peur ‘’d’être envahi par les ouvriers du chantier et toute une population étrangère au Cap’’. 
-  Comme si on voulait les punir…. (déjà dit) 
-  Monsieur Goardon échappe aux clivages gauche-droite tout en revendiquant sa carte UMP ( Entre nous , c’est son problème et en tout cas pas le mien ) 
-  Il faut garder inconstructible la bande des 100 mètres de la côte 
-  A propos des éoliennes : elles font la nique à ceux qui disaient , 20 ans auparavant que le nucléaire était la
seule garantie de l’indépendance énergétique de la Bretagne ; 
-  Les gens d’ici savent préserver leur cadre de vie : ils l’ont prouvé dans le passé. Alors, pourquoi leur imposer des contraintes , …Mais , ils n’ont plus confiance

°°°°°°
Cela fait plusieurs mois que j’ai rédigé mon projet de chapitre concernant PLOGOFF. C’était l’année dernière. Je l’ai mis sur ordinateur au mois de mai 2003. Qu’ai-je écrit à cette époque ?? Je n’imaginais pas recevoir le soutien involontaire d’un élu, par presse nationale interposée . A moins que ce ne soit le soutien du bon sens tout simplement !! Alors, si le journaliste du ‘’Monde’’ a relevé des contradictions dans le raisonnement d’Henri Goardon , il n’aura aucune peine à en trouver dans le mien. En effet, je faisais partie des ‘’anti’’, dans la discrétion certes en raison de mon éloignement, et aujourd’hui je pense que effectivement, une route ‘’digne de ce nom’’ est nécessaire pour le Cap, impérativement ! Et il ne suffit pas de le dire !! Mais la contradiction, je la vois surtout chez les ‘’pro’’ centrale d’hier, qui tentaient de se faire un nom, en vue de la conquête ultérieure d’un strapontin de soi-disant notable, qu’ils ont parfois obtenu d’ailleurs. Partisans de la centrale hier et supporters inconditionnels du projet national, opposés au parc marin aujourd’hui, autre projet national . Ne s’agirait-il pas plutôt d’opportunisme en vue de …….Va savoir !! Pour ma part, et malgré mon âge, je souhaite pouvoir continuer à taquiner le ‘’goujon’’, dans le cadre de la réglementation d’aujourd’hui et sans contraintes supplémentaires. Il m’est arrivé d’être contrôlé en mer le même jour , par les affaires maritimes, la gendarmerie et la douane. Le butin de braconnage n’avait aucune chance de passer entre les mailles du filet des contrôleurs, aussi réglementaire certes que mon filet de pêche, comme il se doit !!
Anti centrale hier, anti réserve d’indiens aujourd’hui, je ne vois pas où se situerait ma contradiction. Désenclaver d’abord !! Ensuite, et bien , il sera peut-être urgent d’attendre, car on verra !!

******

472 –Les municipalités et la politique

Tendances et réalités

Le Cap est réputé fief de droite. Ceci est vrai pour de nombreuses municipalités, même celles qui n’osent pas avouer leur couleur. Les résultats des élections nationales prouvent la tendance de l’électorat, et les parrainages des maires pour les élections présidentielles font le reste. Seules les communes de PONT-CROIX, MAHALON, CONFORT-MEILARS et PLOGOFF se distinguent par un vote à gauche, malgré des scores parfois changeants en fonction du type d’élection. La situation est assez curieuse pour ce qui concerne PONT-CROIX, fief d’un ancien petit séminaire et d’une collégiale. Mais il faut reconnaître que les communes gouvernées à gauche, sont largement à la hauteur des communes gouvernées à droite dans les domaines de la propreté et du dynamisme .
A AUDIERNE, commune de droite depuis bientôt 9 ans , il n’y a toujours pas de salles publiques, comme cela existe pratiquement partout, pour les réunions d’associations. Toujours le problème des 294 hectares, espace trop exigu et mal desservi pour entreprendre. Donc, il faudrait innover. Ce n’est qu’un constat et non une critique. La critique se fera, en son temps en étudiant les réalisations.
Quant à PLOGOFF, les élections nationales sont incontestablement à gauche, alors que la municipalité se déclare apolitique. En résumé, 3 communes sur 11 peuvent être cataloguées à gauche en raison des opinions affichées par les responsables, opinion nuancée en ce qui concerne MAHALON.
Autre considération, le conseiller général n’est plus maire, même pas conseiller municipal. Elu conseiller général en tant que maire, il a ensuite été battu aux élections municipales et néanmoins réélu à l’assemblée départementale . D’ailleurs, lors des dernières élections cantonales, plusieurs maires étaient candidats et l’élu fut celui qui n’avait plus de mairie. Les prochaines sont pour bientôt. Il n’y a pas de candidat connu pour l’instant, mais tout le monde pourrait donner les noms. (Fait actuellement; une conseillère générale de gauche a été élue en 2004. Contradiction pour reprendre le mot du journal ‘’Le Monde’’. Contradiction aussi le score obtenu à l’Ile de SEIN par un maire du continent, réputé de droite traditionnelle, 28 voix en 1985.
Certes, depuis les élections présidentielles de 2002, le classement des formations politiques nationales a évolué. Mais, on ne peut passer sous silence que la tendance générale au Cap-Sizun, pour ce qui relève des idées de droite se réfère à un héritage centriste, MRP d’abord, CDS ensuite. Quant à l’avenir, n’ai-je pas déjà dit qu’il était urgent d’attendre !!
Mais, il faut savoir que le bénévolat n’existe plus en politique locale. Les indemnités sont fixées au plan national et on ne s’en souvient pas assez.

Indemnités des élus

Les élus locaux ne sont pas des bénévoles. Ils sont rémunérés, plutôt assez bien. On est donc, en tant qu’administré, en droit de considérer qu’ils ont une obligation de résultat, à savoir : choisir de soutenir les bons projets, avec les bons investisseurs lorsqu’il s’agit de projets privés. Les bons investisseurs privés ne sont certainement pas ceux qui sont mis en liquidation judiciaire après avoir bénéficié du substantiel soutien financier des deniers publics sous la forme de subventions ou travaux divers convenus préalablement. Lorsqu’une municipalité met sa démission dans la balance pour forcer la main et faire aboutir un projet , elle doit savoir en tirer les conclusions lorsque le projet se révèle mauvais après avoir abouti, tout au moins en ce qui concerne le choix de l’investisseur. En effet, la menace de démission a provoqué l’afflux d’argent public, argent perdu dans le gouffre de la liquidation judiciaire. L’argument de la création d’emplois n’a pas de valeur dans ce cas puisque l’avenir de l’entreprise dépend de la décision du tribunal de commerce qui a tout pouvoir pour décider la liquidation définitive. En cas de reprise, on peut considérer que c’est l’argent public qui a créé les emplois et non l’argent privé. Mauvais projet, mauvais choix, mauvais emploi des deniers du contribuable, donc pratiquement l’équivalence d’une mauvaise gestion. C’est à ce niveau que l’on devrait rencontrer un minimum d’honnêteté intellectuelle. Mais perdre sa fonction c’est aussi perdre ses indemnités de fonction
L’indemnité de fonction mensuelle des élus locaux, maires et adjoints, s’exprime depuis le 1er décembre 2002 (source internet), en pourcentage de l’indice brut mensuel 1015 qui est de 3587,04 € à cette date ( cette somme est révisée périodiquement). Le classement s’effectue en fonction de la population totale, chiffres du dernier recensement.

MAIRES ADJOINTS

Population totale Taux maximal(en %de l’indice 1015 Indemnité brute(montant en euros) Taux maximal(en % de l’indice 1015 Indemnité brute(montant en euros)
- de 500 17 609,80 6,16 236,74
500 à 999 31 1111,98 8,25 295,93
1000 à 3499 43 1542,43 16 ,5 591,86
3.500 à 9.999 55 1972,87 22 789,15
10.000 à 19.999 65 2331,58 27,5 986,44

Le lecteur pourra donc faire ses propres calculs à partir des chiffres ci-dessus. Pour prendre des exemples, après avoir transposé en francs pour être plus concret, le maire de la plus petite commune GOULIEN, peut prétendre à une indemnité de 4.000 francs mensuels, celui de la plus grande PLOUHINEC : 12.941,18 et AUDIERNE :10.117,68. Ces chiffres sont certes soumis à la décision du conseil municipal . Dans certaines communes ils sont modulés en raison du refus d’augmentation par les bénéficiaires ; dans d’autres c’est la tranche maximum qui est appliquée dès la parution des textes. Je n’insiste pas , sauf à répéter qu’il n’y a pas de bénévolat en la matière, et qu’on n’a pas encore entendu dire qu’un maire ou son adjoint avait fait abandon de tout ou partie de ses indemnités au profit de son centre communal d’action sociale par exemple. Alors, puisqu’il n’y a pas bénévolat, les résultats doivent apparaître en contrepartie, c’est le minimum dû aux administrés. Comme en plus, nos édiles font généralement partie d’autres structures du type communauté de communes ou syndicats, ils améliorent encore leur quotidien par des indemnités supplémentaires. On peut donc dire : élu local, une profession, avec son corollaire : comme dans toute profession, il y a les bons et les mauvais professionnels. Aux électeurs de ne pas se tromper.
Le budgets municipaux alimentés par nos impôts servent donc entre autres à rémunérer nos responsables, dont le nombre est également fixé par la loi, qui n’est pas constante en la matière. Prenons le cas d’AUDIERNE. La loi lui attribuait autrefois un maire et quatre adjoints . Le chiffre d’adjoints a été porté à 6 à partir de 1983, et ramené à 5 à l’issue du dernier recensement, en 1999. Donc, actuellement 5 adjoints sont suffisants pour faire fonctionner la machine, alors qu’il en fallait 6 antérieurement. Soit !! Mais, un des adjoints a démissionné au cours du 2ème trimestre 2003. Il était chargé des problèmes d’environnement, et n’a pas été remplacé dans sa fonction. Que peut-on en conclure ? 
-  Qu’il ne faisait rien parce qu’il n’avait rien à faire étant donné qu’il n’y avait pas de problèmes ? 
-  Qu’il y avait beaucoup à faire , mais qu’il ne faisait rien et n’obtenait aucun résultat ? 
-  Qu’il n’y a pas la ressource qualitative pour le remplacer ? 
-  Qu’il n’y a plus de problèmes d’environnement depuis sa démission ? Toutes les hypothèses sont permises. 
-  Et je pourrais poursuivre. Une chose est certaine, on a sans doute rémunéré cette fonction pendant trop longtemps, pour rien, ce qui revient à dire que le principe d’économie dans la gestion est pour le moins discutable !!
Les chiffres ci-dessus sont aussi à comparer au revenu moyen des travailleurs salariés du Cap qui, dans leur majorité sont payés au SMIC, soit environ 6800 francs bruts par mois ( approximativement 6000 Francs nets).
Il conviendrait aussi que nos élus locaux soient des hommes de terrain et non des hommes de bureau. O, combien serait salutaire un peu de marche à pied, en laissant la voiture au garage. Mais, sur le terrain, il faut faire face aux administrés qui ont quelquefois des choses à dire, en présentant des preuves réelles et tangibles, par exemple, dans certains cas, le mauvais entretien du domaine public (et je suis poli !!). Au bureau, la solennité de la fonction auréole le prestige du titulaire qui est plus à l’aise en costume cravate devant une montagne de dossiers que, équipé de chaussures de marche et d’un vêtement de pluie devant des contestataires présentant un trottoir à refaire ou des épaves de voitures à éliminer. Quand , en plus, l’élu n’est à la disposition de ses administrés que lorsqu’il est de permanence, on peut se demander ce que serait la situation générale si par exemple le Pasteur n’était à la disposition de ses ouailles ou le médecin de ses malades uniquement de temps en temps, avec même pas l’obligation d’assurer une présence minimum. Le lecteur avisé pourra aussi faire le calcul de la totalité des indemnités versées à ceux qui gouvernent le Cap, et comparer le résultat au chiffre des indemnités versées aux élus de DOUARNENEZ pour une population assez voisine. Les élus du Cap coûtent cher !! Certains diront peut-être trop cher !! Alors allons vérifier.
Le Cap-Sizun compte au total 16705 habitants répartis comme suit : 
- Une commune de moins de 500 habitants : GOULIEN 
- 3 communes de 500 à 999 : MAHALON, CONFORT-MEILARS, PRIMELIN 
- 6 communes de 1000 à 3499 : AUDIERNE, PONT-CROIX, ESQUIBIEN, PLOGOFF, CLEDEN, BEUZEC 
- 1 commune de 3500 à 9999 : PLOUHINEC

La ville de DOUARNENEZ compte 15.819 habitants, chiffre assez voisin de la population du Cap. Le maire de DOUARNENEZ peut donc prétendre à une indemnité mensuelle égale à 65% de l’indice 1015 soit 2331,58 € (15294,16 francs).
La masse salariale du Cap exclusivement en ce qui concerne les maires s’élève à : 15.173,29 € par mois (99.530,26 francs) soit 6,5 fois plus que celle de DOUARNENEZ. En effet le chiffre exprimé en euros pour le Cap correspond au chiffre exprimé en francs pour DOUARNENEZ. C’est assez curieux.
Il ne me paraît pas nécessaire de commenter ces chiffres, sauf à dire que pour la gestion d’un nombre identique d’habitants ,
le Cap dépense presque 7 fois plus que DOUARNENEZ, rien qu’en indemnités de
maires. Pas étonnant que les places soient chères quand elles sont mises aux enchères. Elles sont surtout chères pour le contribuable qui n’est pas sûr de s’y retrouver puisqu’il n’y a pas d’obligation de résultat. C’est le moment de relire la préface du Général Cotten dont j’ai parlé en introduction, à propos de l’assiette au beurre. Ce n’est pas ainsi que le Cap s’en sortira dans le contexte démographique et économique. La loi, quant à elle, ne peut pas traiter le problème de la déontologie de l’élu local. C’est l’électeur, par des exigences de rendement, indépendamment de toute considération politique et sectarisme comme on peut le voir , malheureusement trop souvent.

