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Le drusthuil, meuble typique du Cap-Sizun

 

La coiffe de deuil "ar jibilinen "

Ces objets sont visibles au musée du patrimoine 

Le  Marquisat de Pont-Croix

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situé au bout du monde, au pays des calvaires, au pays des chapelles, au pays du grandiose, là où finit la terre et commence la mer.

Regardez!!

 

 

 

 


 


Evel ar C'hap, n'eus bro ebet

Il n'y a pas de pays comme le Cap

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Toutes ces miniatures sont extraites de l'album photo du blog. Elles correspondent chacune à un article qu'il suffit de demander dans la liste des articles 

 

 

 

 

 

24 juin 2006 6 24 /06 /juin /2006 17:20

Ma Bro Ar C'Hap Gwechall suite 16

8- Les inventaires en 1906



La loi de séparation de l’église et de l’état a été adoptée le 3 juillet 1905 par la chambre des députés (342 voix contre 233) et le 9 décembre par le Sénat (179 contre 105). Elle abroge le concordat de 1801 mais maintient les lois sur les congrégations. En 1906, par l’encyclique ‘’Vehementer’’, le Pape PIE X condamne la séparation et la spoliation des biens d’église.
L’affaire des inventaires commence le 6 mars 1906 : dans de nombreuses églises et maisons religieuses, notammant en Bretagne, et à PARIS ( Ste Clothilde, St Pierre du Gros Caillou), on assiste à des échauffourées entre la police et des fidèles ).
Le 10 août, par l’encyclique ‘’Gravissimo’’, Pie X rejette le système des associations cultuelles. En novembre, les inventaires reprennent avec l’aide de l’armée, ce qui entraîne de nombreuses démissions ou refus d’obéissance chez les officiers. J’ai traité ce sujet dans le chapître consacré aux frères de PLOËRMEL
Le 11 décembre, la loi de séparation entre en vigueur, les évêques sont chassés de leurs palais, les curés de leur presbytères, les séminaires sont évacués et les bâtiments sont mis en vente ( déjà étudié dans le chapître consacré au petit séminaire de Pont-Croix).
En 1907, les prêtres sont réduits à l’indigence, le nombre d’ordinations passe de 1500 en 1904 à 700 en 1914. Le 8 octobre, le Pape PieX institue le denier du culte que les catholiques sont tenus , en conscience (sous peine de péché), de verser pour l’entretien de leur clergé : pourcentage des revenus recommandé : 1 jour de salaire pour les salariés, le revenu d’une journée moyenne pour les non salariés.

Les inventaires à Sainte Anne d’AURAY (Morbihan- 14 mars 1906)
( référence – Les Bretons et Dieu-page 142 et 215)

L’inventaire des biens contenus dans les églises, conséquence de la loi de séparation et de l’appropriation publique des lieux de culte, se heurte en Bretagne à une très forte résistance. Celle-ci s’explique tant par les traditions religieuses et politiques , que par l’attachement fréquent à une église récemment reconstruite au prix de grands sacrifices, et d’une modeste aide de l’état, par les paroisses. Dans les campagnes, la résistance est souvent passive, une protestation platonique du curé précédant l’ouverture des portes en cas de conciliation, le crochetage ou l’enfoncement autrement . Ailleurs, elle est physique : fourches, faux, bâtons sont brandis. Les ruches d’abeilles apportées dans l’église de BILL‹ (I.V) sont restées célèbres. Dans les grandes églises ou grands sanctuaires, une gigantesque manifestation attendait souvent les commissaires de police et les agents du fisc qui devaient se retirer. Il ne restait plus au receveur fiscal qu’à venir…subrepticement assister à la messe quelques temps plus tard, et ne rien perdre du spectacle autour de lui. Plus du 1/3 des inventaires furent ainsi effectués, discrètement dans la moitié ouest des Côtes d’Armor.
A Sainte Anne d’AURAY, l’agent du fisc n’avait pas osé venir . En conséquence, les fidèles se dispersèrent………
Les inventaires à Saint-Pol-de-Léon

Le souvenir de cette résistance avait imprégné les mentalités. Ce qui frappa le plus les esprits, fut le déploiement administratif (agent du fisc, commissaire de police, officier de gendarmerie), et le recours souvent important, à la troupe, d’autant que le temps écoulé entre les premières informations, les premières manœuvres, et les opérations réelles fut parfois long. Ce fut le cas à Saint- Pol- de- Léon, siège d’un ancien évêché, point sensible au cœur du Léon.
Dès fin février-début mars, la presse évoqua le recours à l’armée : « aucun serrurier de Morlaix ne veut se prêter au crochetage. Aussi, on assure qu’on fera venir de Brest un détachement de 15 sapeurs de l’infanterie coloniale pour enfoncer les portes. En effet le bataillon du 108ème de ligne, en détachement à Morlaix, ,ne possède plus de sapeurs ». (Ouest Eclair-25 fevrier 1906). Quelques jours plus tard, le même quotidien évoque les 400 hommes de l’infanterie coloniale de la brigade de Brest, qui ont reçu l’ordre de se tenir prêts pour Saint- Pol- de-Léon, en traison des accidents à craindre au cours des opérations d’inventaires.

Les inventaires à Limerzel

Nous connaissons LIMERZEL paroisse du Morbihan qui a inspiré Yves Lambert pour son livre ‘’Dieu change en Bretagne’’. Comment se sont passées les choses ?
Le vendredi 9 mars 1906, à dix heures du matin, environ 150 paroissiens étaient autour de l’église, très énervés par la présence des gendarmes venus protéger le receveur de l’enregistrement de MUZILLAC se disposant à l’inventaire des meubles de l’église ; il ne put faire sa besogne et s’en fut ; mais, les gendarmes, intimidés, demandèrent protection à Monsieur le Recteur ; il se mit à leur tête , et tous le laissèrent passer…
A l’église, la veille de l’inventaire, des montagnes de fagots sont dressées derrière chaque porte, de telle sorte qu’on ne peut entrer que par un vitrail, avec une échelle…

Et dans le Cap-Sizun ?

Christian Pelras a traité le sujet pour la paroisse de GOULIEN. Je le cite :
Le 5 mars 1916, Monsieur Fournoux surnuméraire de l’enregistrement, a été chargé par le gouvernement de faire l’inventaire du mobilier de l’église paroissiale de GOULIEN.
Après une visite courtoise au presbytère où un procès-verbal de carence fut vite établi, l’agent chargé de l’inventaire s’est dirigé vers le bourg. Les gens de la troupe des ‘’Paotred ar C’hap’’ ont salué son arrivée en chantant avec plus d’entrain que jamais ‘’Sao Breiz Izel’’ (debout Bretagne), et la foule massée sur la place et dans le cimetière (à l’époque autour de l’église), criait comme refrain ‘’Vive la liberté’’.
L’agent pénètre enfin dans le cimetière où un électeur influent l’interpelle immédiatement : ‘’ Monsieur lui dit-il, ce n’est pas vous qui auriez dû être ici, nous en attendions un autre. Monsieur Le Bail, notre député, qui a voté l’inventaire, aurait dû venir le faire lui-même, et il aurait vu comment les électeurs de sa circonscription s’élèvent contre ses votes à la chambre’’.
Cette apostrophe fut soulignée par les cris répétés de ‘’A bas Le Bail’’.
Monsieur Goret, recteur de GOULIEN, lut alors la protestation :
‘’Monsieur, il est de mon devoir de vous déclarer en ce moment, que la loi de séparation, dont le but est de déchristianiser la France, a été condamnée formellement par le souverain pontife Pie X. Elle est, dit-il,impie, injuste, contraire à la constitution divine de l’église.
Vous ne serez donc pas surpris, Monsieur, que j’élève ici la voix pour protester de toute mon énergie, en mon nom personnel, au nom de Monsieur Abjean, mon vicaire, au nom de cette chrétienne et vaillante population de GOULIEN, contre l’inventaire que vous vous proposez d’opérer.

(Note de l’auteur : Monsieur Abjean, qui se piquait de poésie bretonne, est l’auteur du cantique ‘’Da Feiz hon Tadou Koz’’, écrit au début du siècle à GOULIEN. Il aurait été chanté lors des élections municipales de 1904. J’ai sous les yeux, la photocopie de l’imprimatur délivré à QUIMPER le 13 avril 1906, par le vicaire général Corrigou. Le cantique s’intitule : D’alc’homp d’hor feiz –gardons la foi- daté de GOULIEN , d’an 12 a viz ebrel 1906 –12 avril 1906. Ceci pourrait s’expliquer par le fait que, d’abord chanté à GOULIEN, ce cantique a obtenu l’imprimatur en 1906 pour être , par la suite, chanté ailleurs. Selon certains témoignages, l’auteur aurait rédigé son texte sur une table de cafè, au bourg. Une autre version dit qu’il s’agit de la table de ferme de la famille Velly, au village de Kérisit. La famille Velly appartient à la branche familiale de ma grand-mère maternelle. Mais, il faut se méfier de la paternité des choses du passé. Il s’agit peut-être , tout simplement, du presbytère).
A nos yeux à tous, cet acte que vous avez mission de remplir, n’est que le prélude d’une confiscation sacrilège. Je ne saurai , par conséquent, vous prêter le moindre concours, ma conscience de catholique , de prêtre, et de pasteur de cette paroisse me l’interdit.
Je vous demande, Monsieur, de prendre cette protestation à votre procès-verbal.

Un conseiller de la fabrique, Monsieur Y. Goraguer, propriétaire à Kerguerrien en GOULIEN, au nom de J.F Dréau, président du conseil, malade, et au nom des autres conseillers, Mathieu Le Bras, Alain Donnart, Yves Quéré, Jean-Yves Dréau, maire, proteste aussi contre l’inventaire :
‘’Monsieur : Chargés des biens de l’église paroissiale de GOULIEN, et responsables de cette gestion devant Dieu, nous avons le devoir, nous conseillers de fabrique de GOULIEN, de protester énergiquement contre l’inventaire que vous vous proposez d’opérer. Nous ne sommes pas de ceux qui estiment que la force prime le droit et la justice. Ainsi, n’attendez pas notre concours ;
Nous faisons réserve de tous nos droits par rapport aux biens qui , mis à la disposition de cette fabrique, appartiendraient à des tiers.
Nous réclamons l’insertion de la présente déclaration en tête de votre procès-verbal’’.
L’agent, après avoir écouté ces deux protestations, demande à Monsieur le recteur :
‘’Puis-je procéder à l’inventaire ?
J’ai fait mon devoir , répond simplement M. le Recteur
Mais, puis-je inventorier ? reprend l’agent
Cette fois, c’est la foule qui répond :
Non, Non, mille fois Non, inutile d’insister.
L’agent n’hésite pas, et s’en va’’ .
(note de l’auteur : On devrait se souvenir que dans le Cap, quand on dit Non, c’est Non !!)
‘’On pénètre alors en rangs serrés à l’église où a lieu une superbe cérémonie. Credo chante la foule avec énergie. Ah ! elle a bien prouvé sa foi, la vaillante population de GOULIEN.
Malheur à ceux qui tenteraient ,plus tard, de fermer son église’’.
Le fonctionnaire de l’enregistrement n’ayant pu procéder à l’inventaire par la persuasion, les autorités décidèrent d’avoir recours à la force. Cette mission fut dévolue à un escadron de cuirassiers. Faisant le tour du canton, ils passèrent d’abord par MAHALON, PLOUHINEC, AUDIERNE, ESQUIBIEN, PRIMELIN, PLOGOFF, et n’y rencontrèrent aucune difficulté . Les dernières de ces communes avaient d’ailleurs conservé des municipalités rouges.
A CLEDEN, la population manifeste son hostilité, mais les opérations purent se dérouler sans heurt. Mais ,à GOULIEN , les habitants, forts de leurs résolutions précédentes, avaient décidé d’opposer la force à la force. Tout le monde s’était réuni autour du cimetière, et chacun s’était armé qui d’un bâton, qui d’une fourche, qui d’une serpe. Mais quand les cuirassiers aperçurent de loin cette foule hostile, ils mirent ‘’sabre au clair’’ et chargèrent en rangs serrés. Que pouvaient donc faire les villageois ? …L’inventaire eut lieu .
Il apparaît cependant, d’ores et déjà, que le Capiste, dans sa singularité, entend être maître chez lui, et que si on veut lui imposer des choses venues de l’extérieur , il cède à la force, quand il ne peut pas faire autrement. Il ne faudrait pas l’oublier. (La remarque vaut peut-être même pour les gens venus d’ailleurs, nous en reparlerons).
La curiosité m’a amené à chercher dans le passé, des exemples de ce comportement. J’en ai trouvé un, qui se situe en 1793, à Saint-Tugen, donc dans la période révolutionnaire, connue pour les risques encourus dans les cas de désobéissance.
Ecoutons le chanoine Pérennès, et son ouvrage « Saint-Tugen en Cap-Sizun » , datant de 1936 :
‘’Par un arrêté du 24 janvier 1793, le directoire du district de PONT-CROIX prescrivit d’envoyer au même district les matières d’or, d’argent et de cuivre, ainsi que les ornements qui se trouvaient à Saint-Tugen….Au nombre de ces objets, était une cloche pesant 387 livres, qui , le 23 mai 1793, fut dirigée sur BREST. Au moment où l’on empilait dans des charrettes les objets enlevés, une pieuse femme de ‘’Saint-Tujan’’, Jeanne Cuillandre, femme Marc Normant, trompant la vigilence des gardes, ôta d’une de ces charrettes le magnifique calice gothique conservé au presbytère de PRIMELIN.
Elle le lança par dessus un mur, dans une propriété voisine. Cet acte, paraît-il, passa inaperçu, et un instant après, lorsque la voiture eut disparu, la même personne s’en vint reprendre son calice qu’elle trouva intact. Ce magnifique calice fut ainsi sauvé d’une destruction certaine. (cf : Daniel Bernard)

(la généalogie de la branche maternelle de ma famille situe l’origine des Normant à Primelin, où ils sont identifiés aux environs de 1700) .
En fait, ce calice du XVI ème siècle qui mesure 0 m,29 de hauteur et 0 m,11 de diamètre, fait aujourd’hui partie du trésor de Saint-Tugen. Nous aurons l’occasion de reparler de Saint-Tugen , dans un chapitre consacré aux chapelles, mais, il apparaît, une fois encore , que le Cap c’est le Cap, les Capistes sont les Capistes, et ce depuis toujours. Peut-être même qu’ils entendent le rester !!
Dans la notice ‘Les cahiers de Monsieur Abjean’’ consacrée à PRIMELIN et Saint Tugen, Roger Moullec note que Monsieur Le Carguet, percepteur à AUDIERNE et érudit, ‘’se fit porter malade pour ne pas procéder aux inventaires’’. Notons que Monsieur Le Carguet a écrit en 1916 : ‘’Petite chronique de Monsieur Sainct Tugen, mais il n’aborde pas le sujet des inventaires.
L’histoire du calice est confirmée par l’Abbé Velly qui a écrit plusieurs notices sur Saint-Tugen au début du XX ème siècle. Il est mort en 1933, et appartiendrait à la branche Velly de ma grand-mère maternelle, originaire de GOULIEN).
Le registre paroissial de PRIMELIN note en 1906 , l’arrivée de Monsieur Claquin recteur. Le 8 mars de cette année, 200 personnes empêchèrent l’inventaire des biens de la fabrique. Le 21 novembre à 9 heures 30, le percepteur intérimaire ( le titulaire Le Carguet est malade) escorté d’une compagnie de dragons, se présente pour effectuer les inventaires, pendant les obsèques du fils de Jean-Guillaume Coz de Prad-Honest . Protestation solennelle de Monsieur Claquin. L’inventaire est fait sommairement et rapidement .
Voilà quelques éléments de réflexion pour aider à comprendre le tempérament Capiste. Rappelons aussi que les chapelles avaient été vendues comme biens nationaux à des gens du Cap. J’y reviendrai .

9- Le refus d’absolution-

Avant de clore le chapitre des religions, je veux revenir sur la sanction consistant à refuser l’absolution aux pénitents, finalement très répandue puisqu’elle qu’elle s’est produite dans ma famille. Daniel Bernard en fait d’ailleurs état (page 86), à l’époque du concordat, dans la paroisse de CLEDEN où le recteur s’appelait Jean Joseph Gloaguen, mort à ESQUIBIEN en 1813. Considérons les faits :
- Un croyant se rend au confessionnal en vue de demander l’absolution pour 2 types de fautes :
- les péchés véniels
- les péchés mortels
- Si le pénitent se trouve en état de péché mortel, il ne peut accéder au paradis. Il ne pourra y accéder qu’après avoir obtenu l’absolution. Si l’absolution est refusée, il est donc condamné à l’enfer. Imaginons un pénitent sortant du confessionnal sans avoir reçu l’absolution, et se faisant écraser par une voiture ou victime d’un infarctus ou d’un quelconque accident mortel à la sortie de l’église. Ce pénitent va directement en enfer puisqu’il est en état de péché mortel non absous.
Qui est responsable ? Je pose la question !!
Le pénitent est allé avouer sa faute et demander pardon. Le confesseur, juge en la matière , a refusé l’absolution pour des raisons qui lui sont propres. Ce refus est une condamnation devant le tribunal de Dieu, d’un pénitent qui a fait amende honorable. Pour ma part, je considère que le confesseur est responsable à 100 % .
Excès de pouvoir, intolérance, charité chrétienne, hypocrisie, sectarisme, goût du pouvoir absolu, à moins qu’il ne s’agisse tout simplement de l’imbécilité des hommes !! Chacun trouvera le mot juste ! Nous sommes loin de l’encyclique ‘’Rerum Novarum’’, de ‘’Paix sur la terre aux hommes de bonne volonté ’’ ou ’’Aimons nous les uns les autres’’ !! Certes, la confession est faite pour obtenir la pureté, mais le refus d’absolution, dans le cas du choix de l’école, relève de l’exercice d’un pouvoir dictatorial d’une catégorie dominante sur une catégorie dominée et asservie. En quelque sorte, un système féodal.
Il ne faut peut-être pas chercher trop loin la cause de la désertification des églises. Autoritarisme et cléricalisme ne font qu’un en la matière. Exploiter la crédulité, la superstition, la naïveté, en utilisant le paganisme auprès d’un troupeau inculte, servile, éprouvant le besoin et une certaine joie à être dirigé, n’est pas exactement un critère de bon exemple ni de bonne morale. Comme les excès de la monarchie ont créé la révolution, les abus en matière de religion ont fait fuir les fidèles. Certes, Dieu reconnaîtra les siens, mais tout de même !!
Alors, quand un recteur a tort, même s’il n’a fait qu’obéir, c’est peut-être lui que l’on retrouvera dans les flammes éternelles, à la place d’une simple pénitente honnête et repentante, aussi propre intellectuellement que moralement. C’est en tous cas la place qui devrait lui revenir. Nous avons vu que la désobéissance à une hiérarchie peut être la conséquence logique d’un problème de conscience. Ce qui est vrai pour les officiers, disciplinés et obéissants par définition, devrait être également vrai pour les religieux soumis certes aux règles de l’obéissance, sous réserve que cela n’aille pas à l’encontre de l’idée qu’ils se font de la déontologie et de la morale . Conclusion : il y a Dieu, et les hommes de Dieu qui sont aussi des hommes, avec leurs forces, mais aussi leurs faiblesses. Mais, la religion a changé. Elle est désormais entre les mains d’hommes nouveaux qui vont devoir apurer le passé et proposer une forme plus actualisée de la pratique religieuse, plus conforme à notre époque et plus moderne en somme.

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A suivre Ma Bro Ar C'Hap Gwechall suite 17

(La centrale de Plogoff)

 

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22 juin 2006 4 22 /06 /juin /2006 17:31

Ma Bro Ar C'Hap Gwechall suite 17

La centrale de Plogoff

 
Après avoir traité abondamment l’histoire du Cap dans son aspect religieux et héritage culturel, il est temps d’aborder un évènement plus récent et sans aucun doute encore brûlant, qui a défrayé la chronique autour des années 1980. Je veux parler du projet de centrale nucléaire à PLOGOFF , au bout du Cap-Sizun, à l’extrémité ouest de l’hexagone, tout près de la Pointe du Raz.

1- Rappel chronologique - Références :
a) - PLOGOFF, La Révolte, éditions Le Signor.
b) - Femmes de PLOGOFF, Renée Conan et Annie Laurent
c) - Les Pierres de la Liberté, René Pichavant
d) - Presse
e) - Emission de télévision- FR3- 27-5-2000

Tout commence en 1974. Monsieur Giscard d’Estaing est élu Président de la République. Le monde vient de connaître le premier choc pétrolier lors de la guerre du Kippour en 1973. Les pays du Proche Orient ont décidé des hausses de prix du pétrole brut jusqu’à 100 %. (Un 2ème choc pétrolier se produira plus tard en 1979).
Les Capistes découvrent par le journal, en 1974, la liste des sites favorables à la construction d’une centrale nucléaire en Bretagne : Beg ar Fry en GUIMAËC, PLOGOFF, ERDEVEN, PLOUMOGUER (nord Finistère), et TREGUENNEC en Bigoudénie. Fin 1975, le conseil régional ainsi que le conseil économique et social, donnent un accord de principe pour la construction d’une centrale nucléaire en Bretagne. La venue de techniciens EDF, pour des sondages à PLOGOFF déclenche les premières barricades en 1976.
En septembre 1978, le conseil économique et social, ainsi que le conseil régional, font le choix de PLOGOFF. Ce choix est confirmé au conseil général du Finistère en novembre 1978. La lutte antinucléaire se met en marche.
En août 1979, le groupement foncier agricole (GFA) construit une bergerie sur le site. Annie Carval (ma petite cousine) devient Présidente du comité de défense en décembre 1979. Le maire élu en 1977 est Jean Marie Kerloch, retraité de la royale, maître principal timonier (Adjudant-Chef) doté d’un tempérament et potentiel de chef d’un niveau bien supérieur à son grade professionnel, comme l’avenir ne tardera pas à le démontrer.
Je n’ai pas l’intention de raconter PLOGOFF en faisant un rappel historique des évènements. Je les ai vécus de loin, même si j’ai pu rencontrer, en certaines circonstances, quelques uns des principaux acteurs . Mon but est plutôt d’essayer de comprendre, voire d’expliquer et de faire comprendre ce qui s’est passé. Il apparaît de manière évidente que la population , concernée au premier chef, n’a jamais été consultée. Les pouvoirs : central, régional et même départemental, ont fait un choix autoritaire, partant du principe ou tout au moins considérant que cette « espèce de population du bout du monde, inculte, arriérée et sous-développée », se laisserait faire sans discuter. C’est la preuve évidente d’une méconnaissance totale et fondamentale de la race Capiste et de sa psychologie dont je viens de parler longuement dans les chapitres précédents. Méconnaissance de la race certes, mais aussi de son histoire considérée et traitée sans doute avec une certaine dose de mépris.
Certes, nous fournissons , ou plutôt fournissions jusqu’à présent de nombreux fonctionnaires, militaires, gendarmes, policiers, tous disciplinés naturellement dans l’exercice de leur profession. Pourquoi tant de fonctionnaires ? Parce que le pays ne nourrit pas son homme. Le Capiste est contraint de s’expatrier pour faire sa vie ailleurs et revenir un jour, vivre sa retraite si les conditions matérielles et familiales sont réunies favorablement. Cela a déjà été écrit par d’autres que moi. Le pays est beau, les paysages sont exceptionnels. Personne n’a encore jamais écrit le contraire à ma connaissance. La qualité de vie est incontestable. Mais pour y vivre, il faut des revenus, et ces revenus, il faut aller les chercher et les gagner ailleurs. C’est ainsi. Ce que j’ai déjà écrit donne une explication partielle de cette situation, mais j’y reviendrai.
C’est donc à cette population sous-développée, asservie, soumise, obéissante et même fataliste, incapable de réagir, que l’on va imposer une centrale nucléaire, qui lui apportera en même temps que du travail, la solution de tous ses problèmes. Très vite, on va assister à la fracture de la population en 2 camps, et même 2 clans. Comme en politiqus il y a ‘’les blancs et les rouges’’, la droite et la gauche, il va y avoir les pour et les contre, situation relativement normale et banale après tout ;
Qui est pour ? Comme par hasard, le député Guermeur, ses spadassins, ses sbires , ses valets et ’’cireurs de pompes’’ ainsi que les forces politiques de droite dans lesquelles on trouve quelques ambitieux et non des moindres, désireux de saisir une balle au vol, de se constituer un tremplin pour ‘’entrer dans la carrière’’. Cela ne va pas leur réussir immédiatement. Plus tard peut-être car les Capistes, à l’exception des’’Plogoffistes’’, ont parfois la mémoire courte . Sont pour également , ceux qui privilégient des intérêts cupides : un terrain à vendre, une parcelle convoitée par l’ EDF, un commerce à céder, des opportunistes en tous genres.
Qui est contre ? La population ‘’Plogoffiste’’presque en totalité, la population Capiste dans sa plus grande majorité. Il aurait sans doute été extrêmement simple de faire un référendum dans les communes concernées (constitutionnel ou pas), mais la peur du verdict a privilégié l’absence d’initiative dans ce domaine. Et ce sont les forces politiques de gauche, tout particulièrement le parti socialiste et les écologistes qui encadrent ce courant de pensée, le parti communiste étant tout d’abord contre le projet de centrale , puis pour. On peut lire à ce sujet le livre de René Pichavant ‘’Les Pierres de la Liberté’’ et ‘’PLOGOFF , la révolte’’déjà cité.
Mais, PLOGOFF, c’est quoi ? Une petite commune du bout du monde, une population inférieure à 2.000 habitants (600 foyers selon R. Pichavant- page 105- faites le compte !!). Autant dire qu’ils n’ont aucune chance face à la machine étatique. Non ! Aucune chance ! L’état et les politiques du moment ont décidé. La centrale se fera, coûte que coûte, avec ses cheminées et ses marmites obèses défiant la Pointe du Raz, démocratiquement bien-sûr, puisqu’il y aura une enquête d’utilité publique, enquête qui ne sert à rien comme celles que l’on continue à faire encore aujourd’hui pour les porcheries. Je n’aurai pas le mauvais goût de parler comme certains d’enquête d’inutilité publique puisqu’il s’agit de la loi, et que la loi c’est la loi !! Le résultat de l’enquête est pourtant connu d’avance, mais il convient de respecter la procédure. PLOGOFF aura sa centrale ! Point final !
‘’T’as qu’à croire mon lapin, comme disait autrefois un de mes amis !! ‘’
Au début de cette rédaction, j’ai parlé des ‘’Marie-Jeanne’’ du Cap. Oui , les femmes ! Rien de plus normal dans un pays de marins, où les femmes sont habituées , voire condamnées à prendre des initiatives et des responsabilités parce que les hommes sont en mer, par tous les temps, au loin, parfois plus près, selon qu’ils sont dans la marine marchande ou à la pêche.
( Curieusement, les femmes sont très peu présentes et même plutôt absentes en politique) ; simple constat ! Elles devraient y réfléchir ) .
Les femmes donc, et un bonhomme exceptionnel, un petit maire de rien du tout qui vit tranquillement sa retraite, au service de sa commune, après avoir servi 25 ans dans la Royale : Jean Marie Kerloch. On ne sert pas 25 ans sous l’uniforme, sans acquérir des éléments de discipline, d’obéissance et de citoyenneté. L’armée apprend à obéir, je me porte garant de cette affirmation et on me prêtera peut-être quelque compétence en la matière. Pour autant, on n’est jamais obligé de vendre son âme au diable.
Je ne résidais pas en Cap-sizun à l’époque. Pourtant, je me suis senti solidaire de ceux qui osaient affronter le pouvoir, non par goût de la contradiction ou du défi, mais tout simplement par respect de la terre de mes ancêtres. Je deviendrai donc propriétaire à PLOGOFF, le 12 octobre 1980, quand il n’y avait plus d’espoir, en acquérant pour la somme de cent francs à l’époque, une action au groupement foncier agricole.. Le reçu de mon versement porte le numéro 4212, et il est signé par Madame Amélie Kerloch .
Selon un autre ouvrage ‘’Femmes de PLOGOFF’’, par Renée Conan et Annie Laurent (page 124), le groupement foncier agricole a été crée en 1978. Il regroupe en 1980, 5493 personnes en France et à l’étranger, qui ont signé une ou plusieurs parts au GFA, pièce maîtresse de la lutte antinucléaire puisqu’il est situé sur 60 hectares du site, rendant ainsi toute expropriation difficile, pour ne pas dire impossible. Je constate, à la lecture de ces chiffres, que après moi, 1281 personnes sont devenues actionnaires au GFA entre les mois d’octobre et novembre 1980, alors que l’enquête publique avait lieu du 31 janvier à la mi-mars 1980 . Comportement de desperados des souscripteurs peut-être, mais incontestablement signe de refus. La première assemblée générale du GFA a eu lieu le samedi 6 décembre 1980, à 20 heures 30, salle de ‘’La Ville d’YS’’ à la Baie des Trépassés, chez mon cousin et parrain Fanch Barbéoch, qui avait pris la suite de sa mère : ma tante Marie-Jeanne, un bien joli nom !!
Les commissaires enquêteurs, chargés de rédiger le rapport d’enquête se nomment Amiral Georgelin, Commandant Nédélec.Bien entendu, ils vont rédiger un rapport favorable à 100 %.
Les péripéries et grands évènements de l’enquête ont été remarquablement décrits dans les ouvrages cités en référence. Je n’y reviendrai pas, il suffit de les consulter. Par contre je crois pouvoir dire qu’une petite population du bout du monde a su mobiliser l’opinion publique, médiatiser l’événement, et se mobiliser elle-même, n’hésitant pas à affronter les forces de l’ordre qui ont dans cette affaire, fait office de bouc émissaire puisqu’elles représentaient la loi, et que ‘’force doit rester à la loi’’ car elle est la loi . Mais, à propos des forces de l’ordre et uniquement par souci de respecter une terminologie correcte, sans vouloir jouer sur les mots, je considère que l’appellation est impropre dans le cas de PLOGOFF. En effet pour qu’il y ait engagement des forces de l’ordre , il faut qu’il y ait préalablement désordre, vandalisme, émeute ou insurrection par exemple. Ce n’était pas le cas à PLOGOFF avant les évènements venus d’ailleurs et considérés sur place comme provocateurs. En conséquence, ‘’forces de la légalité’’ me semble mieux convenir ici, car pour ma part, je ne conteste pas et même respecte la légalité qui devrait, condition essentielle, être en toutes circonstances démocratique . D’ailleurs, un des intervenants de l’émission de télévision, ancien responsable du dossier PLOGOFF à EDF, en l’occurrence Jean Michel Fauvé a parlé de ‘’liturgie républicaine stupide’’. On peut cependant, et à postériori, tirer les enseignements essentiels de ces évènements, à savoir que les protagonistes se sont bien gardés de commettre l’irréparable.