Comportements

Parlons justement de cette déontologie. Comme dans toutes les professions, il doit ou devrait y en avoir une pour l’élu local qui n’existe que parce qu’il y a des administrés. Comme le Pasteur se doit à ses fidèles et le médecin à ses malades, l’élu ne doit pas vivre enfermé dans son manoir et recevoir ses courtisans qui auront préalablement fait antichambre et présenté leurs compliments. Cela aurait un parfum d’ancien régime.
Certains élus locaux soucieux de faire carrière, on se demande bien laquelle, sont à l’affût et même sont prisonniers du pouvoir médiatique. ‘’Inaugurite’’ est un mot qui n’existe pas au Larousse ? Il s’agit pourtant d’une maladie professionnelle, imputable au service puisqu’elle provoque des déformations articulaires aux doigts de la main qui tient les ciseaux ou le ruban, et aussi des douleurs aux vertèbres cervicales pour cause de déhanchements afin de présenter le meilleur profil à la caméra, toujours dans le sens du vent, par tribord amures ou autre brise porteuse à saisir. Déclamations d’autorité, vœux pieux, création de commissions (chères à Clemenceau pour enterrer un problème), sont autant de situations particulières qui aboutissent à la ‘’noyade du poisson’’. Sans oublier la sacro-sainte réponse du : ‘’oui mais, il n’y a pas d’argent’’.
L’intérêt du Cap, c’est l’intérêt général, et non l’intérêt particulier d’un quelconque élu désireux d’utiliser sa fonction comme tremplin pour tenter ‘’d’entrer dans l’histoire’’. Le maire de PLOGOFF pendant les évènements est entré dans l’histoire par la grande porte puisque ses administrés ont décidé de donner son nom à une rue. D’autres ne laisseront que la trace de leurs mauvais résultats et n’auront pas de statue face à l’océan. Et , je le répète, le Cap vaut mieux que ces responsables d’opérette, dont la conception de la responsabilité est parfois curieuse.
Comme c’est facile de faire ‘’joujou’’ avec l’argent qui appartient aux autres, sans prendre pour soi-même, plutôt pour son propre argent, le moindre risque. A suivre !!

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28 mai 2006 7 28 /05 /mai /2006 09:18
ma Bro Ar C'Hap Hirio suite 10
5 – Analyse de situation


Le présent chapitre ne se veut pas réquisitoire, mais plutôt plaidoirie ou plaidoyer pour le Cap-Sizun . Une analyse de situation doit par définition être objective et réaliste, sous peine de vouloir tromper le lecteur, qui saurait bien-sûr ne pas se laisser abuser par des affirmations mensongères.

51 – Ce qui existe

Tout d’abord le Cap-Sizun bien-sûr, et ses paysages grandioses comme la Pointe du Raz, la Pointe du Van, ou la Baie des Trépassés et son petit port du Vorlen. Mais, celui qui a le courage de quitter sa voiture peut aller découvrir les pointes de la côte nord : Le Millier, Trenaouret, Kastel Koz, Luguenez, Penharn, Brezellec, Castelmeur pour ne citer que les plus importantes. Tout cela est mis à la disposition d’un ‘’promeneur-marcheur’’ moyen, grâce aux chemins de randonnées.
Moins escarpée, la côte sud est la côte des plages : Gwendrez, Mesperleuch, Kersiny, Audierne , Cabestan, le Loch, et les petits ports : Pors-Poulhan, Sainte-Evette, Porstarz, Le Loch, Pors Loubous, Feuteun Aod, Bestrée.
Tout cela est superbe, pour le plus grand plaisir des Capistes et la plus grande satisfaction des visiteurs. Reste à savoir si les paysages sont générateurs de vie économique.
J’ai déjà parlé de la Pointe du Raz, baptisée ‘’locomotive du Cap-Sizun" . Cette Pointe du Raz existe depuis bien longtemps, et son exploitation touristique a commencé à l’époque de la première guerre mondiale (une de mes tantes y avait fait construire un hôtel-restaurant). La deuxième guerre mondiale, par l’occupation des troupes allemandes, mit fin à cet élan touristique qui repartit de plus belle dès la guerre terminée. Pour mettre un terme à l’étalage des marchands-forains, envahisseurs du site (vente de broderies et cartes postales sur des tréteaux par exemple), on décida alors la construction d’une cité commerciale et d’un parking à proximité du sémaphore. Ces aménagements d’après-guerre furent terminés aux environs de l’année 1960, et la Pointe du Raz reçut un flot croissant de visiteurs, pour le plus grand bonheur financier de la commune de PLOGOFF percevant les taxes professionnelles des commerçants et les revenus du parking. Toutefois, le site était considéré comme se dégradant progressivement, en raison d’un nombre très important de visiteurs non canalisés et peu disciplinés. Le tourisme n’a pas que des avantages, au point que certains vont jusqu’à parler de pollution touristique : sacs de poubelles jetés par les portières de voitures ou cendriers vidés sur les parkings, sans oublier les vidanges sauvages des eaux usées de camping-cars dans les caniveaux d’eaux pluviales , quand ce n’est pas en pleine nature. On ne peut nier toutes ces formes d’indiscipline et de pollution, qui ont amené les responsables à établir un programme de réhabilitation, au cours d’une opération baptisée ‘’Grand Site National’’ de 1989 à 1999 (pour mémoire, le projet de centrale nucléaire avait été abandonné en 1981, et on ne peut pas dire que les deux projets avaient quelque chose de cohérent l’un par rapport à l’autre).
La cité commerciale et les parkings ont donc été déplacés de 1 kilomètre vers l’est, ce qui ne s’est pas fait sans heurts, compte tenu des enjeux et des coûts. Il ne me paraît nécessaire de porter une appréciation sur le mal ou le bien-fondé des dispositions prises. Mieux vaut prendre acte d’une situation nouvelle sans entrer dans une polémique, mais on ne peut passer sous silence certains problèmes d’aujourd’hui qui n’existaient pas hier. En effet, le fonctionnement du nouveau dispositif a un coût, et comme dans toute entreprise, il faut rechercher, et si possible trouver un équilibre entre les recettes et les dépenses.
Une navette gratuite pour les passagers, transporte les visiteurs du parking au sémaphore pendant la saison touristique. Mais il est évident que ce transport gratuit a tout de même un prix de revient. L’année 2003 semble se dérouler dans les conditions habituelles, mais il faudra sans doute chercher une solution pour régler définitivement ce problème . Certes un kilomètre à pied, ce n’est pas grand-chose, mais ça use, ça use…..comme dans la chanson, et chacun sait que tout le monde n’est pas adepte de la marche à pied. Gageons qu’il risque d’y avoir des doléances.
On a tendance à dire que la Pointe du Raz est la locomotive du Cap-Sizun. Je me suis déjà exprimé sur ce point et je n’y reviens pas. En fait, bon an, mal an, la Pointe du Raz reçoit de 800.000 à 1 million de visiteurs par an (600.000 selon le journal ‘’Le Monde’’ du 8-8-2003). C’est pourquoi on peut se demander si la stratégie qui consiste à dire qu’il faut faire venir les gens est adaptée au Cap-Sizun. Ils viennent, les chiffres le prouvent. Le problème est plutôt qu’on ne sait pas les retenir quand ils sont là. Nous touchons là à l’équipement structurel du Cap-Sizun qui fera l’objet d’un autre chapitre. Car nous disposons d’un incomparable potentiel touristique et d’atouts exceptionnels, tant sur le littoral que dans nos campagnes (fermes restaurées, moulins etc…) ou dans le domaine du patrimoine (j’ai traité les églises et chapelles ; je n’ai pas traité les calvaires, les fontaines, les menhirs, les lavoirs etc…). Il ne faut sans doute pas se gargariser de nos paysages superbes, en matière touristique s’entend : le passant regarde, prend une photo, et s’en va, chercher un peu plus loin ce qu’il n’y a pas chez nous : les équipements de loisir et même le soleil par exemple car notre météo est parfois un peu capricieuse . Bien-sûr nous avons un port de plaisance, un club de voile, des clubs hippiques et bien d’autres moyens d’attraction. Pour autant, en l’état actuel des choses, la saison touristique est condamnée à être courte, donc non créatrice d’emplois en raison de sa brièveté. Il convient donc de se pencher sur le problème.

52 – Ce qui manque

Je ne suis pas sûr de pouvoir énumérer tout ce qui manque ; je me limiterai donc à l’essentiel, et le premier problème à soulever me paraît être celui de la situation d’enclavement et d’éloignement. Je vais donc me référer au
‘’Livre blanc de la baie d’Audierne’’
document élaboré aux environs des années 1970-1972, par une commission d’évaluation constituée de cadres de terrain, et dont peu de gens connaissent l’existence. Quant à ceux qui l’ont lu, ils sont encore moins nombreux, y compris chez les responsables. Ce livre blanc s’était fixé 2 objectifs :
- faire le diagnostic de la situation du moment
- proposer une ou plusieurs stratégies


Les routes

Le handicap essentiel du Cap-Sizun est son excentricité et son éloignement des grands axes. Conséquence : le Cap est victime d’une situation d’enclavement qui ne peut se résoudre que par le désenclavement. Ce problème a été abordé par les candidats à la fonction de député en 2002 et je n’y reviens pas puisque j’en ai déjà parlé et démontré que la situation actuelle est de la responsabilité des élus locaux qui :
- ou bien n’ont jamais eu l’idée de faire un projet
- ou bien, si projet il y a eu, n’ont pas su trouver les bons arguments et faire les bonnes plaidoiries pour que le dossier avance.
Situation d’immobilisme par conséquent. Or, projet il y a eu refusé par le conseil municipal d’ESQUIBIEN en 1981. Ce projet se heurtait aussi à l’hostilité des commerçants d’AUDIERNE, et même certains responsables d’aujourd’hui. Le problème a été réglé par le conseil général. J’ai déjà exposé tout cela.
Ceux qui s’opposent à la réalisation des équipements structurels devraient arrêter de parler de vie économique, de tourisme qui crée des emplois, et de tout ce qui fleurit sur les professions de foi en période électorale. La solution des problèmes du Cap est d’abord capiste :
élaborer des projets
Faire aboutir les projets
Il faut se prendre en mains, au lieu de se vouloir adepte de ce que l’on appelle : GCRA, gestion catastrophique du régime antérieur. L’évolution est nécessaire. Autrefois pour étudier un problème et chercher la meilleure ou tout au moins la moins mauvaise solution, on utilisait la MRT, méthode de raisonnement tactique. J’ai été formé à cette méthode jugée dépassée aujourd’hui et remplacée par la MEDO, méthode d’élaboration de la décision opérationnelle. Il serait peut-être temps de s’en inspirer à la base puisque c’est désormais par cette méthode que les choses se traitent au sommet. Le bons avocats font les bonnes plaidoiries et gagnent les procès. Le bons élus défendent les bons projets et les font aboutir. Qu’on se le dise !!

La piscine

Faut-il revenir à cette arlésienne ?? (travaux en cours) Le projet du premier président de la communauté de communes : Henri Goardon, laissé aux oubliettes par son successeur Jean-Paul Laporte, et le nouveau projet d’aujourd’hui déjà attribué à ESQUIBIEN. Pauvre piscine !! Mieux vaut ne pas être pressé pour apprendre à nager quand le ‘’grenouillage politique’’ prend le pas sur le réalisme. Alors, comme le dit l’homme de la rue : On verra bien !! Et aussi, comme disait le Prince de Ligne (1795-1894) :
‘’Malheur aux gens qui n’ont jamais tort, car ils n’ont jamais raison’’
A méditer, puisque la température de l’eau de mer dépasse rarement 17 degrés sur les plages du Cap, sauf exception. Il suffit de voir les adolescents et même les enfants équipés de tenues de planches à voile pour la baignade pour s’en rendre compte. Le maillot ‘’otarie’’ en néoprène a fait un tabac.