2- L’irréparable n’a jamais été accompli-

Il n’y a pas eu de mort, ni du côté de la population civile, ni du côté des forces de la légalité. Ceci est dû à la valeur de l’encadrement chez les uns comme chez les autres. Certes, il y a eu des affrontements, souvent sévères, mais la discipline a toujours été respectée, et plus particulièrement ce que l’on appelle professionnellement ‘’la discipline de feu’’ chez les gendarmes. Il aurait suffi d’un seul coup de feu, tiré par un simple fusil de chasse manipulé par un provocateur, pour créer la situation de tous les dangers car, il faut savoir que ‘’le feu attire le feu’’. Il est vrai aussi que la responsabilité consiste à donner des armes uniquement à ceux qui sont capables de ne pas s’en servir ou plus exactement de s’en servir, en cas de nécessité, et sur ordre . ( Pour l’anecdote, je ne résiste pas au plaisir de signaler que j’ai détenu, par autorisation administrative, de 1957 à 2003, soit pendant 46 ans, un pistolet automatique qui m’a accompagné dans ma vie professionnelle et ailleurs. Il a été décidé de ne pas renouveler cette autorisation en 2003, pour des raisons qui relèvent peut-être plus du ragot de caniveau nauséabond car mal entretenu, que de la dangerosité du détenteur qui utilise pour exprimer ses idées la plume et non des armes. A moins que je ne sois taxé de sénilité précoce ou de délit de plume !). 
J’ai déjà dit que je m’étais entretenu de PLOGOFF avec celui qui était, à l’époque , le Colonel Charlot, commandant la gendarmerie départementale du Finistère. Son point de vue n’est pas secret, puisque le Colonel, devenu Général, s’est exprimé à la télévision, le 27/5/2000. Je cite :
« La situation n’a jamais été perçue au niveau national pour arrêter l’enquête et remettre en cause la construction de la centrale ».

Il aurait donc fallu arrêter cette enquête, selon l’avis autorisé d’un responsable de premier plan. Ne serait-ce pas là, le point de vue d’un homme de bon sens ? Et pourquoi pas aussi le point de vue de nombreux gendarmes contraints d’exécuter les missions qu’ils reçoivent, parfois même à contre cœur ? Je pose la question ! A chacun sa réponse !
Mais, je dois aussi parler de l’enlèvement d’un gendarme à la sortie d’une boîte de nuit, par des énergumènes. Promené de nuit, ce gendarme a cru sa dernière heure arrivée. Je cite encore le général :
« Cet événement n’a rien à voir avec des mœurs de citoyen républicain et démocrate ».
Encore que la démocratie n’a jamais été respectée à PLOGOFF, puisque la centrale, venant d’en haut, était imposée à ceux d’en bas, qui n’ont jamais été consultés. C’est, pour le moins, une erreur psychologique.

C’est mon point de vue. Les gendarmes sont des militaires qui font leur métier, un métier qui consiste à obéir, parfois dans la grandeur, souvent dans la servitude. Les gens de ma génération ont bien connu la servitude au cours de leur carrière. Le maintien de l’ordre est une mission très difficile. Les forces qui en sont chargées obéissent au pouvoir politique. C’est à ce dernier qu’il faut s’adresser pour exprimer son désaccord, pas à un lampiste qui a commis l’erreur d’aller danser, malgré l’interdiction , laquelle relève d’ailleurs d’un problème de discipline interne.
J’ai recueilli aussi le point de vue du Colonel Deiber, aujourd’hui disparu. Nous avons parlé très librement car nous étions de vieilles connaissances, voisins de chambre à l’école de Saint-Maixent en 1954-1955. Il avait été profondément choqué par certains comportements qu’il jugeait excessifs de la part de la population. Il est vrai que certaines actions ressemblaient au ‘’travail de maquisard’’ (Général Charlot). Mais, se faire caillasser, évoluer dans le lisier, encaisser les insultes et les grossièretés ne sont pas des situations agréables à vivre. Le moindre incident aurait pu devenir très vite un événement dont on aurait mesuré, plus tard la gravité. Cela n’a pas eu lieu, heureusement !

3- L’encadrement a joué son rôle, des deux côtés-

J’ai parlé de la ‘’discipline de feu’’, chez les gendarmes. Mais, il y a eu le même souci de ne pas commettre l’irréparable dans la population tenue en mains et dirigée par le maire et Annie Carval, présidente du comité de défense ;
Y avait-il des armes ? Je n’en sais rien. Je n’y étais pas. Certains propos tenus à la télévision par des acteurs de l’époque n’ont pas été catégoriques. Ni oui, ni non !! Mais, on ne prend pas de risque à dire qu’il y avait forcément des armes de chasse détenues par les chasseurs. Et une arme de chasse peut tuer ou blesser grièvement. Je l’ai vu assez souvent en Algérie. Alors il aurait suffit d’un énergumène ou d’un excité pour…
Donc la population a exprimé son refus de la centrale avec les armes dont elle disposait : cailloux, barrages, lisier etc…sans jamais utiliser d’arme à feu. Il faut cependant imaginer l’état d’esprit des forces de la légalité qui, ne faisant que leur métier, recevaient des projectiles en tous genres, sur des terrains nauséabonds, arrosés de déjections animales, de lisier, de fumier etc…
Les forces de la légalité étaient cantonnées à l’ex petit séminaire de PONT-CROIX . J’ai déjà cité dans un chapitre précédent (religions), le Père Gusti Hervé qui fut le porte parole de l’évêque : Monseigneur Barbu. L’évêché a démenti (Pichavant page 51) le projet d’occupation du séminaire, mais l’occupation s’est tout de même effectuée.
« Nous avons été obligés par la loi sur réquisition » explique l’évêque (Pichavant page 85).
Alliance rescellée du sabre et du goupillon, toujours selon Pichavant. Résultat : les anciens élèves du collège Saint Vincent de PONT-CROIX, c’est à dire du petit séminaire, et parmi eux des prêtres, ont protesté dans un communiqué contre l’occupation de l’établissement,
s’indignant de voir « traiter en émeutiers et dangereux terroristes, ceux qui ont le seul tort de vouloir s’opposer à la procédure d’une enquête publique, au nom de leurs intérêts de paysans, de marins-pêcheurs, d’hommes et de femmes du peuple » (Pichavant page 181). Il faut citer aussi la prise de position des médecins, des pharmaciens, vétérinaires, dentistes, infirmiers, infirmières qui , unanimement dénoncent les risques de l’implantation prévue. Et les marins-pêcheurs d’AUDIERNE qui votent contre. Les médecins défilent (70 au total d’après Pichavant), les anciens combattants, décorations pendantes aussi. Un comble ! Les anciens militaires qui manifestent leur opposition aux gendarmes, militaires eux aussi ! Ubu, caricature bouffonne de la stupidité bourgeoise , ou Kafka, désespoir de l’homme devant l’absurdité de l’existence. A chacun son propre choix !!

4- 1981 : François Mitterand est élu Président de la République –

Disons plus simplement que l’on a créé à PLOGOFF une situation grotesque , consistant à imposer à une population pacifique, quelque chose dont elle ne veut pas. L’état est le plus fort. Le décret d’utilité publique est signé par le premier ministre Raymond Barre, le 2 décembre 1980 (confirmé au conseil d’état). 1981 arrive .Elections présidentielles :

François Mitterand est élu Président de la République, le 10 mai 1981,

Au 2 ème tour, avec 51,75 % des suffrages, battant Monsieur Giscard d’Estaing. Au cours de la campagne, Monsieur Mitterand avait déclaré, le 10 avril 1981, à BREST :
« PLOGOFF ne figure pas dans mon plan nucléaire. J’entends terminer les centrales en construction, mais je n’entends pas mettre en œuvre celles qui ne le sont pas »
Ces propos ont été publiés dans tous les quotidiens de France, exemple ‘’La Montagne’’, journal de l’Auvergne, et d’autres. Le 8 mai 1981, au cours du débat télévisé l’opposant à Monsieur Giscard d’Estaing, Monsieur Mitterand prône la diversification des sources d’énergie. Le 26 mai : 2 parlementaires, 17 conseillers généraux, 350 maires ou conseillers municipaux écrivent à François Mitterand . Le 28 mai Louis Le Pensec, ministre de la mer, et Georges Lemoine , secrétaire d’état chargé de l’énergie, annoncent l’abandon du projet de PLOGOFF. J’étais en Auvergne. J’ai embrassé ma femme. Merci Grand Louis !! (Le Pensec).
Le 28 juin, 30.000 personnes fêtent la victoire à PLOGOFF. La centrale ne se fera pas . OUF !! Nous l’avons échappé belle !!

5- Epilogue-

On peut épiloguer. Que se serait-il passé si la centrale s’était faite ? Je ne suis pas devin et je ne lis pas dans le marc de café. Je me contente de remercier le ciel et Monsieur Mitterand puisqu’elle ne s’est pas faite. Bien-sûr , on peut polémiquer. J’ai sous les yeux une lettre écrite le 26 janvier 1988 par une association politique locale (devinez laquelle) et adressée au Président de la République. Dans un charabia indéchiffrable, qu’il a sans doute été le seul à comprendre, le rédacteur mélange l’élevage des moutons du Larzac aux éoliennes et les plantes médicinales aux quotas laitiers de Monsieur Rocard et aux problèmes de la marine marchande. Plus loin on lit encore : PLOGOFF vit, mais le Cap crève, et les enfants du Cap sont une race en voie de disparition. Polémique sans aucun doute , et qui plus est d’une rédaction aussi douteuse que primaire et insolente.
Polémique aussi , le lecteur de PRIMELIN qui fait publier dans le ‘’Télégramme de Brest’’ du 12-6-2001 : PLOGOFF, une victoire pour qui ? Passons ! A toutes ces polémiques, je préfère un article publié dans le quotidien ‘’La Montagne ‘’de Clermont-Ferrand, le 11 avril 1980. Je cite textuellement :
« La vérité, c’est tout simplement qu’il est criminellement stupide de vouloir construire une centrale sur un site qui non seulement est l’un des plus visités de France, donc une source de devises non négligeable, mais encore le symbole du paysage breton. La Pointe du Raz doit être protégée contre les technocrates des implantations nucléaires pour une simple raison de principe : on ne peut défigurer ce site, à peine de voir demain des centrales s’installer dans dans les plus beaux paysages du reste de la France, forte de ce précédent. La réaction des Bretons est donc là purement de bon sens. Reste à savoir si l’intérêt qui consiste à garder intacte la Pointe du Raz, est compatible avec le royaume d’EDF qui ne veut ni refaire ses études, ni comprendre que les ruines de la centrale resteraient durant des millénaires près de la Pointe du Raz, alors que le nucléaire serait depuis longtemps abandonné ».

Merci les Auvergnats ! Vous avez tout compris dans votre belle région , fief du Président de la République en exercice , lorsque cet article est paru. Le quotidien ‘’La Montagne’’ est un journal d’information, comparable à nos journaux locaux, pas particulièrement engagé en direction du ‘’pro ceci ou anti cela’’. Un journal modéré tout simplement !
Certes, en Auvergne, comme ailleurs, des réunions d’information ont été organisées à partir de PLOGOFF. Ceci est aussi la preuve de l’organisation pacifique de la lutte, étendue au plan national et même au delà. (Jean Moalic a animé une réunion salle Gaillard à Clermont Ferrand le 16 avril 1980, soit 5 jours après la parution de l’article ci-dessus, devant un nombreux public. Je rappelle que Jean Moalic a été président du GFA) .
Merci l’Auvergnat ! Plagions Brassens, et son Auvergnat qui tend la main :
« Elle est à toi cette chanson, toi l’Auvergnat qui sans façons….. »
Mais, je l’ai dit, la polémique est stérile. Aujourd’hui, les éoliennes de GOULIEN font un pied de nez à la centrale. Les Plogoffistes ont gagné. Les dieux étaient avec eux. La politique aussi . Ils s’en souviennent.
Mais, qui pourra expliquer que ce qui était bon pour une centrale hier, est aujourd’hui propriété du conservatoire du littoral, et que la Pointe du Raz est classée grand site national, ce qui est tant mieux, sans aucun doute ! Mais , où est la cohérence du raisonnement ? Hier, bon pour une centrale, des tonnes de béton, des bonbonnes prétendues invisibles, des pylones… j’en passe. Cela se serait traduit par une fuite des touristes vers des cieux plus cléments. Aujourd’hui, interdiction de déplacer un caillou (sauf quand ils servent de munitions), sans l’aval des bâtiments de France. Qui peut expliquer ? Les élections ont très certainement du bon quand elles redressent le tir pour éviter des catastrophes. Evidemment , le contraire est également vrai. Mais , ceci est un autre problème .
En attendant, VIVE PLOGOFF, qui a montré la voie et sauvé l’honneur du Cap !!
Mais, je ne veux pas clore ce chapitre sans évoquer quelques uns des propos tenus par d’autres, tous plus savoureux les uns que les autres.
René Pichavant tout d’abord, qui parle de « mairedaillons », d’un député « omnichiant » (j’ai cherché au Larousse, je n’ai pas trouvé ; il fallait l’inventer), qui cultive sur son strapontin l’art de parler pour ne rien dire et d’enfoncer les portes ouvertes (Oh, Ma Doué !). Il parle aussi du racisme sous prétexte, ‘’exact’’, que le mot ‘’bicot’’ est parfois utilisé. Puisque c’est exact, ce n’est plus un prétexte. A croire qu’à PLOGOFF, on n’avait pas envie de voir arriver la maison ‘’BOUYGUES’’, et son cortège de ‘’gens venus d’ailleurs’’.
Un peu plus loin (page 84), il parle des ‘’Pecquenots du Cap-Sizun’’. Fais gaffe René ! Tu es des nôtres, sans quoi, le pecquenot que je suis, communément appelé ‘’Plouc’’ en dehors des frontières capistes, te dirait…Non, il ne te dit rien puisque tu as bien écrit ! Après tout, l’Audiernais que je suis aussi a tout lieu de se réjouir puisque le conseil municipal d’AUDIERNE (à l’époque), a voté contre, puis renouvelé son opposition à la centrale. Il y avait sans doute quelques élus locaux de bon sens à l’époque. Plus tard, certains soi-disant responsables, de quoi, on se le demande , ont pu tenir des propos excessifs voire extravagants, mélangeant la marée noire du Tanio et les combats de PLOGOFF, en condamnant les « irresponsables qui combattent à priori et avec violence les nouvelles possibilités de développement énergétique qui sont proposées aux bretons, notamment dans le Sud-Finistère ».
Je serais curieux de connaître l ‘expérience de ce rigolo qui parle avec tant d’assurance du combat, et qui n’a pas signé son propos puisqu’il s’est exprimé au nom d’un secrétariat. Pour ma part, n’ayant pas de secrétariat, je parle en mon nom personnel et je signe Je serais également curieux de savoir ce qu’il connaît du Cap-Sizun. Chiche qu’il n’est pas capable de me conduire à Poulmoztrec’h (Poulmostrée) ou à Toul Ar marc’h Du. On a le droit de parler de ce que l’on connaît et pour le reste, mieux vaut se taire. D’abord, il n’y a pas eu de combat à PLOGOFF, mais une lutte à armes inégales puisque l’argument de base utilisé par les Capistes pour leur défense contre une troupe en armes, à l’intérieur des limites administratives de leur commune, était le caillou, ‘’ar maen,’’ qui pousse chez nous, à profusion . Ceci simplifie les problèmes logistiques de stockage et de ravitaillement Je répète que les Capistes étaient tout de même chez eux, sur la terre qui les a vu naître et que la centrale venait à eux, par ‘’forces de la légalité interposées’’, alors qu’ils n’étaient pas demandeurs en la matière. Le ‘’ soi-disant combat’’ venait les chercher. Le soi-disant combat violent contre les nouvelles possibilités de développement énergétique, opposant les forces de la légalité aux plogoffistes n’a jamais eu lieu en dehors de la commune, hormis quelques barrages de routes, sous la forme d’ouvrages statiques destinés à ralentir la progression des véhicules jugés indésirables. Les Plogoffistes n’avaient pas besoin de sortir de leurs frontières si l’on peut dire car les éléments de l’affrontement venaient d’ailleurs pour les rencontrer chez eux. Ce n’est pas un combat, mais plutôt une agression sur ordre et organisée en conséquence.
René Pichavant a raison quand il parle de « réaction viscérale des gens de PLOGOFF,celle d’un peuple qui a su depuis longtemps résister au roc, au vent et à la mer, un peuple qui sait que la nature elle aussi exige des sacrifices, mais des sacrifices qui les maintiennent en vie… ».
Bel intermède aussi à GOULIEN, ! Tiens ! Tiens ! Le pays de mes racines !! Bel enterrement !
« Ci-git GOULIEN mort d’avoir voulu vivre »
Gast !! Voilà au moins qui n’est pas parler pour ne rien dire !!
Merci au prêtre d’occasion, Yves Rozec, ancien séminariste pour ne pas le nommer, aujourd’hui adjoint au maire de sa commune. Christian Pelras a parfaitement décrit la cérémonie. Il fait aussi remarquer par ailleurs que, (page 437), je cite :
« Les anciens partisans de la centrale nucléaire, peut-être un peu mal à l’aise pour défendre une position qui a maintenant mauvaise presse, disent plutôt d’eux-mêmes qu’ils n’étaient ni pour ni contre ».
Ils étaient sans doute du côté d’où vient le vent, vent qui souffle aujourd’hui dans les éoliennes, faisant coucou et même un bras, dont on dit parfois qu’il peut être d’honneur, à la centrale. Dans le cas particulier , disons plutôt une ‘’pale d’honneur ‘’!! Merci à vous ‘’GAOLEJENN GOULIEN ( crâneurs), et même aux autres, les ‘’PLOUKED BEUZEC’’ (ploucs), les ‘’KOLOCHISTROU ESQUIBIEN’’ (maniérés), les ‘’POLOSERIEN PRIMEL’’ (mangeurs de prunes), les ‘’POCHOU GWINIZ KLEDEN’’ (sacs de blé), les ‘’POCHOU KRANKED PLOUGON’’ (sacs de crabes). Un ‘’Retourné au Pays’’ qui est des vôtres , peut se permettre ce vocabulaire, en termes affectueux. L’affaire de PLOGOFF appartient à notre histoire . Dommage que l’on ne sache pas toujours s’en souvenir ; en tous cas , pas assez, puisqu’elle a tout de même servi de tremplin à quelques arrivistes « guettant quelques profits, quelques prébendes, quelque utilisation de leur connivence, voire quelques honneurs, ces hochets de vanité ». ( Pichavant , page 272 ). Gageons que la course aux ’’bananes’’, vocabulaire militaire pour désigner les décorations, va se poursuivre par tous ceux qui, guettant la moindre brise venant par tribord amures ou par ailleurs, sont plus soucieux de présenter en toutes circontances leur meilleur profil aux indiscrètes caméras de la médiatisation , que de se consacrer à leur mission.
Mais, pour clore ce chapître, je voudrais citer un maître dont personne ne contestera l’autorité. Voici ce qu’écrit Per- Jakez Hélias, (auteur du cheval d’orgueil) :
« et tout le monde s’étonne douloureusement à chaque révolte qui éclate, parce qu’on n’a pas pris soin de comprendre les gens. Ne pas comprendre les politiques, ce n’est pas grave. Ils ne tiennent pas tellement à être compris mais élus. Elus et ensuite obéis. Et s’ils n’obtiennent pas l’obéissance, ils ne se font pas scrupule de changer ce qu’ils appellent leur projet de société. Mais, auparavant, il leur arrive d’envoyer la garde prétorienne pour intimider l’électeur qui outrepasse son droit d’urne. Votez, nous ferons le reste.
L’électeur, lui n’a pas confiance…Voilà ce qu’il dit l’habitant de 2 ème classe »
.
Sans commentaire !!
Mais, en tant que connaisseur en matériel militaire, je pense aussi pouvoir parler des moyens utilisés à PLOGOFF par les forces de la légalité, puisqu’il s’agit des moyens en dotation dans les unités à mon époque. Je veux parler des grenades. René Pichavant parle des grenades au bromacétate d’éthyle qui rend aveugle. J’avoue ne pas connaître ce matériel. Il s’agit peut-être de grenades lacrymogènes qui sont des moyens spécifiques au maintien de l’ordre et qui provoquent une irritation des yeux et des larmes abondantes. Leur effet est limité dans le temps. Les militaires de mon époque n’étaient généralement pas engagés pour faire pleurer immédiatement et ne connaissaient donc pas ce matériel. J’ai eu l’occason de participer au ‘’maintien de l’ordre’’ en milieu urbain, dans des situations exceptionnelles, sans disposer de ce type d’engins. Je ne peux donc parler que des grenades à main classiques qui se classent en 2 catégories : les offensives et les défensives.
Les défensives, dites quadrillées, sont destinées à tuer. Le corps en fonte se fragmente à l’explosion en une multitude d’éclats meurtriers. Elles n’ont bien entendu pas été utilisées à PLOGOFF, car sinon aujourd’hui, on compterait encore les morts.
Les offensives sont constituées d’un corps en tôle fine contenant une petite quantité d’explosif genre TNT. Elles sont utilisées dans la phase offensive du combat (quand il y a combat), pour neutraliser l’adversaire avant l’assaut. Elles neutralisent comment ? Par effet de souffle qui surtout abasourdit ou assomme légèrement celui qui le reçoit, et lui fait perdre ses réflexes agressifs, sans le tuer ni le blesser gravement, ce qui permet sa capture éventuelle. La seule projection dangereuse est le bouchon allumeur qui, reçu dans un œil peut blesser assez sérieusement. Cette grenade n’est pas dangereuse en tant que telle, sauf si elle explose dans la main. Elle peut alors arracher plusieurs doigts, voire la main entière.
Ce dernier type de grenades a-t’-il été utilisé à PLOGOFF ? Le général Charlot dit non. Le Lieutenant Vergès dit oui (cf, émission de télévision du 27/5/2000).Je laisse à chacun son point de vue et la responsabilité de ses affirmations, pour dire bravo à tous les responsables civils, militaires, puisque tout est bien qui finit bien : il n’y a pas eu de mort, ni civil, ni militaire. Pas de centrale non plus d’ailleurs, et c’est tant mieux !!
Mais rien ne dit qu’il n’y en aurait pas eu si les élections présidentielles de 1981 avaient connu un résultat différent. Nous nous serions trouvés devant un cas de figure de centrale imposée à une population qui n’en veut pas . Et là, Dieu seul le sait !!
Mais, PLOGOFF a fait école. 21 ans après, MILIZAC : VAL OUEST. Les Bretons connaissent. L’usine géante de traitement de lisier envisagée à MILIZAC contre l’opinion de la population, finalement refusée par les autorités. Plus près de nous, en Bigoudénie, PLOMEUR. Un referendum organisé par une municipalité malgré l’avis défavorable des instances de tutelle pour connaître l’avis des électeurs sur un projet routier. Et sûrement bien d’autres exemples !! Oui, PLOGOFF a fait école. J’y reviendrai dans un chapitre consacré à la politique, sujet qu’il faudra bien aborder un peu plus loin.
Pour terminer, parlons du racisme précédemment cité. Le livre ‘’Femmes de PLOGOFF’’ y fait allusion :
Page 43 : il y aura beaucoup d’étrangers, vous savez bien que ce n’est pas une vie normale
Page 121 : 200 entreprises qui viennent travailler à PLOGOFF. On n’admettra jamais çà. Voir des étrangers venir chez nous ! Pendant que nos hommes vont travailler ailleurs…
Christian Pelras, quant à lui, écrit :
Page 315 : Les non-Capistes sont moins qu’autrefois sentis comme des étrangers, bien que ce sentiment soit encore vivant…La personnalité capiste n’est pas morte. Elle survivra même sans doute encore assez longtemps
Page 415 : entre les habitants originels et les néo-résidents, ou les résidents secondaires, il y a parfois dans les villages des frictions dûes à des différences de mentalités et d’habitudes ; ces différences existent d’ailleurs aussi avec des personnes nées à GOULIEN et revenues y vivre après leur retraite……Ce qui frappe les ‘’retournés au pays’’, c’est la différence de mentalité.
Bien vu, Monsieur Pelras, bien que vous ne donniez pas toute l’explication. Il faut savoir, en effet, et je l’ai déjà dit, que si l’opinion publique locale ne pardonne pas l’échec à ceux qui se sont exilés, elle ne pardonne pas davantage la réussite à ceux qui reviennent , accusés de rapporter dans leur bagages le mépris de ceux qui sont restés. En fait, il s’agit sans doute et tout simplement de comportements très courants, consistant à regarder le train de vie du voisin, avec parfois une certaine amertume dont la source se situe au niveau des péchés capitaux tel l’envie (jalousie). Rien que de très ordinaire en somme, tant qu’il n’y a pas exacerbation, ni d’un bord ni d’un autre.
La mot de la fin sera réservé à Henri Goardon, page 81 :
« Jusqu’en 1914, les Capistes étaient de terribles ‘’racistes’’, tous ceux qui n’étaient pas du Cap étaient appelés ‘’étrangers’’ » .
Les choses ont-elles chang é ? Qui peut le prouver ? Aujourd’hui, on dit ‘’touriste’’, avec un petit sourire, un petit air de supériorité. Cela ne va pas plus loin, tant que le nouveau venu se montre respectueux du contexte et des gens, et surtout de notre bel environnement. Dans le cas contraire… !!!
Voilà ce qu’il n’est peut-être pas inutile de savoir sur le Cap pour comprendre. Comprendre le Cap, comprendre PLOGOFF et pourquoi PLOGOFF ! Ce fut une erreur psychologique monumentale commise à l’égard d’une population pacifique qui ne demandait qu’à le rester. Cette population a su allumer la flamme du Cap. Cette flamme fait partie de notre histoire, de notre patrimoine et de notre mémoire. Aujourd’hui, PLOGOFF a retrouvé son calme mais,
PASSANT, SOUVIENS TOI !!
Car ils et elles n’ont rien oublié !!!

******

A Suivre Ma Bro Ar C'Hap Gwechall suite 18

 (La goémon -Le chateau de Locquéran)

 

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20 juin 2006 2 20 /06 /juin /2006 11:45

Ma Bro Ar C'Hap Gwechall suite 18

Le Goëmon


Comme dans beaucoup d’endroits en Bretagne, le Cap-Sizun est à moitié tourné vers la terre et à moitié vers la mer. La mer, mer nourricière, fournit gratuitement deux éléments sur le littoral : le sable et le goëmon. Le sable est régulièrement prélevé par les agriculteurs pour amender les terres. Quant au goëmon, ses qualités étaient notoires comme engrais au profit des sols, avant que ne soient connues les possibilités de transformation, à usage industriel et commercial. Il existe deux types de goëmon : le goëmon de coupe récolté dans l’eau, et le goëmon de laisse, apporté sur le rivage par la marée .
La côte nord du Cap-Sizun, nous l’avons vu dans la présentation générale, est constituée de falaises abruptes, peu favorables à la récolte des laisses de mer. C’est donc sur la côte sud, plus plate, que se situent les activités goëmonières, activités qui s’étendent d’ailleurs jusqu’en Bigoudénie. La récolte du goëmon présente deux grands intérêts :
- un intérêt agricole, en récoltant gratuitement un produit d’enrichissement de la terre
- un intérêt commercial, donc économique, ce qui va entraîner inévitablement quelques rivalités au niveau des clochers.

1 – Rappel historique-

11- Cahiers de doléances de PRIMELIN - ( déjà cité)
Demande de permettre aux habitants des paroisses riveraines, sur les côtes de la mer, de prendre également des goëmons que les flots de la mer ont détachés et jetés sur les grèves. Que PRIMELIN puisse sécher sur….etc (il s’agit de la plage de Trez-Goarem en ESQUIBIEN)


12- Cahiers de doléances d’ ESQUIBIEN- (id°)
Non jouissance de PRIMELIN sur la palue de Trez-Goarem , sinon on rendra déserts les villages qui l’entourent… et par là, on mettra et réduira à la mendicité une trentaine de familles.
13- Monographie de CLEDEN-CAP-SIZUN - Daniel Bernard (page 12 ) Je cite :
Dès 1822, la municipalité de CLEDEN avait demandé l’ouverture d’une voie d’accès vers le Loch pour permettre à ses administrés de s’approvisionner en sable et goëmon….Les habitants de PLOGOFF et PRIMELIN qui voulaient se réserver le monopole de l’extraction du sable et de la récolte du goëmon, firent leur possible pour contrecarre la réalisation de ce dessein.
Désireuse d’arriver à ses fins, la municipalité de CLEDEN fit ouvrir en 1848-1849, la fraction de chemin comprise dans son territoire. Devant cette initiative, les adversaires du projet durent s’incliner. Ce qui restait à construire sur le domaine de la commune de PLOGOFF, au pied de la colline de Landrer et le long des marais du Loch, fut effectivement terminé en 1855.

La lecture de la suite de l’ouvrage de Daniel Bernard est édifiante au sujet des communications entre CLEDEN et AUDIERNE, par le contournement du village de Brezoulous en CLEDEN pour aboutir à Kerloa et la D784 en PRIMELIN. Je me souviens de l’époque de la ‘’SATOS’’ ; les ‘’fayots’’ permissionnaires domiciliés à CLEDEN empruntaient cet itinéraire pour rejoindre Rugolva en PRIMELIN, lieu de passage du car, à l’issue de leur permission.
Dernière remarque : Daniel Bernard parle de ‘’Prat Honest’’ en Primelin, ainsi nommé, par dérision, en souvenir des attaques qui s’y produisaient : Prat = pré, Honest = honnête.