Et encore

Et la salle multifonctions ? Et cyber-communes ? A ce jour, la seule initiation à l’informatique donnée dans le Cap, l’a été à l’initiative de l’association ‘’Cap accueil’’. Il est question de faire quelque chose. Attendons !!  (Fait à ce jour)
Et les installations techniques du port de plaisance à AUDIERNE : postes de carénage et distribution de carburant ? Et la salle polyvalente ? Les crédits européens sous forme de subventions à 80% vont s’arrêter en 2006. Nous sommes en 2003. A quand des locaux dignes de ce nom pour héberger la bibliothèque d’AUDIERNE logée dans les anciennes caves des logements d’instituteurs à l’école publique. Quant à l’aquarium, on peut se demander ce qu’il apporte ou rapporte aux capistes. De plus, il s’agit d’un équipement destiné aux gens de passage qui a suffisamment défrayé la chronique en son temps, et rien ne prouve que le nouveau mode de fonctionnement soit bénéfique pour la collectivité.
J’ai déjà évoqué le livre blanc, document prospectif certes, mais analyse de situation objective et réaliste, sans fioritures puisqu’elle évoquait la situation difficile du petit commerce, la brièveté de la saison touristique et beaucoup d’autres choses. C’était il y a 30 ans. Qu’est-ce qui a changé depuis ? Je laisse au lecteur le soin de répondre. Je crois avoir déjà dit aussi qu’il n’y avait pas, qu’il n’y a toujours pas, et qu’il n’y aura jamais de possibilité d’amélioration de la desserte du Cap par Plouhinec. Or, le livre blanc note :
« Le CD 784 présente l’aspect d’une rue, bordée de nombreuses constructions sur environ 7 kilomètres ». Insoluble !!
Il note encore que les équipements sociaux-culturels sont inexistants . Où en sommes-nous ? Je cite textuellement la page 42 de ce document :
« cette absence d’équipements est un handicap appréciable. Tout développement important de la zone, notamment sur le plan touristique, est conditionné par un effort important dans ce domaine ».
Ce constat d’un état de fait devrait être prioritaire et déterminant par rapport à la politique politicienne, aux ambitions personnelles, à l’esprit de clocher.
Et encore :
« les limites territoriales exiguës de son territoire lient AUDIERNE à la commune limitrophe d’ESQUIBIEN, et par la rive gauche de l’estuaire du Goyen à PLOUHINEC ». Voilà qui situe le problème sans appel, et je n’ai rien inventé puisque tout cela a été écrit voici 30 ans.
Urbanisation linéaire de PLOUHINEC, population fermée, vivant en autarcie, accentuation de l’émigration, vieillissement de la population, emplois abandonnés par les personnes âgées correspondant rarement aux besoins des jeunes, création d’emplois, réalisations de voies nouvelles, campings municipaux, terrains de sport, piscine, maison de jeunes, lutte contre la spéculation foncière par réalisation de zones d’aménagement différé (ZAD- droit de préemption de la collectivité pendant 14 ans) etc…
Tous ces sujets ont été abordés par le livre blanc, bible de nos responsables et en tout cas ‘’boite à idées’’. Document de chevet aussi, pour celui qui veut tenter une analyse. Hélas, ce document ne figure même pas dans les bibliothèques. Introuvable, inaccessible !!Mais j’ai déjà dit que j’avais trouvé des complicités dans l’amitié. Merci à elles !!
Et à propos de bibliothèque, ne pourrait-on pas en imaginer une, dans laquelle figureraient tous les ouvrages et documents traitant du Cap, de près comme de loin. Deux ouvrages écrits à CLEDEN par Daniel Bernard et l’Abbé Parcheminou étaient introuvables jusqu’à récemment. Ils viennent d’être réédités, avec un certain succès à ma connaissance. Mais là aussi, j’avais rencontré des complaisances dans les bibliothèques privées. J’arrête de remercier, préférant dire qu’il y a là , peut-être et même sans doute, matière à réflexion, sans esprit polémique, uniquement dans l’intérêt général, l’intérêt du Cap, pour sauver sa mémoire et transmettre.

Oui, c’est un plaidoyer pour le Cap !!

53 – Ce qui ne va pas

Je viens de dire que seul le Cap-Sizun comptait dans mon exposé. Je laisse donc au vestiaire la politique politicienne, les ambitions personnelles et le goût du pouvoir. Tel devrait être le mot d’ordre et la ligne de conduite de ceux qui, volontaires et non désignés d’office, se présentent pour solliciter la confiance de leurs concitoyens. Ils devraient savoir que leur fauteuil est un siège éjectable. Aux dernières élections municipales à AUDIERNE, sur 6 adjoints sortants : 1 ne se représentait pas, 2 dits ‘’poids lourds’’ ont été remerciés, 1 tête de liste dissidente n’a pas été élu. Au total donc , le maire sortant a perdu 4 de ses anciens adjoints sur 6 lors du renouvellement de son mandat. Certes , sa légitimité n’est pas contestable, mais rien ne prouve que le résultat ait provoqué une prise de conscience . Seul le résultat compte, mais dans les deux sens et il faut savoir analyser les situations.
La rivalité AUDIERNE-PLOUHINEC est connue de tous. Rivalité au niveau des personnes. PLOUHINEC a des arguments supérieurs à ceux d’AUDIERNE : population , surfaces, zones constructibles, zone commerciale aménagée, installations portuaires et j’en passe ! Les querelles de personnes pourraient se régler ailleurs et autrement, le cas échéant au cours d’épreuves sportives, car il est lamentable de voir le Cap transformé en ‘’ring’’ pour règlements de comptes.
Quant à AUDIERNE-ESQUIBIEN, j’ai déjà cité la chronologie de certains évènements qui sont en partie responsables de l’accumulation des retards dont nous souffrons aujourd’hui. Le problème n’est même pas du ressort des bulldozers car il n’y a rien à casser ; il faudrait seulement un peu de bonne volonté. Oui, mais voilà ! Il n’y aurait plus qu’un poste de maire ! Et lequel accepterait de s’effacer au profit du voisin ? A chacun de réfléchir et trouver la réponse, sa réponse !! Je garde la mienne pour moi !! Faudra-t’-il regretter l’époque du cléricalisme, quand la religion faisait la loi. Aujourd’hui, c’est le Cap, j’entends par là l’intérêt général du Cap, qui doit faire la loi dans le Cap !!
Le réseau routier a 50 ans de retard, et rien, strictement rien, ne se fera sans routes. C’est une priorité urgente, à traiter immédiatement, faute d’être condamné à la mort lente, car nous sommes déjà en situation d’asphyxie dans la détresse économique locale. Et que l’on n’aille pas rechercher le plat réchauffé de la centrale grâce auquel tout aurait changé. Certes, la centrale aurait mis en place certaines infrastructures. Mais le Cap vaut mieux qu’un mauvais projet attentant à sa dignité. Le Cap doit rester le Cap, avec son histoire, son tempérament et ses traditions et ses plus beaux paysages. Rien de tout cela n’est incompatible avec une vie économique, la vie économique !!
J’aurais pu, dans ce paragraphe consacré à ce qui ne va pas, reparler d’environnement, des dépôts sauvages d’ordures et autres matières ou matériaux, de la clinique d’AUDIERNE, des terrains non entretenus favorables aux incendies, mais je laisse au lecteur le soin d’actualiser les choses par ses connaissances personnelles, et je lui fais confiance.

54 – Ce qu’il faudrait

Ce qu’il faudrait, c’est commencer par le commencement : un projet. Mettre en œuvre la MEDO exposée précédemment (méthode d’élaboration de la décision opérationnelle), pour aboutir à une idée de manœuvre et déterminer un dispositif, autrement dit, définir les priorités dans le cadre plus général d’un plan directeur. Ce sont des mots certes, mais on peut les mettre en musique sans être obligatoirement un chef d’orchestre ou un compositeur de talent exceptionnel. Il suffit, je l’ai déjà dit plusieurs fois, d’un peu de bonne volonté pour rechercher l’intérêt général.
Ce qu’il faudrait c’est dépolitiser les élections municipales pour afficher dans les professions de foi la gestion du quotidien des administrés : nettoyage, propreté, hygiène , salubrité, élimination des verrues et des ruines par une action soutenue, volontaire, sans défaillance pour tout ce qui a trait à l’environnement. Il n’y a pas de quoi pavoiser après avoir lu le ‘’pamphlet-poème’’ de Madame Christine Lapostolle (déjà citée) au sujet de la rue du 14 juillet à AUDIERNE. Et encore, elle n’a pas signalé les déchets de sépultures déposés comme remblais dans une parcelle bordant cette rue qui mène à la Pointe du Raz ;
Ce qu’il faudrait c’est de la présence sur le terrain pour découvrir et voir, à AUDIERNE mais aussi à ESQUIBIEN, les restes de fauteuils, certains calcinés, les vieux divans, les bouteilles vides, les ‘’restachous ‘’en tous genres et le ‘’caddie-barbecue’’ abandonnés dans la plus grande indifférence. Sans oublier par endroits les constructions sauvages que l’on préfère ignorer, mais qui sont parfaitement connues et fréquentées par une certaine clientèle, comme celle que l’on trouve à 200 mètres à l’est de la chapelle du ‘’Menez-Bras’’ à ESQUIBIEN. Aurions-nous , sans le savoir, des mini rave-partie locales ?
Et les camping-cars qui s’installent partout, sans aucune discipline. Ceux qui sont un peu citoyens trouvent une borne de vidange à CLEDEN puisqu’il n’y en a pas à AUDIERNE.
Et les pistes cyclables ? Et les enclaux à poubelles ?  Et Les accès aménagés pour permettre aux handicapés de rejoindre le bord de mer, sur la plage d'Audierne-Esquibien ?  On n’en parle même pas ! On fait des parkings véhicules réservés aux handicapés, et on ne pose même pas la question de savoir comment un individu en  fauteuil roulant se débrouille pour rouler sur le sable ou marcher avec des cannes anglaises. Une modeste allée cimentée ou équipée de caillebotis règlerait le problème. Hélas, 3 fois hélas !!!! Evidemment, une petite rampe d'accès à la plage, à usage des handicapés ne serait pas outrageusement médiatisée. Mais faut-il médiatiser la charité ? Les responsables ont-ils   été élus pour faciliter la vie des gens ou pour être médiatisés ? On attend la réponse !! Il s'agit tout de même de problèmes locaux et non nationaux non ???  
Et les problèmes de voirie ? Oui, ce qu’il faudrait, c’est un peu d’entretien de la voirie dans chaque commune. Je vois déjà les audiernais s’esclaffer, puisqu’il ne peut y avoir d’entretien à AUDIERNE, en raison de difficultés financières invoquées par les responsables, difficultés qui seraient dues à des investissements antérieurs (cf : conseil municipal du 21-3-03 ; Télégramme du 24-3-03). J’ai déjà dit que certains investissements ne me semblaient pas positifs. Au fait, l’aquarium rapporte combien à la collectivité qui a soutenu le projet ?
C’est donc d’une prise de conscience qu’il s’agit . Les motivations des élus du Cap ne sont pas désintéressées. Conclusion, c’est le Cap qui trinque. Le Cap est une victime !!

55 – Les responsabilités

Les principes de gestion des finances ne font généralement pas bon ménage avec l’aventure. A la guerre , la victoire ne s’obtient qu’avec une bonne logistique. En matière de finances, mieux vaut être un bon gestionnaire qu’un panier percé irresponsable.
Il faut donc, pour établir les responsabilités répondre à trois questions :

QUI ? POURQUOI ? COMMENT ? 