14- Goulien, par Christian Pelras – Je cite :

page 299- C’est ainsi que depuis plus de 80 ans , ESQUIBIEN et PRIMELIN s’opposent à ce que soit construite une route qui traverserait le territoire de l’une ou l’autre et qui mettrait le bourg de GOULIEN à 3 kilomètres de la route nationale (aujourd’hui D 784), au lieu de 6 actuellement en passant par les Quatre-Vents. La municipalité de GOULIEN avait pourtant fait goudronner la route de Trevern jusqu’au ruisseau qui forme la limite, mais au-delà, elle n’est toujours prolongée que par un chemin étroit et boueux. Autrefois, ces communes fondaient leur refus sur la crainte que que les gens de GOULIEN ne viennent les concurrencer dans le ramassage du goëmon sur la côte sud. Aujourd’hui, cette activité est devenue tout à fait secondaire, mais on ne veut toujours pas construire la route.
J’ai souvent pratiqué cet itinéraire par Trevarha en ESQUIBIEN, à pied, pour me rendre à Langroas en CLEDEN. Je l’ai même fait en 2 CV Citroën. Aujourd’hui, un 4x4 serait plus approprié.
Page 313- D’où naissance des conflits entre les gens de GOULIEN et leurs voisins du sud qui s’opposaient à ce qu’ils passent chez eux pour aller ramasser du goëmon sur leur côte.

15- Registre des délibérations du conseil municipal de PRIMELIN-

1879- Monsieur Gloaguen (Jean Pierre Michel) de Kerloch, homme processif, rend impraticable le chemin du Loch pourtant nécessaire pour les pêcheurs et les cultivateurs qui vont chercher du goëmon au Loch
1891-Refus de classement du chemin vicinal de Trevern à Prad Honest dont la construction serait avantageuse pour les habitants de GOULIEN, mais serait préjudiciable à ceux du littoral (le goëmon…).
Demande de création d’un chemin vers Le Loch pour faciliter la récolte du goëmon.
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L’énumération ci-dessus me paraît suffisante pour faire ressortir l’intérêt et l’enjeu du goëmon destiné à enrichir la terre. Elle fait également ressortir les rivalités entre les communes de la côte sud et celles de la côte nord du Cap, lesquelles sont séparées en tout et pour tout, par une vallée et un ruisseau .

Synthèse des alliances et des rivalités

PLOGOFF + PRIMELIN alliés contre CLEDEN
PRIMELIN + ESQUIBIEN alliés contre GOULIEN
Antagonisme PRIMELIN- ESQUIBIEN

Il n’y a pas lieu de s’étonner alors si les Anciens de CLEDEN se rappellent les bagarres homériques qui opposaient à coups de lance-pierres, les gamins de PLOGOFF à ceux de CLEDEN, sur la limite administrative des 2 communes. A chacun son territoire. Il n’est plus temps d’évoquer Clochemerle, mais plutôt ‘’La guerre des boutons’’ de Louis Pergaud. Mais, quoi qu’il en soit, le goëmon n’a pas fini de faire parler de lui.

16- L’usine du Stum à AUDIERNE-

161-Evolution de l’industrie du goëmon-
Les algues étaient déjà cueillies et brûlées du temps de Colbert . Pour mémoire, on peut rappeler quelque dates :

- en 1681 : ordonnance de Colbert réglementant la récolte du varech et du goëmon
- en 1692, Louis XIV accorde à la compagnie de Saint-Gobain l’exclusivité de la cueillette
Le résidu de brûlage était populairement appelé ‘’soude ‘’. Riche en sel de sodium, il était utilisé pour la fabrication du verre et en savonnerie. Plus tard, la soude servira à fabriquer l’iode- (découverte de l’iode en 1812 par un chimiste français : Courtois. On découvre aussi les propriétés antiseptiques du produit).
La première usine est construite au CONQUET en 1830. L’industrie est florissante jusqu’à la découverte de l’iode à moitié raffiné au Chili en 1873. Commercialisé à prix compétitif, ce produit chilien est frappé de droits de douane pour protéger les produits de fabrication locale.

162- L’usine du Stum-
Elle a été créée en 1879 par la famille de Lécluse (Amédée et Emile). Elle aura à répondre à des besoins exceptionnels lors de la première guerre mondiale, le nombre de blessés augmentant la consommation et les besoins en iode. Chacun sait que les guerres font tourner la machine économique et industrielle.
Les gens de ma génération se souviennent des longs cortèges de tombereaux traînés par un cheval, transportant les pains de soude à l’usine du Stum, dirigée par Monsieur Jean Couic (par ailleurs organiste de la paroisse d’Audierne, et ancien du petit séminaire de Pont-Croix). Les pains étaient pesés après prélèvement d’un échantillon par le contremaître pour déterminer la teneur en iode.
On se souvient aussi des longues colonnes de fumée blanche montant dans le ciel, sur toute la côte de la baie d’AUDIERNE, de Penmarch à la Pointe du Raz. Dur labeur, consistant pour le goëmon d’épave à être d’abord sur les lieux, de préférence le premier, au bon endroit, au moment favorable de la marée. Travail de femmes qui, cotillons retroussés, entraient dans l’eau froide, jusqu’à la ceinture, armées de longs crocs pour gaffer le goëmon et le tirer sur la grève, avant de le remonter sur la falaise ou le déposer à un endroit tel qu’il soit hors de portée de la haute mer. Manutention à la main, transport par paniers ou attelage à cheval, mise en tas, surveillance, séchage, brûlage dans les fours à soude, pifonnage etc…
On peut revivre cette époque lors de reconstitutions annuelles à l’usage des touristes, à ESQUIBIEN par exemple, ou lire l’excellent ouvrage de Yves Bramoulé : Goëmoniers des Îles , éditions Le Télégramme. La visite de l’éco-musée de PLOUGUERNEAU ne doit pas non plus manquer d’intérêt. Témoignage du passé ! C’était hier. Aujourd’hui, la vie est plus facile. Raison de plus pour oublier ce qui nous a séparés et en particulier les frontières servant et alimentant les querelles d’intérêt, au profit de ce qui nous unit,
LE CAP-SIZUN.
Actuellement, le goëmon d’épave n’est plus ramassé que par quelques jardiniers amateurs. Les laminaires, surtout employés dans l’industrie chimique (cosmétologie), sont ramassés par bateau à l’aide d’un procédé mécanique ‘’le scoubidou’’, mis au point en Finistère Nord. La culture des algues, déjà pratiquée en Bigoudénie, n’a pas été expérimentée en Cap-Sizun.
C’est par ce chapître que je vais clore notre histoire, pour tenter d’analyser le Cap d’aujourd’hui. Encore un mot tout de même, à la suite de l’usine du Stum, pour parler de ses propriétaires qui ont marqué leur époque par leurs réalisations.

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Le château de LOCQUERAN

L’histoire du château de Locquéran, situé à l’embouchure du Goyen, se confond avec l’histoire de la famille de Lécluse, tant sur la commune d’AUDIERNE que sur celle de PLOUHINEC. J’ai déjà évoqué ce nom ( usine à DOUARNENEZ, goëmon, usine à soude). La commune de PLOUHINEC, en supplément du bulletin municipal N° 5 en a fait une synthèse à laquelle on peut se reporter
Jean Delecluze, originaire de Normandie, s’est installé à POUGOAZEC (par son mariage). La famille s’est enrichie dans le commerce maritime et l’exploitation des engrais de mer. Famille de notables, qui fournit des responsables locaux à AUDIERNE, PLOUHINEC, et même au département.
Dès le XVIII ème siècle, Jean Delécluze est fabrique de la trève d’AUDIERNE (équivalent de maire) . Un de ses descendants : Jean-Baptiste, est juge de paix du canton de PONT-CROIX pendant la révolution, puis président du tribunal de QUIMPER. Jean-Pierre, maire d’AUDIERNE, est autorisé à transformer son nom en 1868 : de Lécluze, auquel s’ajoute Trévoëdal (nom d’une propriété à BEUZEC) ;
Deux fils : Amédée et Emile, propriétaires de l’usine à soude, font construire chacun un château :
- Emile à AUDIERNE
- Amédée à PLOUHINEC.
Suite à une diminution de ses ressources, Amédée transforme le château de Locquéran, en hôtel pour invités payants. On y voit entre autres Guy de Maupassant (1895) et José Maria de Hérédia (1900). Malgré cet apport de ressources, le château de Locquéran est vendu à la fin de la première guerre mondiale.
Henri de Lécluze, fils d’Amédée, devient maire de PLOUHINEC. Avec son épouse, Jeanne Bertrande de la Brousse de Beauregard, ils organisent des secours pour les plus démunis pendant les hivers 1902-1903 et 1903-1904. Un atelier de dentelle est installé à Locquéran en 1904. Henri de Lécluze, Colonel de cavalerie est mobilisé en 1914 .
Le château devint propriété de la ville et de l’hospice d’AUDIERNE, et sert successivement de :
- colonie de vacances pour la ville de CRETEIL (1935)
- centre d’apprentissage féminin de 1946 à 1955, sous la direction de Madame Moan, figure audiernaise bien connue et aujourd’hui disparue .
Vendu récemment par la ville d’AUDIERNE , pour une somme bien modeste, le château est aujourd’hui un hôtel pour clientèle aisée .

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Pour terminer cette évocation des noms connus, on peut aussi noter que le patronyme Fatou, aujourd’hui allié à la descendance de la famille de Lécluze, était déjà porté en 1928 à POULGOAZEC, par un Capitaine de vaisseau : Alfred Fatou. Ce nom apparaît dans les documents ayant trait à la construction de l’abri du marin à POULGOAZEC. Aujourd’hui, le manoir de Suguensou, cité à propos de ‘’Toul ar Zoner’’ et d’un éventuel souterrain, appartient à la famille SERIEYX (Christian) et son épouse Gwladys Fatou .
C’est par ces mots que je vais mettre un terme à l’exposé de ce qui constitue, à mon point de vue, quelques uns des éléments essentiels de notre histoire permettant de mieux comprendre la situation actuelle. Place au CAP-SIZUN d’aujourd’hui !!

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 Le chateau de Locquéran

 

 

 

 

 

 

 

Ici s'achève la première partie du texte proposé: Ma Bro ar C'Hap Gwechall

Dans une deuxième partie nous parlerons du Cap d'aujourd'hui: Ma Bro Ar C'Hap Hirio

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17 juin 2006 6 17 /06 /juin /2006 16:39





Deuxième partie


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Ma Bro AR C’ HAP HIRIO


(Mon pays Le Cap Aujourd’hui)


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(Communes,Population ,Traditions)
( Patrimoine, Politique etc…)


LE CAP AUJOURD’HUI


J’ai expliqué, en préambule, que la compréhension du Cap-Sizun d’aujourd’hui, passait par une nécessaire connaissance de l’histoire de ce merveilleux pays. J’ai donc consacré une première partie, un peu longue peut-être, à tenter d’analyser, très certainement dans le désordre, différents évènements qui, sans lien apparent, constituent cependant un tout. Comprendre le Cap, comprendre le tempérament capiste qui est capable du meilleur quand on a besoin de lui, comme du pire si l’on veut attenter à sa culture ou à son patrimoine (la terre des ancêtres faisant intégralement partie du patrimoine-cf : PLOGOFF), ne peut se faire qu’à travers la recherche des enseignements à tirer des grands évènements. Il serait sans doute souhaitable de s’en inspirer pour éviter des erreurs dans la gestion du présent qui conditionne sans aucun doute l’avenir.

1- Découpage administratif- Présentation des communes-
(ordre alphabétique et non selon leur importance)

11 -Classement des communes par surface en hectares

Classement                   Commune                                     Surface 

1                                  BEUZEC                                     3453 hectares
2                                  PLOUHINEC                               2805 ………
3                                  MAHALON                                  2138……….
4                                  CLEDEN                                     1907………. 

5                                 ESQUIBIEN                                 1525……….

6                                 MEILARS                                    1468……….
7                                 GOULIEN                                    1276……….
8                                 PLOGOFF                                   1173……….

 9                                  PRIMELIN                                  867……...
10                             PONT-CROIX                                 808……..
11                                        AUDIERNE                                             294………

(pour mémoire : Île de Sein : 56 hectares- qualifiée en d’autres temps de ¼ de la France

Ce classement permet déjà quelques remarques :
- Surface totale du Cap-Sizun : 17.720 hectares
- Commune la plus étendue BEUZEC
- Plus petite commune : AUDIERNE
- Hypothèses de regroupement de communes :
AUDIERNE+ESQUIBIEN+PLOUHINEC = 4624 hectares soit # 1/4 surface totale
PONT-CROIX+BEUZEC = 4261 hectares, chiffre peu différent du précédent
PLOGOFF+CLEDEN+GOULIEN +PRIMELIN = 5223 hectares, à comparer aux chiffres précédents
MAHALON+MEILARS = 3606, légèrement inférieur aux chiffres précédents
Le Cap et ses onze communes pourrait donc, en termes de surface, être considéré comme 4 grandes communes ou communautés d’intérêts, au sein de la communauté de communes bien évidemment.
Notons aussi, que la commune d’AUDIERNE, classée dernière en surface, n’a aucune possibilité d’extension dans la situation actuelle, ce qui limite, qu’on le veuille ou non, ses ambitions économiques, et par là même politiques. AUDIERNE tentant d’imposer une ou sa vision hégémonique des choses, ne peut aboutir qu’à un rejet par ses voisins. Mais, ne sommes-nous pas déjà dans ce cas ? 

              12- Classement des communes par nombre d’habitants ( chiffres du recensement de 1999)


    Classement    Commune     Nombre d’habitants 
      1                PLOUHINEC       4300
      2                AUDIERNE         2462 
     3               PONT-CROIX       1665 
     4               ESQUIBIEN          1620
     5               PLOGOFF            1563
     6               CLEDEN              1036
     7               BEUZEC              1027
     8               MAHALON            820
     9               PRIMELIN            787
    10              MEILARS             750

   11              GOULIEN              436
Pour mémoire : Île de Sein 239
Il ressort de ce classement :
- que le classement précédent est totalement bouleversé
- que la commune la moins peuplée : GOULiEN était tout de même 7 ème au classement par surfaces, ce qui implique d’autorité un coefficient de pondération pour aboutir à une moyenne raisonnable
- que la commune d’AUDIERNE, dernière au classement par surface, se retrouve ici 2 ème

                           13- Classement des communes avec application d’un coefficient de pondération

Les tableaux ci-dessus donnant des résultats différents, on peut peut-être essayer de les relativiser en imbriquant les 2 chiffres pour obtenir un classement pondéré moins brutal et pourquoi pas plus objectif. En effet, les communes peu peuplées ont des surfaces à entretenir et les communes peu étendues ont une charge de personnes plus importante. J’ai été tenté de diviser les chiffres ci-dessus par 100, et d’additionner les coefficients de chaque commune

Commune    Surface    Population   Total des 2               Classement

Plouhinec      28,05        43,00       71,05                      1  

Beuzec          34,53       10,27       44,80                      2
Esquibien      15,25        16,20       31,45                     3
Mahalon        21,38        8,20        29 ,58                    4
Cleden          19,07      10,36        29,43                      5
Audierne        2,94        24,62       27,56                      6
Plogoff         11,73        15,63       27,36                      7
Pont-Croix      8,08        16,65       24,73                      8
Meilars         14,68          7,50       22,18                      9
Goulien        12,76          4,36        17,12                   10
Primelin        8,67           7,87        16,54                    11


J’entends déjà les récriminations du grincheux : « Mais les hectares ne votent pas !!
Certes, mais ils paient des impôts, ou plutôt leurs propriétaires en paient. Et qui dit surface dit desserte, donc routes, éclairage, entretien, élagage, donc charges variées. On peut donc, si on veut bien lire, constater que :
- Plouhinec est leader incontesté dans tous les cas de figures
- Goulien et Primelin sont desservis par une faible population ce qui se traduit par un petit budget. Leurs municipalités n’ont que plus de mérite à présenter des bourgs propres et attrayants. Les marginaliser ou les condamner serait une erreur. Il faut plutôt les aider. Comme dans la fable, le grand méchant loup ne peut dévorer le petit chaperon rouge.
- Audierne se retrouve classé 6 ème, ce qui se passe de commentaires sauf pour dire peut-être qu’il conviendrait de tempérer certaines ambitions.
- Une alliance de Plouhinec classé 1er, avec Esquibien 3 ème et Audierne 6ème, serait d’un poids économique incontestable. N’est-il pas venu le temps d’abattre les clochers, plutôt les limites administratives, obsolètes et désuètes , qui attribuent la responsabilité d’une plage à 2 communes au motif qu’elle est traversée par un ruisseau servant de limite séparative. L’observation est la même pour le ‘’port dit d’AUDIERNE’’ dont la partie active est à PLOUHINEC (limite séparative au milieu du port, comparable aux limites des eaux territoriales). Mais , j’ai souhaité considérer un autre critère et étudier les communes en fonction de leur charge de voierie à entretenir.

              14- Classement des communes en fonction de la longueur de leur voirie
(voierie communale + CR en mètres)

Commune   Longueur de voierie à charge   Classement
Plouhinec       105.612 mètres                       1
Beuzec            76.160 …                               2
Mahalon          67.126 …                               3
Cléden            45.160 …                               4
Esquibien        40.090 …                               5
Meilars           36.807 …                                6
Audierne        32.525 …                                7
Pont-Croix     29.838 …                                 8
Goulien           27.430 …                               9
Plogoff           25.450 …                              10
Primelin          20.810 …                              11

Ce tableau donne presque la confirmation du classement précédent. En effet, on constate que :
- Plouhinec est toujours N° 1 et Beuzec N° 2
- Audierne est passé au 7 ème rang au lieu du 6 ème précédemment ( pondération) et voisine avec Goulien qui est 9 ème
Il ressort aussi que les communes rurales ont une charge de voierie importante. Par exemple, la charge de Mahalon est 2 fois supérieure à celle d’Audierne. Quant à celle de Goulien, elle se rapproche de celle de Pont-Croix et de celle d’Audierne. Qu’en est-il des budgets ????
En conséquence, je crois pouvoir confirmer ce que j’ai déjà dit , à propos du grand méchant loup et du petit chaperon rouge. Il y a bien-sûr d’autres enseignements, et ils se dégageront au fur et à mesure de la progression d e l’étude.


15- Présentation des communes
Les photographies (droits réservés) illustrant les textes qui suivent sont de Loïc Dagorn, étudiant à la faculté de BREST et réalisateur de plusieurs sites internet sur le Cap-Sizun. Par sa mère, née Bernard, Loïc est apparenté à Daniel Bernard , l’érudit de CLEDEN, auteur de nombreux ouvrages en particulier la monographie de CLEDEN-CAP-SIZUN qui vient d’être rééditée.

151 - AUDIERNE 

  C'est la plus petite commune en surface, (294 hectares), la 2ème en nombre d'habitants (2462-cf: paragraphes précédents) ce qui est relativement incohérent et dans tous les cas obsolète

- Port de pêche -
AUDIERNE fut le 5ème port de pêche français jusqu’à l’après-guerre. En 1965, il était classé 5 ème des ports thoniers français. En 1990, plus petit port du Sud-Finistère, il ne se situe plus qu’à la 35 ème place au plan national. Difficile d’accès pour cause d’ensablement et d’alignements très précis à respecter pour l’approche (plateau rocheux de ‘’La Gamelle’’- pointe de Lervily), ce port est utilisé par des petits bateaux pratiquant la pêche côtière ((bar, crustacés, poissons nobles ..etc) et renommé pour la qualité des espèces commercialisées. Mais, pour ce qui concerne la pêche, AUDIERNE n’est plus qu’un nom. Toute l’activité portuaire : débarquement, criée, mareyage, carburant..etc, se trouve à PLOUHINEC ( POULGOAZEC). Il ne reste plus à AUDIERNE qu’une squelettique administration maritime au sort incertain, et des viviers. Le port compte néanmoins 51 bateaux armés par 288 marins-pêcheurs. (Chiffre donné par les Affaires Maritimes de QUIMPER le 5/2/2002 et confirmé par le Télégramme de Brest le 8/6/2002. Les bateaux se répartissent comme suit : 12 fileyeurs, 25 ligneurs, 4 palangriers ( presse du 22/1/2003). Les chiffres étant évolutifs ils sont à considérer comme ponctuels ). Par comparaison, on peut noter que à DOUARNENEZ, il y a 32 bateaux et 200 marins, chiffres qui situent désormais Audierne devant Douarnenez.
- Port de plaisance-
Les premiers pontons ont été construits en 1987, par la municipalité élue en 1983 ( sous l’autorité du maire Jean Normant). Compte tenu des particularités du milieu (risque d’envasement), les premiers essais furent modestes et prudents. Il convenait en effet d’être plus que circonspect en la matière. Très vite, il s’avéra tout de même nécessaire d’augmenter le nombre de places pour le porter à 120, ce qui paraissait suffisant pour les utilisateurs locaux et les passagers. Ce projet d’augmentation se heurta cependant à une divergence de vues de l’opposition municipale, au motif que ‘’les places de la 2 ème tranche allaient coûter plus cher que celles de la première et qu’il aurait fallu tout faire en une seule fois’’. Polémique évidemment, puisque les premiers essais étaient par définition expérimentaux. Le leader de l’opposition exprima son désaccord en s’abstenant de voter les crédits nécessaires. L’agrandissement se fit tout de même , pour la plus grande satisfaction des usagers. Dont acte !!
Les temps changeant, l’opposition devenue majorité, s’empresse de doubler la capacité qui passe à 230 places . Dont acte !! On a oublié de faire remarquer que cette 3 ème tranche de travaux coûtait plus cher que les deux précédentes. Stérilité de la polémique à propos des courtes mémoires. Parlons plutôt de la technique.
Qui dit port de plaisance dit installations de levage, de carénage avec récupération des produits polluants, et surtout ravitaillement en carburant. Quelle est la situation du moment ? Il n’existe rien de ce que je viens de dire : pas de moyens de levage, une modeste cale de carénage faite pour des petits bateaux, sans bac récupérateur des eaux usées, absence de poste à carburant. Solution : réaliser ce qui manque bien-sûr, mais où ?? L’espace disponible ne manque pas, c’est évident !! Mais, cet espace se situe en dehors des limites administratives d’AUDIERNE. On peut donc proposer à PLOUHINEC de recevoir toutes ces installations manquantes à AUDIERNE. En clair, les jolis bateaux à AUDIERNE, la manutention, la pollution et l’inesthétique à PLOUHINEC. J’imagine la réaction de nos voisins de PLOUHINEC, et d’avance, je la comprends. Peut-être aurait-il fallu être plus modeste dans les projets, mais la majorité gouverne. En contre partie, elle est responsable de l’actif comme du passif. Or, le problème du carburant, qui fait cruellement défaut aujourd’hui, surtout depuis la fermeture de la dernière supérette située à proximité du centre ville (Casino), aurait pu être résolu depuis 1988. J’ai le dossier de presse sous les yeux (Télégramme de Brest du 18/1/1988). Je cite :
« La coopérative maritime a un projet d’installation d’une cuve de gas-oil de 30.000 litres, quai Pelletan à AUDIERNE . Soumis pour avis au conseil municipal, ce projet rencontre une opposition virulente. Le maire Jean Normant essaie de temporiser. Finalement, la coopérative renonce »
Le ravitaillement des professionnels continue à se faire à POULGOAZEC, hors limites administratives d’AUDIERNE . Il s’agit d’un carburant détaxé auquel les plaisanciers n’ont pas droit. En conséquence, on assiste régulièrement au ballet du ravitaillement des bateaux de plaisance par jerricans, ce qui pose de nombreux problèmes de transport, stockage et même sécurité incendie. Il faut se mettre à la place du plaisancier de passage qui arrive en bateau, pour faire escale à AUDIERNE. Il n’a pour tout véhicule que son bateau. Il lui faut faire 2 kilomètres à pied, jerrican à la main pour acheter les quelque litres de précieux liquide qui lui permettront de se dépanner et repartir. Il est vrai qu’il peut aussi aller par voie de mer à ESQUIBIEN (Sainte Evette) où il trouvera une pompe.
Tout cela relèverait de l’anecdote, et serait même un peu ‘’clochemerlesque’’, si l’opposition municipale de 1988, n’était pas devenue la majorité d’aujourd’hui. Payant ses erreurs d’hier, elle assume aujourd’hui la responsabilité des carences du port de plaisance qui n’obtiendra pas de sitôt le label de super équipement.
Dans ce paragraphe traitant de la plaisance, il faut aussi souligner la présence de nombreux mouillages sauvages, tant dans le port lui-même que dans la rivière et contre le môle du Raoulic. Mais on ne peut passer sous silence les nombreux bateaux stockés en pleine ville, sur ce qui était le parking de la poste, concession faite au conseil portuaire pour obtenir son accord pour construire un aquarium à AUDIERNE.

- Conserveries-
En 1903, on comptait 16 usines réparties entre AUDIERNE et POULGOAZEC. En 1952, il y en avait encore 6 à AUDIERNE et 3 à POULGOAZEC, employant 537 ouvriers et ouvrières. D’après Ambroise Menou, AUDIERNE a compté 19 usines, chiffre réduit à 8 en 1945. Aujourd’hui , zéro

- Chantiers navals- Aujourd’hui zéro- Hier 2

- Tourisme -
AUDIERNE dispose d’une demi plage, puisque la limite séparative d’ESQUIBIEN coupe la plage en deux. Simplicité d’entretien, de nettoyage et de responsabilité. On peut se baigner à AUDIERNE et à quelques mètres près se noyer à ESQUIBIEN, et même se noyer à AUDIERNE et être repêché à ESQUIBIEN. Facile !! Car AUDIERNE est bordé au sud par la mer, à l’ouest et au nord par sa limite administrative avec ESQUIBIEN, et à l’est par PLOUHINEC, dont la limite coupe le pont reliant les deux agglomérations en son milieu. Une anecdote pour rompre le sérieux de l’exposé : le pont était dernièrement  éclairé par quatre becs de gaz, 3 sur AUDIERNE et un sur PLOUHINEC, ce qui permettait, pour les éclairages de Noël, d’avoir 3 guirlandes électriques allumées sur AUDIERNE, et le couvre feu dans la partie plouhinécoise du pont, ceci, pour la plus grande joie des humoristes et des amateurs de cocasseries. Non, Clochemerle n’est pas une exclusivité du Beaujolais !! Si encore, le contribuable y trouvait son compte !! A voir !!!!

(Il y a pourtant de belles choses à voir: église saint Raymond, monument historique)


Les petits commerces du centre ville ferment progressivement, cherchent un repreneur, ou sont remplacés par des crêperies et des restaurants qui, le cas échéant, ferment à leur tour. Les commerçants qui ont la chance d’être propriétaires ont l’espoir de s’en sortir. Les locataires sont condamnés d’avance par les loyers élevés et les baux précaires.
Une grande surface : centre Leclerc, se trouve en périphérie, sur la route de la Pointe du Raz, et constitue le seul point de ravitaillement en carburant situé à l’intérieur des limites administratives audiernaises. Une seconde station, voisine de la première, est sur ESQUIBIEN. Une supérette (Casino) a fonctionné jusqu’en 2002, à la limite nord de la ville. Elle est fermée depuis le 12 octobre 2002. Les raisons invoquées pour expliquer cette fermeture ont été portées à la connaissance des usagers par un tract diffusé par le personnel, à savoir :
Un loyer exorbitant
La situation économique du Cap-Sizun
La situation géographique du magasin (depuis l’implantation d’un aquarium sans véritable structure pour accueillir sa clientèle , le site n’a plus vocation commerciale, et le parking a été pénalisé au détriment de la clientèle du magasin).

Je laisse à chacun la responsabilité de ses arguments et au lecteur le soin de juger. Notons tout de même qu’une nouvelle forme de commerce du type ‘’discount’’, doit succéder à ‘’Casino’’ à partir de juillet 2003, ce qui fera 3 magasins ‘’discount’’ à AUDIERNE, les 2 premiers se trouvant dans la zone non aménagée de Kérivoas.
On peut noter par ailleurs :
- 5 agences immobilières à AUDIERNE en 2002 (aucune il y a 20 ans)
- 2 études de notaires
- 6 médecins généralistes, 1 ophtalmologiste, 3 pharmacies, 3 cabinets dentaires. (1 médecin radiologue a fermé son cabinet fin 2001).
- Et enfin 1 aquarium.
Cet aquarium a défrayé la chronique en son temps . Après des difficultés de montage du dossier, il est entré en service en juillet 2000. Les difficultés financières du groupe sont apparues au mois d’octobre de la même année, soit 4 mois après l’entrée en service de la structure, pour aboutir à une liquidation judiciaire le 20/12 /2001, et une reprise début 2002. Encore une affaire ‘’clochemerlesque ‘’car :
sûre de son projet, la municipalité en charge du dossier qu’elle soutenait à fond, a menacé de démissionner (télégramme du 28/11/1998) si elle n’obtenait pas satisfaction. L’affaire s’étant réalisée, elle n’a pas eu à passer à l’acte, mais à gérer la situation nouvelle crée par le dépôt de bilan. Peut-être que toutes les précautions d’usage n’avaient pas été prises dès le départ pour évaluer la bonne ou mauvaise santé du groupe investisseur. Quant aux subventions, (c’est à dire l’argent public), il faut les chercher désormais du côté des pertes et profits, les pertes étant pour le contribuable et les profits ailleurs.
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Un dernier chiffre : depuis 1975, la commune d’AUDIERNE a perdu 1046 habitants.

- Services publics-
On compte 2 écoles primaires : 1 publique, 1 libre, et 1 collège privé ; Une perception et une brigade de gendarmerie ( des projets de restructuration ont été annoncés pour la gendarmerie, qui serait renforcée à Audierne par la brigade de PONT-CROIX. La brigade d’AUDIERNE a vécu un drame familial en 1998 : 5 morts dont un suicide).
Notons encore, pour compléter le dispositif, que le collège d’enseignement secondaire dit d’AUDIERNE, se trouve sur le territoire de PLOUHINEC, de même que le terrain de foot-ball. (Stade de Locquéran). On peut donc assister à la vente de propriétés audiernaises sur le territoire de la commune voisine (château, camping etc…)

- Entreprises - Une entreprise du bâtiment, (Scoarnec), emploie une trentaine d’ouvriers. Citons encore un négoce de matériaux de construction, et quelques artisans employant peu d’ouvriers.
- Agriculture - AUDIERNE comptait 2 exploitations en 1991. Aucune actuellement, mais quelques parcelles de terres agricoles sont travaillées par des agriculteurs venant d’autres communes.

- Vestiges du passé -
Une ancienne clinique, vandalisée, parfois squattée, taggée, envahie par le lierre, trône sur le point le plus élévé du relief . Elle n’a fonctionné que quelques mois, et voisine aujourd’hui avec les dépôts sauvages en tous genres, parfois incendiés par des inconnus soucieux de vérifier si les pompiers sont toujours opérationnels.
Sur le front de mer, une ancienne école de pêche n’est pas en meilleur état. De temps en temps, la presse annonce un projet de réhabilitation, pour l’une ou pour l’autre. Souhaitons que les projets se concrétisent.
Les friches industrielles, en particulier les anciennes conserveries n’épargnent pas davantage AUDIERNE . Toutefois, la situation est souvent identique ailleurs (rappel : 19 conserveries à Audierne, 34 à Concarneau, 24 à Guilvinec-Lesconil, soit environ 150 sur les côtes bretonnes. Les maisons en ruines , parfois immeubles entiers semblent à la longue, faire partie du paysage et n’incommodent plus personne. Environnement, mon beau souci !!! Jusqu’au mois d’avril 2003, les problèmes relevant de l’environnement étaient confiés et traités par un élu exerçant la fonction d’adjoint. Il n’ a pas été remplacé après sa démission, ce qui est assez surprenant car : ou bien il n’y avait rien à faire dans la fonction, ou bien il ne faisait rien. Autrement dit : pas de résultats car pas de problèmes, à moins qu’il ne s’agisse de l’inverse, trop de problèmes pour aucun résultat, ce qui revient au même. A chacun son point de vue, une fois de plus, mais dans tous les cas, la commune fait l’économie d’une indemnité depuis cette démission !!

- Paroisse -
Un prêtre est domicilié à AUDIERNE, d’où il assume la responsabilité du secteur paroissial du Cap-Sizun .
- Maison de retraite-
Elle a été construite en 1990, par la municipalité d’hier qui a soutenu ce projet contre son opposition ,(majorité aujourd'hui) laquelle avait un autre projet .
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- Dernière remarque
Autrefois, AUDIERNE possédait 2 équipes de foot-ball : l’union sportive audiernaise (USA), laïque, et l’Armen organisée par la paroisse. Les deux équipes fusionnèrent un jour, au sein de l’USA. Aujourd’hui, AUDIERNE n’a plus d’équipe en propre, ayant dû s’associer avec ESQUIBIEN pour créer le Foot-Club Goyen. Signe des temps, ou signe avant-coureur d’une indispensable fusion ou regroupement , à l’image des ensembles paroissiaux. Mais , voilà !! Qui voudra céder un morceau de son pré carré au voisin ? Qui voudra renoncer à sa prestigieuse citadelle dans laquelle le pouvoir ne se partage pas ? Il appartiendra sans doute à l’électeur local de l’imposer car il n’est pas certain que les représentants élus soient disposés à partager leurs privilèges. C’est l’avenir qui le dira !!

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Et pour terminer :



Exemple d’environnement à Audierne
(photo prise par l’auteur le 17/3/2006 à 600 mètres de l’église Saint Raymond dont le périmètre protégé n’est que de 500 mètres
Il s’agit d’une installation fixe du type camping sauvage)

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152- BEUZEC- CAP- SIZUN




Située le plus au nord du Cap-Sizun, limitée à l’est par POULLAN , à l’ouest par GOULIEN, et au sud par PONT-CROIX, BEUZEC est la plus grande commune du Cap en termes de surface. (3543 hectares) . Elle est bordée au nord par la mer, en baie de DOUARNENEZ. Falaises et pointes superbes : Lesven, Luguénez, Kastel Koz , Le Millier, desquelles on a une vue exceptionnelle sur la baie de DOUARNENEZ (déjà citée), mais surtout sur la presqu’île de CROZON : Cap de la chèvre. Par beau temps, les ‘’Tas de Pois’’ et la pointe Saint Mathieu au nord-ouest sont parfaitement visibles à l’œil nu. Une paire de jumelles est tout de même nécessaire pour apercevoir les îles de MOLÈNE et même OUESSANT par temps clair et bonne visibilité.
Commune agricole, BEUZEC est un charmant bourg, propre, bien aménagé et entretenu, qui se fait connaître au delà de ses frontières par un groupe dynamique : le groupe des bruyères, et le bagad du même nom . La commune toute entière se mobilise début août, pour offrir aux touristes et aux ‘’indigènes’’, une fête superbe, sans doute la plus belle fête du Cap, la fête des bruyères et sa noce bretonne en chars à bancs, dans le cadre grandiose de Kastel-Koz.
En plus de ses paysages, BEUZEC offre aux visiteurs, une église paroissiale du XV ème siècle, située au bourg et de toute beauté. Deux chapelles : Sanspé et Lescogan. Le moulin de Keriolet et l’allée couverte de Kerbalanec méritent le détour. La côte sauvage offre aussi des criques faciles d’accès : Porspiron, Pors Lanvers, Pors Lesven, et des criques plus difficiles à atteindre , mais exceptionnelles, entre les pointes de Luguenez et Kastel Koz, réservées aux sportifs bons nageurs et grimpeurs. Je les ai fréquentées régulièrement lorsque j’étais plus jeune.
Pas de commerce (une épicerie de village), une conserverie artisanale et familiale, pas de services publics (une agence postale), une école libre (pas d’école publique), BEUZEC tire son épingle du jeu grâce à son agriculture (64 exploitations, chiffre de 1996, contre 80 antérieurement), un dynamisme qui fait plaisir, et une capacité à mobiliser quand il s’agit de répondre à une demande justifiée par une situation d’intérêt général. Ce n’est pas le cas partout. Notons toutefois que BEUZEC n’a pas souhaité s’unir à PONT-CROIX en 1973 (cf : Bugale ar Gannaek- p age 98). Depuis, les temps ont changé !!
On peut rappeler encore, l’histoire de la grotte ‘’Kougon Ar C’houlmik’’, la grotte de la colombe, dans laquelle l’abbé Le Bis trouva refuge, ravitaillé par la population, au temps des prêtres réfractaires. J’en ai déjà parlé. 

Malheureusement, et malgré un dynamisme certain dans le domaine de l a construction pour attirer les jeunes familles, BEUZEC ne se situe qu’au 7 ème rang au plan de la population. Sans doute, plus attirée par DOUARNENEZ que par AUDIERNE, BEUZEC dispose néanmoins de nombreux atouts dont les entreprises artisanales du bâtiment.

- vestiges du passé- Le moulin de Keriolet, superbement restauré.

- Ecoles- déjà vu, une seule école libre : Notre Dame de la Clarté.

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une plage de la côte nord à Beuzec



153- CLEDEN- CAP- SIZUN






Limitée au nord par la mer en Baie de DOUARNENEZ, à l’ouest par la mer à la Baie des Trépassés, CLEDEN a encore une limite naturelle (ruisseau) au sud, avec la commune de PLOGOFF. La limite Est avec GOULIEN est beaucoup plus floue, comme toutes les limites administratives.
Trois petits ports : Brezellec, Heign Has et le Vorlen permettent à quelques amateurs de pratiquer une pêche de loisir à la belle saison. Ils n’ont pas d’intérêt économique, sauf peut-être le Vorlen qui, en raison de la proximité de la Pointe du Raz, sert parfois de base avancée à quelques ligneurs professionnels. Ces petits ports n’en sont pas moins charmants et utiles aux riverains.
Eglises-Chapelles : Cleden possède un potentiel remarquable en édifices religieux : une église paroissiale du XVI ème siècle située au bourg et 4 chapelles plus belles l’une que l’autre : Saint They, Saint Tugdual, Saint Tremeur et Notre Dame de Langroas. Saint They bénéficie d’une situation exceptionnelle, surplombant la mer du haut du promontoire de la Pointe du Van, que certains n’hésitent pas à trouver plus belle que la Pointe du Raz. (D’autant que à la Pointe du Van, tout est gratuit, alors que à la Pointe du Raz, le stationnement est payant). Ces chapelles ouvertes au public en été, sont administrées par des associations de bénévoles qui se dévouent en donnant leur temps, leur travail et parfois même, leur argent. On peut saluer leur engagement au service du patrimoine, car les restaurations sont remarquables. Ces chapelles constituent un des joyaux du Cap-Sizun ; elles revivent leur époque de gloire, chaque année, lors de la célébration du Pardon. Ceci durera tant qu’il y aura des prêtres. Après ?? Je n’ai pas la réponse !!






Mais, ce joyau n’est pas unique !!


Qui connaît une plage plus belle que celle de la Baie des Trépassés ??

L’image ci-dessus n’appelle pas de commentaires à mon sens !!

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Classée 4 ème en surface (1907 hectares), 6 ème en population (1036), la commune de CLEDEN a une vocation essentiellement agricole (18 exploitations) et maritime (loisir). Un hôtel-restaurant ( ex hôtel de la Ville d’Ys créé par la famille Barbéoch), fonctionne en saison, surtout au profit des touristes. Un restaurant fonctionne aussi, à temps partiel. Le bourg, dans lequel on trouve un cabinet médical et une pharmacie, dispose de peu de commerces.
La commune de CLEDEN compte sur son territoire de nombreuses et superbes pointes, d’où le point de vue est remarquable : Penharn, ( déjà cité à propos des naufrages), Brezellec, Castelmeur et bien-sûr la rivale de la Pointe du Raz, la Pointe du Van.
Je citerai aussi les petites criques sableuses de Louédec et Pors Théolen qui font tous les ans le bonheur des vacanciers amateurs de belle nature

Vestiges du passé : Un remarquable four à pain, en voie de restauration au village de Keriolet, près de la Pointe du Van.

Ecole- Une école primaire publique et une privée

Maison de retraite : elle fait partie du groupe des maisons de retraite du Cap, et à ce titre, accueille les anciens de CLEDEN et des commune voisines. Cette situation n’est pas sans effet sur les chiffres de la démographie.

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154- CONFORT-MEILARS





à gauche, le calvaire de Confort - à droite l'église de Meilars



Cette commune se compose de 2 villages réunis autour d’un seul conseil municipal : CONFORT et MEILARS. Le siège de la commune se trouve à CONFORT.
Classée 6 ème en surface (1468 hectares), 10 ème en population, elle fait preuve, comme sa voisine MAHALON, d’un dynamisme certain, puisque sa population a augmenté de 2,18 % entre 2 recensements. C’est peut-être le résultat d’une politique d’urbanisation dynamique et attractive, à laquelle s’ajoute la proximité de DOUARNENEZ.
Puisqu’il y a 2 bourgs, il y a comme on le voit ci-dessus 2 églises :
- celle de CONFORT (XVI ème siècle) très connue pour sa roue à carillons (12 clochettes que l’on peut faire tourner), vers laquelle on conduit les enfants en difficulté de parole. Devant l’église, un superbe calvaire dont la base triangulaire est du XVI ème siècle, présente 13 statues d’apôtres.
- celle de MEILARS, dédiée à Saint Melar.
De vocation essentiellement agricole : 33 exploitations en 1996 (contre 44 antérieurement), la commune compte néanmoins quelques commerces au bourg de CONFORT. Curieusement, 2 entreprises de commerce de meubles s’y maintiennent malgré la concurrence dans ce créneau. Quelques autres commerces, variés : hôtels, restaurants, contribuent au dynamisme local.
La commune est limitée à l’ouest par PONT-CROIX, au nord par POULLAN sur Mer, au sud MAHALON, à l’est POULDERGAT. Elle n’a pas de frontière maritime. Une école publique fonctionne au bourg de CONFORT. Pas de médecin ni de pharmacie.
La commune affiche son dynamisme en organisant tous les ans la fête des 4 clochers.
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155- ESQUIBIEN

à gauche, la superbe plage de Saint Tugen- à gauche un paysage moins beau

Curieuse commune qui a refusé de fusionner avec AUDIERNE en 1973. Limitée au nord par BEUZEC et GOULIEN, à l’ouest par PRIMELIN, à l’est par AUDIERNE, ESQUIBIEN possède une façade maritime sur sa face sud. 5 ème en superficie, 4 ème en population, cette commune a encore une vocation agricole : 22 exploitations en 1996 contre 32 précédemment.
Il faut rappeler qu’autrefois, AUDIERNE était une trève d’ESQUIBIEN, avant de devenir paroisse à part entière. Les temps changent.
Sur sa façade maritime, ESQUIBIEN dispose d’un avant-port ou rade-abri à Sainte Evette. Le plan d’eau se situe au nord d’un môle artificiel ; il abrite environ 200 bouées à usage des plaisanciers pendant la belle saison. Quelques professionnels y trouvent également refuge ponctuellement. Quant aux navires à passagers, ils partent plus souvent de Sainte Evette que d’AUDIERNE.
Le plan d’eau à usage des plaisanciers fonctionne en concession, c’est à dire que la commune loue les lieux à une association qui en assure la gestion, ce qui n’est pas le cas à AUDIERNE, où il s’agit d’une régie municipale. Concrètement, disons qu’à AUDIERNE déficits et bénéfices sont de la compétence municipale, contrairement à ESQUIBIEN où l’association assume toutes les responsabilité et gère toutes les situations, bonnes et mauvaises. Cette deuxième formule paraît moins hasardeuse que la première. Pour autant, il semblerait que les aménagements immobiliers réalisés à Sainte Evette n’aient pas été bien étudiés. En effet, la structure commerciale n’est qu’un vulgaire bloc de béton agressif, dans un cadre unique. Elle manque aussi de performances au plan économique puisque les locaux ont changé plusieurs fois d’attribution. Elle aurait sans doute gagné à être un peu plus en retrait, mais…. !!! C’est peut-être comme parfois dans la vie militaire : « le chef décide et a toujours raison, puisqu’il est le chef et que, par définition, le chef ne peut avoir tort !! ».
Le bateau de sauvetage ‘’Amiral Aman’’ dispose d’un abri dans cette rade, d’où il peut appareiller à tous les niveaux de marées.
Quant aux plages, celle de Saint Tugen-Treiz-Goarem appartient en totalité à ESQUIBIEN qui ne dispose par ailleurs que d’une demi-plage dite d’AUDIERNE.
Pas de commerces au bourg ; seulement un petit hôtel-restaurant, un bureau de poste , une école publique (l’école primaire libre a fermé ses portes en 2002). La belle église de Saint Onneau n’a plus de prêtre résidant depuis plusieurs années, et la paroisse compte 2 chapelles : 1 en bord de mer : Sainte Edwett, l’autre dans les terres : Sainte Brigitte.
Le maire en exercice effectue un 4 ème mandat. Il aura donc , en fin de parcours, régné au minimum un quart de siècle sur sa commune. L’histoire dira s’il a sorti sa commune du marasme ambiant, démographique en particulier.
Quoi qu’il en soit, cette commune ne semble pas la plus appropriée pour recevoir des nouvelles infrastructures intercommunales du type piscine, salle omnisport par exemple, puisqu’elle a toujours tout refusé : fusion avec Audierne , contournement d’Audierne, et même le projet de piscine en 1976. Malgré une réserve foncière à Kerguerrien, elle ne semble pas disposer d’une zone favorable à la création d’une base de loisirs.

Vestiges du passé- Des calvaires, des fontaines, des lavoirs et des fours à goëmon.

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156- GOULIEN



Les limites de GOULIEN sont : au nord, la mer en baie de DOUARNENEZ, ; à l’ouest CLEDEN, à l’est BEUZEC et au sud ESQUIBIEN.
7 ème en surface (1276 hectares), 11 ème donc dernière en population (436 habitants) cette commune se fait remarquer par un dynamisme particulier, peut-être dû à la jeunesse de son équipe municipale, le maire actuel ayant été, en son temps, le plus jeune maire de France. Christian Pelras, l’ethnologue, a consacré presque 500 pages à décrire cette commune. Il n’y a donc pas grand chose à ajouter, sauf peut-être souligner une fois encore les caractéristiques et atouts de cette commune.
Sa vocation agricole est incontestable : 29 exploitations en 1996 contre 32 antérieurement . pour autant, elle dispose d’atouts touristiques avec sa réserve d’oiseaux, sa côte sauvage (crique de Pors Kanapé ; j’ignore si le nom a un rapport avec kannab : le chanvre), la pointe de Bremeur qui a su séduire la danseuse étoile de l’opéra de PARIS : Noëlla Pontois, propriétaire d’une maison restaurée, la crique de Pors Loedec, et tant d’autres sites exceptionnels. Mais, c’est le pays de mes racines. Pour ne pas être taxé d’esprit partisan ou partial, je ne l’encenserai donc pas davantage.
Une église paroissiale au bourg, une très belle chapelle à Saint Laurent de Lannourec, des croix, des menhirs, des fontaines, des lavoirs, et tant d’autres choses. C’est aussi le pays du cantique ‘’Da Feiz Hon Tadou Koz ‘’.
Quant au tourisme, à la réserve d’oiseaux déjà citée, il faut ajouter un terrain de camping municipal, des éoliennes qui, selon la direction des vents se tournent vers PLOGOFF avec un grand sourire, et un projet de maison du vent en voie d’achèvement.
Christian Pelras a par ailleurs fait état d’une anecdote (page 61). Je cite :
« Lors des élections municipales de 1953, le nouveau maire : Jean Moan n’avait que 27 ans…….Jean Moan est certainement le meilleur maire que GOULIEN ait jamais eu ».
Cette rédaction date des années 1960. Je ne conteste pas ce point de vue ; je dirai même que je l’approuve. Mais je pense aussi que la nouvelle équipe en charge de GOULIEN méritera peut-être un jour ce même commentaire. Il faut des jeunes aux responsabilités, et non des fossiles comme on en voit trop. J’aurai l’occasion de reparler de GOULIEN à propos de la communauté de communes, car si , toujours selon Pelras (page 316), le rôle de l’ethnologue est d’observer sans juger, l’indigène n’est pas soumis à cette réserve puisqu’il s’agit de sa terre, de sa province, de ses racines. Il faut donc ajouter, une fois de plus, que le grand méchant loup ne doit pas devenir l’ogre dévastateur. Rappelons, à cette occasion, la sortie des fourches à GOULIEN , lors des inventaires en 1906. Ce qui veut dire clairement que la communauté de communes peut parfaitement être présidée par le maire d’une petite commune aussi bien que par celui d’une grande ;
Dernière remarque : L’ouvrage de Christian Pelras ‘’Goulien, commune bretonne du Cap-Sizun’’, réédité en 2001, est une bible pour tous ceux qui s’intéressent à l’histoire locale.



Deux superbes paysages de la côte nord de GOULIEN : 
en haut : Pors Kanapé, en bas : Pors Loédec

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A Suivre Ma Bro Ar C'Hap Hirio suite 1

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16 juin 2006 5 16 /06 /juin /2006 22:08

Ma Bro Ar C'Hap Hirio Suite 1

157- MAHALON


L'église paroissiale Saint Magloire est située au centre du village


MAHALON est limitée au nord par la commune de CONFORT-MEILARS, à l’est POULDERGAT, au sud PLOZEVET et PLOUHINEC, et à l’ouest PONT-CROIX. Cette commune est exclusivement terrienne puisqu’elle ne dispose pas de façade maritime. Classée 3ème en surface, (2138 hectares) et seulement 8ème en population, elle est incontournable en Cap-Sizun et ce , pour plusieurs raisons :
- elle comptait 44 exploitations agricoles en 1996 contre 57 antérieurement, ce qui en fait la 2ème commune à vocation agricole dans le canton de PONT-CROIX, derrière BEUZEC.
- dans le contexte de morosité démographique, elle tire son épingle du jeu, en ayant enregistré une hausse de population de 4 % de 1990 à 1999, et connu une hausse de 10 % entre 1982 et 1990. Plusieurs explications sont à retenir sans aucun doute, la principale étant une politique d’urbanisation bien pensée et réalisée, qui permet d’accueillir dans de bonnes conditions de nouveaux résidents attirés par la proximité de DOUARNENEZ et de la mer.
- le maire de MAHALON est actuellement le président de la communauté de communes du Cap-Sizun.
Une église paroissiale (Saint Magloire) et une chapelle (Saint Pierre) sont les principaux édifices religieux à MAHALON, où l’on trouve aussi une école : Saint Pierre.
Il n’y a pas de services publics. Plusieurs artisans sont installés dans la commune, où ils trouvent l’espace suffisant pour leurs ateliers .

Divers : La commune a servi de cadre à l’un de ses enfants, Daniel Derouin, pour écrire un livre intitulé : La Victoire de MAHALON, publié en 1985. Livre amusant et pittoresque qui raconte une histoire d’équipe de foot-ball et de recteur.

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158- PLOGOFF

L'église paroissiale au centre du bourg

J’ai consacré un chapitre particulier à PLOGOFF pour expliquer la lutte de cette petite commune située à l’ouest de la presqu’île du Cap, pour s’opposer à l’implantation d’une centrale nucléaire sur son territoire. On peut aussi présenter PLOGOFF de manière plus classique pour dire qu’elle est bordée :
- au nord par la limite administrative qui la sépare de sa voisine CLEDEN, en l’occurrence un ruisseau qui partage en deux la plage de la Baie des Trépassés.
- à l’ouest et au sud par la mer
- à l’est par la commune de PRIMELIN.
PLOGOFF ne compte plus que 5 exploitations agricoles (chiffre de 1996) contre 9 antérieurement. Sa vocation est donc plutôt maritime, grâce à ses petits ports de Pors Loubous, Feuteun Aod, et Bestrée, utilisés majoritairement par des plaisanciers et quelques rares professionnels, et surtout touristique car , la Pointe du Raz, carte postale des Bretons en exil, classée grand site national, , connue du monde entier fait partie de son territoire, ainsi que la demi-plage de la Baie des Trépassés .
Autrefois, la Baie des Trépassés possédait 2 hôtels :
- l’hôtel de la Baie des Trépassés, créé par Clet et Marie Normant avant la guerre 39/45. (On peut lire à ce sujet le livre écrit par René Robin, un enseignant affecté à PLOGOFF en 1946 : Deux étrangers en Cap-Sizun).
- L’hôtel de la Ville d’Ys créé par Alain et Marie-Jeanne Barbéoch, mes oncle et tante, après la première guerre mondiale.
Aujourd’hui , les deux hôtels appartiennent au même propriétaire, et sont toujours situés sur la même plage, à 300 mètres l’un de l’autre. Mais, l’un est sur CLEDEN, l’autre sur PLOGOFF. Simplification administrative !! Et aussi folklore autrefois car, lorsque ‘’l’hôtel d’en bas’’ avait l’eau et l’électricité, ‘’celui d’en haut’’ n’en avait pas .
Mais, il est temps de parler de la Pointe du Raz.

La Pointe du Raz



L’atout principal de PLOGOFF est bien entendu la Pointe du Raz, fanion des Bretons. Réhabilitée dans les années 1990, la Pointe du Raz est généralement présentée comme étant la ‘’locomotive du Cap-Sizun’’. Je laisse à l’inventeur la responsabilité de sa formule, mais je pense qu’une locomotive est faite pour tirer des trains en circulant sur des rails pour desservir des gares dont elle fait la prospérité. Les gares, donc les communes en l’occurrence, sont ce qu’elles sont, comme nous le voyons au fur et à mesure de cette étude. Quant aux rails, donc les routes, on peut sans doute dire que quelques mises aux normes seraient les bienvenues. Vœu pieux très certainement !!
Le sémaphore de la Pointe du Raz a été construit dans un ancien phare datant de 1838. Il est opérationnel depuis 1887. C’est le domaine de la marine nationale. Entre les 2 guerres, la Pointe comme on dit, comptait plusieurs commerces établis dans des immeubles en ‘’dur’’, dont l’hôtel du Raz de Sein, succursale de l’hôtel de France d’AUDIERNE, appartenant à la famille Le Bour-Keradennec, l’hôtel de l’Armen, créé par Jeanne et François Hamon, mes oncle et tante , par ailleurs propriétaires d’une pâtisserie à AUDIERNE, et enfin le ‘’Grand Hôtel Moderne’’ (cf : Ouest-France du 15/11/1994), succursale de l’hôtel du commerce d’AUDIERNE (ex hôtel Batifoulier), appartenant à la famille Lapous.
Le bout du monde a toujours reçu des personnages célèbres : dans un passé récent, le Président de la République : Monsieur Jacques Chirac, et un peu avant Monsieur Edouard Balladur , à l’époque Premier Ministre. Dans un passé plus lointain, Clemenceau serait également venu à la Pointe où il aurait dégusté le homard à l’armoricaine du chef François Hamon (références : archives personnelles de Paul Abgrall, héritier Hamon , domicilié à LOCTUDY).
Que de noms évocateurs à la Pointe : la statue de Notre Dame des Naufragés (inaugurée en 1904), le Moine couché, la Tête de cochon, le fauteuil de Sarah Bernard, sans oublier l’Enfer de PLOGOFF et la cheminée du diable. Rappelons la ‘’Gramb Oliar’’, chambre d’Olivier, déjà citée à propos des prêtres réfractaires et des déserteurs. Et même la roche Moullec qui figure sur les cartes marines, au sud de la Pointe !!

Personnages célèbres dont le nom est lié à la Pointe du Raz

Il m’a paru intéressant de noter quelques phrase écrites par des célébrités :

Jules Renard : (1864-1910) Journal
« Pointe du Raz. Je voulais montrer que j’ai le pied non seulement marin, mais de chèvre et je refusais de m’appuyer sur l’épaule de l’homme…Les guides parlent breton. Que disent-ils ?…Les détonations, les coups de canon de la mer dans le rocher. Un vent nous écrase nos lunettes sur les yeux ».
Jules Michelet : (1798-1874) Journal
« Asseyons-nous à cette formidable Pointe du Raz, sur ce rocher miné à cette hauteur de 300 pieds, d’où nous voyons 7 lieues de côtes. C’est ici, en quelque sorte, le sanctuaire du monde celtique. Ce que vous apercevez par delà la Baie des Trépassés est l’Île de Sein, triste banc de sable, sans arbres et presque sans abri » ;
José Maria de Hérédia : (1842-1905)- Les trophées – Armor-
« Pour me conduire au Raz, j’avais pris à Trogor
un berger chevelu comme un ancien Eubage (prophète païen)…
Et l’homme par delà le morne paysage
Etendant un long bras, me dit : Sell eus ar Mor ! (regarde la mer)
Et je vis me dressant sur la bruyère rose
L’océan qui, splendide et monstrueux arrose
Du sel vert de ses eaux les caps de granit noir »

Gustave Flaubert : (1821-1880) - Par les champs et les grèves –
Ciel bleu, cormorans. Nous allons par le côté droit. Trou satanique, bouleversements, replis, indescriptible couleur des roches sous-marines. L’homme n’est pas fait pour vivre là, pour supporter la nature à haute dose. Ce n’est pas un rocher, mais une agglomération de rochers ; la terre a passé entre, herbe courte et glissante. La roche devient de plus en plus sèche ; la crête aigüe s’abaisse vers la Pointe.
Henri Queffelec : (déjà cité)
Nous sommes dans un lieu où souffle l’esprit, où les mots d’abdication et de reniement n’ont plus cours………La difficulté que nous éprouvons à délimiter en termes précis une région dont chacun parle et qui existe, inspirant aux hommes qui s’en réclament une fierté originale
-Un Capiste, c’est un gars qui n’a peur de rien !-
symbolise et rejoint des ignorances autrement plus profondes.

Et puis encore : Anatole Le Bras , qui a écrit ‘’Le gardien du feu’’ dont l’action se déroule au phare de la Vieille ou de Tévennec, Georges Perros et Tristan Corbière. Mais écoutons une Pontécrucienne.
Jeanne Nabert :
Il s’agissait cette fois d’une cueillette de pousse-pieds. Je suppose que vous ignorez ce que sont les pousse-pieds. Il n’y a guère que les sauvages habitants de nos côtes à connaître ces bêtes étranges, moitié plantes moitié coquillages, collées en buissons serrés comme des coraux sur les parois des grottes les plus inaccessibles , et que l’on peut récolter seulement pendant quelques minutes des plus basses marées de l’année, quand le flot se retire à demi des anfractuosités reculées, d’habitude submergées par les vagues toujours furieuses en ces parages….
Les feux de goëmon déjà allumés le long des falaises pour la cuisson des pains de soude, enveloppaient le Cap de fumées blanches, odorantes comme un narcotique flottant…..Ce fut un soupir d’aise quand, du haut de la dernière colline on aperçut enfin la longue grève des Trépassés, la mer scintillante frangée de vagues écumantes, entre la Pointe du Raz et la Pointe du Van aux monstrueuses falaises découpées là-haut, dans le ciel ».

Et l’on pourrait continuer en citant d’autres auteurs, tous inspirés par cette nature grandiose et la magie des lieux.
Quant à savoir s’il fallait ou non réhabiliter la Pointe du Raz , je ne me prononcerai pas, car je sais que les avis sont partagés et chacun est libre de son opinion . Je dirai seulement que des investissements ont été consentis à deux reprises : après la guerre de 39/45 et en 1990. Donc deux dépenses, totalement différentes , à quelques années d’intervalle, pour démolir en dernier ce qui avait été réalisé en premier. Je n’ai jamais entendu évoquer la moindre responsabilité au sujet de la première cité commerciale, située près du sémaphore. Ce sont les indemnités dites de ‘’dommages de guerre’’ qui ont servi à la première reconstruction. Réalisations bien pensées ou mal élaborées ? Je n’en sais rien. Très certainement gâchis en tous cas, puisqu’il a fallu démolir et réinvestir.
L’hôtel de l’Iroise, situé sur la face nord, n’existe plus. Il a défrayé la chronique , en son temps, l’affaire ayant même pris une tournure médiatique. Une page tournée !! Place à la locomotive dont j’ai déjà parlé !!
°°°°°°
Je n’ai pratiquement pas parlé des phares, des Gorlès : Gorleik, Gorlegreiz, Gorlepell, du Toul Bihan ou de TrousYar. Il y aurait encore tant à dire. Je laisse donc la parole à François Arnollet, et son opuscule (édition de 1925) :
« Au fin bout de la presqu’île bretonne, le cap Finisterre par excellence, l’éperon de la frégate de granit qui fend éternellement les vagues de l’Atlantique, le bec d’aigle hérissé par où la terre mord la mer……
C’est la beauté géométrique telle que l’ont connue les primitifs de l’architecture : la nature et les constructeurs des Pyramides ;
C’est aussi la terreur ! Car cela vogue au sein d’une mer redoutable, sertie et ceinturée d’écueils, toujours menaçante, même lorsqu’elle sourit au soleil dans les moirures du courant. Cette zone d’excoriations blanchâtres qui rongent la carapace de la géante jusqu’aux 2/3 de sa hauteur, marque la trace du soufflet de la lame quand, par les tempêtes de l’ouest, l’océan déchaîné monte à l’assaut de la paroi et disloque les dernières crêtes qui craquent et gémissent comme des mâts sous l’ouragan, cependant que, là-bas, des profondeurs de l’Enfer, montent des pleurs et des voix…Dans des profondeurs de 120 pieds, flotte le VOCERO ( chant funèbre corse appelant à la vengeance) lamentable des légendes, attendant les soirs d’automne pour en remonter avec l’embrun et la nuit »

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Mais , on ne peut parler de la Pointe du Raz sans parler de ces audacieux marins qui gagnent leur vie en pratiquant la pêche au bar de ligne dans ces parages. Immortalisés par l’émission de télévision THALASSA qui les a baptisés ‘’Les Seigneurs de la Mer’’, ce sont peut-être eux qui, seuls à bord de leurs petits bateaux rapides et puissants, illustrent le mieux le propos ci-dessus de Henri Queffelec « un Capiste est un gars qui n’a peur de rien ». Je me suis déjà exprimé sur le côté excessif de cette phrase . La mer perçoit régulièrement son tribut dans toutes les catégories de pêcheurs et les professionnels, malgré leur professionnalisme, ne sont pas toujours épargnés. Mais, ils continuent ! Chapeau Messieurs les ‘’Seigneurs de la Mer’’ que l’on admire, sans prendre de risque, du haut de la mythique Pointe du Raz. Mais, au fait, n’est-ce pas par là qu’il était question de construire une centrale nucléaire ? Près d’un grand site national ?
En 1997, Madame Dominique Voynet (ancien ministre de l’environnement), en visite à la Pointe du Raz, a tenu le propos suivant :
« La grandeur ébouriffante de la Pointe du Raz n’a rien dû arranger ».
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Mais, pourquoi ne pas avoir envisagé une centrale nucléaire au Mont Saint-Michel par exemple ??