-  QUI - L’administrateur est responsable de ses décisions administratives, tout comme le chef de famille est responsable de sa famille. Dans la vie locale, la responsabilité incombe donc aux élus locaux. Inutile de développer ! 
-  POURQUOI - Parce que nous sommes dans un système démocratique. Les élus, donc les responsables, sont ceux qui ont obtenu le plus de voix à l’élection. Ils n’en sont pas pour autant obligatoirement les meilleurs ni les plus mauvais. Ils prennent des décisions, les bonnes comme les mauvaises. Leur légitimité n’est pas contestable. C’est la loi, et la loi est valable pour tous. Il ne reste plus alors aux responsables qu’à prouver qu’ils sont les meilleurs, par des décisions susceptibles de satisfaire tout le monde. Allez donc demander à un administré qui habite dans un quartier sale et mal entretenu, mal nettoyé, envahi par les ronces et les campeurs sauvages, s’il est content de ses élus. Il ne peut y avoir d’élu irresponsable. S ‘apercevoir au cours d’une mandature que le choix des électeurs est mauvais est une situation sans solution, sans potion magique, sans remède, jusqu’à la prochaine élection. 
-  COMMENT – Une équipe municipale exerce son mandat pendant six ans. Lorsque les administrés sont satisfaits, il n’y a pas de problèmes. Mais ce délai est long pour les insatisfaits, pour les victimes d’un sectarisme municipal, pour ceux qui sont sanctionnés car ils ne sont pas les bons électeurs de ce pouvoir local, parfois exercé par des petits mandarins locaux. Six ans à attendre un bec de gaz ou un caniveau, c’est long surtout pour les personnes âgées, qui sont sur la sellette à l’heure où j’écris ces lignes. Je suis en mesure de fournir à titre d’exemple, les pièces justificatives d’un problème de bec de gaz posé depuis plusieurs années, en milieu urbanisé, et non résolu à ce jour !! Oui, c’est long ! Pourquoi ne pas imaginer un mandat de 5 ans, comme pour les élections nationales, réduction de délai qui permettrait de se débarrasser au plus vite de ceux qui sont les successeurs de ces ‘’Paotred Ar C’hatriem’’ dont j’ai déjà parlé, pour lesquels il est urgent de ne rien faire sinon fermer les yeux pour ne pas voir ce qui pourrait perturber la très haute stratégie de la somnolence.


56 – L’individualisme des communes ( Clochers )

Je crois avoir suffisamment parlé de l’effet négatif de l’individualisme sur l’ensemble du Cap-Sizun. Faut-il rappeler : 
-  Le comportement d’ESQUIBIEN refusant le contournement d’AUDIERNE, la piscine et la fusion AUDIERNE-ESQUIBIEN. 
-  Le comportement de BEUZEC refusant la fusion avec PONT-CROIX 
-  L’opposition d’ESQUIBIEN et PRIMELIN à la création d’une route reliant GOULIEN à la D784 par Trevern 
-  Le conflit du goémon et son incidence sur les routes : antagonisme PRIMELIN – CLEDEN au sujet de la route CLEDEN- Le Loch (id° entre PLOGOFF et CLEDEN) et le refus de classement du chemin reliant Trevern à Prad-Honest en PRIMELIN 
-  L’antagonisme PRIMELIN-ESQUIBIEN à propos du goémon 
-  Le recours de PLOGOFF contre CLEDEN et GOULIEN à propos des charrois à la Pointe du Raz, sans oublier que GOULIEN sait aussi se retourner contre CLEDEN le cas échéant.
J’ai déjà disserté sur tout cela. Mais, c’est le passé. Hélas, de nos jours la rivalité AUDIERNE-PLOUHINEC est notoire, et l’entente AUDIERNE ESQUIBIEN se fait sur la base de la défense du pré carré de chaque commune. Conséquence : le Cap stagne. Il n’y a pas de projet . C’est le chacun pour soi et tant pis pour les autres. Pourtant un chômeur, qu’il soit de PLOGOFF ou de MAHALON est toujours un chômeur, en d’autres termes un demandeur d’emploi. Puisqu’il n’y a pas de vie économique, il ne peut y avoir d’emplois. Les seuls accords entre communes relèvent de la politique politicienne en vue des échéances à venir. Où est l’intérêt du Cap dans tout cela ? Les administrés sont bernés, et ceux qui ont parfois cru qu’ils serviraient à quelque chose en s’engageant derrière un ‘’leader’’ auto-désigné, s’aperçoivent que , entre la potiche qui orne le coin de la salle des délibérations et eux , il n’y a guère de différence. Les ’’leaders autoproclamés’’ se comportent en féodaux locaux, adeptes du toujours plus, pour eux bien-sûr. Ils font rarement bon ménage avec ceux qui essaient de comprendre et à fortiori avec ceux qui tentent d’expliquer et ceux qui écrivent puisqu’ils n’acceptent que les adorateurs, les courtisans et pas les autres.

57 - Le point de vue de ceux qui, avant moi, ont tenté l’aventure de l’écriture 

- Daniel Bernard - référence : monographie de CLEDEN page 8 :

« Le bourg de CLEDEN ne possède pas de bureau de poste par la faute d’un maire et d’un conseil municipal bornés … » 

-  Henri Goardon - référence : Le Cap autrefois
- page 49 : « la commission communale qui n’était qu’une clique »
- page 18 : « Le choix était facile aux élections : on était blanc ou rouge »
- page 69 : « Les socialistes partageurs : avant la guerre de 14/18 , il n’existait pas de socialistes dans le Cap-Sizun ».


Daniel Bernard a été publié en 1952 . Il vient d’être réédité. Henri Goardon a été publié en 1980, et également réédité depuis. Quant au redoutable pamphlétaire national Jean-Edern Hallier, aujourd’hui disparu, il a laissé une œuvre abondante toujours disponible dans les librairies. Ce sont que des exemples pour dire que personne ne sous-estime la puissance de l’écriture. Contrairement à une fugitive émission de télévision, le livre dure, perdure, figure dans les bibliothèques et pour longtemps. Certains ouvrages, comme ceux des auteurs précités, finissent par être rares malgré la demande. Ils sont réédités pour permettre aux générations futures de bénéficier de la transmission de la mémoire et de la connaissance par l’écriture. C’est ainsi qu’il n’est pas plus difficile de savoir qui était le maire borné signalé par Daniel Bernard, que de prendre acte du propos de l’ethnologue Pelras (cf : Goulien page 61) :
« Le nouveau maire Jean Moan n’avait que 27 ans ………Jean Moan est certainement le meilleur maire que GOULIEN ait jamais eu ».
Ce qui veut dire très clairement que s’il y a des meilleurs, il y a aussi obligatoirement des moins bons et même des mauvais !!
Voilà qui est de nature à orienter vers la réflexion et pourquoi pas vers la sortie ceux qui sont vissés au fauteuil municipal et qui auraient grand mérite à laisser leur place à des candidats plus jeunes qu’eux qui ne peuvent s’exprimer en raison de la candidature permanente d’une race de mandarins. Pour ma part, je n’aimerais pas faire partie de ceux qui, après plusieurs mandats dans l’exercice du pouvoir local, passeront à la postérité avec une réputation d’homme du déclin qui n’a pas su , qui n’a pas pu ou qui n’a rien fait pour redresser la barre. L’histoire jugera et l’histoire n’est pas toujours tendre. Quoi qu’il en soit, le moment me paraît venu d’arrêter cette analyse pour aborder un dernier chapitre que j’ai intitulé ‘’Le Cap demain’’. Un peu de prospective avant de conclure. J’ai déjà entendu dire qu’on a les élus qu’on mérite. Je préfère dire qu’on a les élus qu’on se donne, ce qui est incontestable. Mais comme la ménagère peut se tromper en remplissant le panier des commissions ou sur la qualité d’une marchandise en allant au marché, l’électeur peut se laisser séduire par le catalogue des belles promesses. Plus dure sera la chute dans les lendemains qui déchantent, et le Cap-Sizun mérite mieux que ce vers quoi il s’achemine actuellement. J’ai dit en tête de chapitre qu’il ne s’agissait pas d’un réquisitoire mais d’un plaidoyer, un plaidoyer pour le Cap qui préfère vivre que mourir !!

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Fin de la 2ème partie-A Suivre Ma bro warc'hoazh 3ème partie
 
 
 
 
 
 




 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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Published by spartacus - dans livres
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26 mai 2006 5 26 /05 /mai /2006 09:19




Troisième partie


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AR C’HAP WARC’HOAZH


( Le Cap Demain )


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(Etude, Perspectives démographiques, Religion, Enseignement,
Habitat,Techniques nouvelles, Sociales, Santé, Politiques etc…) 


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Je crois avoir déjà dit que j’avais pu accéder à des sources privilégiées pour rédiger ce texte qui est le résultat de 2 années de recherche et de travail. Parmi ces documents je dois citer l’étude faite en 1997 par un jeune étudiant de l’université de RENNES 1, intitulé :
Quel projet de développement pour la communauté de communes du Cap-Sizun ? .
Cette étude a été faite dans le cadre d’une licence Administration économique et sociale, option développement local. Je suis parti du principe qu’un étudiant n’est pas plus bête que les autres et que l’auteur a pu écrire des vérités.

31 – l’étude faite par Alain Treussier

L’auteur, Alain Treussier, après avoir fait un diagnostic préalable, prend le risque d’imaginer un scénario pour une réflexion plus approfondie. A cet effet, il se projette en l’an 2017. Je lui laisse sa responsabilité. Voici sa vision des choses, imagination pure bien-sûr, comme toutes les études prospectives : 
-  La population est estimée à 11.500 habitants, soit une perte de 5.000 habitants par rapport au chiffre actuel de 16464. (Personnellement, je trouve cette estimation optimiste) 
-  Une agriculture nouvelle a vu le jour en liaison avec le tourisme vert 
-  La pêche a maintenu une situation d’équilibre 
-  L’énergie éolienne a pris une bonne place 
- Le réseau routier s’est amélioré par l’ouverture de la rocade nord de QUIMPER et la déviation de LANDUDEC. La déviation de PLOZEVET est enfin à l’ordre du jour. Depuis l’ouverture de la rocade à AUDIERNE, le port et les commerces connaissent un renouveau (contradiction avec mon appréciation personnelle concernant le désenclavement) 
-  L’étude de l’implantation d’une zone franche sur le territoire de la communauté de communes va être défendu au Parlement par un jeune député fraîchement élu et résidant à PRIMELIN
v La piscine a été ouverte à PONT-CROIX en 2007 
-  L’argent privé afflue sur le Cap-Sizun et le fossé s’est créé entre une population très riche issue de l’extérieur et le ‘’résidu’’ de la population capiste. Le retour au pays est rarement possible pour les personnes originaires du Cap souhaitant revenir vivre leur retraite dans leur pays de naissance. Les prix pratiqués sont prohibitifs. 
-   Une milice privée assure la protection des populations et se charge de la protection des manoirs et hôtels privés temporairement inoccupés. 
-  Il n’y a plus de friches dans le Cap-Sizun
- L’aménagement du port d’ESQUIBIEN et d’AUDIERNE est en voie d’achèvement (pour accueillir les bateaux d’une clientèle mondiale composée entre-autres de milliardaires) 
-  Tout est privé. Les petits artisans et commerçants ont tous disparus. Il ne reste que 2 entrepreneurs qui trustent l’ensemble des marchés 
-  Il ne reste qu’un collège privé 
-  Il ne reste à AUDIERNE que quelques équipages qui vivent très bien de leur travail, mais la criée vient de fermer ses portes l’année dernière en 2016 ; 
-  Le nombre de maisons abandonnées ou à vendre devient de plus en plus important et visible dans le paysage capiste 
-  Plusieurs grandes personnalités internationales du monde diplomatique ont acheté entre 1999 et 2015 plusieurs des belles demeures du Cap-Sizun.


°°°°°°

J’ai déjà dit que je laissais au rédacteur de ce document la responsabilité de ce qu’il a écrit. Il s’agit d’un travail d’imagination, d’un travail d’étudiant presque d’un scénario. Néanmoins, j’estime qu’il contient des éléments de réflexion. En conséquence, et à partir de l’analyse que je viens de faire, cinq points particuliers me paraissent intéressants:
les perspectives démographiques, l’évolution de la religion catholique, l’habitat, l’influence des techniques nouvelles , l’évolution sociale .

32 – Perspectives démographiques

J’ai presque traité le sujet dans le chapitre consacré à la démographie. Actuellement rien, strictement rien, dans le domaine du désenclavement, condition nécessaire à défaut d’être suffisante, pour assister à une implantation d’entreprises susceptibles de créer des emplois, ne permet d’imaginer une inversion de la courbe démographique.
Le Cap semble condamné à rester un pays de vieux retraités, à niveau de revenus relativement correct puisqu’ils auront été gagnés ailleurs. Il faut noter en plus, que les deux grandes directions d’embauche traditionnelle des jeunes : la marine marchande et la ‘’Royale’’ deviendront de plus en plus difficiles d’accès. La ‘’Mar Mar’’ est victime de son 28ème rang au classement international. Les marins français sont de plus en plus remplacés par des asiatiques payés moins cher . Quant à la Royale, elle recrutera de plus en plus à très haut niveau en raison des nouvelles techniques et de la professionnalisation.
Reste la fonction publique et les concours administratifs tout comme l’éducation nationale. La conséquence inévitable sera l’obligation de s’expatrier, d’où mariages ou unions avec des partenaires d’ailleurs. Le déroulement de la carrière ailleurs amène souvent les familles à acheter leur logement pour, d’une part se loger correctement, d’autre part accéder à la propriété. Ce qui implique que les enfants naissent ailleurs, font leurs études ailleurs et s’installent dans la vie ailleurs.
Conséquence, les ‘’retournés au pays’’ seront de moins en moins nombreux à l’avenir car :
- ils choisiront de résider près de leurs enfants pour voir grandir leurs petits-enfants
- La maison familiale en Cap-Sizun, à partager entre plusieurs héritiers, s’avèrera d’un prix trop élevé pour indemniser tous les ayants-droit.
La future population capiste risque donc, à l’avenir de présenter un caractère hétérogène. Raréfaction des ‘’nés-natifs’’, autrement dit ‘’indigènes’’ ou capistes, raréfaction voire disparition de la langue maternelle, disparition des chants bretons, des pardons, bref de tout ce qui constitue la race et l’héritage culturel local. Je crois avoir suffisamment développé le chapitre consacré à notre histoire pour pouvoir me permettre de dire que la situation ne me semble pas brillante. Certes, nous subissons comme tout le monde les aléas de la conjoncture que personne ne maîtrise, pas plus que la météorologie, les marées noires ou les guerres.. Mais nous subissons en plus nos handicaps géographiques que nous ne maîtrisons pas davantage. Par contre, et je suis formel, nous devrions maîtriser nos handicaps structurels. C’est à nous d’y remédier et il y a urgence. Sinon l’avenir du Cap ne peut s’imaginer que dans le pessimisme. En d’autres circonstances (article paru dans la presse locale) j’ai parlé d’un plan ‘’Marshall’’ pour le Cap-Sizun. Je serai plus précis en évoquant les perspectives d’avenir dans le domaine de la politique, toujours locale bien entendu.