Pour en terminer sur ce sujet, je vais me référer à un journal non local, de diffusion nationale, le quotidien ‘’Le Monde’’ du 30/1/2002. Je cite :
« Du Mont Saint-Michel au Pont du Gard, sans oublier le Cirque de Gavarnie ou la Pointe du Raz, les grande sites, trésors du patrimoine mondial, paient une dure rançon à leur succès. Leur fréquentation touristique entraîne des dégradations ».
Le grincheux va encore dire que j’accorde trop de place à la Pointe du Raz. Soit !!
Le temps est donc venu de dire ‘’Au Revoir’’ à ce paysage exceptionnel. J’ai déjà cité la statue de Notre Dame des Naufragés sans trop en parler, mais c’était uniquement pour ne pas oublier tout ce qu’elle représente pour tous ceux qui l’implorent. Le pardon de la Pointe du Raz célébré tous les ans, permet de voir la procession des bannières et des ex-voto dans ce cadre grandiose et surtout d’entendre le cantique de Notre Dame des Naufragés. On a parfois tendance à dire que les cantiques sont galvaudés, interprétés dans un contexte non religieux et détournés de l’expression de la foi. Je ne partage pas ce point de vue puisque, dans tous les cas, ils sortent du fond des poitrines et sont toujours interprétés en mémoire de ceux qui les ont chantés avant nous. De plus, chanter , n’est-ce pas aussi une façon de prier ? Que ceux qui ont la foi chantent avec foi , et que ceux qui ne l’ont pas chantent avec cœur !!
Itroun-Varia-Beg-Ar-Raz
War zouar PLOGOFF, E Beg ar Raz     Sur la terre de PlOGOFF, à la Pointe du Raz
A bep tu var well d’ar mor braz     On voit la mer de chaque côté
D’ar Verc’hez-Vari ’zo saved     A la vierge on a élevé
Eun imach Mabr kaër meurbed     Une statue de marbre bien habillée
Diskan     Refrain
Itroun Varia Beg ar Raz     Notre Dame de la Pointe du Raz
Dirazoc’h e ma ar mor braz     Devant vous il y a la grande mer
Var hon listri, var hor bagou     Sur nos navires, sur nos bateaux
Savit ho torn leun a c’hrazou     Levez vos mains pleines de grâces



Imprimatur
QUIMPER , le 30 mai 1904
E.M. FLEITER
Vicaire Général


La statue a été inaugurée en 1904, date de l’Imprimatur du cantique

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159- PLOUHINEC



Complémentaire d’AUDIERNE, à moins que ce ne soit l’inverse, PLOUHINEC est la première commune du canton en terme de population (4300 habitants) et la 2 ème en surface (2805 hectares). Personne ne peut donc contester l’importance de cette commune, et par voie de conséquence son poids dans tous les domaines puisqu’elle représente approximativement 1/4 de la population du canton et 1/6 de la surface totale..
Limitée au sud par la mer, au nord par PONT-CROIX, à l’est par PLOZEVET, PLOUHINEC retrouve AUDIERNE dans sa limite ouest, limite purement administrative donc imprécise puisqu’elle coupe le port en deux . La façade maritime exposée au sud, mais aussi aux vents, constitue sans aucun doute un atout considérable pour cette commune qui bénéficie par ailleurs de terrains constructibles avec vue sur mer. PLOUHINEC constructible, ESQUIBIEN inconstructible, voilà un joli sujet de débat !
PLOUHINEC a de ce fait, plusieurs vocations : 
- Une vocation agricole puisqu’elle compte encore 38 exploitations agricoles (chiffre de 1996), contre 58 précédemment ce qui la classe au 3ème rang derrière BEUZEC et MAHALON. 
-  Une vocation maritime puisqu’elle dispose pratiquement, en dehors des quais et de la coopérative, de outes les installations portuaires du port dit d’AUDIERNE, à savoir : cale de débarquement, criée, glace, carburant, magasins de marée etc.. 
-  Une vocation touristique grâce à son littoral et ses plages : St Julien, Kersiny, Mesperleuc, Gwentrez, ses petits ports : Kersiny, Pors Poulhan, demi-port d’Audierne, et sa vaste campagne dont une partie de l’étang de Poulguidou. 
-  Une vocation économique : zone artisanale près du bourg, une zone commerciale à Ty- Frap où se trouvent 3 grandes surfaces : supermarché, vêtements, bricolage et centre auto. Un projet de magasin à chaussures devrait se réaliser sans tarder ( 2 magasins à chaussures actuellement). 
Les terrains disponibles permettent d’ailleurs d’envisager des possibilités de développement de cette zone qui constitue sans aucun doute un pôle économique du Cap-Sizun.

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On ne peut passer sous silence les fouilles entreprises à Menez Dregan, qui font de PLOUHINEC une commune très riche en patrimoine puisqu’il s’agit d’un site préhistorique
( on peut lire à ce sujet un ouvrage publié par Ouest Cornouaille Promotion : ‘’Sur la trace des premiers hommes’’). Deux églises : Saint Vinoc ( XVI ème siècle) au bourg, Saint Julien à Poulgoazec desservent les deux paroisses de la commune sur laquelle on trouve aussi plusieurs chapelles : Saint They, à proximité de Gwendrez et Saint Tugdual à Lambabu. (Remarque : 2 chapelles portant des noms identiques existent aussi à CLEDEN-CAP-SIZUN). La chapelle Saint Jean de Locquéran, dans le quartier du même nom, propriété privée, n’existe plus que sous forme de ruines ; elle date pourtant de l’époque des Hospitaliers de Saint Jean de Jerusalem ( Datée du XIIIème siècle, elle aurait été construite près d’un oratoire du XIème siècle. Vendue à la révolution). Je reviendrai sur les chapelles dans un chapître particulier, mais déjà je signale qu’une autre chapelle a complètement disparu à PLOUHINEC : Saint Mahal.
Notons encore que Plouhinec compte 2 collèges publics : le CES de Locquéran et le LEP Jean Moulin, ainsi que 2 écoles primaires (publique et privée) .

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PLOUHINEC est donc incontournable en Cap-Sizun. Pour autant, doit-elle avoir un comportement dominant, voire hégémonique ?? Rien n’est moins sûr, et je pense que l’on peut le démontrer assez facilement. Si l’on admet que le handicap majeur du Cap-Sizun, donc en fait le problème majeur , est l’enclavement, le remède s’appelle désenclavement. Or, on ne peut raisonnablement envisager un désenclavement du Cap par PLOUHINEC, autour de la D784, puisque cette route est bordée de part et d’autre par des maisons sur une distance de 5 à 6 kilomètres minimum. Le désenclavement passe donc par la D765, et PONT-CROIX, ce qui condamne PLOUHINEC à rester excentrée par rapport au reste du Cap, et ce qu’on le veuille ou non !! Il ne faut pas non plus négliger le point de passage obligé que constitue le pont d’AUDIERNE, situation non améliorable car il ne faut pas rêver à des investissements exceptionnels. C’est ainsi, et j’attends la preuve du contraire. Je reviendrai sur ce point en étudiant les perspectives d’avenir.
Les infrastructures communautaires (inter-communautaires) doivent donc être logiquement réalisées à PONT-CROIX, car un jour, demain peut-être ou dans 100 ans,( ou peut-être jamais !!), il faudra bien traiter le problème et trouver un remède à la situation d’enclavement. Ce serait donc une erreur d’affecter les investissements à venir, à telle ou telle commune pour des raisons qui relèveraient de l’opportunisme, plus que du réalisme , du bon sens et de la logique. Je rappelle le chapitre précédent où j’ai parlé de la Pointe du Raz et des dépenses effectuées deux fois, dans un court laps de temps, car il y a sans doute eu erreur la première fois. Je n’ai aucun intérêt à défendre ce point de vue qui est l’aboutissement de l’analyse d’une situation donnée, analyse qui doit précéder toute décision et initiative de préférence bonne ou en tous cas la moins mauvaise possible. Les arguments fallacieux sont à écarter. Toute bonne décision trouve sa justification dans la logique, sauf à privilégier d’autres intérêts ou accords de circonstance. Je démontrerai dans un autre paragraphe , que PLOUHINEC, pas plus qu’ESQUIBIEN, ne remplissent les meilleures conditions de situation pour recevoir des équipements qui concernent autant GOULIEN ou PLOGOFF que MAHALON ou CONFORT. La position centrale de PONT-CROIX est déterminante pour ce qui concerne les décisions locales. Je ne parlerai pas des décisions prises à d’autres niveaux, car, d’une part je n’ai sans doute pas tous les éléments d’appréciation, et d’autre part j’ai déjà dit que mes commentaires concernaient la vie exclusivement locale. Si le facteur population était déterminant et sans appel dans tous les domaines, PLOUHINEC devrait être chef-lieu de canton, et la brigade de gendarmerie locale devrait s’y trouver, ainsi que d’autres services (perception, poste etc..). Ce n’est pas le cas, et ce , une fois de plus, qu’on le veuille ou non. Sans compter que la population de PLOUHINEC comprend, entre autres, 1100 personnes âgées de plus de 70 ans (Télégramme du 23/12/2002), ce qui ne manquera pas d’avoir, à terme, une conséquence sur la démographie. Elémentaire, mon cher Watson !!
Nous avons vu, au début du chapître , que PLOUHINEC a une vocation maritime et une vocation agricole. La population agricole est généralement propriétaire du sol, alors que la population maritime possède des maisons mais peu de terre. Les intérêts des deux catégories de personnes sont donc divergents et pourquoi pas antagonistes, compte tenu des rivalités ancestrales entre les terriens et les marins. Pourtant PLOUHINEC constitue un tout autour de son équipe de foot-ball, l’ASP, qui a réussi à créer l’osmose chez les supporters, donc dans la population. Aristide Kérourédan, plouhinécois, aujourd’hui exilé (depuis 1964), a écrit un livre sur ce sujet : « 50 ans de foot-ball à PLOUHINEC et sa région ». De nombreuses photos, dates et anecdotes, illustrent ce livre pour le plus grand plaisir du lecteur qui apprendra que le club est né en 1934, sous l’impulsion entre autres, de quelques instituteurs, dont Albert Trividic, aujourd’hui disparu mais bien connu des audiernais sous son nom familier ‘’Labous-Koad’’, oiseau des bois. Les gens de ma génération se souviennent des célèbres tournois de Pâques qui opposaient PLOGOFF (le CAP), PLOZEVET (la Ploz), PLOUHINEC (l’ASP), et AUDIERNE (l’USA), au stade de Locquéran. L’ASP existe toujours. L’USA a disparu, remplacée comme je l’ai déjà dit par le FC Goyen (Audierne et Esquibien). Epoque révolue sans aucun doute, mais PLOUHINEC se retrouve toujours autour de son équipe de foot-ball, marins et terriens réunis autour du ballon rond et du fanion des ‘’Canaris’’.
Le livre d’Aristide est, très certainement, un document précieux pour la mémoire puisqu’il transmet aux générations futures tout ce qui concerne une époque, et particulièrement les débuts de la pratique sportive dans notre région. A ces générations futures de savoir lire le message !!
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Il va falloir quitter PLOUHINEC. Avant de prendre congé, je dois dire encore qu’une maison de retraite se trouve sur la commune. Tout comme à CLEDEN, cette situation n’est pas sans influence sur la démographie.

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160- PONT-CROIX




Bénéficiant du label de ‘’petite cité de caractère’’, PONT-CROIX est le chef-lieu du canton. A ce titre, il possède encore, à l’heure où j’écris ces lignes, une brigade de gendarmerie (fermée depuis), une perception et un collège privé . Comme partout, la ‘’Justice de Paix’’a disparu, et PONT-CROIX n’a plus la dimension économique d’antan, à l’époque des foires.
Limitée au nord par BEUZEC, à l’est par MAHALON, à l’ouest ESQUIBIEN et au sud PLOUHINEC, PONT-CROIX se classe au 3 ème rang en terme de population (1655 habitants), derrière PLOUHINEC et AUDIERNE, et au 10 ème rang en terme de surface (808 hectares, à comparer avec Audierne : 294 hectares). Il ne reste que 9 exploitations agricoles (chiffre de 1996), contre 12 antérieurement. (classement au 8 ème rang agricole). Il faut bien en tenir compte.
Vocation commerciale aussi : une grande surface, un laboratoire d’analyses médicales (le seul du canton), un cardiologue ainsi que de nombreux petits commerces et entreprises artisanales.
Vocation touristique, en raison d’un patrimoine exceptionnel : église collégiale, ancien petit séminaire, musée du Marquisat, moulin-mer, rues pavées, immeubles de caractère. Dommage que les anciennes halles aient disparu. ; elles dataient du XVII ème siècle, et ont été démolies en 1949.
Pont-Croix est aussi le point de rencontre des eaux douces et salées, dans l’estuaire de la rivière Goyen, estuaire qui appartient à 4 communes : AUDIERNE, ESQUIBIEN, PLOUHINEC, PONT-CROIX. Rien de plus simple donc , si l’on veut !!
Mais PONT-CROIX est surtout une ville chargée d’histoire, et il paraît intéressant d’en dire quelques mots. Je ne reviendrai pas sur le séminaire auquel j’ai consacré un chapitre en raison du rôle essentiel qu’il a eu dans le Cap d’hier, rôle à connaître pour comprendre le Cap d’aujourd’hui. Je ne ferai pas non plus de concurrence déloyale au chantre pontécrucien de la cité : Roger Gargadennec, qui a passionnément parlé de sa ville en termes plus qu’élogieux, point de vue que je partage.
L’ensablement du Goyen est responsable de la disparition du port de PONT-CROIX qui était florissant, exportant notamment en direction de BORDEAUX, BAYONNE ou l’Espagne, et important le vin qui faisait la fortune des négociants. La richesse des monuments de PONT-CROIX témoigne de son passé et de son histoire.

Histoire-Personnages

Sans remonter à la Gaule, on peut dire que PONT-CROIX a connu la splendeur au moyen-âge et à la Renaissance. Les foires aux moutons, aux chevaux, aux bovins, sont connues dès le XIV ème siècle. La bourgeoisie des professions libérales, avocats, procureurs, voisine avec les négociants. La seigneurie devient marquisat en 1719, et chef-lieu d’un district englobant DOUARNENEZ à la révolution. J’ai déjà évoqué quelques personnages célèbres, par exemple :
Armand-Louis Tréhot de Clermont (1762-1823). Avocat à la cour, membre du directoire du Finistère, rédacteur du cahier de doléances de PONT-CROIX et signataire du serment du jeu de paume. Sa stèle figure au cimetière. Quant à
Louis Tréhot de Clermont , le père du précédent, il est arrivé à PONT-CROIX en 1762, comme intendant des biens du marquisat. Il est devenu le premier maire de PONT-CROIX et le propriétaire du couvent des Ursulines après la révolution. Les héritiers ont vendu ce couvent au diocèse pour en faire le petit séminaire comme je l’ai déjà écrit.

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Que reste t’-il des foires ? La foire ‘’An Teut’’, le 3 ème jeudi de décembre . Je crois que mon père s’était présenté à une de ces foires, en 1939 ou 1940, pour être embauché dans une ferme de GOULIEN comme ouvrier agricole. C’était pendant la guerre, et le patron de la ferme, mobilisé en 1939, était prisonnier en Allemagne.
J’ai déjà parlé de Guy Eder de la Fontenelle et de Jeanne Nabert. Je n’y reviens pas . Parlons plutôt des monuments.

Les monuments

La collégiale Notre Dame de Roscudon : J’en ai déjà touché un mot dans le chapitre consacré aux religions . Classée monument historique depuis 1850, elle a été fondée par Sinquin, le premier seigneur de PONT-CROIX en 1250. C’était alors une nef de 8 travées d’apparence romane. Le Chœur date de 1290, le transept gothique de 1450 et l’abside du XVIème siècle. Le clocher de 67 mètres a été bâti sur les plans destinés à la cathédrale de QUIMPER. (architecte Le Bigot). L’accès se fait par un superbe porche sur la face sud donnant sur une place pavée. Les rosaces sculptées sont superbes. Tout autour de l’édifice, on trouve des bâtiments authentiques et des rues moyenâgeuses qui permettent de dire que PONT-CROIX est un petit LOCRONAN. PONT-CROIX, petite cité de caractère est incontestablement un label bien mérité.
A l’intérieur, on trouve une cène sculptée datant de 1595, une urne baptismale à baldaquin du XVII ème siècle, l’autel du XVI ème , les retables, la chaire du XVII ème … et encore une verrière de 1540, à droite du chœur.
Il ne me paraît pas nécessaire de parler davantage de ce monument historique, joyau du Cap-Sizun qui, à lui seul, pourrait faire l’objet d’un ouvrage et mérite sans conteste une visite.

Le marquisat - Ce bâtiment magnifique a probablement été construit autour des années 1550, pour servir de demeure à la famille des Rosmadec, qui en est restée propriétaire jusqu’à environ 1700. En cette année Sébastien IV meurt sans enfants et lègue ses biens à sa tante Anne Marie de Rosmadec, veuve de René Le Sénéchal, comte de Carcado, qui obtient l’élévation de PONT-CROIX au titre de marquisat (1719). Ensuite : 
-  1789 : Madame de Forcalquier prend possession de la maison noble 
-  1814 : décès de Madame de Forcalquier. La maison passe aux mains de la famille de Canisy (Normandie). 
-  1837 : La famille de Canisy vend la maison au docteur Gabriel Gigaud, maire de PONT-CROIX de 1841 à 1847. 
-  1904 : Jean-Marie Le Bris en est le nouveau propriétaire. 
-  1980 : Mademoiselle Anna Moullec, propriétaire depuis 1961, en fait don à la commune. 
-  1997 : ouverture du musée du patrimoine.
Egalement connue sous le nom de ‘’maison prébendale’’, le marquisat qui fut jusqu’en 1831 la maison noble de PONT-CROIX, abrite donc aujourd’hui un musée du patrimoine dans lequel on trouve de nombreux objets authentiques, pour que la mémoire soit transmise à la postérité. L’histoire, le hasard, ou plus simplement une envie de participer, m’ont amené à faire don de quelques objets, souvenirs de famille, à ce musée.C’est ainsi que la coiffe de deuil portée par ma mère à l’occasion du décès de mon père en 1941, coiffe noire dite ‘’jibilinenn’’ est exposée dans une vitrine. La photo du mariage de mes parents, ainsi que des coiffes et des vêtement divers y sont également présentés aux visiteurs amateurs d’authenticité.
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Mais PONT-CROIX a beaucoup d’autres atouts, dûs en particulier à sa position centrale. J’ai déjà expliqué que le désenclavement passerait par ou à proximité de PONT-CROIX s’il se réalise un jour, avec des retombées économiques incontestables. (personnellement, je suis sceptique pour ce qui concerne la réalisation éventuelle du désenclavement à court et même à moyen terme, compte tenu des retards accumulés, de l’absence de projet et des investissements que cela représenterait, dans une région sans vie économique performante ou presque). La démographie de PONT-CROIX est à prendre avec circonspection, compte tenu de la présence de structures d’hébergement de personnes âgées : foyer logement, maison de retraite, qui influent de manière défavorable sur la courbe des décès. Mais, c’est une erreur de sous-estimer PONT-CROIX et même de le laisser pour compte. Un jour peut-être, l’avenir me donnera raison.

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161- PRIMELIN



Pour terminer le tour du Cap, il me reste à parler d’une des plus petites communes et néanmoins très attachante : PRIMELIN.
Classée au 9 ème rang en terme de surface (867 hectares) et également au 9ème rang en terme de population (787 habitants), la commune de PRIMELIN est limitée au nord par GOULIEN, à l’ouest par PLOGOFF, à l’est par ESQUIBIEN, et au sud par la mer. PRIMELIN est donc une commune à triple vocation : 
-  agricole : 8 exploitations ( chiffre de 1996) contre 11 antérieurement
- maritime : par sa façade littorale longue d’environ 3 Kilomètres1/2. Le port du Loch, très actif pour la pêche-plaisance en été , héberge de nombreux petits bateaux. Le petit port-refuge de Pors-Tarz n’est plus guère utilisé, sauf par quelques riverains. 
-  Touristique : la plage du Loch, ( ou plutôt la demi plage puisque un ruisseau la partage entre les communes de PRIMELIN et celle de PLOGOFF), qui se découvre largement à marée basse, est réputée pour être non dangereuse. On peut citer encore les superbes sentiers de randonnées dont une partie est côtière, un ancien vivier, et surtout le patrimoine religieux.
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La très dynamique association de protection du patrimoine religieux est animée par un groupe de bénévoles au sein duquel on trouve quelques Primelinois bien connus : Eugène Donnart, Jean Normant et le Médecin Général Roger Moullec. PRIMELIN possède une église paroissiale : Saint Primel, remarquable par sa nef romane, et peut-être encore plus par sa bonne acoustique ( appréciation personnelle d’un rédacteur sourd). 2 petites chapelles : Saint Théodore et Saint Chrysanthe (cette dernière très originale par sa taille et sa fontaine centrale) méritent le détour. Une 3ème chapelle, Saint Tugen mérite plus que le détour. Il faut la visiter et si possible demander une visite guidée par un bénévole, car comme tous les bénévoles, ils sont passionnés et aiment à faire partager leur passion. Saint Tugen est le joyau du Cap en la matière.
De nombreux auteurs : Daniel Bernard, l’abbé Velly, Hyacinthe Le Carguet, le chanoine Pérennès, et même le trop discret Médecin Général Roger Moullec, ont écrit sur Saint Tugen. Donc, tout ou presque a déjà été dit. Je reviendrai néanmoins sur Saint Tugen dans un chapitre consacré aux chapelles pour reparler des chiens enragés, du souterrain de Lézurec, et du naufrage du 17 juin 1725 (52 noyés à AUDIERNE au retour du pardon). C’est Monsieur Le Carguet, percepteur à AUDIERNE, déjà cité à plusieurs reprises (inventaires, écrivain local) qui a demandé, en 1907, le classement de l’église de Saint Tugen comme monument historique. Ce classement est effectif depuis 1908.
‘’Oh, Sant Tugen’’ !! Telles furent les dernières paroles de mon père, victime d’un accident du travail, écrasé par un wagonnet chargé de pierres sur le chantier de construction de la digue de Sainte Evette, commune d’ESQUIBIEN, le 15 juillet 1941. Qui s’en souvient ? Mémoire défaillante des hommes, soit !! Mémoire défaillante de ceux dont le devoir est de transmettre l’histoire !! Navrant !!
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Grâce à des complaisances, j’ai pu disposer d’une documentation abondante sur PRIMELIN. J’ai disposé, entre autres, de pratiquement toutes les archives municipales, et je ne résiste pas au plaisir de citer, pour l’anecdote, une délibération de 1902 :
« Refus de classement du chemin du bourg à Pors Tarz . Monsieur Le Gall n’a qu’à payer ».
Pors Tarz est en fait un vivier, aujourd’hui abandonné ou presque, appartenant à l’époque à un mareyeur d’AUDIERNE nominativement désigné pour ouvrir sa bourse. D’après Ambroise Menou (page 11), ce vivier aurait été construit par Monsieur Dumanoir, commerçant à AUDIERNE, au XIXème siècle. Or, le premier maire d’AUDIERNE se nommait Dumanoir, négociant ; il repose dans le cimetière de sa ville près de Guezno comme je l’ai déjà écrit. Il s’agit peut-être d’un descendant de Dumanoir car le premier maire d’AUDIERNE fut élu en 1790, à l’âge de 80 ans. Je n’ai pas approfondi ce point particulier , et Ambroise Menou n’est plus là.
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PRIMELIN (comme GOULIEN ou CLEDEN) est l’exemple type d’une petite commune du Cap-Sizun, qui ne doit pas être mangée par le grand méchant loup. Elle a peu de moyens : un seul magasin de type supérette au Loch, peu de commerces, une école publique (maternelle), pas de services publics, donc peu d’atouts. Située entre AUDIERNE et la Pointe du Raz, (plus exactement entre ESQUIBIEN et PLOGOFF), elle ne bénéficie d’aucune retombée économique de ‘’Beg ar Raz’’. Victime aussi de l’enclavement ( éloignement de QUIMPER et même DOUARNENEZ comme les élus le reconnaissent ), elle ne peut guère s’attendre à un ‘’boom’’immobilier comme MAHALON. Victime de la désertification, victime de la démographie, cette commune mérite une attention très particulière et même une assistance de ses voisins qui subissent moins qu’elle une conjoncture défavorable.

L'ancien vivier à crustacés de Porz Tarz (on remarque les murs de protection contre la mer et contre les voleurs

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162- La communauté de communes


Constituée en 1993, la communauté de communes a progressivement remplacé les différentes sections du SIVOM (syndicat intercommunal à vocations multiples) créé en 1984.
Elle a vocation à créer et gérer les équipements communautaires ainsi qu’à traiter les problèmes relevant de l’action sociale, économique, environnementale et même culturelle. Concrètement, elle gère sur le terrain deux maisons de retraite (CLEDEN, PLOUHINEC) employant 72 personnes, les centres de lutte contre l’incendie, le ramassage et le traitement des ordures ménagères, un abattoir, un service technique de travaux etc…Premier employeur du Cap-Sizun, elle gère un budget de 8,6 millions d’euros (56,41 millions de nouveaux francs soit 5,6 milliards d’anciens francs), et emploie dans ses services une cinquantaine de personnes. Le conseil communautaire se compose de 37 élus locaux, désignés par les conseils municipaux, et non par le suffrage universel. Rien ne dit pour l’instant que cela devrait changer.
Le premier président de cette communauté a été le jeune maire de GOULIEN, Henri Goardon, élu en 1993, réélu à l’issue des élections municipales de 1995, démissionnaire à l’issue des élections cantonales de 1998. Après avoir exercé pendant 5 ans la fonction de président de la communauté du Cap-Sizun, ce jeune maire , homme de consensus puisque réélu en 1995, estimait, et pourquoi pas à juste titre, qu’il était qualifié pour représenter le Cap au conseil général. C’était mal connaître la politique politicienne et l’esprit de clocher, puisque ces élections virent l’émergence d’un grand nombre de candidats, 9 exactement. Il ne manquait qu’un gardien de but et un avant-centre pour constituer une équipe de foot-ball. La conclusion était évidente : non retenu par les états-majors politiques, non désigné par les électeurs, Henri Goardon, qui avait mis en route la structure, démissionnait de son mandat, laissant ainsi une place vacante, ouverte à tous les appétits.
L’élection du nouveau président se déroula à la salle polyvalente de CONFORT-MEILARS, dans une athmosphère houleuse et navrante : Coups tordus, chausse-trapes, peaux de bananes, savonnettes, un vrai vaudeville à mourir de rire, sauf qu’il s’agissait du Cap. Au résultat, le premier adjoint de la municipalité d’AUDIERNE, était élu nouveau président, malgré l’opposition acharnée de ses plus proches amis qui voyaient déjà en lui un rival potentiel. Election folklorique sans aucun doute, mais légitime. Ainsi, pendant 3 ans, un nouveau président va se charger de l’expédition des affaires courantes, car les dossiers importants préparés par le prédécesseur et en voie d’aboutir, (piscine par exemple) ne sont plus d’actualité. Trois années de retard pour les dossiers du Cap qui n’en avait pas besoin. Trois années, à l’issue desquelles le poste était remis en jeu, à l’occasion des élections municipales de 2001. Contraint de se présenter contre son propre maire auprès duquel il était premier adjoint, le président de la communauté se voyait dans l’obligation de constituer sa propre liste qui ne réussit à placer aucun candidat. Problème !! Le président sortant de la communauté de communes, ex premier adjoint dans sa ville, n’obtenant pas même un strapontin de conseiller municipal, était démissionné d’office. Il ne lui restait plus qu’à aller s’inscrire à l’ANPE des anciens élus, jusqu’à la prochaine élection. Quel joli sketche pour un théâtre de boulevard !! Incontestablement très amusant, oui, très amusant, sauf qu’il s’agit du Cap !!
C’est donc un jeune maire, Bernard Le Gall, premier magistrat de MAHALON, qui est actuellement président de la communauté de communes du Cap-Sizun, depuis 2001. A ma connaissance, on peut déjà lui attribuer 3 projets : 
- Le dispositif cyber-communes en voie d’aboutir (réalisé actuellement)
- Le projet de piscine
-Le projet de salle omnisports.
Souhaitons que ces projets se concrétisent pour sortir le Cap de sa léthargie. Encore faudrait-il que les points d’affectation soient judicieusement choisis comme je l’ai déjà dit. Les refus d’hier se traduisent aujourd’hui par des retards, des lacunes, des carences dans ce Cap-Sizun qui a besoin d’un plan de sauvetage et non d’un cautère sur jambe de bois. La presse locale a bien voulu, en d’autres temps publier mon point de vue à l’occasion d’un événement. J’avais , à l’époque, demandé l’élaboration d’un plan raisonnable pour enrayer le déclin. Depuis, je n’ai rien vu venir. C’est donc l’avenir qui jugera !!