33 – Perspectives dans le domaine de la religion

Tout le monde sait qu’il n’y a plus personne dans les églises à l’office dominical. Simple constat à partir duquel on peut essayer d’imaginer l’avenir, en tenant compte d’un second constat, majeur celui-là, avec lequel il a bien fallu composer, de gré ou de force, à savoir : il n’y a pratiquement plus de prêtres en âge d’exercer leur ministère. Cette situation est d’ailleurs beaucoup plus visible à la campagne que dans les villes.
Il y a seulement 20 ans , les paroisses de PLOGOFF, CLEDEN, PRIMELIN, ESQUIBIEN, BEUZEC, AUDIERNE, PONT-CROIX, MAHALON, PLOUHINEC et POULGOAZEC étaient chacune dirigée par un prêtre, soit 10 prêtres dans le canton de PONT-CROIX . Il en reste 3 : AUDIERNE, PONT-CROIX et PLOUHINEC, ce qui correspond à une perte de 7/10, plus des 2/3. Les prêtres restant sont responsables de secteurs paroissiaux, et il est facile d’imaginer qu’ils ne pourront être partout à la fois, ce qui signifie une remise en cause des habitudes, tant dans le domaine des offices dominicaux que des cérémonies ponctuelles : mariages, extrême-onction, obsèques etc…De nouveaux schémas se préparent, certains sont déjà en application

Offices dominicaux - Ils ne sont déjà plus célébrés chaque dimanche dans les églises paroissiales. Les fidèles d’ESQUIBIEN, PRIMELIN , PLOGOFF, CLEDEN par exemple, doivent de plus en plus rejoindre AUDIERNE si tel est leur choix, comme ceux de MAHALON, MEILARS, BEUZEC, GOULIEN, rejoindre PONT-CROIX ou PLOUHINEC pour assister à une messe le dimanche. Ceci implique des déplacements en véhicule, du co-voiturage pour transporter les personnes âgées ou celles qui n’ont pas de moyen de locomotion. Déjà dans certaines paroisses, des cérémonies sont dirigées par des animateurs laïcs, sans prêtres. Ceci peut se comparer à la religion protestante puisque dans les temples on organise chaque semaine un office auquel participe un pasteur une fois par mois seulement.. Seul le pasteur, comme le prêtre est autorisé à célébrer l’eucharistie. Les communions ont donc lieu une fois par mois. Les cérémonies sans pasteur, ou sans prêtre, ont un rituel mais uniquement de la prière puisqu’il manque le personnage principal qui a le pouvoir de consécration.
Il n’est peut-être pas ridicule d’imaginer, dans un avenir assez proche, un seul office dominical dans le canton, et à moyen terme, des offices à QUIMPER, DOUARNENEZ, CHATEAULIN, PONT-L’ABBE vers lesquels les fidèles devront converger.

Cérémonies ponctuelles – Nous avons déjà dit que la vie du fidèle pratiquant se déroulait au rythme des cérémonie religieuses, du baptême aux obsèques, en passant par la première communion, le mariage etc…Les mêmes causes produisent les mêmes effets. Je n’entrerai pas dans le détail des cérémonies précitées. Mais on peut dire tout de même que le baptême n’est plus considéré comme une cérémonie urgente. On peut donc le planifier, tout comme la première communion et le mariage. Si je pouvais me permettre une mauvaise comparaison, je dirais que le maître-mot de nos édiles est : décentralisation. En matière de religion, les paroisses sont un parfait exemple de pouvoir décentralisé. Mais à partir du moment où le pouvoir ne peut plus être exercé localement, on peut imaginer des cérémonies que j’appellerai centralisées, parfaitement réalisables pour les baptêmes et les communions si elles ont lieu le dimanche, plus difficiles à réaliser pour les mariages compte tenu des modalités qui entourent ces cérémonies : déplacements des familles, logistique etc…
Pour les obsèques, nous avions jusqu’à présent des habitudes. Je ne parle pas des obsèques civiles qui n’ont pas à être étudiées dans un chapitre consacré à la religion . Les obsèques religieuses ont, pendant longtemps et jusque vers les années 1990, donné lieu à la célébration d’une messe d’enterrement avec eucharistie et communions. Situations parfois originales, à savoir que les proches du défunt, souvent non pratiquants ou incroyants, ne recevaient pas la communion qui était distribuée à tous les rats d’église et grenouilles de bénitiers. Encore une forme d’hypocrisie.
Depuis une dizaine d’années, les obsèques ne donnent lieu à une messe que si elle est demandée par les proches, qui en cela respectent la volonté du défunt et agissent conformément à leurs propres convictions. Ceci implique évidemment la présence d’un prêtre, seul habilité. Lorsque la cérémonie se limite à un passage à l’église pour recueillement et prières, la présence du prêtre n’est plus indispensable. On s’achemine de plus en plus vers cette situation, car à moyen terme et même à court terme, les prêtres ne pourront être présents à tous les enterrements. Régulièrement, la presse locale fait état des réflexions des uns et des autres sur le sujet :
19-2-1996 (télégramme de Brest) – Funérailles : les réflexions des prêtres du Cap .
« La nouvelle réglementation fait l’objet d’une analyse de situation et de ses incidences, en regrettant le manque de distinction entre les zones urbaines et le milieu rural. Certaines valeurs, base de la vie des communautés : notion humaine de voisinage des quartiers, présence d’amis pour un deuil quand tout le quartier est au service de la famille sont plus que compromises. Regrets aussi de voir la création de monopoles qui handicapent les familles pauvres ».
Il s’agit d’une réflexion des prêtres du Cap en 1996, adressée au président de la communauté de communes, aux maires du canton et à l’évêché. Personne n’est obligé de partager le point de vue exprimé par les prêtres, mais une chose est incontestable : les prêtres en question connaissent bien le terrain, le milieu, l’ambiance qui entoure le deuil, sans compter une expérience qu’ils sont seuls à avoir par le biais de la confession. Mais, depuis 1996, le nombre de prêtres a encore diminué ( Monsieur Jacolot dernier recteur des paroisses de CLEDEN et PLOGOFF a pris sa retraite en 2002, à l’âge de 75 ans).
L’absence de prêtres est un problème, mais l’acuité du problème est que le défunt ne choisit pas le jour et l’heure de sa mort. Or, cette date de la mort fixe implicitement la date des obsèques, généralement dans un délai de 48 heures.. Conclusion : avec ou sans prêtre, la question est posée et reste posée sans obtenir de réponse officielle à ma connaissance.
Mais les choses et même l’église ont évolué dans le domaine de la mort. L’incinération se répand. Plus question d’enterrer les morts face à l’est en prévision de la résurrection à venir. Les cendres du défunt sont dans une urne parfois déposée dans un columbarium. Si la tendance continue, elle règlera le problème des cimetières qui se posera inévitablement aux générations futures. Les cimetières de nos aïeux ont disparu. Les cimetières laissés en Indochine ou en Algérie sont dans des cas très nombreux retournés à la nature. C’est ainsi. La vie suit son cours jusque dans la mort, et la manière de traiter la mort prend désormais de nouvelles formes, pour ne pas dire que la mort se banalise. On meurt dans les hôpitaux, dans les maisons de retraite, et non plus chez soi. Même dans ce dernier cas, les défunts sont dirigés vers des chambres mortuaires, techniquement organisées pour recevoir des dépouilles mortelles en instance d’inhumation. C’est ainsi, et il faut s’y faire, car même dans ce domaine il n’y aura sans doute pas de retour en arrière. Quant aux obsèques religieuses, parfois demandées au dernier moment, celui du départ, par des non-pratiquants, on pourrait appeler cela ‘’tamponner le passeport’’, parce que, sait-on jamais !! Le choix d’obsèques civiles est courageux, le choix du tampon sur le passeport l’est beaucoup moins. (De nouvelles dispositions viennent d'être prises à propos de l'eucharistie en juillet 2006. Plus d'eucharistie aux obsèques sauf cas particuliers: religieux, péris en mer etc...)
De nombreuses réflexions sont engagées à tous les niveaux pour déterminer ’’la’’ ou ‘’une’’ nouvelle forme de la pratique de la religion. La commission ‘’langue et culture bretonne’’ du diocèse de QUIMPER veut remettre le breton en usage dans la pratique religieuse. Je cite :

« L’église n’est pas insensible au bouillonnement culturel breton….L’apport culturel augmente dans les évènements religieux, notamment sous la forme musicale ». Dont acte !!

Depuis quelques temps, la forme d’expression de la religion, telle qu’elle était pratiquée par les générations précédentes, est contestée : pas de chants bretons dans les offices, les pardons relèveraient du folklore et même d’une certaine forme païenne (clés de Saint-Tugen) etc…etc…Soit !! Ceci n’est peut-être pas contestable, mais le tempérament breton, dont j’ai déjà dit qu’il était exacerbé chez les capistes, contient une certaine forme de culte et de respect des Anciens (j’en ai suffisamment parlé dans le chapitre consacré aux épidémies). Pour ma part, je suis partisan, non pas d’une généralisation des messes en breton qui ne peuvent qu’être réservées à ceux qui pratiquent la langue pour comprendre, mais de l’interprétation d’un chant breton à chaque office. J’y vois un quadruple avantage :
- Manifestation d’une certaine déférence à l’égard des Anciens qui s’exprimaient de cette manière
- Participation à la culture bretonne
- Une certaine forme de rayonnement de la langue si on veut bien accompagner les chants par des traductions à l’usage des non-initiés
- Expression de la tradition, dans le respect de la religion.
Je crois avoir déjà exprimé mon engouement pour la langue et le chant breton. Je confirme. D’ailleurs, lors des cérémonies de funérailles, on entend souvent : Kantik ar baradoz, ou Da feiz hon Tadou Koz pour dire un dernier ‘’Au revoir’’ à celui qui s’en va. Lorsque ces chants sont interprétés dans le « C’hap Don » , ils sortent du fond des poitrines, peut-être avec quelques erreurs musicales bien pardonnables puisque les voix viennent du cœur. Mais , il est peut-être temps de clore ce chapitre, pour parler très brièvement de l’enseignement, puisque, nous le savons, l’enseignement confessionnel côtoie l’enseignement public.

34 – Perspectives dans le domaine de l’enseignement

Je reviens au document établit par Alain Treussier dans sa forme prospective : il ne reste plus qu’un collège privé dans le Cap. Il n’en situe pas l’endroit. Il écrit aussi :
« De difficiles négociations entre élus, responsables de l’enseignement privé et le rectorat d’académie sont en cours dans le but de maintenir l’ouverture du collège à PLOUHINEC ».
Dont acte !! Mais il s’agit d’une prospective qui permet de tout envisager. Prenons les chiffres de la rentrée scolaire 2002-2003 (la rentrée 2003-2004 n’est pas encore faite à l’heure où j’écris ces lignes) : 
-  Collège de Locquéran à PLOUHINEC : 289 élèves 
-  Collège Saint-Joseph à AUDIERNE : 91 élèves (dont seulement 16 dans l’unique classe de 6ème) 
-  Collège Notre Dame de Roscudon à PONT-CROIX :131
Ce qui donne : 
-  Enseignement public : 289
- Enseignement libre : 222
Ces chiffres ne semblent pas corroborer la prospective ‘’Treussier’’ qui , il est vrai, date du mois de juin 1997, donc vieille de 6 ans.
Plus près de nous, le 31/3/2003 on lit dans la presse locale (rubrique PLOGOFF) : « l’école du Christ-Roi menacée de fermeture » ( c’est fait à ce jour), comme on lit ailleurs (rubrique LANDERNEAU 12/3/2003) : « La ville va payer pour l’enseignement privé », ou PLOGASTEL –SAINT GERMAIN (21/9/2002) « L’ex école JB Le Mel est à vendre » ;
Il est bien difficile d’imaginer quel est le type d’enseignement qui parviendra à tirer son épingle du jeu. En fait, l’enseignement public est une mission régalienne, donc relevant de l’état. Cet enseignement ne peut donc disparaître en Cap-Sizun, sauf à considérer que la population capiste se soit complètement transformée dans les années à venir. Certes, les perspectives démographiques ne sont pas bonnes. On peut imaginer, et ce sera sans doute ainsi puisque c’est déjà amorcé, un apport d’étrangers (terme non péjoratif), entendons par là des gens nés hors Cap-Sizun et même hors de France, et dont les racines ne sont pas capistes. ( plutôt originaires des pays européens : Allemagne, Belgique, Suisse, Angleterre etc…). Pour autant, rien ne permet de dire que toutes les familles ayant des enfants en âge scolaire souhaiteront bénéficier d’un enseignement confessionnel au détriment de l’enseignement public ou inversement. C’est, à mon avis, plutôt l’enseignement libre qui doit s’attendre à des difficultés : rappelons le chiffre de la rentrée scolaire 2003 à l’école Saint-Joseph à AUDIERNE, soit 91 élèves, chiffre à comparer avec celui de la rentrée de 1987 soit 290 élèves. La perte est supérieure à 2/3. La démographie n’explique pas tout puisque, toujours en 1987, le collège de Locquéran comptait 360 élèves au lieu de 373 l’année précedente, et qu’il en compte encore aujourd’hui 289, soit une perte de 71 élèves , soit environ 20% , soit 1/5.
Il faut être objectif et réaliste pour aborder ce sujet afin de ne pas recréer la désastreuse situation de la ‘’guerre scolaire’’. De nombreux chiffres ont été donnés dans le livre consacré au ‘’curé d’avant-hier’’, le chanoine Chapalain, ancien recteur d’AUDIERNE (page 46). On y lit par exemple :
« il y a un rejet léonard de l’école publique…. En Léon, l’engrais est catholique, l’argent est catholique, le foot est catholique comme l’école est catholique ».
Il s’agit du Léon et pas du Cap, mais…
Cela relève de l’intolérance, et la prospective ne me paraît pas aller dans ce sens mais dans le sens de l’histoire du Cap qui sait très bien qui voulait une centrale nucléaire à PLOGOFF, et grâce à qui nous ne l’avons pas eue. Simple reconnaissance d’intérêts particuliers peut-être, mais reconnaissance tout de même. L’histoire dit aussi que la promotion sociale des catégories défavorisées est venue de l’enseignement public. Il ne faut pas l’oublier, même si l’éducation nationale connaît aujourd’hui des difficultés relevant de phénomènes de société : violence, drogue, insécurité etc…
D’ores et déjà, on sait que de nombreuses écoles , publiques ou privées ont déjà fermé leur porte : GOULIEN (publique), ESQUIBIEN (Jeanne d’Arc), BEUZEC (publique), j’en passe. A la date du 6/2/2003, la presse locale annonce en Bretagne : 1200 établissements privés qui accueillent 244.000 élèves soit 40% des écoliers , collégiens, et lycéens. Ce qui veut dire aussi que les autres, donc 60% sont ailleurs, donc dans l’enseignement public. La prospective dans le domaine de l’enseignement se limite donc à imaginer la nouvelle société, ce qui n’est pas évident ni simple. Une chose semble certaine, la religion et sa courroie de transmission l’enseignement ont perdu une grande partie de leur influence. C’est un constat, pas un jugement. Le rapport entre ‘’dominants’’ et ‘’dominés’’ d’hier s’est atténué pour beaucoup de raisons. On ne met plus ses enfants à l’école libre par crainte du recteur, et il n’y a plus de refus d’absolution, d’autant qu’il n’y a plus ou presque plus de confessions. Les bourgeois ne vont plus systématiquement à la messe, comme autrefois, pour afficher leur rang. De nombreux notables sont laïques, tout comme l’état, et ne dissimulent plus leurs idées ou leurs sentiments. Pour conclure, on peut dire que c’est à chacun selon ses convictions et sa conscience. Notons tout de même la prééminence de l’enseignement public par rapport à l’enseignement libre, sans oublier que l’un est gratuit, l’autre est payant , ce qui a une influence certaine sur le choix effectué par les différentes catégories sociales.

35 – Habitat

Le Cap-Sizun est le pays de l’habitat individuel, plutôt dispersé, à l’inverse de ce qui se passe dans les villes.
L’habitat collectif existe à AUDIERNE, où des immeubles HLM ont été construits autour des années 1959-1960. On trouve peu d’immeubles en copropriété (quelques uns à Audierne). Le Cap-Sizun n’est pas le pays des immeubles. On peut donc regretter certaines constructions sur les points les plus élevés d’où ils dominent le paysage dans lequel ils s’intègrent mal. (Kérivoas à Audierne). Ces essais peu concluants, ont ouvert la porte à une nouvelle forme d’urbanisation : le logement social en maisons individuelles d’un type nettement supérieur à celui des clapiers. Chaque commune a eu à cœur de construire des logements sociaux et de tenir à la disposition des candidats à la propriété, donc futurs résidants, un lotissement de terrains viabilisés, prêts à recevoir des constructions. On peut donc imaginer à l’avenir des concentrations de personnes dans les agglomérations, les bourgs ou à proximité des bourgs, et les gros hameaux. L’entassement des individus en cages à lapins superposées semble abandonné. On connaît d’ailleurs tous les problèmes posés par ce type d’habitat, problèmes suffisamment développés au quotidien en ce qui concerne les banlieues. Dommage donc que notre Cap ait été défiguré par quelques immeubles peu harmonieux. Mon intention n’est pas du tout de faire le procès du logement social, absolument nécessaire, mais de dénoncer les mauvaises résidences mal élaborées, mal pensées, mal réalisées. La clientèle du logement social a droit, comme tout le monde à autre chose que des refuges superposés.
La commune de PLOUHINEC dispose de terrains constructibles avec vue sur mer . C’est sa chance. Ailleurs, il est presque impossible de réaliser une maison neuve disposant d’une vue sur mer. Les responsables du conservatoire du littoral n’ignorent pas que les mesures de protection ont créé une nouvelle race de privilégiés, à savoir ceux qui bénéficient déjà de cette vue. Privilégiés au niveau de leur génération, privilégiés au niveau des générations futures, car les prix de l’immobilier vue sur mer sont presque le double de ceux de la campagne. Personne ne conteste la nécessaire préservation et protection du littoral (la bande des 100 mètres suggérée par le maire de GOULIEN, Henri Goardon ), qui appartient à tous, mais à vouloir trop et tout protéger, on perd des résidants potentiels qui vont s’installer ailleurs. PLOUHINEC est parfaitement conscient de sa chance. Mais, entre AUDIERNE et la Pointe du Raz, l’interdiction de construire est quasi absolue. On ne voit pas cependant en quoi des constructions entre Sainte Evette (déjà construit) et Lervily (déjà construit), défigureraient le paysage. Que l’on se rassure, je n’y suis pas propriétaire et je ne prends parti pour personne. Et le parc marin qui s’y greffe !! Nous ne serons bientôt plus seulement canalisés, mais parqués comme des…Restons courtois !!
L ‘avenir risque donc de ne pas apporter beaucoup de changements dans l’urbanisation actuelle. Les maisons très anciennes et en mauvais état ou mal placées, donc à petit prix, seront sans doute restaurées par des petits budgets. Les maisons plus confortables, donc plus chères, échapperont de plus en plus aux héritiers qui ne seront pas assez riches pour indemniser leurs frères et sœurs. Mais je ne pense pas que l’on assistera un jour à la création de villes nouvelles, pas plus que de lotissements résidentiels. A mon avis, la situation actuelle risque donc de perdurer, sans changements, et la vision de Monsieur Treussier me paraît sujette à caution, bien que je lui reconnaisse le mérite d’exister.

36 –Techniques nouvelles

Internet a été une révolution. De nombreux capistes, y compris des retraités d’un certain âge se sont convertis à l’informatique. Pour autant, le 3/4/2003, quand j’écrivais ces lignes au brouillon, il n’existait pas encore de point cyber-communes. Les choses ont un peu progressé entre mon brouillon et ma rédaction d’aujourd’hui, puisque cela commence à fonctionner à PLOUHINEC. Rien depuis les cours de Cap-Accueil en 2000-2001. (La situation a évolué depuis: cybercommunes))
Celui qui voulait apprendre devait, jusqu’à présent, se tourner vers DOUARNENEZ, POULLAN ou POULDREUZIC. Manifestement, les dossiers du Cap n’avancent pas à la vitesse supersonique, ni celle du TGV. Alors, grâce aux enfants, quelques grands-mères, grâce aussi au conjoint qui a parfois la chance de savoir, quelques personnes ont pu recevoir une initiation qui leur permet d’adresser des « E. Mail » à leurs petits enfants éparpillés à travers le monde. Ma génération est donc pratiquement condamnée à disparaître sans avoir connu les joies du « Démarrez-Programmes- Outlook Express » par le biais de la souris. Cette génération , née avec la lampe à pétrole, aura connu l’arrivée de la fée électricité, de l’automobile, de la télévision, du téléphone, j’en passe, pour être privée d’informatique par manque d’environnement favorable et de structures, pour cause de lenteur administrative. C’est assez navrant et même déplorable.
Dans ces conditions, je vois mal les techniques nouvelles, les nouvelles formes de travail du type ‘’start-up’’, les agences de vente par internet etc … venir s’installer en Cap-Sizun. Le pays offre certes une qualité de vie à ceux qui ont des revenus, mais ce n’est pas suffisant. Impossible d’obtenir le haut-débit. (partiellement réalisé aujourd'hui) Le Cap n’est pas couvert par des relais suffisants, donc retard comme hier pour les téléphones portables. La modernité a un prix, et généralement il faut payer le prix.
La vision prospective de Monsieur Treussier imagine un Cap-Sizun dans une certaine mesure idyllique pour une clientèle argentée. C’est peut-être possible, mais on peut aussi poser la question : ‘’Et les autres, ceux qui seront moins argentés ? » .
C’est pourquoi je ne partage pas ce point de vue. Je n’imagine pas de tels changements. Une piscine, sans doute. (en cours de réalisation actuellement) Mais les yachts de gens fortunés ne viendront pas s’installer dans nos beaux paysages car cette clientèle recherche quelque chose que nous n’avons pas : un climat méditerranéen pour le farniente, la ’’bronzette’’, sans vent, sans pluie, avec ciel bleu sans nuages et une température d’eau de baignade supérieure à 20 degrés. Ce manque peut être comblé par des structures ad-hoc, tout au moins pour la baignade . Quant à la navigation dans nos eaux, mieux vaut parfois disposer d’un bon canot breton que d’un yacht sophistiqué pour affronter le Raz de Sein.
La saison touristique me semble donc condamnée à rester courte, fréquentée principalement par des gens de passage qui viendront admirer nos cartes postales. La clientèle familiale deviendra de plus en plus rare en raison de la disparition des maisons de grands-mères ( en même temps que les grands-mères elles mêmes), et des nouveaux modes de vie. De moins en moins de retours au pays. De plus en plus de résidants non capistes d’origine, pas de créations d’entreprises, donc d’emplois, ce qui veut dire qu’il n’y a pas beaucoup de débouchés par les techniques nouvelles à espérer. Les enfants nés au pays seront condamnés, comme ceux des générations précédentes à s’expatrier. Compte tenu de la conjoncture qui n’est pas exclusive au Cap, mais compte tenu des retards accumulés par ce même Cap, une évolution paraît difficile à imaginer. Mon souhait de plan Marshall dont j’ai déjà parlé est resté lettre morte ou vœu pieux, et nous obtenons difficilement des médicaments homéopathiques. Pourtant, les faits sont là, et j’ai sans doute raison sans pour autant commettre le péché d’orgueil. Mais, je suis prêt à faire amende honorable si les circonstances devaient me désavouer. Hélas, je crains d’avoir raison en disant que le Cap ne peut s’en sortir à partir des données actuelles. Future réserve d’indiens, disposant d’une aisance relative et d’une qualité de vie certaine, mais dépourvue de vie économique car les ‘’bistrots’’ et les crêperies qui n’emploient personne ne peuvent faire vivre une population.