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Une image parmi tant d’autres !!

A suivre Ma Bro Hirio suite 2

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14 juin 2006 3 14 /06 /juin /2006 11:25

Ma Bro Ar C'hap Hirio suite 2

2- Population

21- Considérations démographiques –

211- Les chiffres –

Deux éléments essentiels : le pétrole et la démographie conditionnent aujourd’hui la vie mondiale et planétaire, dans un contexte de géopolitique. Le Cap-Sizun n’est concerné par le pétrole qu’en tant que consommateur. Par contre, il défraie la chronique pour ce qui concerne la démographie. C’est pourquoi, il me paraît intéressant de citer quelques chiffres, uniquement au plan de la réflexion, voire de la prise de conscience.
Selon la revue ‘’Esprit’’ (évaluation de 1993, donc déjà périmée), à échéance 2025, les populations mondiales seront :

Pays concerné        Evaluation en million d’habitants
Chine                        1513 millions
Inde                         1441 millions
Indonésie, Pakistan, Bengladesh Chacun                 250 millions                                        
Nigéria                       280 millions
Brésil                          246 millions
Iran , Tanzanie, Kenya, Thaïlande Aucun pays > à 80 millions
Europe Aucun pays > à 80 millions

Selon une autre source plus récente, la population mondiale devrait atteindre 8,5 milliards de personnes en 2030, soit :

Continent concerné             Hausse en 35 ans
Afrique                    116 % - de 720 millions à 1,6 milliard
Asie                          47 % - de 3,4 milliards à 5,1 milliards
Amérique latine          51 % - 475 millions à 715 millions
Europe                        1 % - de 731 millions à 742 millions

En 1962, l’Algérie comptait 9 millions de citoyens non européens. Ils sont aujourd’hui 30 millions, soit une multiplication par 3,33 .
Selon une source ‘’internet’’, la population mondiale sera de environ 10 milliards de personnes, dont 3 millions de centenaires, à l’échéance 2050. Le quotidien ‘’Le Monde’’ du 1/3/2002, prévoit un vieillissement général de la population, et considère que, en 2050, 1 personne sur 5 aura plus de 60 ans, chiffre supérieur à celui des moins de 14 ans.
J’arrête là ces chiffres qui relèvent de la géopolitique mondiale. Cependant, il n’était peut-être pas inutile d’en parler, avant de revenir à notre sujet : le Cap.
En fait, par rapport à ce qui précède, le Cap c’est peu de chose, vraiment très peu de chose :

177 kilomètres carrés – 16732 habitants, répartis sur 11 communes

La population française est de 58.520.688 habitants et celle du Finistère de 852.418 en 1999.
Là où le bât blesse, c’est que entre les deux recensements de 1990 et 1999, le Cap a perdu 11,33 % de sa population, ce qui constitue le record absolu en Bretagne.
Par comparaison, le canton de Plogastel-Saint-Germain a perdu 1 % de sa population dans la même période.
La perte n’est pas identique dans toutes les communes :

Commune      Perte      Commune  Perte
Audierne -     12,9 %     Plogoff - 18,12 %
Beuzec -       13,62 %    Plouhinec -9,97 %
Cléden -       13,01 %    Pont-Croix -6,41 %
Esquibien -   15,67 %      Primelin -16,22 ù
Goulien -16,15 %

Les communes de Mahalon et Confort-Meilars affichent un solde positif :
+ 4,86 pour Mahalon et + 2,18 pour Confort-Meilars.

Les amateurs de chiffres pourront s’amuser à faire des calculs de densité d’habitants au kilomètre carré.
Mais, pourquoi ne pas comparer le chiffre global de la population capiste : 16.732, à celui de quelques villes voisines :

Ville     Population     Ville      Population
Brest     149.744      Carhaix      8.198
Quimper 63.093    Pont-L’Abbé   7.374
Morlaix   16.701     Chateaulin    4.965
Douarnenez 15.819  Plonéour-Lanvern 4.619

Il ressort de ce tableau que la population capiste correspond approximativement à :
- 1/5 de celle de QUIMPER,
- le double de celle de CARHAIX, un peu plus du double de PONT-L’ABBE, et 3,5 fois CHATEAULIN.
et qu’elle est proche de celle de MORLAIX ou DOUARNENEZ mais répartie sur 11 communes et non une,
Antérieurement, entre 1975 et 1989, soit en 14 ans, le Cap avait perdu en moyenne 15 % de ses habitants. La situation s’est donc aggravée entre 1989 et 1999. Si l’on ajoute que environ 1/3 de la population actuelle est âgée de plus de 70 ans (ce qui est mon cas), nous tombons dans une perspective et une prospective peu réjouissantes. Prenons le cas de PLOUHINEC : à la fin de l’année 2002, on comptait 1.100 personnes de plus de 70 ans dont 606 de plus de 75 ans sur la commune.
Le 6/10/2000, le ‘’Télégramme de Brest’’ écrivait :
« Audierne, la commune perd 1 millier d’habitants en 24 ans »
Au cours de l’année 2002, le Cap a enregistré 318 décès pour 106 naissances, soit 3 fois plus de décès que de naissances. Rapportés à l’espérance de vie : hommes 76 ans, femmes 82 ans (exactement 75,6 et 82,8 selon TF1 le 29/1/2003), ces chiffres permettent d’imaginer les résultats du prochain recensement, disons en 2010. Considérons que si la perte est voisine de la précédente, nous obtiendrons :
16464 habitants – 11 % ( 1811) = 14653
Et cela se poursuivra, pour aboutir en 2050 à :
14653 – (11 % x 4) = 6447 habitants.
On peut continuer ce raisonnement pour aboutir à l’extinction de la race capiste. Il ne faut pas oublier que d’ores et déjà, 1/3 des maisons familiales ont changé de main pour devenir des résidences secondaires achetées par des Européens : Anglais, Belges, Allemands etc… Un autre 1/3 se prépare à le faire. Je crois avoir déjà dit que en 1980, il n’y avait aucune agence immobilière dans le Cap. Aujourd’hui, il y a un marché, qui a vu la création de 4 agences à AUDIERNE (5 à une certaine époque), une à Plouhinec et 3 à PONT-CROIX, qui font concurrence aux études de notaires déjà existantes. Pour plagier une émission très médiatique en son temps, on peut poser la question :
N’y a-t’il pas quelque chose à faire ??

°°°°°°

212- Les responsables et les responsabilités

La seule responsabilité exercée par le ‘’capiste-citoyen-électeur’’ est celle qui consiste à déposer un bulletin de vote dans l’urne, le jour des élections, pour désigner ses représentants. Il vaut mieux ne pas se tromper à cette occasion qui ne se renouvelle pas tous les jours. Au résultat, si l’élu est celui qu’il a choisi, l’électeur peut se réjouir. Dans le cas contraire, il fait partie de l’opposition. Une fois élus, les représentants désignés deviennent responsables, tant de la gestion d’une situation donnée que des remèdes à proposer et prescrire pour soigner le malade. De ce fait, on peut les assimiler aux médecins qui diagnostiquent et prescrivent les médicaments, parfois avec une certaine marge d’erreur sans que pour autant le corps médical puisse être rendu responsable de tous les maux en cas de mauvais résultats. Mais chacun sait qu’il y a d’excellents médecins et d’autre plus médiocres.
L’électeur de base, redevenu simple particulier après son vote, ne peut que constater, sans apporter ni solution ni réponse. La réponse appartient aux responsables du moment qui gèrent en tant qu’élus la situation, qu’elle soit bonne ou mauvaise. C’est pourquoi, il m’a semblé intéressant d’aller écouter les élus. Dans un chapitre ultérieur, je ferai une analyse de situation plus précise.
J’entends dire, je lis aussi parfois, des déclarations d’élus locaux :
« Le Cap est victime de son enclavement, de sa mauvaise politique foncière et urbanistique etc.. ».
Soit !! Il convient donc de définir qui fait quoi, pour savoir qui a le pouvoir de prescrire les médicaments pour soigner une maladie connue puisque diagnostiquée ; le mal est mis à jour, il faut maintenant rédiger l’ordonnance à faire exécuter par le pharmacien. Je commencerai donc par le (ou la ) député. Les élections législatives ont eu lieu en 2002. Je cite textuellement un article du ‘’Télégramme de Brest, publié dans l’édition du 12/6/2002 :

« Le désenclavement du Cap-Sizun
Cette approche consensuelle des candidates ( Madame Tanguy , Madame Lazard), s’est également vérifiée sur la nécessité, en matière d’aménagement du territoire de ‘’désenclaver le Cap-Sizun’’. Pour H. Tanguy : ‘’le député doit être un initiateur, un facilitateur, un porteur de dossiers’’. J. Lazard pense qu’il ne peut être un’’ super-maire’’ mais doit accompagner l’action des élus locaux ».

Je précise aussi que, le 27/5/2002, Madame Lazard avait proposé, sans le détailler, un désenclavement urgent du Cap-Sizun. (Comme j’écris ces lignes le 10/7/2003, cela fait plus d’un an) .
En clair, ce n’est pas le rôle du député de constituer le dossier de ce projet. Son rôle est d’aider pour faire aboutir. Dont acte !! La balle semble donc dans le camp des élus locaux puisque le député siège à PARIS comme législateur. J’attends la preuve du contraire .
Un exemple : Le contournement d’AUDIERNE
Le plus gros projet pour le Cap-Sizun fut, excepté PLOGOFF, l’absence de projet en la matière, autrement dit ‘’de ne pas en avoir’’. C’est peut-être ici qu’il faudrait parler du rôle du conseiller général. Certes, il fut bien question d’un contournement d’AUDIERNE au plus près de l’agglomération, par le nord.
Alors, lisons ‘’Bugale ar Gannaek’’, le livre d’ESQUIBIEN , page 102 :

« le 9 avril 1981, le conseil rejette ( par 11 voix contre, 1 voix pour et un blanc) le projet de déviation de la ville d’AUDIERNE qui partirait de Suguensou pour aboutir à Toulemonde… Cette déviation d’une longueur de 3 Kilomètres traverse entièrement le nord de la commune, de Suguensou à Toulemonde, détruisant plusieurs hectares de terres cultivables et cultivées… Il y a une possibilité de desserte à 500 mètre plus au nord , par la départementale passant aux Quatre Vents ».

Donc, refus d’ESQUIBIEN ! C’est la démocratie, mais pas obligatoirement la meilleure solution pour l’intérêt général.
Dans son édition du 27/1/1992, le ‘’Télégramme de BREST écrit :

« Les commerçants d’AUDIERNE ont dénoncé le projet de déviation d’AUDIERNE qui risque de nuire au commerce local déjà en difficulté ».

Ce raisonnement prône donc le maintien d’AUDIERNE en l’état, c’est à dire en point de passage obligé, au lieu de considérer et traiter le problème pour faire de la ville un lieu de séjour, dans lequel les automobilistes stationneraient pour devenir des consommateurs. Les véhicules ne s’arrêtent pas, car ils ne peuvent s’arrêter faute de places de stationnement. D’autant que des places de stationnement, à proximité du centre ville, près de la poste, ont été attribuées à une entreprise pour le stockage de bateaux, prix à payer en contre partie de l’installation d’un aquarium comme je l’ai déjà dit. L’avenir dira s’il s’agit du bon choix, mais j’en doute et je le dis, ce qui est mon droit puisque je ne suis pas comme l’ethnologue, tenu de me limiter à un constat. Donc les occupants des véhicules de passage vont consommer ailleurs. Nous sommes en 2003. L’article de presse ci-dessus date de 1992. La situation du commerce local me paraît suffisamment éloquente aujourd’hui pour confirmer la mauvaise évaluation et même l’erreur de jugement de ce raisonnement partisan et conservateur. Quoi qu’il en soit, la politique d’obstruction menée pour défendre des intérêts particuliers, a pu s’appuyer , à terme, sur la loi littorale, classant définitivement aux oubliettes le projet Suguensou .
Dès lors, il ne restait plus que la solution ‘’Quatre Vents’’, mais il a fallu la politique énergique du conseil général, (au sein duquel le conseiller général n’était sans doute pas demandeur puisqu’il fait partie de l’opposition), pour imposer un aménagement de principe, à partir de 1997. L’initiative est venue des instances départementales, pour combattre l’immobilisme et même la suspicion du pouvoir local. Je cite, une fois de plus, ‘’Le Télégramme de Brest’’, qui écrit dans son édition du 16/3/2002 :

« Contournement d’AUDIERNE : Yvette Duval rassure les élus »

Etaient-ils donc inquiets ?

Antérieurement, des associations à slogan du type :

« Il y avait un jardin qu’on appelait la terre » ou « je représente la terre »

ont tenté de médiatiser leur opposition au projet qui, pour donner satisfaction à ESQUIBIEN aboutit à la Croix Rouge et non à Toulemonde, ce qui aurait été plus réaliste. Sûrement encore des intérêts particuliers à prendre en considération.
Je précise aussi que la position du maire de GOULIEN (Henri Goardon), exprimée par voie de presse le 24/10/2001, me paraît le point de vue du bon sens et de la raison. Cette opinion n’engage que moi-même, mais j’ajoute que Monsieur Goardon est, comme il le dit lui-même quotidiennement utilisateur du contournement réalisé, entre Quatre vents et Kervenennec. Il note aussi que le projet réalisé n’a qu’un lointain rapport avec la déviation d’AUDIERNE. Ceci me permet de poser une question : A qui la faute ? Quant à sa suggestion de poursuivre le désenclavement sur le CD 43, entre ‘’La Carrière’’ et ‘’le Moulin’’, c’est encore, à mon sens, la solution logique puisqu’elle vise à désenclaver par PONT-CROIX et non par PLOUHINEC comme je crois l’avoir démontré précédemment. Tout le reste relève du simple constat ou du vœu pieux. Mais, je vais encore me retourner vers la presse locale : 
- Télégramme de Brest : édition du 1/12/2001- rubrique PRIMELIN
« L’urbanisation possible est un atout de la commune, mais le manque d’infrastructure routière pousse les jeunes à s’établir ailleurs. Le circuit touristique autocariste est également contrarié par le manque de voies praticables, hormis la D784 ».
- Même journal, édition du 10/2/1996- rubrique PLOUHINEC
« Aucune mesure d’envergure n’est prise pour désenclaver la région, malgré l’attrait touristique du site de la pointe du Raz ».
On pourrait citer d’autres déclarations de maires , car c’est bien de cela qu’il s’agit. Mais, il vaut mieux clore ce chapitre en disant :
Aide toi, le ciel t’aidera !!

°°°°°°°
Quant à ceux qui pensent que ce qui a été réalisé ne sert à rien, je leur suggère de faire une expérience qui consiste à mesurer les distances de chaque itinéraire, en utilisant le compteur d’un véhicule. Pour ma part, j’ai trouvé les résultats suivants :
- entre le rond-point de la Croix Rouge et la pancarte située à l’entrée sud de PONT-CROIX : 7 kilomètres ,300 en passant par les Quatre Vents.
- Entre la pancarte précitée et le rond-point de la Croix Rouge : 7 Kilomètres , en passant par AUDIERNE.
C Q F D
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. On peut vérifier sur la carte Michelin qui se réfère au centre ville de PONT-CROIX : 8,5 Km dans un sens, 7 Km dans l’autre. La carte a sans doute raison. Donc, la distance à parcourir en plus par la déviation n’excède pas 1,5 Km. Comme cet itinéraire évite la traversée d’AUDIERNE, surtout en période d’encombrement, il s’avère que le contournement est plus rapide. Mais, la signalisation serait peut-être à améliorer par un pancartage du genre : ‘’itinéraire conseillé’’. J’entends déjà les cris d’orfraie poussés par ceux qui sont toujours
‘’contre tout ce qui est pour, et pour tout ce qui est contre’’.
Affaire à suivre !!

213- Les municipalités et les projets

A l’exception de PLOUHINEC qui vient de recevoir l’autorisation d’implanter un magasin de chaussures dans sa zone commerciale de Ty- Frapp, il n’existe à ma connaissance que les projets de la communauté de communes : piscine, salle omnisports et cyber-commune déjà cités.
Je reviens sur la piscine, car il s’agit d’une arlésienne. On en parlait déjà en 1976, soit, depuis 27 ans. Lisons le livre d’ESQUIBIEN : Bugale ar Gannaek , à la page 99. Je cite :
« Le conseil municipal décide de ne pas donner suite au projet d’installation d’une piscine intercommunale dans le Cap-Sizun »
Alors on peut se demander pourquoi la commune d’ESQUIBIEN souhaite recevoir aujourd’hui, chez elle, ce dont elle ne voulait pas hier quelque part dans le Cap. J’ai déjà dit que ma préférence allait à PONT-CROIX, et j’attends la démonstration de mon erreur d’appréciation ou de jugement. Récemment, je lisais dans un journal (Le Nouvel Observateur du 22/12/2002), le propos suivant tenu par Monsieur Patrick Braouzec, député communiste, soit, et alors :
« Aujourd’hui, tout le monde est dans sa petite boutique en train de compter la caisse, à achalander son magasin, mais sans penser à construire une grande surface ».
Ce propos est également vrai pour le Cap-Sizun. Dès qu’il y a un projet communautaire, chacun le veut chez lui, pour lui, ce qui relève plus de considérations d’orgueil du clocher, comme à l’époque des paroisses, que du réalisme. C’est un peu comme si le fait d’installer une structure chez l’un se traduisait par la déchéance de l’autre. Absurdité s’il en est, et surtout, place et libre-cours aux marchandages, au détriment de l’intérêt général, toujours lui, qui en fait, compte peu !! Pourtant, la situation économique est un fait, et il n’y a pas, à mon sens, de différence entre un demandeur d’emploi de CLEDEN ou PLOGOFF, et un demandeur d’emploi de PLOUHINEC ou CONFORT. Les deux sont des victimes de la crise et du sous-équipement de notre Cap qui n’a rien à proposer dans le domaine de l’emploi. C’est donc pour eux, les demandeurs d’emplois, que l’on doit imaginer les projets communautaires, et les faire aboutir. Ce n’est pas pour faire plaisir à tel ou tel maire, dans la perspective d’un quelconque accord électoral, et encore moins faire plaisir à un lobby ou groupe de pression d’aucune sorte. Certains projets communaux, du type aquarium d’AUDIERNE sont suffisamment riches en enseignements pour en tirer la leçon. Il faudra bien, un jour, établir les responsabilités en analysant le montage financier initial de ce projet estimé à 20 millions (de francs), tel qu’il a été présenté dans la presse :
Fonds propres : 7,5 millions de frs, emprunts : 7,5 millions, subventions : 5 millions de frs, soit 25%.
Le contribuable est concerné par les subventions qui proviennent de l’argent public. La région a fourni 2.200.000 frs. Plus prudent, le département n’a accordé que 300.000 frs, pour la création d’emplois, alors qu’il était sollicité pour la somme de 1,5 millions. Je répète que ces chiffres sont ceux de la presse, les autres étant sans doute plus confidentiels. Quant aux investissements de la commune d’AUDIERNE … !!! Quoi qu’il en soit, on peut se demander à quoi a servi l’argent public, non compris l’argent du département destiné à la création d’emplois bien entendu. Personnellement, je n’aimerais pas être responsable devant l’histoire des mauvaises réalisations, et encore moins comptable ou gestionnaire du déclin. Je n’ai peut-être pas d’ambition, cette ambition individuelle dont le Général de Gaulle a dit qu’elle est une passion enfantine. Il devait penser à la vanité, ou au proverbe alsacien, cité dans le dictionnaire Robert : « on trouve plus facilement 10 maires qu’un seul gardien d’oies ».
L’avenir dira sans aucun doute que les projets d’infrastructures sont intercommunaux : aux communes les cimetières, les becs de gaz, les caniveaux, le balayage, les monuments aux morts, les anciens combattants et les cérémonies commémoratives et aussi bien-sûr, l’état civil. Les projets économiques réclamant compétence, montages financiers complexes et services particuliers, voire spécialisés, doivent relever d’une autre instance : la communauté de communes.



22- Considérations sociales

Si la lutte antinucléaire à PLOGOFF est encore dans tous les esprits, il ne semble pas que les luttes sociales aient laissé de grands souvenirs dans le Cap-Sizun. Ceci peut s’expliquer par le fait que le Cap a été et est toujours plutôt ‘’Blanc’’, en raison d’une part de son caractère rural, d’autre part de la présence d’un très fort encadrement clérical jusqu’à récemment. Rappelons-nous : les prêtres réfractaires, les inventaires en 1906, ou le curé d’avant-hier l’abbé Chapalain, tous ces sujets ayant été déjà traités dans les chapitres précédents. Les ‘’Rouges’’ sont plutôt dans les ports, et dans le Cap, le port s’appelle AUDIERNE, qui sera géré par une municipalité communiste après la 2ème guerre mondiale ( Maire : Monsieur Postic). Il faut sans doute y voir aussi, une suite de l’action menée en résistance par les FTP (Francs Tireurs Patriotes), alors que DOUARNENEZ fut précurseur en la matière en devenant la première ville communiste de France en 1921, soit 3 ans après la fin de la première guerre mondiale. Certes, les marins d’AUDIERNE sont plutôt ‘’Rouges’’, mais s’il s’agit bien d’un port, il s’agit aussi d’une petite ville de bourgeoisie commerçante aisée, alliée à l’église, donc sous la tutelle du recteur. Rappelons encore cette phrase de Georges Bernanos :
« De mon temps on formait des hommes d’église, oui des hommes d’église, prenez le mot comme vous voudrez, des chefs de paroisses, des maîtres quoi, des hommes de gouvernement ; ça vous tenait un pays ces gens-là, rien qu’en haussant le menton ».
Rien d’étonnant donc si les Capistes ont globalement marché au pas derrière leur recteur (chaque paroisse avait le sien), entièrement soumis au pouvoir clérical, à quelques exceptions près.
J’ai déjà dit aussi qu’AUDIERNE avait compté jusqu’à 19 usines de conserves (cf : Ambroise Menou), chiffre corrigé et ramené à 18 au tableau d’affichage du musée maritime. Peu importent les chiffres d’ailleurs puisqu’il en restait seulement 8 en 1945.Le pouvoir des usiniers et des mareyeurs, alliés au clergé a déjà été expliqué. Socialement les Capistes sont donc soumis et même résignés puisque : au ciel, les premiers seront les derniers, ce qui signifie que les pauvres seront au premier rang .
Le clergé, l’employeur, la couturière, le coiffeur, les commerçants, tout fonctionne ‘’en réseau’’. Sortir du réseau, c’est se condamner à être marginalisé, privé de travail, bref, devenir un exclus. On peut dire que le clergé, disposant du pouvoir spirituel de par sa fonction, disposait aussi parfois directement, souvent indirectement du pouvoir temporel par le cléricalisme.
Un de mes cousins, déjà cité précédemment, m’a adressé à ce sujet un témoignage écrit concernant une anecdote réelle et vécue par sa Grand-Mère, ma tante, propriétaire d’un hôtel-restaurant à la Pointe du Raz. Je le cite :
« Après 15 ans de fermeture, le restaurant ouvre en 1954. Il faut refaire une clientèle. Les habitudes des touristes ont changé. Malgré l’avis défavorable du vicaire (futur évêque), Jeanne embauche Madame X…, cuisinière à l’école publique, et conseillère municipale communiste d’AUDIERNE. Elle n’aura qu’à se louer de son choix, Madame X… est aux dires de Jeanne, une femme ‘’travaillante’’… Le soir dans une chambre on fait la prière en commun, dans l’autre on lit l’humanité ».
Je laisse au lecteur le soin de juger cette anecdote, pour laquelle la déférence m’interdit de citer des noms propres.
Les grèves si bien décrites par Anne Denez Martin à DOUARNENEZ n’ont pas laissé grande trace dans l’histoire d’AUDIERNE. AUDIERNE a suivi, participé, mais jamais mené. Pas de chef Capiste !! Les gens de ma génération ont très bien connu les usines en activité : Pierre à la Montagne (actuellement Grands Viviers), Queinnec (marque des vieux bretons du Cap), Gonidou (usine en bois-ex Le Bour), Coop à la Montagne ou Quillivic à Poulgoazec, sans oublier Schang à PONT-CROIX , et bien d’autres. J’ai eu l’occasion d’effectuer des travaux d’électricité dans plusieurs d’entre elles, en 1949-1950. La dernière usine traditionnelle a fermé ses portes quelques années après la guerre. Une usine moderne a vu le jour à PLOUHINEC, sous le nom de ‘’Pêcheurs de France’’. Elle aussi a défrayé la chronique, tant en ce qui concerne certains investissements communaux, qu’en ce qui concerne ses performances car elle faisait partie d’un groupe industriel de pêche qui a connu des difficultés. Elle a théoriquement fermé ses portes en 1991, continuant peut-être à travailler de manière sporadique.
Il semblerait que le Cap n’ait pas réussi sa reconversion après la crise de la conserve. Le matériau, la sardine en l’occurrence ayant disparu, la main-d’œuvre, surtout féminine d’ailleurs, est restée sur le carreau, contrainte de s’expatrier ou d’épouser un fonctionnaire (fayot de préférence), en raison de la sécurité de l’emploi. En fait, la sécurité de l’emploi dans certains emplois militaires, est plutôt une insécurité car ces métiers sont souvent dangereux, surtout dans l’armée de terre, profession à risque si on l’exerce pleinement. Les emplois administratifs sont certes moins exposés, et recherchés par certains ‘’pantouflards’’.

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Aujourd’hui, l’activité économique se compose en général de 3 secteurs d’activités : 
-  Le secteur primaire comprenant l’agriculture et la pêche 
-  Le secteur secondaire comprenant les industries de transformation et le bâtiment et travaux publics
- Le secteur tertiaire comprenant les transports, le commerce et les services.
L’agriculture et la pêche, ainsi que le tourisme qui fait partie du tertiaire, seront traités dans un chapitre particulier. Mais il faut préciser déjà que le Cap ne possède aucune industrie de transformation. Le secteur secondaire se limite au bâtiment et travaux publics, représenté par des entreprises familiales et artisanales employant peu de personnel. Seul le tertiaire : commerce et services mérite quelques explications. Je le développerai plus loin, mais je préfère m’arrêter un instant sur un document publié par l’institut CGT d’histoire sociale de la Bretagne :
« Esquisse d’une histoire sociale de la Bretagne- 1993 »
Ce document fait état de : 
-  La révolte du papier timbré en 1675 à RENNES et MORLAIX, suivie de la révolte des ‘’Bonnets Rouges’’ en Bigoudénie 
-  Les différentes actions revendicatives : en 1824 (cordiers), en 1833 à NANTES, en 1869-1870 à RENNES (chemins de fer), en 1893 à MORLAIX (tonneliers), et bien d’autres.
Un chapitre entier est consacré à l’organisation des gens de mer. On y relève aussi que, à la fin du XIX ème siècle, on compte 3.000 bretons à La ROCHELLE (pêcheurs et familles), et que , en 1887, une tentative d’implantation de 5 chaloupes de DOUARNENEZ a eu lieu en Algérie. Notons aussi les 150 usines à poissons sur les côtes bretonnes, dont 34 à CONCARNEAU en 1880. Ceci permet de conclure à l’existence d’un vrai prolétariat maritime, soumis aux crises périodiques, dont l’habitation se compose presque toujours d’une pièce unique de 25 à 36 mètres carrés, avec seau hygiénique et promiscuité. La situation n’est d’ailleurs guère meilleure chez les domestiques de fermes. J’en ai connu, logeant dans une masure au toit de chaume, tellement à la mode aujourd’hui, mais avec les techniques nouvelles bien-sûr !!


La crise sardinière commence en 1903. La fête des filets bleus à CONCARNEAU date de 1905 . En 1909, DOUARNENEZ fait grève en raison de l’introduction des machines à souder. Nouvelles grèves à DOUARNENEZ en 1924-1925 (cf : Les Ouvrières de la mer de Anne Denez Martin), à LESCONIL en 1926 etc…
AUDIERNE n’est guère cité dans cette histoire vue par la CGT. Une fois cependant, en 1906, lorsque le maire inquiet, demande l’envoi des troupes en prévision de fêtes du 1er mai (le maire de l’époque est Emile de Lecluse-Trevoedal). Notons encore que l’année 1906 est l’année des inventaires dont j’ai déjà parlé.
On peut aussi noter, à la lecture de cet ouvrage : 
-  quelques grands noms de la conserve : Béziers, qui possède une usine à FEDHALA et Delory à CASABLANCA au Maroc ( déjà un avant-goût des délocalisations en quelque sorte) 
-  quelques chiffres : en novembre 1946, on comptait 3.000 pêcheurs à DOUARNENEZ et, au XIXème siècle on recensait 1.000 chaloupes sardinières dont 800 à DOUARNENEZ. 
-  Enfin, il est question d’AUDIERNE, dans la crise sardinière et ses répercussions (1955). Je cite :
« le résultat s’est traduit, d’une façon générale, comme à l’usine JACQ d’AUDIERNE : la moitié du personnel n’a rien perçu parce que ne remplissant pas les critères nécessaires à l’ouvertures des droits au chômage partiel »
Il apparaît donc que le Cap n’a pas défrayé la chronique en matière de mouvements sociaux. C’est la confirmation des propos tenus précédemment au plan des revendications . Le Cap n’a jamais mené, il a suivi, en raison du contexte déjà défini : cléricalisme et matriarcat. Rappelons aussi que la promotion sociale, telle qu’elle se pratiquait dans une relation de ‘’dominants’’ à ‘’dominés’’, se contentait de promouvoir, par le biais de l’instruction, des éléments préalablement repérés, généralement en milieu modeste et même pauvre, pour en faire des membres du clergé ou de l’enseignement libre. La laïcité a permis aux pauvres de s’émanciper dans un système d’enseignement public, de s’instruire en dehors de toute obédience, donc de se promouvoir. En se référant aux 3 ordres de la révolution :
1 : noblesse - 2 : clergé - 3 : tiers état, on peut dire que la promotion sociale cléricale avait pour résultat de faire accéder à la catégorie 2 des sujets de la catégorie 3. Aujourd’hui, tout est changé. L’école et l’instruction permettent aux plus modestes de faire partie des meilleurs pour devenir non pas ‘’dominants’’, mais allergiques à la domination d’une quelconque caste qui se voudrait supérieure aux autres catégories sociales. Egalité sociale en quelque sorte, du moins en principe et en théorie, car la réalité n’est pas toujours aussi simple, en raison de considérations économiques, culturelles , voire sociologiques. Pour autant, il ne faut pas, à mon sens , mélanger la religion et le cléricalisme, ce dernier étant la religion pratiquée par des hommes avec leurs imperfections comme je l’ai déjà dit. Les théories et les idées peuvent être bonnes, alors que la mise en pratique est mauvaise, d’où l’intérêt de savoir distinguer l’esprit de la lettre en toutes circonstances.