37 – Perspectives économiques, sociales , sanitaires

Les perspectives économiques et sociales sont liées. Les techniques nouvelles font partie des données économiques. Je n’y ai pas trouvé matière à optimisme. Il en est de même pour les perspectives sociales. Pas d’économie, pas d’emploi, pas de niveau social (matériel) acquis au pays, sauf par le biais des héritages pour une catégorie privilégiée. L’émigration continuera avec ses conséquences. De mon point de vue personnel, agriculture et pêche stagneront dans les années à venir. Seul le secteur tertiaire (commerce) se maintiendra, mais ne fournira pas d’emplois qualifiés, de haut niveau, puisqu’il s’agit exclusivement de services. Le Cap restera donc un fief de retraités, certains originaires du cru, d’autres venus d’ailleurs pour apprécier une qualité de vie. Un antagonisme sournois risque de s’exacerber (puisqu’il existe déjà) entre certaines catégories d’individus : les ‘’retournés au pays’’, souvent mal acceptés par leurs congénères iront dépenser dans les grandes villes plutôt que de faire fructifier l’économie locale. Venant d’ailleurs, sensibles aux techniques commerciales des promotions et autres prix d’appel, ils continueront à se diriger vers QUIMPER pour leurs achats. Prisonnier de méthodes routinières, de circuits archaïques, le petit commerce va souffrir. On assiste régulièrement à la fermeture de petits magasins, et chacun a pu constater que les stations service ont pratiquement disparu, ce qui n’est pas particulier au Cap d’ailleurs. Le carburant est désormais distribué par les grandes surfaces. Il n’y aura pas de retour en arrière. Seuls les circuits qualitatifs : Bio, poissons (fraîcheur), viande (sous réserve), tireront leur épingle du jeu. Le petit commerce ayant régressé au point de disparaître par endroits, le Cap comptera de plus en plus de crêperies (parfois éphémères comme à CLEDEN), de pizzerias (spécialité bretonne sans aucun doute), de snacks et autres cafétérias, tout cela au détriment du traditionnel. Il y a déjà un problème : le repas de midi dans les restaurants. Nouveau mode de vie, nouvelles formes d’activités. C’est ainsi.
Pour ce qui concerne les structures de santé, j’ai évoqué précédemment l’hôpital de DOUARNENEZ, toujours dépourvu de scanner. Je n’y reviens pas, sauf à dire qu’il a besoin de certains équipements pour bien remplir sa mission, et pas seulement au profit du Cap.
Les médecins généralistes sont en nombre suffisant, et convenablement répartis. Malheureusement , le cabinet de radiologie qui se trouvait à AUDIERNE a fermé ses portes. Désormais, pour une fracture bénigne, voire une vérification, il faut aller à DOUARNENEZ, alors qu’autrefois, tous les médecins généralistes étaient équipés d’un matériel pour radioscopies. Ils traitaient aussi les fractures pas trop graves et pratiquaient de petites interventions sous anesthésie locale . Ces temps sont révolus. Il faut se faire à l’idée que le passé ne reviendra plus et se dire que :
« De ton temps, c’était ton temps ! Et demain ne sera pas hier !! »

38 – Perspectives politiques

J’ai gardé pour la bonne bouche ce dernier chapitre, bien que, par ci, par là, j’ai pu aborder le sujet et égratigner le cas échéant. J’ai sous les yeux une coupure du Télégramme de Brest datant du 27/3/2003 sur laquelle je lis :

« Défiance à l’égard des élus, 34% de la population aurait une attitude de défiance à l’égard de ses élus locaux ».

Enorme !! 1/3 de la population qui n’a pas confiance. La même journal avait organisé en 1993, donc il y a 10 ans, une enquête intitulée ‘’Finistère 2015’’. J’ai conservé l’intégralité de cette documentation. Je lis : 
-  A la date du 26 novembre 1993, sous la plume de René Perez
« Les lecteurs ironisent sur le manque d’envergure des élus du département………Certains lecteurs estiment que seul le Préfet a une vision globale et unitaire du département…..Nos lecteurs manifestent leur ’’Ras le Bol’’. Ils veulent, ils exigent que les élus serrent les rangs en ces temps d’interrogation…..Ils sont 86%, chiffre à méditer à se prononcer en faveur d’une coopération intercommunale active »
Le réquisitoire fut impitoyable. Que dis-je, c’est un verdict populaire, qui amena le président du conseil général à s’exprimer : 
- 15 décembre 1993 : Miossec avocat des politiques
« Face aux attaques portées contre les hommes politiques, lors du brassage, parfois saignant de Finistère 2015, Charles Miossec répond par un plaidoyer acerbe….. Le président du conseil général s’insurge contre le syndrome du ‘’ politique bouc émissaire’’…… Et Charles Miossec se refuse tout net, et haut et fort, à porter le chapeau……On dénonce les politiques qui n’ont rien compris……Mais la démocratie a ceci d’impitoyable : c’est le peuple qui choisit. Et comme il a nécessairement raison, il a les élus , c’est à dire les politiques qu’il mérite ».

Dont acte !! C’était il y a 10 ans. Et depuis ? 34% ont une attitude de défiance à l’égard de ses élus comme je l’ai dit ci-dessus. Incroyable !!
Je ne disserterai pas davantage cette enquête Finistère 2015 (à laquelle chacun pourra se reporter le cas échéant), puisque nous parlons d’avenir et qu’elle a 10 ans d’âge. Mais il y a cependant dans cette enquête un constat alarmant : on a les élus qu’on mérite. Je préfère être plus nuancé, et dire qu’on a les élus choisis par le plus grand nombre, donc les élus qu’on se donne bien qu’il s’agisse d’une ‘’Lapalissade’’. Les élections se jouent toujours dans une fourchette d e 48 à 52% . Donc, dans les meilleurs cas, sauf exception, les élus représentent 52% des électeurs, ce qui veut dire aussi qu’ils ne sont pas élus par les 48% d’opposants. On ne peut pas dire qu’on a les élus qu’on mérite à ceux qui ont voté contre. Certains élus, honnêtes, ont tendance à se considérer et à se comporter comme les élus de l’ensemble des administrés. Traitement identique pour tous : il n’y a plus de trottoirs de droite ni de caniveaux de gauche.. Bravo, parce que les trottoirs sont à tout le monde. Hélas ! On trouve aussi la politique des becs de gaz. J’en ai déjà parlé. Pas d’éclairage public aux mauvais électeurs malgré les pétitions. Sanction ? Alors, les 34% de ceux qui ont une attitude de défiance, doivent être plutôt 100% quand ils attendent que la lumière soit, surtout quand la lumière ne fut toujours pas !! Minable cette politisation des becs de gaz, et même indigne de la fonction !! Certains aventuriers de la politique savent mieux que personne que les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent. Le Cap n’a pas besoin des magiciens ni des illusionnistes qui promettent tout, et ne réalisent rien, se contentant de regarder défiler les strato-cumulus et les cumulo-nimbus en expédiant les affaires courantes !! Le Cap, c’est du concret !!
L’année 2002 a vu des élections de niveau national. Globalement, le Cap a voté à droite aux élections présidentielles et participé majoritairement à l’élection d’un,( plutôt d’une) député de droite. Le Cap, dans cette affaire a fourni un suppléant et non un titulaire. C’est la démocratie. L’année 2004 verra des élections départementales et régionales. Gageons que l’on va prendre les mêmes et recommencer. (Faux:Une conseillère générale de gauche a été élue, situation nouvelle  et inédite depuis 1932) Peut-être faudrait-il réfléchir à une hypothèse de sang neuf si on veut s’attirer un jour les bonnes grâces des 34% de la défiance. Dans sa rédaction prospective, Monsieur Treussier nous parle d’un jeune député nouvellement élu résidant à PRIMELIN. Sa résidence a peu d’importance à mon sens. L’essentiel est qu’il soit jeune. Regardons autour de nous. Dans l’armée française, il fallait avoir 50 ans pour commander un régiment autrefois. Aujourd’hui, 40 années suffisent, et pour y arriver, il faut être capitaine à 27 ans et même 25. Les bateaux sont de plus en plus souvent commandés par des jeunes qui font aussi bien que leurs anciens. Alors, il n’est peut-être pas nécessaire de confier les pouvoirs locaux à des retraités qui , par définition sont à la retraite et en bénéficient, certains même plusieurs fois. Seuls les jeunes, acteurs économiques au pays, souvent pères de famille, ont une vision objective des choses et sont en mesure d’évaluer les besoins et les priorités, car tout ne peut se faire en même temps. Mais , le Cap est un pays de retraités me dira t’on. Soit ! Mais puisque la société capiste a une tradition matriarcale, pourquoi, dans ce pays de marins, ne pas confier le pouvoir aux femmes ? Les femmes de marins exercent tous les pouvoirs au sein de la famille en l’absence du mari. Certaines femmes conduisent la voiture familiale car le mari n’a jamais eu le temps de passer le permis de conduire. CLEDEN est dirigé par une femme, et à CLEDEN on trouve de bonnes réalisations, par exemple l’accueil des camping-cars qui évite le déversement des eaux usées n’importe où comme c’est le cas à AUDIERNE. C’est une simple observation de détail, mais significative à mon sens. La fête foraine d’AUDIERNE ne fait pas grand cas de l’écologie pour ses évacuations, mais peut t’elle faire autrement ? Très certainement, si on lui en donne les moyens.
Oui, pourquoi pas les femmes si les hommes n’ont pas l’envergure pour figurer dans le monde politique, en se contentant de satisfaire leur orgueil masculin. Qui donc a sauvé le calice de Saint-Tugen qui fait aujourd’hui partie du Trésor ? Rappelons-nous ! Marie-Jeanne Cuillandre épouse Normant ! Ce n’est pas pour rien que j’ai commencé ce texte en lui rendant hommage. Les femmes aussi ont ’’fait’’ PLOGOFF. Plusieurs écrivains, journalistes, cinéastes leur ont témoigné estime, considération et même respect. Puisque le Cap n’est pas capable de fournir un leader, pourquoi pas une femme de choc.
Quand on pense aux personnages de dimension nationale qui ont exercé le pouvoir dans le Cap : Joseph Guezno, frère du conventionnel Mathieu, ou Severin Louis Marie Michel Le Duff de Mesonan qui a été maire à AUDIERNE pendant 14 ans (1857-1871), réalisateur du chemin de halage, de l’abri du canot de sauvetage sur le quai et de tant d’autres travaux : ancien sénateur, ancien président du conseil général du Finistère, ancien député du Finistère, grand officier de la légion d’honneur pour ne citer que quelques références. Ajoutons encore qu’il était un ami personnel de Napoléon III. Homme de bien, disposant d’une obligeance inépuisable, honnête homme, citoyen dévoué à son pays, tels sont les propos relevés à son égard dans le bulletin municipal n° 2 d’AUDIERNE, sous la plume de Monsieur Marzin, dont les vieux audiernais se souviennent.
Ou encore Amédée de Lécluze qui fut maire à AUDIERNE de 1871 à 1898, soit pendant 27 ans au cours desquels il fit réaliser le petit train dont nous avons déjà parlé . Il pouvait dire , le jour de l’inauguration, le 28 janvier 1894 :
« Enfin, nous voici reliés, grâce à la ligne, au monde civilisé ».
Où est la relève dans le Cap ? On attend les noms et les références !!
La perspective d’évolution politique ne me paraît donc pas très réjouissante au niveau des hommes . Constatons que nous ne sommes pas capables de fournir des leaders, et la messe sera dite. Tant que nous resterons en Cap-Sizun à nous regarder en chiens de faïence entre blancs, ou considérés comme tels, et rouges, ou considérés comme tels, tant que nous n’aurons pas fait tomber les limites des clochers qui relèvent du passé nous n’obtiendrons aucun résultat. Les bonnes volontés, l’intelligence, l’esprit d’initiative, l’envie de servir ne sont pas des critères de droite ou de gauche. Ils sont les critères de la dimension humaine des choses, car je pense que, à la base, la politique ne règle rien, ce sont les hommes qui règlent tout. Utopie peut-être ! Pas si sûr ! Attendons la suite des évènements. Que cessent ces visites intéressées pour nous caresser dans le sens du poil à la veille des élections, les poignées de mains sur les marchés et ‘’votez pour moi parce que je suis le meilleur’’. Le bon slogan serait à mon sens ‘’votez pour le Cap, ma personne est d’aucun intérêt. Mais, La Fontaine avait raison en décrivant la mouche du coche, tout comme La Bruyère dans ses ‘’caractères’’. Jupiter aussi, dieu de la foudre et du tonnerre fustigeant les ambitieux, car être responsable c’est assumer ses responsabilités. De nombreux élus locaux ont été honorés par leurs administrés : rue X…. Square Y….Pour ma part, je crois que je n’aimerais pas entrer dans l’histoire comme un homme et même un artisan du déclin, car ne rien faire est aussi coupable que de se tromper de cible. L’histoire jugera. Gageons qu’elle ne sera pas tendre !! AMEN !!