A Suivre Ma Bro Hirio suite 3 

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12 juin 2006 1 12 /06 /juin /2006 11:41

Ma Bro Ar C'Hap Hirio suite 3


3- Economie

31 – Agriculture 


Le sujet a déjà été abordé et partiellement traité dans la présentation des communes, en citant le nombre des exploitations. (chiffre de 1996 il est vrai ). Les chiffres sont évolutifs et auraient mérité une actualisation, ce qui aurait donné un nouveau chiffre de valeur ponctuelle puisque toujours évolutif. Je n’ai pas insisté.
Le canton de PONT-CROIX comptait 362 exploitations en 1991. En 1995, il n’en restait plus que 270 ( taux de disparition :7,1%). L’analyse de cette situation permet cependant de dire que : 
- Le nombre d’exploitations a encore varié, donc diminué depuis cette date 
-  La taille des exploitations a augmenté par le biais des fermages 
-  L’élevage porcin est une activité principale de l’agriculture locale. (Le Finistère est le 2ème département français dans ce domaine).. Il ne s’agit pas cependant d’une exclusivité en la matière, car on trouve encore des vaches dans la campagne capiste. (Le Finistère est le 4ème département laitier, et assure 50 % de la production nationale). Mais, la conséquence de l’élevage des porcs est l’abondance de lisier, donc de nitrates, qui voit l’émergence de nouveaux projets, donc de nouveaux dossiers du type ‘’Val Ouest’’ dont j’ai déjà parlé. Quoi qu’il en soit : 
- L’agriculture reste une activité importante en Cap-Sizun, et doit composer avec de nombreux paramètres :
- La politique agricole commune
- Les prix de revient et les prix de vente (marché au cadran)
- Les primes en tous genres : à la tête, à l’hectare, à la jachère etc.. 
- La cohabitation agriculture-vie citadine pose parfois quelques problèmes. Par nature, l’élevage quel qu’il soit, produit des nuisances olfactives que les citadins supportent mal. Beaucoup de gens souhaitent vivre à la campagne, une vie bucolique avec des fleurs et des petits agneaux. Ceci entraîne parfois des divergences de vue, voire même des frictions ou des procès. 
- Le problème est le même pour le tourisme. Les parisiens ont l’habitude du métro et de l’ozone. Une odeur de fumier n’est pas particulièrement souhaitable ni souhaitée à proximité d’un hôtel de standing. Soit !!
Il y a donc un ‘’modus vivendi’’ à trouver, si chacun veut bien faire un effort. Dans la pratique, on assiste plutôt à l’émergence de groupes de pression , les ‘’lobbies’’ qui transforment leur point de vue en poids électoral. AUDIERNE, ville commerçante, s’est particulièrement distinguée en la matière : contournement d’AUDIERNE et ses conséquences !! Tout cela aboutit à des caractéristiques pour ne pas dire couleurs des municipalités, essentiellement agricoles pour certaines (exemple :BEUZEC), ou non concernées par l’agriculture (exemple AUDIERNE où il n’y a plus d’exploitation), ou mixtes (exemple PLOUHINEC et ESQUIBIEN).
L’agriculture est un fait, un fait incontournable, et si on veut porter une appréciation sur une commune rurale, par exemple BEUZEC, on s’aperçoit que les choses marchent aussi bien qu’ailleurs : le bourg est propre, joliment fleuri, la voirie en amélioration permanente, l’urbanisme une réalité, j’en passe. Je connais bien cette commune, et je n’y ai pas trouvé de ‘’casse de voitures’’, non déclarée comme à AUDIERNE, à 120 mètres du domicile d’un élu exerçant son mandat dans la fonction d’adjoint municipal, et à 600 mètres d’un monument historique bénéficiant d’un périmètre protégé dans un rayon de 500 mètres.
L’enquête effectuée en 1996 a déterminé l’âge moyen de l’agriculteur capiste : 42 ans, alors qu’elle était de 47 ans en 1991. Il y a donc rajeunissement. Aujourd’hui, une exploitation agricole c’est : 
- Une gestion informatique 
-  De nombreux engins : tracteurs, accessoires nécessitant pratiquement une formation mécanique de base 
-  Une recherche de productivité et de rendement 
-  Une remise en cause permanente
Population jeune, mécanisation très poussée, exploitations semi-industrielles, cette nouvelle agriculture est un fait capiste. Le négliger, ne pas en tenir compte, voire lui tourner le dos, serait une grossière erreur. Mais , nous sommes peut-être déjà dans ce schéma erroné puisque notre représentation nationale, titulaire et suppléant sont issus du milieu maritime. Un dosage terre-mer eut paru plus approprié, plus judicieux et surtout plus représentatif, à savoir un titulaire du milieu de la mer, un suppléant du milieu de la terre. Les échéances à venir (en 2007) confirmeront ou infirmeront ce point de vue ; il faut bien prendre des risques en imaginant l’avenir. Mais, il faut noter aussi que la population rurale s’ouvre de plus en plus à la population citadine par le biais d’activités extra-agricoles : vacances à la ferme, tables d’hôtes, gîtes ruraux etc.. ce qui amène les gens à se rencontrer, se connaître et même s’apprécier.
Une des conséquences majeures de l’agriculture est la pollution de l’eau par les nitrates provenant des épandages de déjections animales. Certes, l’agriculture n’est pas la seule responsable. Il existe d’autres causes, mais les choses sont ce qu’elles sont, au point d’en faire un enjeu national et régional. Lisons ‘’Le Monde’’, édition du 11/9/2002 :
« la lutte contre la pollution de l’eau en Bretagne est un éternel recommencement. La décennie passée a vu la réglementation enfler, les plans se succéder, les crédits s’additionner. Apparemment en pure perte. Dans 39 prises d’eau brute, le taux de nitrates dépasse le seuil d’interdiction de 50 mg/ litre. Il reste proche de ce seuil ailleurs. Des dizaines de milliers de tonnes d’algues vertes ont été ramassées sur la côte cet été. La région est toujours confrontée à l’équation suivante : l’agriculture et l’industrie agroalimentaire restent les piliers de l’économie bretonne, mais les excréments des milliers d’animaux élevés dans les 35.000 exploitations saturent le sol de nitrates……
Tout le monde en Bretagne s’accorde désormais sur une priorité : il faut se débarrasser de 110.000 tonnes d’azote en excédent d’ici fin 2005……
Diminuer la production est une solution catastrophique. Si on perd des animaux, on perd es emplois affirme Jean Claude Commault directeur de la COOPERL. Moins de cochons, c’est moins d’aliments à fournir, moins d’engrais et de matériel agricole vendus, moins d’abattage, moins de transformation
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Vaste sujet de réflexion qui concerne aussi le Cap-Sizun. Nous connaissons les algues vertes, l’achat d’eau minérale en raison de la teneur en nitrates des eaux , tant celles distribuées par les réseaux officiels que celles puisées directement dans le sol. Autrefois, de nombreuses exploitations et maisons de villages, disposaient de puits fournissant de l’eau potable. Aujourd’hui, les puits sont utilisés uniquement pour arroser les jardins et laver les voitures en raison de la pollution. Cette situation n’est pas totalement imputable à l’agriculture. Les fosses septiques, les désherbants et produits de jardins, les pollueurs en tous genres (décharges sauvages, vidanges d’huiles de moteurs dans la nature…etc) ont leur part de responsabilité. Mais, la conquête de l’eau est un problème, et le slogan ‘’Bretagne eau pure’’ ne devrait pas être qu’un slogan.

Dans son édition du 10/9/2002, le journal ‘’Le Monde’’ titrait : « La Bretagne outragée », en désignant les coupables :
« l’élevage intensif des porcs et des volailles. Deux cochons sur trois sont produits dans l’ouest ».
Le mot de la fin, pour ce chapitre, se réfère à un exemple personnel :
La maison dans laquelle je demeure, construite au début du XX ème siècle par mes parents, dispose d’un puits qui n’a jamais tari. Trouvé et creusé par mon père, ce puits était réputé autrefois auprès des maçons du Cap qui, construisant des maisons à AUDIERNE, venaient s’y ravitailler pour la boisson, en raison de la pureté de l’eau et de sa fraîcheur. Toujours aussi fraîche, cette eau est aujourd’hui inutilisable à des fins domestiques. Heureusement, il y a l’eau minérale, et le malheur des uns qui fait le bonheur des autres.

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32 – Pêche et Mer

La pêche en Cap-Sizun, c’est AUDIERNE, plus exactement AUDIERNE-PLOUHINEC, car AUDIERNE n’est qu’un nom comme je l’ai déjà dit puisque les installations portuaires sont à Poulgoazec en PLOUHINEC. Mais, ici aussi, il faut bien commencer par des chiffres et des éléments de comparaison. Comme toujours, les chiffres n’ont qu’une valeur ponctuelle, car ils sont évolutifs.
La presse locale, (Télégramme du 16/2/2002) a avancé pour AUDIERNE le chiffre de 52 bateaux ( 25 ligneurs, 12 fileyeurs, 4 palangriers et divers : goémoniers, navires à passagers etc..). Par comparaison, DOUARNENEZ ne compte plus que 35 bateaux. Par téléphone, à la date du 4/2/2002, les Affaires Maritimes de QUIMPER annonçaient :
AUDIERNE 51 bateaux et 170 marins. Par comparaison, 348 bateaux au GUILVINEC, soit le chiffre d’AUDIERNE multiplié par 7.
Les élections au comité des pêches , le 13/1/2003, ont retenu les chiffres suivants à propos des électeurs potentiels :
GUILVINEC : 1.385 – AUDIERNE : 152- DOUARNENEZ : 144
La perte de compétitivité de DOUARNENEZ est évidente puisque ce port se situe désormais derrière AUDIERNE. La marine marchande française qui se situait au 4ème rang en 1980 avec à peu près 450 navires, n’occupe plus aujourd’hui que le 27ème rang avec environ 150 navires (pétroliers : 55 – navires à passagers : 52 – le reste divers). La crise qui l’a frappée, a eu des effets sur la pêche. Pays de marins, le Cap a vu des anciens de la ‘’Mar-Mar’’ obligés de se reconvertir. De nombreux jeunes, privés d’embauche par les compagnies de navigation, ont dû se retourner vers le métier de leurs pères. Les deux débouchés traditionnels sur l’emploi des capistes sont aujourd’hui en difficulté : la ‘’Royale’’ qui privilégie de plus en plus les carrières courtes, la ‘’Mar-Mar’’ qui ne recrute pas et préfère employer des marins d’autres nationalités qui coûtent moins cher que les marins français. Il reste donc la pêche : trouver un embarquement pour les uns sur les fileyeurs, acheter un bateau pour les autres, les ligneurs. Qui dit ligneur dit bar (loup en Méditerranée), le poisson noble par excellence, qu’il faut aller chercher dans les coins dangereux autour de la Pointe du Raz et du Raz de Sein.. Le bon pêcheur de bar (ils ne sont pas bons, mais plutôt excellents), gagne correctement sa vie puisque le prix moyen de ce noble poisson a été de 15,33 € (101,87 frs) le kilog au cours de l’année 2002. On a déjà vu, à plusieurs reprises, des ligneurs ramener 100 kilogs de bar en une seule sortie d’hiver . Calculons : 15,33x 100 = 1533 € (10.187 frs) en une seule journée. Mais, les journées à 100 kilogs sont faites pour compenser les journées à 5 kilogs et les bredouilles, et dans tous les cas, il faut aller chercher le poisson là où il est, ce qui n’a pas échappé aux médias, ainsi que je l’ai déjà dit. Méfions-nous cependant d’imaginer une situation un peu trop idyllique. Les ‘’Seigneurs de la Mer ‘’ sont courageux, parfois à la limite du culot. Ils sont adroits, connaissent le milieu et ont ce fameux coup d’œil salvateur qui leur permet de donner le bon coup d’accélérateur pour éviter la traîtresse déferlante celle qui serait fatale car elle ne pardonne pas. Mais, tenir un ou plusieurs bars au bout de la ligne, procure aussi une sensation de plaisir qui fait dire au pêcheur qu’il a vaincu l’adversaire et domestiqué sa proie . Un dernier chiffre : 280.000 poissons ont fait l’objet d’un marquage individuel en 2001 à AUDIERNE (label : bar de ligne).
Comme l’agriculture, la pêche a connu ses crises. D’abord port sardinier jusqu’au début du XX ème siècle, puis port sardinier et thonier (premier port thonier de la façade atlantique en 1972), après des essais de reconversion au chalut, AUDIERNE a finalement choisi la pêche côtière qui se traduit par le choix de la qualité des espèces mises à la vente quotidiennement. Qualité et fraîcheur sont donc les caractéristiques du produit audiernais : lotte, lieu, bar, sole, crustacés, la liste n’est pas limitative. Reconversion réussie par conséquent. AUDIERNE a aussi gardé des vestiges du temps de sa splendeur, dont une école de pêche sur le front de mer, et pour laquelle plusieurs projets ont déjà été élaborés sans résultat. A l’heure actuelle, un nouveau projet est avancé. Je n’en parle pas car il ne s’agit pas d’un dossier local.
Après avoir formé des marins pour la marine de commerce et la pêche, initialement installée dans une ancienne usine aujourd’hui démolie, l’école dite de pêche s’est installée dans des locaux neufs, achevés en 1964. Aujourd’hui fermé au profit de l’école de pêche du GUILVINEC, cet établissement dont les bâtiments ont dû être murés pour cause de squat et vandalisme trône le long du môle, à l’état d’abandon. Quel est son avenir ? Difficile de prévoir dans ce port d’AUDIERNE qui fut autrefois le 5ème port de pêche français, pour devenir seulement le 35ème, en 1990. (cf : thèse A. Treussier, page 18).
Quant aux crustacés (langoustes, homards, araignées, ..etc), ils sont soit présentés directement à la vente sur les marchés locaux, soit achetés par les ‘’Grands Viviers d’AUDIERNE’’ qui emploient une trentaine de personnels et expédient des produits de qualité tant en France qu’à l’étranger.
AUDIERNE fut autrefois un quartier maritime florissant, dirigé par un administrateur des affaires maritimes. Aujourd’hui, ce poste n’est plus pourvu, et l’immeuble qui abritait les services maritimes a changé de vocation, puisqu’il abrite également les services de l’équipement qui cohabitent. L’administration de la mer est toujours représentée, mais elle vivote, et les personnels ne sont pas remplacés à leur départ. Le Cap d’ailleurs, peut s’attendre à d’autres redéploiements ou regroupements d’administrations et services (perception, gendarmerie…). On appelle cela pudiquement restructuration.
La pêche en général, donc AUDIERNE également, souffre des directives européennes de plus en plus contraignantes. Traditionnellement pratiqué par des gens indépendants et même individualistes ce métier doit se soumettre de plus en plus aux différentes réglementations : quotas, tailles des espèces, temps de pêche etc…Sans compter les charges, les prix de carburants et tant d’autres facteurs à considérer. Tout le monde a gardé en mémoire l’incendie du Parlement de Bretagne à RENNES, le 4/2/1994, lors des manifestations violentes de marins-pêcheurs.
On ne peut passer sous silence la solidarité des gens de mer en cas de naufrage. Impressionnante solidarité dans ce métier d’individualisme. Le marin audiernais sait ce que courage veut dire. J’ai déjà parlé du patron de bateau de sauvetage audiernais : René Autret, sauveteur de 233 personnes, dont une rue porte le nom à AUDIERNE. Il faut visiter cette rue pour ne pas en croire ses yeux. L’indécence au grand jour, dans l’indifférence générale.
Notons enfin un dernier chiffre :
En 2002, les apports en valeur du port d’AUDIERNE ont été évalués à 5.178.000 € (33.965.453 francs), contre 5.033.000 € en 2001 (33.014.315 francs) en 2001. Cette augmentation en valeur ne saurait dissimuler une diminution du tonnage (-100 tonnes en 2002 par rapport à l’année précédente).
La cohabitation entre marins-pêcheurs professionnels et pêcheurs-plaisanciers ne pose pas de problème particulier, chacun ayant sans doute à cœur de respecter l’autre dans un contexte de gagne-pain pour les uns, plaisir pour les autres.
Quant aux caractéristiques du port d’AUDIERNE : difficultés d’accès, ensablement, on ne peut que traiter les problèmes ‘’au coup par coup’’ en organisant les dragages et les balisages. Une chose est sûre : on ne reverra plus jamais à AUDIERNE la flottille des langoustiers capistes (une trentaine), au repos devant l’école ‘’Pierre Le Lec’’, pendant les vives-eaux (gros coefficients de marées), attendant les mortes-eaux (petits coefficients), pour aller au phare d’Armen ou ailleurs, chercher la langouste et le homard breton qui ont fait leur réputation. L’emplacement est aujourd’hui occupé par les bateaux d e plaisance .
Adieu les ‘’Stalingrad’’ et autres ‘’Intronn Varia … ‘’ ou ‘’San …’’ ou ‘’Reine des flots’’

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33- Tourisme et commerce

La Pointe du Raz est la locomotive du Cap-Sizun. Soit !! Je l’ai déjà dit. J’ai aussi cité un ancien évêque du diocèse, Monseigneur Barbu. Voici ce qu’il écrivait et faisait publier dans le bulletin paroissial d’AUDIERNE en mars 1987 :
Pour l’avenir du Finistère
« Et comment assurer le difficile équilibre entre les grandes surfaces et les petits commerces indispensables à la vitalité de nos communes rurales ? Que l’on ne compte pas trop sur le tourisme, dans la mesure du moins où, nous dit-on,’’depuis 1982, l’évaluation de la saison par les professionnels du tourisme breton est de plus en plus pessimiste’’, spécialement en raison des désajustements entre l’offre et la demande (octant 28).
Seuls semblent épargnés, mais non sans problèmes ni sans inquiétude, la fonction publique, les services nationalisés, les milieux bancaires, et quelques rares privilégiés, dont la réaction spontanée est de s’accrocher à leurs avantages acquis, dont la sécurité de l’emploi n’est pas le moindre.
Dans ce contexte, quel espoir pour les chômeurs ? Quelle sécurité pour les familles ? Quels projets pour les jeunes ?


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Il semble donc que le tourisme soit, dans les régions qui ne bénéficient pas d’un climat particulier (soleil, chaleur etc…) une activité saisonnière donc une activité d’appoint, aux retombées limitées, particulièrement en terme d’emploi. L’appellation ‘’industrie touristique’’ n’est donc pas très exacte pour ce qui concerne le Cap-Sizun . Quoi qu’il en soit, cette activité doit être organisée dans un contexte plus général d’équipements structurels, à vocation de loisirs, déplacements, stationnements, consommation et bien-sûr environnement, atout essentiel en la matière

331- Rappel historique-

(Référence : internet- Les coulisses de la grande distribution- Albin Michel)
Les consommateurs sont pour le commerce, ce que les électeurs sont pour la politique. On n’a jamais vu un automobiliste consommer autre chose que des bonbons ou des cigarettes, tant qu’il est au volant de sa voiture. Il devient consommateur quand il a garé son véhicule, pour devenir piéton. C’est une ‘’Lapalissade’’. Il est inutile de vouloir opposer le commerce de centre ville et le commerce des grandes surfaces. Les atouts ne sont pas les mêmes et chacun a les siens.
Après la 2ème guerre mondiale, un américain d’origine colombienne : Bernardo Trujillo, a été l’inventeur du célèbre slogan :
NO PARKING, NO BUSINESS
Et
L’AVENIR est au TOUT AUTOMOBILE

Les grandes surfaces s’installent en périphérie pour disposer de parkings. On s’y rend en voiture. Les centres villes sont asphyxiés, les conditions de circulation sont parfois impossibles à résoudre, et les rares places de parkings sont souvent occupées par des ‘’voitures-ventouses’’ appartenant aux acteurs économiques qui ont besoin des consommateurs pour travailler etc… Quadrature du cercle ? Seule solution, en tenir compte lorsque l’on fait une restructuration : circulation et stationnement sont les deux mots-clés d’un centre ville. On ne peut se plaindre d’une mauvaise situation économique lorsque l’on a tout fait pour en arriver là, en refusant les remèdes tels que déviations, contournements, ronds-points etc.. Le décideur décide et assume la responsabilité de ses décisions et des priorités retenues. Décider de traiter en priorité un centre ville comme un lieu de passage au lieu de le traiter comme un lieu de séjour, peut s’avérer être une erreur de jugement. Or, tout comme au combat, il n’y a pas de place pour l’erreur dans l’exercice de la responsabilité. Au combat, l’erreur est sanctionnée par des pertes en vies humaines. En économie, l’erreur est signe de faillite. Inutile de chercher des médicaments homéopathiques. C’est ainsi, et les ‘’cautères sur jambe de bois’’ n’y changeront rien. Aide toi, le ciel t’aidera !! Il ne sert à rien de se plaindre d’une situation dans laquelle on a une part de responsabilité : on ne peut concilier ‘’le beurre et l’argent du beurre’’ ; la défense des intérêts particuliers et l’intérêt général sont incompatibles. Et l’humour ne perd pas ses droits, lorsqu’un commerçant de centre ville du Cap rencontre un de ses clients ou connaissance dans un grande surface, à QUIMPER par exemple. C’est ainsi, et pas autrement. AMEN !!
Quoi qu’il en soit, le tourisme n’est qu’une composante de l’activité économique à caractère commercial . Activité saisonnière par définition. L’économie se compose donc de : 
-  Une activité permanente, concernant la population sédentaire 
- Une activité saisonnière concernant les vacanciers

332-Activité permanente

Pour ce qui concerne l’activité permanente, donc annuelle, il n’y a pas grand chose à dire. La démographie parle d’elle même. Population en diminution, donc de moins en moins de clients, même si cette clientèle peut être considérée comme relativement aisée : certaines retraites de la marine marchande ou de la fonction publique sont disons confortables. Il faut ajouter aussi les gens naturellement aisés, disposant de patrimoine, de locations, de rentes et revenus divers. Cette population est âgée, et constituée en grande partie de gens qui, ayant vécu ailleurs pour des raisons professionnelles, sont revenus dans le Cap vivre leur retraite. C’est ce que Christian Pelras appelle les "retournés au pays’’ auxquels je consacrerai un chapitre particulier :
« Pour sa part, KD, la soixantaine, se sentait à GOULIEN plus étranger qu’un étranger »
( cf :Livre de Pelras sur Goulien,, page 45)
D’ores et déjà, on peut donc parler de différence de mentalité. Il est aisé de comprendre que, dans ce cas, le ‘’retourné au pays’’ s’affranchit de l’économie de réseau (commerçants bien pensants), pour privilégier la course aux meilleurs prix, les promotions et les produits d’appel qui sont la spécialité des grandes surfaces. On peut tout de même rappeler aussi, à cette occasion, que les propriétaires de grandes surfaces sont généralement issus du milieu des petit commerçants, le meilleur exemple étant sans doute Edouard Leclerc. Les rivalités entre les grands et les petits commerces sont donc avant tout, un problème interne relevant d’un choix d’orientation. Les grossistes et les détaillants on toujours existé l’un par rapport à l’autre, comme les épiciers en gros qui, desservant autrefois les épiceries de campagne, cohabitaient parfaitement avec leurs clients
Quant aux difficultés de stationnement, elles existent même hors saison touristique. Plus de place pour stationner à AUDIERNE dès 9 heures du matin, même en hiver, alors que les places de parkings sont occupées par des véhicules faciles à identifier par la publicité qu’ils arborent. Sans solution aussi le stationnement devant l’école Pierre Le Lec à AUDIERNE, à l’entrée et la sortie des élèves. L’avenir dira si les travaux effectués récemment ont été bien évalués, car c’est sur le long terme que l’on mesure les résultats qui permettent de dire que les décisions prises étaient les bonnes, selon le vieux principe qui dit que ‘’diriger c’est prévoir’’. Il semblerait tout de même que la présence de l’école aurait dû peser sur les décisions car , rien ne laisse présumer un déménagement de cet établissement, qui existera sans doute encore pendant longtemps, ce qui est tant mieux, mais avec ses problèmes ce qui est tant pis. Mais, il faut rappeler, à cet occasion, l’existence d’un vieux projet qui consistait à élargir le quai Anatole France passant devant cette école, projet abandonné lors de l’exécution de travaux récents. L’avenir jugera !!

333-Activité saisonnière : le tourisme-

Un grand mot ! Le maître-mot couramment répandu en la matière est :
‘’faire venir les gens dans le Cap’’
Bien sûr !! Mais le Cap a un attrait naturel en raison de ses paysages (Pointe du Raz, la locomotive, 1 million de visiteurs par an ), de son patrimoine, de la fraîcheur de ses produits de la mer et beaucoup d’autres atouts. Privilégier l’appel du client pour le faire venir est une chose, le fixer et l’amener à consommer est un autre problème . Donc, toujours la locomotive, les rails et les gares ! De ce point de vue, il n’est pas inutile d’aller se promener dans d’autres régions, de devenir soi-même touriste pour évaluer ce que l’on attend et le comparer à ce que l’on reçoit. Faut-il reparler de la piscine, quand on sait que la température de l’eau de mer est plus souvent à 15 qu’à 18 degrés ? C’est ainsi que l’on voit souvent des adolescents se baigner avec des combinaisons de plongée. Et les marées noires ? Et les tennis ? Pas un seul tennis couvert dans le Cap. Pas de base de loisirs, j’en ai déjà parlé. Pas de camping du bord de mer, sauf à PLOUHINEC. Pas de golf, et tant d’autres structures qui font défaut.
Certes, nous savons organiser pléthore de fêtes en tous genres : Fest noz, souper de ceci ou de cela. Seules quelques fêtes émergent : Fête des 4 clochers à CONFORT, des bruyères à BEUZEC et du goémon à ESQUIBIEN par exemple. Le reste n’est qu’une gigantesque ‘’bouffe’’, souvent dépendante de la météo, dont l’aspect culturel et la présentation du Cap dans sa tradition sont contestables. En tout cas, cela n’est pas significatif d’un mode de vie capiste. Pour ma part, je n’ai jamais vu un seul Fest noz dans le Cap pendant ma jeunesse : pardons, kermesses, bals, noces, fêtes foraines etc.. oui ! Fest noz, non ! Mais je veux bien croire que je n’ai pas tout vu.
On peut donc résumer ce qui existe, en ordre dispersé : tennis de plein air, campings, circuits de randonnées ( à la côte, des chapelles, et même des lavoirs dont la propreté laisse parfois à désirer, des venelles etc..), un port de plaisance, une école de voile et surf, équitation, aquarium. Ce qui manque : piscine, tennis couverts, golf, activités culturelles, spectacles, animations autres que sonorisations agressives, liste non exhaustive !
La clientèle se compose d’une clientèle de passage qui, par définition, ne fait que passer et consomme peu. Aller et retour à la Pointe du raz, sans pouvoir stationner à AUDIERNE, équivaut à une perte de chiffre d’affaires dans le commerce local. Les remèdes homéopathiques ( zone bleue), n’ont pas que des avantages. Les plaisanciers partant en mer ne peuvent y stationner ; quant aux dégustateurs dans les restaurants, aux terrasses ou dans les crêperies, on imagine sans peine le plaisir de la gastronomie sous la surveillance du chronomètre.
Mais, à côté de la clientèle de passage, il y a celle qui séjourne, le plus souvent dans les familles. Les enfants reviennent passer les vacances chez les parents ou grands-parents, et se comportent en consommateurs avertis puisqu’ils sont ‘’indigènes’’. Ne sous-estimons pas les locations saisonnières. Elles existent, mais il y a peu de fidèles attitrés car cette clientèle change régulièrement de région.
L’organisation de l’économie et du tourisme passe donc par la mise en place d’équipements adaptés et l’aménagement des zones commerciales. De ce point de vue, PLOUHINEC donne le ton et l’exemple dans le secteur de Ty Frap. A AUDIERNE l’organisation mériterait quelques retouches et même des changements. La zone de Kérivoas est suffisamment éloquente à ce sujet : le magasin LIDL s’est installé sans aménagement préalable des accès, et ‘’Monsieur Bricolage’’, pourtant annoncé à grands renforts de déclarations et de polémiques, tarde à venir pour des raisons non diffusées, mais qui tiennent peut-être au non aménagement préalable de l’espace. Une zone se prépare et s’aménage. Elle s’appelle alors ZAC (zone d’aménagement concerté), ZAD (zone d’aménagement différé), ZPIU (zone de peuplement industriel ou urbain, ou encore zone d’intervention foncière, économique exclusive, à environnement protégé, j’en passe, sans oublier tout de même les fameuses zones franches qui ne sont pas de compétence locale. Faire l’impasse sur l’aménagement préalable d’une zone, revient à prendre le risque de ne pas maîtriser la situation dans son ensemble car il n’y a pas d’étude préalable ni de vision globale du projet d’occupation du sol. Tel est le cas à Kérivoas, où l’occupation des terrains situés en façade neutralise et même condamne pratiquement les terrains d’arrière-plan. ESQUIBIEN a été plus prudent en prenant une option de réserve foncière (Kerguerrien) sur quelques hectares, mais pour l’instant, cette réserve n’a servi à rien. (travaux piscine en cours). L’aménagement préalable impose un plan d’ensemble qui, s’il a été bien élaboré, canalise les entreprises de manière à ne pas privilégier une par rapport à l’autre, du point de vue des servitudes diverses, dont les accès. Ceci implique réflexion et préparation, évidemment incompatible avec ‘’vitesse et précipitation’’. Quand le mal est fait, il n’y a plus de solution de rattrapage, et les aménagements effectués ne pourront être que des aménagements circonstanciés.
Il faut aussi parler des offices de tourisme. A l’heure où j’écris ces lignes (8 février 2003), nous sommes en pleine actualité. Créée il y a une dizaine d’années pour remplacer un syndicat d’initiative obsolète, baptisée ‘’Tourisme en Cap-Sizun’’, une structure intercommunale s’est implantée à AUDIERNE, en plein centre ville. Elle a fonctionné normalement, plutôt sans faire de vagues, pendant quelques années, avant de se trouver en dépôt de bilan 2001. Ce dépôt de bilan entraînant la disparition du guichet SNCF, au rôle social incontestable. (Ce guichet n’a pas été recréé depuis). Il ne m’appartient pas d’établir les responsabilités dans ce dépôt de bilan, mais quelqu’un aurait sans doute pu le faire en ayant accès aux dossiers ce qui n’est pas mon cas. Les faits sont là. Une administratrice a parlé de gestion hasardeuse menée au mépris des règles associatives et cautionnées par un bureau muet et un conseil d’administration inopérant (Télégramme du 5/11/2001). Je prends acte de son avis, sans autres commentaires. Il fallait cependant bien trouver une solution : 
-  à PLOUHINEC, choix d’un office municipal (EPIC : établissement public industriel et commercial) fonctionnant sous la tutelle de la municipalité, et donc sa responsabilité. Cette solution logique fonctionne aujourd’hui sans poser de problèmes. 
-  à PONT-CROIX : même choix 
-  à AUDIERNE : choix d’une structure de type associatif dans laquelle la municipalité n’engage pas sa responsabilité, se contentant d’observer du coin de l’œil en désignant un représentant. Et il a bien fallu parler d’argent. La communauté de communes a accordé (péniblement : 20 voix pour, 17 abstentions), une subvention exceptionnelle pour relancer AUDIERNE. Qui dit subvention dit argent public, donc notre argent avec lequel il est recommandé de pratiquer une gestion scrupuleuse. Un projet de budget 2002 a été présenté en équilibre. Conclusion : en 2003, l’office de tourisme s’annonce de nouveau en quête de moyens, ce qui lui vaut une verte appréciation d’une ancienne administratrice déjà citée. Voici ce qui a été écrit dans le ‘’Télégramme du 8/2/2003 : 
-  Cet article me laisse une impression de déjà vécu…… 
-  L’office de tourisme d’AUDIERNE a bénéficié d’une subvention intercommunale double de celle accordée aux autres communes pour des raisons obscures…
- L’état d’esprit, comme les difficultés financières récurrentes figuraient-elles aussi dans l’héritage ? 
-  AUDIERNE n’a pas un statut dominant dans le schéma actuel. Chaque office reçoit une aide uniforme de la communauté de communes ; il appartient ensuite à chacun de trouver ses ressources localement… 
-  Je regrette que l’office d’AUDIERNE perde son temps à chercher des combines pour s’en sortir (AOCP en paravent) plutôt que d’ajuster son mode de fonctionnement à son budget et d’exploiter son potentiel touristique exceptionnel.
AMEN !!
La messe est dite ! C’est clair pour ceux qui veulent bien comprendre. Ajoutons encore que la municipalité d’AUDIERNE a désigné son premier adjoint pour exercer la fonction de vice-président au bureau de l’office en question. Alors ! C’est la déroute Mon Général ? Qu’est- ce qu’on fait ? Effectivement cela ressemble à du ‘’déjà vu’’ et à la persistance dans l’erreur de décision. On peut rappeler , à cette occasion, le tintamarre fait par une association audiernaise, à propos de « la promotion du patrimoine maritime », qui souhaitait la présence d’un élu de chaque commune dans son conseil d’administration. La réponse d’ESQUIBIEN fut cinglante : « Le conseil municipal se méfie. On va encore nous demander des subventions…Inutile de s’y faire représenter par un élu » ( référence : télégramme du 11/11/1997 ).
A mon avis, il reste encore peut-être une solution :
Appeler Pierre Bellemarre pour sa très médiatique émission de télévision :
‘’ il y a sûrement quelque chose à faire’’