CONCLUSION

Tout a une fin. Cet exposé aussi. J’ai essayé d’imaginer demain, à partir de la situation d’aujourd’hui, mais aussi en remontant le temps pour tenter de trouver des explications dans notre histoire. Je ne sais pas si j’ai réussi, mais ce dont je suis sûr, c’est que nos élus locaux ne sont pas de droit divin, qu’ils n’ont pas de stratégie d’union parce qu’ils ne s’entendent pas, et qu’ils ont une part de responsabilité dans la situation de sous-développement qui est la nôtre. J’ai déjà développé tout cela dans les différents chapitres. J’aurais pu dire encore que le Cap a été passé au crible en 2001 par un groupe d’étudiants de la faculté d’ANGERS (Télégramme du 8/10/2001), que les réunions de réflexion comme celle organisée le 8/3/2003 à ESQUIBIEN n’attirent personne, même pas les élus locaux, (à croire qu’ils savent tout et qu’ils n’ont rien à apprendre), mais j’en ai assez dit. Je rappelle seulement ce qui a été écrit sur GOULIEN par Christian Pelras :
« Le nouveau maire Jean Moan, n’avait que 27 ans…Jean Moan est certainement le meilleur maire que GOULIEN ait jamais eu ».
La fonction de maire n’exige pas un pedigree ou un profil particulier : un agriculteur, un commerçant, un ouvrier peuvent être d’excellents maires, à condition qu’ils soient avant tout de hommes de devoir, de terrain et non de bureau, serviteurs dévoués de leurs administrés, de l’intérêt général et non de leurs ambitions personnelles et de ce qu’ils croient être leur carrière. Les carrières se font dans le milieu professionnel et non dans la fonction d’élu local. J’ai déjà dit que nous avons 50 ans de retard dans l’équipement structurel. Cela ne se rattrapera pas d’un coup de baguette magique, surtout dans la conjoncture actuelle. Mais si on ne commence jamais à rattraper le retard, on ne comblera jamais le déficit. La gestion des affaires est basée sur le même principe que l’économie familiale. Pour que nos élus s’entendent au niveau de la communauté de communes, il faudrait qu’ils soient représentatifs de l’ensemble des administrés, donc élus au suffrage universel. Il ne semble pas que cette hypothèse soit retenue en haut lieu. Donc cela risque de continuer selon les errements actuels, et ce n’est pas l’intérêt général du Cap-Sizun. Quant aux 294 hectares d’AUDIERNE, soit même pas 2% de la surface du Cap, ils devraient faire l’objet d’une réflexion personnelle des responsables, pour tenter de déterminer leur représentativité par rapport à l’ensemble, ce qui conditionne aussi les bonnes relations avec les voisins. Encore un vœu pieux évidemment. Mais , puisse le ciel me donner tort dans l’estimation de ce vœu pour que

VIVE LE CAP-SIZUN

******










 

Projet de rédaction achevé à AUDIERNE, le 10/4/2003, et transcription achevée le 24/8/2003

(revu en juillet 2006 avant mise en ligne sur le net)



FIN






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30 avril 2006 7 30 /04 /avril /2006 10:55

Mahalon

  Non, on n'a pas oublié Mahalon

Son aire de loisirs, près de la chapelle Saint Pierre

 

Fauteuil relax ou lit bain de soleil de nos ancêtres (non réglable)

 

 

Le Goyen au pont, sur la route de Meilars

Et la chapelle Saint Pierre qui était ouverte le dimanche 4 juin (entrée libre) pendant que l'aire de loisirs  débordait d'activités (grands et petits)

 

                                                                   

Mais, ce n'est pas vilain tout ça !! On va continuer...

 à suivre....

Pas d'épaves de bagnoles pour l'instant. On va fouiller

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28 avril 2006 5 28 /04 /avril /2006 09:28

Le 17 juin 2006, les marins du Cap-sizun

ont rendu hommage aux péris en mer

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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24 avril 2006 1 24 /04 /avril /2006 13:43

 

Un petit tour à Cleden, juste en passant

  La route de Cleden passe par Langroas, et on ne passe pas devant Langroas sans s'arrêter pour jeter un coup d'oeil à la chapelle

   Surprise, on fait des travaux et regardez

 

  On avait déjà repéré cette ancienne fontaine bien-sûr. Autrefois, il y avait même un lavoir. Il faudrait demander à Jean-Guillaume à Kespern. Lui c'est l'Ancien et il connaît. Bravo à l'association et aux responsables. Et surtout, pas de palmiers comme à Audierne. Nous sommes dans le Cap et pas à Biskra..

  Allez, route vers Lamboban:

 

 ****** 

ci dessous: photo du 10-9-06.

On peut constater que le lavoir a été nettoyé, même si l'herbe a un peu repoussé. Le contraste avec les lavoirs d'Audierne est saisissant. Bravo à Cleden !!!

 ****** 

 

 

Grand merci pour votre accueil Monsieur. Bon courage pour vos travaux. Et lorsque le local à crêpes sera fini, avec votre permission je retournerai voir vos superbes auges. Pour l'instant, je vais chez votre voisine.

  

C'est superbe Madame. Grand merci pour votre accueil. Vous m'avez autorisé à revenir n'est-ce-pas ?

Madame le (la) Maire: un petit coup de main pour le lavoir SVP ! Je vous promets de mettre une autre photo de ce magnifique lavoir....tout propre

Additif du 10-9-06: comme on a pu le constater plus haut, le lavoir de Lamboban a été nettoyé. Je m'étais engagé à mettre une autre photo, après le nettoyage, c'est fait J'ignore qui il faut remercier: la mairie, les bénévoles... Que chacun veuille bien trouver ici les remerciements d'un passant qui vous dit: "c'est un très beau lavoir "

******   

Poursuivons notre promenade à Cleden. Nous voici au village de Trouguennour où se trouve la chapelle de Saint Tremeur

vue d'ensemble

 en montant vers la chapelle

 

vue de l'accès et du parking sur lequel il n'y avait pas de voitures, même pas la mienne qui aurait tout gâché

une porte

 

l'intérieur

et la promenade dans le village

 (les 2 photos ci-dessus sont de N.P.)

 

 

La publication des photos du village est faite avec l'autorisation des propriétaires. Il convient de leur exprimer des remerciements, tant pour l'autorisation que pour l'accueil qui nous a été réservé. Le pardon a lieu ce jour, 27 mai 2006. Nous avons surpris les résidents en pleine préparation. Certes, les moyens municipaux étaient  déjà intervenus, mais les finitions étaient en cours. Quelle surprise de voir un Ancien (on nous a dit qu'il avait 86 ans) armé de sa faucille qui  épaulait les deux tondeuses en pleine action. A notre avis, les riverains se sentent  concernés par cette chapelle. Héritage culturel ?  Patrimonial ? Religieux ? Nous n'avons pas la réponse, mais chapeau "l'Ancien". Alors, de quoi s'agit'-il ? Juste un mot d'explication, pour essayer de comprendre

La légende de Conomor

  Cruel et sans pitié, ce Barbe-Bleue breton obtint de sa femme Triphine, deux fils: They et Tremeur. Un jour, dans un accès de folie, il les décapita.

  They et Tremeur prirent alors leur tête sous le bras, et rejoignirent un canot qui les attendait à la côte. Saint They, voulant disposer de ses deux mains pour manoeuvrer la frêle embarcation, remit sa tête à son emplacement originel, et miracle, celle-ci reprit immédiatement vie. Par contre Saint Tremeur, gêné par le vent et les vagues, ne parvint pas à réaliser le même exploit que son frère (on représente Saint Tremeur portant sa tête dans ses mains). La forme la plus ancienne du nom de Saint Tremeur est Dremore.

  Leur traversée se termina à Porz Ar Zent,  (ou Aod ar Zent, port ou plage des saints), une petite anse du Cap-Sizun. Bien-sûr, vous n'y croyez pas. Attendez un peu. On va vous donner les références pour vérifier. 

http://saint-tremeur.9online.fr 

http://cap-sizun.com/forum 

ou

http://cleden-cap-sizun.com

et tous les liens sur ces sites, sans oublier la légende de Conomor, sur le site des bretons de Clamart:

http://www.chez.com/bretonsclamart  

 

2 juin 2006  

 On entend souvent dire que les chapelles sont toujours fermées. C'est vrai et ce n'est pas vrai. Après avoir visité Saint Tremeur, rendons-nous à Saint Tugdual.  (le même jour). Il n' y a personne. On va donc pouvoir faire une photo.

 

La chapelle de saint Tugdual et son environnement

 

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  Allons voir derrière

Et faisons le tour

Mais, la porte est ouverte ! La porte est ouverte et il n'y a personne. On raconte peut-être des histoires à propos des chapelles fermées. On peut donc entrer pour visiter, se recueillir, faire une prière et même faire une photo si les appareils voulaient bien marcher. Tant pis pour cette fois. Les chapelles sont parfois fermées pour tout simplement des raisons de sécurité, et c'est normal. Quand elles peuvent être surveillées, discrètement, on peut prendre le risque de les ouvrir. C'est sans doute le cas ici, car il y a du monde dans le village

  Il y a du monde. Je les ai vus. Eux aussi m'ont peut-être vu, et s'ils ont noté le numéro de la voiture, et bien, c'est tant mieux !! Dans le Cap, on a toujours un oeil sur la mer, des fois que..  et un oeil sur la terre pour les mêmes raisons. Cela date de l'époque des voleurs de poules, qui n'ont pas tous disparus !! En attendant, je leur ai volé une photo de puits sans autorisation. J'espère que ça passera !! poursuivons la visite !!

****** 

Lanvrel

Heign Has (débarcadère entre la pointe de Penharn et Porz Loédec)

Du nouveau à la pointe du Van

Un ancien lavoir récemment découvert et restauré (ou peut-être une ancienne  mare servant au travail du  chanvre)

Des pierres en saillie dans le mur (à usage de marches autrefois)

 

 

 

Des travaux de restauration sont en cours et pourraient même concerner d'autres vieilles pierres  correspondant aux vestiges d'une ancienne ferme datant du XVIème ou XVIIème siècles. Pour l'instant, on ne sait pas s'il s'agit d'un ancien lavoir ou d'une installation pour traiter le chanvre par rouissage (trempage dans l'eau). Deux remarques:

  - Ce lavoir ressemble assez au lavoir de Kerhuon en Plogoff. Y-aurait-'il un rapport ? Le chanvre par exemple autrefois cultivé en Cap-Sizun

  - Le chanvre serait-il pour quelque chose dans l'appellation ''Pors Kanapé'', petite plage de la côte nord sise à Goulien ? Le chanvre se dit "kanab" en breton 

 Bonne visite et bonne promenade 

Et retour par la côte nord: 

 

 

La plage de Théolen

 

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22 avril 2006 6 22 /04 /avril /2006 13:38

                                                             Confort-Meilars

 Un article de la presse locale ayant attiré notre attention, nous avons voulu aller voir où en était la fontaine de Notre Dame de Confort sise à  Penguel dans la même commune. Vandalisée, mutilée, cette fontaine est en cours de restauration par un groupe de bénévoles qui voudront bien trouver ici nos encouragements et surtout nos remerciements.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce magnifique ensemble qui date de 1814, avait été restauré en 1982. Les vandales sont passés par là: Statue mutilée, projetée contre le calvaire, pierres jetées dans la fontaine etc...

  L'endroit est pourtant très champêtre. Les chevaux et les ânes y paissent en toute quiétude

 

 

 N'oublions pas le magnifique calvaire de Confort

                                                                      

 

  Ci-dessous: l'église de Meilars, caractéristique d'une part par son cadran solaire, d'autre part par le cimetière qui l'entoure. Il reste en Cap-Sizun 2 exemplaires de cimetières autour des églises: Meilars et Saint Tugen

                                                                  

 

  à suivre

Pour choisir un article cliquer sur liste complète en haut à droite et demander l'article de son choix. Exemple: le Cap-Sizun côté pile et côté face

 

 

 

 

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18 avril 2006 2 18 /04 /avril /2006 15:03

  Goulien: Au pays de mes racines

Entrée de la chapelle de Saint Laurent de Lannourec

Une vue de la chapelle

ci-dessus: la stèle de flagellation

L'encoche derrière ce qui n'est pas un menhir, empêchait la corde de glisser, pendant que le coupable expiait sa faute, ou soi-disant faute

 

 

  Et oui !! La chapelle n'était pas ouverte. A 200 mètres environ, il y a une ferme, sans vues directes sur la chapelle. Ce jour là, la chapelle de  Saint Tugdual à Cleden était ouverte, mais elle est dans un village. Solution ??? Pour ma part, je n'ai rien à proposer pour résoudre ce problème...

***** 

Pors Kanapé

L'église de Goulien

 

 

 

 

 

 

et les paysages de la côte nord

 

 

sans oublier les éoliennes qui, par construction,tournent selon les vents: vent d'ouest pour dire coucou à la centrale de Plogoff, vent du sud c'est plutôt une pale d'honneur

 

 

 

 

 

 

A suivre

 

Le tour du Cap sera bientôt fini. Pas moyen  de mettre la main sur une épave de bagnole, privilège réservé à Audierne et Esquibien !!!

 

 

 

 

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