Mais, je ne suis pas chargé de proposer des solutions. Pour autant, en regardant fonctionner PLOUHINEC et PONT-CROIX sans problèmes, et BEUZEC en projet, on peut se demander si AUDIERNE ne s’est pas, une fois de plus distingué en faisant le mauvais choix statutaire. L’utilisation de l’argent public doit être contrôlé de manière très stricte, dans le cadre de responsabilités bien définies. Il ne suffit pas de supprimer l’impression d’un document en X exemplaires, pour le remplacer par un site internet. Posons la question ! Qui est responsable ? On va encore répondre personne ! L’argent public, donc le nôtre je le répète, doit être suivi par ceux qui le donnent, ou par ceux qui ont été désignés par les électeurs pour exercer la responsabilité, sinon, c’est l’anarchie ! J’arrête là cette évocation des offices de tourisme pour dire que la guerre des clochers se retrouve aussi dans cette spécificité.
Le tourisme, c’est autre chose que des crêperies, fussent-elles antérieurement magasin à chaussures ou ‘’bistrot du port’’, autre chose que de la ‘’bouffe’’ de type ‘’snack’’ concurrencée par les cafétérias des grandes surfaces, autre chose que des prix élevés dans l’hôtellerie concurrencée par les hôtels de chaînes. Il conviendrait de réfléchir à un remodelage du schéma actuel, sinon , tout périclitera, et il restera les yeux pour pleurer. Halte aux baux précaires, aux loyers élevés. Oui à une base de loisirs dans laquelle aurait pu se trouver l’aquarium, si l’intérêt général avait prévalu par rapport à des intérêts privés et à l’individualisme des clochers. C’est le prix à payer pour la survie. Les atouts existent. Seule une grande politique communautaire, élaborant un schéma de développement en proposant des structures adaptées, permettra de redresser ce tourisme qui s’étiole dans une vie presque végétative. Il faudrait créer une vie économique digne de ce nom, et par voie de conséquence , créer des emplois. La comparaison entre AUDIERNE et PLOUHINEC est à ce propos édifiante. A PLOUHINEC, la zone de Ty Frap est organisée, en plein développement. Tout reste à faire à AUDIERNE, à Kérivoas bien-sûr, mais aussi ailleurs, tant du point de vue des accès que des aménagements divers. Les entreprises ne tombent pas du ciel. Or, ce sont elles qui créent les emplois et paient les taxes professionnelles désormais versées à la communauté de communes. Le temps du chacun pour soi est révolu. Le salut ne peut venir que d’une action collective, dans laquelle chacun mettra du sien. La rivalité AUDIERNE-PLOUHINEC semble tourner à l’avantage de PLOUHINEC. A AUDIERNE d’en tirer les enseignements, dans l’intérêt général et non pour défendre certains acquis, voire des solutions d’arrière-garde et suicidaires qui seront refusées par les voisins. Les faits parlent d’eux-mêmes. Tant pis pour les esprits chagrins et les ‘’Begou Braz’’ (grandes bouches) défenseurs des causes perdues.
Le hasard du calendrier de ma rédaction veut que aujourd’hui, le 22 juillet 2003, j’apprends par voie de presse, la démission des élus de PLOUHINEC du SIVOM (syndicat intercommunal à vocations multiples) de la baie d’AUDIERNE, structure présidée par le maire d’AUDIERNE. Le motif serait le refus de participer au financement de certains travaux effectués sur le territoire d’AUDIERNE. Je ne m’étendrai pas sur ce point particulier de la relation entre deux communes voisines et néanmoins condamnées à s’entendre. La presse locale des 12, 17, 22 et 23 juillet 2003 s’est fait l’écho de ce nouvel incident de parcours dans la mésentente. Le lecteur intéressé pourra consulter mes références pour tenter de comprendre qui a tort ou raison. Pour ne pas être accusé de partialité, je ne prendrai pas position et me contenterai de lire :
« Travaux au rond-point d’AUDIERNE : le maire s’explique………Une négligence et un manque de communication qu’il reconnaît volontiers……
La polémique suscitée par les travaux au rond-point de la liberté a amené l’opposition à remettre en cause la transparence des prises de décision … …
Le point fort de la réunion a été la démission des trois Plouhinécois
Les Plouhinécois ont annoncé qu’ils ne cautionneraient pas cette opération entachée pour eux d’irrégularités »


Alors, si un responsable reconnaît ses torts en plaidant coupable, on peut se demander si les autres n’ont pas raison, et ceci est toute la clé du problème et même sans doute aussi la solution !!

In Cauda Venenum

A Suivre Ma Bro Hirio Suite 4


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10 juin 2006 6 10 /06 /juin /2006 11:35

Ma Bro Ar C'hap Hirio suite 4

4- Particularisme et particularités

41- émigrés 

Ce qui est vrai pour GOULIEN est vrai pour le Cap. Christian Pelras a traité le sujet (page 315) en constatant que la mécanisation agricole a eu pour effet de diminuer les besoins en main-d’œuvre agricole, ce qui a entraîné ‘’ l’émigration des sans terre’’. Emigrer, c’est aller en ville : PARIS, NANTES, RENNES, BREST, QUIMPER, là où se trouve le travail. Le travailleur va vers le travail, le travail vient rarement vers le travailleur. Mobilité par conséquent. Disponibilité aussi pour ceux qui choisissent la fonction publique ou la vie militaire. La réussite à un concours administratif équivaut souvent à une affectation à PARIS. La marine nationale quant à elle, se répartit entre BREST et TOULON. Dans l’armée de terre, les choses sont un peu différentes : on signe pour RENNES et on se retrouve au Kosovo ou en Côte d’Ivoire. Il se constitue ainsi une diaspora bretonne, très active à PARIS bien-sûr, mais également agissante ailleurs et outre-mer. A TOULON, un immeuble entier peut être occupé par des bretons. C’est TREZENNEC sur MER. La spécificité prend le dessus, au détriment des clochers. Breton, une référence !!
Les choses se gâtent parfois, lors du retour au pays, et les frictions entre les ‘’restés au pays’’ et les ‘’retournés au pays’’ ne sont pas rares et même plutôt courantes. Différences de mentalités, d’habitudes, souvent de niveau et même de train de vie. Epouser une femme d’ailleurs (c’est mon cas), signifie une part d’inconnu. On ne connaît ni la famille ni les racines, ni le niveau social comme c’est le cas pour une ‘’indigène’’. Problème et question ?? Il en est de même pour les ‘’nés-natifs’’ du cru, qui ont vu le jour dans une famille modeste, et reviennent, après avoir accompli ailleurs un parcours correct, ceux que Pelras appellent ‘’les anciens petits’’. Ils sont généralement mal accueillis, car les ‘’restés au pays’’ pensent qu’ils vont bousculer les choses, exiger des droits particuliers et même vouloir diriger et commander. On pourrait citer des exemples d’anciens cadres de haut niveau, de fonctionnaires et militaires ayant exercé des responsabilités importantes pendant leur vie professionnelle, qui ont été invités à se consacrer à la taille de leurs rosiers, et à faire le moins d’ombre possible aux ‘’Paotred Ar C’hatriem’’ dont nous avons déjà parlé et qui sont les seuls qualifiés pour la gestion des affaires. Le Cap refuse ce qui vient d’ailleurs. Nous avons assisté à un front de refus exacerbé dans le cas de la centrale de PLOGOFF, attitude que j’ai appréciée, tout en l’observant de loin. Pour autant, l’expérience et le savoir- faire des cadres supérieurs seraient peut-être un atout non négligeable dans un contexte économique difficile. De plus, cela éviterait sans doute des situations aussi lamentables que celles évoquées au chapitre précédent et concernant la rivalité des communes . Mais, cette rivalité de communes dissimule peut-être aussi et avant tout une rivalité de personnes, qui ne va pas dans le sens de l’intérêt général. Alors, aux affaires les ‘’Paotred Ar C’hatriem’’, au bénévolat les anciens cadres que l’on apprécie et que l’on souhaite même à la direction des chorales paroissiales ou à l’harmonium, à la gestion des bibliothèques, l’organisation des expositions et pour certains, à la présidence des Anciens Combattants, histoire de meubler les cérémonies commémoratives et patriotiques.
Quant au train de vie, parlons-en . Prenons le cas d’un ‘’sans terre’’, fils d’ouvrier agricole ou de marin-pêcheur, qui épouse une fille de son rang, donc aussi modeste que lui. Il fait carrière, disons dans la ‘’Royale’’. Sa femme a travaillé. Elle a donc une retraite. Ils ont construit une maison ‘’vue sur mer’’ ou ‘’vue sur la campagne’’, changent régulièrement de voiture, et prennent des vacances. L’opinion se chargera de juger :
« oui, mais ceux-là, qu’est ce qu’ils se croient ? »
Une fois de plus, la messe est dite.
Quoi qu’il en soit, les ‘’retournés au pays’’ sont destinés à faire l’objet de la justice populaire orale. Ou bien ils ont réussi, ce qui leur vaudra les critiques de la jalousie, ou bien ils sont plutôt en situation d’échec, ce qui leur vaudra les faux apitoiements de l’hypocrisie.
Echec et réussite sont les deux conditions d’une critique sévère et assurée.

42- Retraités et ‘’Fayots’’

Des événement récents : manifestations de grande ampleur en uniforme pour certains, et échéances politiques ont attiré l’attention et mobilisé l’opinion au sujet de la condition militaire. Je n’ai pas l’intention de traiter ce sujet qui ne serait pas à sa place dans le Cap-Sizun. Je voudrais seulement citer quelques chiffres : 
-  Les retraités militaires représentent un potentiel électoral de près de 900.000 personnes 
-  Les sous-officiers en retraite de la marine nationale, dont l’appellation coutumière est ‘’officier marinier’’, communément appelée ‘’fayots’’, sont environ 9.000 dans le Finistère (Télégramme du 19/12/2001) 
-  Ils sont 480 dans le Cap-Sizun (Télégramme du 6/3/2002)
Ces chiffres parlent d’eux-mêmes : ils sont à comparer à d’autres chiffres. 
-  La fédération nationale des ‘’officiers mariniers’’ FNOM comprendrait 30.000 adhérents. (dont 9.000 Finistériens, soit presque le 1/3). 
-  Les agriculteurs, exploitants et conjoints sont au nombre de 14.000 en Finistère ( soit 11.283 exploitations) 
- Les marins-pêcheurs finistériens sont 5.869 inscrits sur les listes électorales des comités de pêche (sur internet, le chiffre de marins recensés est de 4.450 ). 
-  Le Cap-Sizun compte 270 exploitations agricoles (chiffre de 1995)
La catégorie des sous-officiers retraités de la marine nationale fait donc numériquement, pratiquement jeu égal avec les agriculteurs en Finistère ; en Cap-Sizun, il y a plus de retraités de cette catégorie que d’agriculteurs ou de marins-pêcheurs (152 marins-pêcheurs inscrits au comité des pêches d’AUDIERNE).
Les chiffres disent ce que disent les chiffres. Il n’est donc pas inintéressant d’étudier d’un peu plus près cette catégorie socioprofessionnelle, baptisée ‘’type sociologique’’ par Anne Denes Martin ( déjà citée) dans son livre ‘’Les Ouvrières de la mer’’. Cette expression est tout à fait correcte à mon sens. On peut lire ce qui suit dans cet ouvrage :
« le ‘’fayot’’, l’officier marinier de la marine nationale, envié et jalousé, assure la promotion dans les familles modestes…Plus d’une en a rêvé comme mari, et parfois même pour elle »
En effet, la profession s’est féminisée.
Comme toutes les grandes armées du monde, comme toutes les grandes entreprises françaises ou mondiales, la marine nationale se compose d’un corps de direction, les officiers, recrutés à très haut niveau scientifique (math Sup et Spé) , et formés à l’école navale. En équivalence dans la société civile, les officiers correspondent aux cadres et ingénieurs des entreprises. Ils sont appelés à exercer les plus hautes fonctions de direction, que l’on appelle commandement en langage militaire, sur mer, dans les états-majors et même parfois dans les cabinets ministériels. Ils sont peu nombreux en Cap-Sizun, et ceux qui y sont, vivent une paisible retraite sans se faire remarquer comme je l’ai déjà dit. Sans doute un potentiel perdu qui se consacre au jardinage ou parfois à quelques associations, le plus souvent patriotiques. Curieusement, ces officiers sont le plus souvent issus de familles ‘’d’officiers mariniers’’ dans lesquelles les enfants ont été encouragés à affronter la sélection pour obtenir la promotion. Dans la fonction publique, les officiers sont ressortissants à la catégorie A. Les officiers mariniers, fonctionnaires de catégorie B, sont soit formés à l’école de maistrance qui
recrute aujourd’hui au niveau BAC (hier c’était le brevet), soit issus du rang. La différence de niveau intellectuel au recrutement suffit à établir la différence entre les officiers et les sous-officiers. Ces derniers correspondent dans les entreprises aux fonctions de contremaîtres, techniciens, agents de maîtrise, qui constituent la hiérarchie de contact, la hiérarchie de terrain, l’encadrement d’exécution. Ils sont, par définition, sous tutelle de la direction. Dans la marine nationale, corps de spécialistes, le premier-maître mécanicien travaille sous les ordres d’un officier chef des services techniques, tout comme le fourrier sous les ordres du commissaire et le timonier sous les ordres de l’officier de quart. Ils n’exercent pratiquement jamais les fonctions de chefs de services, sauf parfois à terre , dans les petites unités. La hiérarchie est donc toujours présente, et le cas échéant pesante ou distante pendant toute la carrière du sous-officier de la marine. Ceci est beaucoup moins sensible dans l’armée de terre où les situations de combat nivellent la hiérarchie, rapprochant les catégories professionnelles, au lieu de les rendre méfiantes, voire agressives ou distantes et méprisantes l’une envers l’autre. Tel est le point de vue de ceux qui ont vécu le combat. Mais , nous n’avons peut-être pas encore tout vu au plan national, mais ceci est hors sujet. Ces quelques remarques suffisent à faire comprendre que les 480 sous-officiers de la marine, regroupés en association, pèsent un poids incontournable sur le plan politique en Cap-Sizun. Cela s’appelle corporatisme, groupe de pression ou lobby. Certes, ils ne disposent pas de tracteurs ou de camions pour barrer les routes, mais le lobby est agissant, et certains de ses membres n’hésitent pas à aborder la vie publique. Il n’y a pas de pedigree particulier pour devenir élu, la fonction étant ouverte à toutes les catégories sociales ou professionnelles. Toutefois l’expérience peut être utile. Dans tous les cas, on juge au résultat, et pour ne pas être accusé de parti pris, je ne citerai aucun résultat, pas plus bon que mauvais . Dans le contexte économique du Cap-Sizun, je pense que l’histoire jugera. Elle saura retenir les noms de ceux qui auront magistralement géré les situations les plus difficiles (cas de Jean-Marie Kerloch, maire de PLOGOFF à l’époque des évènements, déjà cité, et simple officier marinier à la retraite), comme elle retiendra les noms de ceux qui se seront contentés de rechercher une promotion ou une revanche sociale, à titre personnel, au détriment de l’intérêt général du Cap-Sizun.
Mais, on ne peut passer sous silence une situation particulière qui défraie régulièrement la chronique. En effet, au bout de 15 années de services, les sous-officiers peuvent bénéficier d’une retraite proportionnelle ( ce qui n’est pas le cas des officiers) ; ils accomplissent le plus souvent une deuxième carrière dans la vie civile, et se constituent une deuxième retraite. Souvent mal accueillis et même rejetés par leurs collègues de travail, ils sont dans tous les cas jalousés, à la limite de l’ostracisme. ‘’Cumulards’’, membres d’un lobby agissant et incontournable en Cap-Sizun, souvent bons techniciens malgré un niveau intellectuel parfois limité, issus des catégories sociales plutôt modestes, (ce que Pelras appelle ‘’les anciens petits’’), ils ont beaucoup d’arguments pour se faire envier et même rejeter, lorsque leur comportement affiche un manque de simplicité, voire une suffisance déplaisante. En général, ils font aussi partie des ‘’retournés au pays’’, ce qui leur vaut à la fois le mépris des autres marins issus de la pêche ou du commerce, et des agriculteurs ‘’restés au pays’’.
Anne Denes Martin a raison : il s’agit d’un type sociologique qui mériterait une étude approfondie. ( Celui qui écrit ces lignes s’appuie sur son expérience personnelle : il a servi comme matelot de 3ème classe sans spécialité, dans la marine nationale pendant 5 mois ½, en 1949, avant de faire carrière dans l’armée de terre. Issu d’un milieu familial plus que modeste, il a pu observer certains comportements dans ce milieu et dans le contexte local. Et pour faire bonne mesure, il ajoute qu’il est le fils d’un quartier-maître qui a servi pendant 21 ans dans la ‘’Royale’’. Il estime, en conséquence, avoir des arguments à opposer à ses détracteurs, contradicteurs et même contestataires).
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43 - Âges- Maladies-Suicides

431- Âges –
En Bretagne, 700.000 personnes âgées de plus de 60 ans représentent 20% de la population (moyenne nationale : 21%- cf : télégramme du 17/7/2002). Plus de 30% de la population française aura 60 ans et plus en 2.030
L’âge moyen en Finistère est de 40,4 années. Cela ne veut pas dire grand chose. Ce n’est qu’un chiffre.
22% de cette population a moins de 20 ans, et 25% plus de 60 ans.
Au Cap-Sizun, 15,3% de la population capiste a plus de 75 ans (Télégramme du 15/1/2001), et au cours de l’année 2.000 il y a eu 308 décès pour 115 naissances. Même situation en 2.002 : 318 décès, 106 naissances.
Chaque année, à l’occasion de la cérémonie des vœux, la plupart des maires présentent un bilan démographique de leur commune. PLOUHINEC annonce 606 personnes âgées de plus de 75 ans, soit 14,8% de la population communale, le 9/1/2003. J’ai déjà cité la plupart de ces chiffres dans un chapitre précédent : considérations démographiques. Inutile donc d’insister, sauf à répéter qu’à ce jour, 1/3 de la population capiste ayant plus de 70 ans, il n’est pas bien difficile de faire un peu d’arithmétique prévisionnelle. Je l’ai fait précédemment. Je ne le répèterai pas.

432 –Maladies -
Le vieillissement entraîne des situations particulières, mais aussi des besoins particuliers dont je parlerai plus loin. Situation de dépendance, maladie d’Alzheimer, désorientation, diminution des sens : ouïe, vue, etc…, mobilité réduite, sont les phénomènes dûs à l’âge. Mais la Bretagne connaît d’autres maladies, du type cancer, et détient un triste record en matière d’alcoolisme.
Le cancer touche plus les hommes que les femmes en Bretagne, situation sans doute imputable aux excès d’alcool et de tabac. Je laisse aux scientifiques le soin d’être plus précis sur ces sujets. Le Cap-Sizun ne se signale pas particulièrement dans ce domaine, ni dans un sens ni dans l’autre. Disons que le cancer est assez répandu ici, mais peut-être pas plus qu’ailleurs. C’est volontairement que je n’aborderai pas le sujet du tabac, en tant qu’ancien fumeur ayant renoncé à ce plaisir voici bientôt 30 ans. Je ne parlerai pas non plus de la drogue, sujet très spécifique que je ne connais absolument pas.
L’alcoolisme est un fléau. C’est l’une des causes principales de suicide que nous étudierons plus loin. Je citerai un seul chiffre : selon une source internet , il y aurait eu, au cours de l’année 2001, 6992 décès en France par alcoolisme et cirrhose ( avant l’âge de 65 ans). La Bretagne, avec 532 décès de cette catégorie, se classe au 3ème rang. (pour l’anecdote, on peut citer aussi, en France, 63.840 interpellations pour ivresse sur la voie publique, dont 3.173 en Bretagne qui occupe le 7ème rang en la matière). Par comparaison, 154 Finistériens font partie des 532 bretons précités, ce qui situe le département au 5ème rang français (anecdote : seulement 383 interpellations pour ivresse sur la voie publique).
Encore des chiffres pour la réflexion (source internet) : La France occupe encore la première place dans le monde pour la consommation moyenne d’alcool par habitant. L’évaluation, à partir de chiffres de vente et des enquêtes de consommation, révèle que la consommation moyenne annuelle d’alcool était, en 1993, de 11,5 litres par habitant. ( consommation moyenne de vin : 63 litres par habitant, bière :40 litres, spiritueux : 2,5 litres. Cette consommation a diminué entre 1976 et 1993, et reste stable depuis. (pour l’anecdote encore, une petite opération : 11,5 litres d’alcool pur à diviser par 365 jours donne 3,15 centilitre par jour, à comparer avec les 0,5 grammes à ne pas dépasser pour conduire un véhicule). La consommation quotidienne d’alcool est dite à risque lorsqu’elle dépasse 40 grammes d’alcool pur chez l’homme et 20 grammes chez la femme. Un litre de vin à 12 degrés contient 9,6 grammes d’alcool , un whisky 13 grammes, un demi de bière (250 mil) 13 grammes.
Alcoolisme et cancer sont des sujets particuliers à traiter par des spécialistes et non par un simple observateur dans mon genre. L’observateur peut toutefois souligner que l’on peut abuser d’alcool en fréquentant tous les ‘’bistrots’’ du coin. Mais, on peut tout aussi bien s’alcooliser chez soi, sans jamais mettre les pieds devant un comptoir. Il ne faut pas sous-estimer le poids des habitudes, de la tradition et des usages de la vie sociale : le verre de l’amitié, pourquoi pas !!Certaines professions (livreurs, facteurs, démarcheurs en tous genres) sont cependant plus exposées que d’autres, car le verre de l’amitié peut devenir une habitude catastrophique. Mais, toujours refuser peut aller jusqu’à risquer de compromettre sa réputation dans les ragots de village:
« qu’est-ce qu’il est fier, il ne trinque jamais ; on ne le voit jamais, ni en ville ni au bourg »
réputation qui retrouve d’ailleurs très vite sa normalité :
« il ne boit pas ; ce n’est pas comme ..untel »
Ah, l’opinion publique et le qu’en dira-t’on !! Mais, à tout prendre ne vaut-il pas mieux être critiqué plutôt que de défrayer la chronique par des libations excessives ??
Le vieillissement de la population est un problème qui nous concerne tous, qui nous a concerné pour nos anciens et nous concernera personnellement à très court terme. On est donc amené à parler des structures existant ou souhaitables pour répondre à la demande et aux besoins. Le Cap compte actuellement 4 maisons de retraite situées à AUDIERNE, CLEDEN, PLOUHINEC, PONT-CROIX, et un foyer-logement également situé à PONT-CROIX. Ces établissements ne sont pas tous de même statut. Ils tournent à plein régime, mais rien ne dit qu’ils pourront absorber à l’avenir ce 1/3 de population âgée de plus de 70 ans. Ces maisons ont été crées pour la plupart, il y a une douzaine d’années. Celle d’AUDIERNE a été inaugurée en 1991, après avoir été construite ‘’ au forceps’’ par la volonté de l’équipe municipale du moment (maire : Jean Normant), malgré et en dépit des chausses-trappes des opposants systématiques ( Elle avait cependant été occupée dès 1990). Rappelons qu’il existait un autre projet consistant en l’achat d’un immeuble dans la rue Laënnec à AUDIERNE ( le gai sabot), qui aurait été relié à l’ancien hospice par une passerelle. Passons sur la passerelle !
Le Cap a aussi besoin d’un hôpital de proximité : DOUARNENEZ. Une clinique a existé à AUDIERNE, il y a quelques années. Elle avait été inaugurée en 1973. Pour des raisons obscures, elle cessé de fonctionner en 1974, après quelques mois de services. Complètement abandonnée, en ruines, délabrée, parfois squattée, elle est toujours là, ce qui n’améliore pas la qualité de l’environnement audiernais qui s’en passerait bien. Une ruine de plus, une de mieux, mais l’environnement s’en accommode, dans une certaine indifférence!!
L’hôpital de DOUARNENEZ donc, situé à 22 kilomètres d’AUDIERNE, soit 38 kilomètres de la Pointe du Raz, paraît parfaitement adapté aux besoins de la population capiste. Il ne dispose peut-être pas de plateaux techniques de très haut niveau pour effectuer des interventions sophistiquées. Service des urgences, SMUR, chirurgie courante, cardiologie, médecine , ophtalmologie, ORL pour ne citer que quelques services, paraissent indispensables à proximité d’un bassin de 16.000 personnes : le Cap, qui ne représente d’ailleurs pas la seule clientèle de cet établissement. Des considérations économiques sont sans doute responsables de la fermeture de la maternité qui avait pourtant très bonne presse. Inutile d’y revenir !! Il faut noter cependant que, à l’heure où j’écris ces lignes, l’hôpital de DOUARNENEZ ne dispose pas encore de scanner, les examens de ce type étant pratiqués à QUIMPER ou à BREST. Souhaitons à ce problème une solution dans les meilleurs délais, pour le plus grand confort et la sécurité des usagers. Les échos recueillis dans le Cap, au sujet de la réputation de cet hôpital sont majoritairement favorables, tant du point de vue relationnel ( personnel dévoué, serviable, poli accueillant, souriant), que du point de vue technique. Pour autant, des changements pourraient survenir, toujours pour des raisons économiques. Pauvre capiste qui, dans ce cas, verrait une fois encore s’éloigner un élément de sa sécurité personnelle. Une population âgée a besoin d’une structure de proximité, vers laquelle elle se laisse diriger en toute sérénité, sans stress, en toute confiance. Espérons qu’il ne s’agit pas là que d’un vœu pieux.

433 – Suicides -
Phénomène inquiétant qui défraie régulièrement la chronique. Qu’en disait Voltaire ?
« Quand on a tout perdu, quand on n’a plus d’espoir
La vie est un opprobre, et la mort un devoir »

( extrait de Merope).
Et Guy de Maupassant :
« Le suicide, c’est la force de ceux qui n’en ont plus, c’est l’espoir de ceux qui ne croient plus, c’est le sublime courage des vaincus »

Chaque année, 7.000 bretons tentent de se donner la mort. Près de 1.000 y réussissent. Ils font parties des 12.000 suicides annuels en France . La tranche d’âge la plus touchée va de 35 à 44 ans. Pour autant, les jeunes, et même les adolescents ne sont pas épargnés. Le ‘’Télégramme de Brest’’ a publié plusieurs articles sur ce sujet depuis 1.999. L’un d’entre eux a cité des causes possibles : influence du vieillissement de la population en zone rurale, liens entre santé mentale et suicide, alcool, météo peut-être. Curieusement, la crise économique, le chômage, l’angoisse de l’avenir, l’endettement, la situation familiale ( séparation, divorce), la solitude, la drogue, les licenciements, les restructurations d’entreprises et même le harcèlement moral, bref, les situations de désespérance, n’ont pas été citées.
Le quotidien ‘’Le Monde’’ a publié un article le 5/2/ 2.002, dans lequel il retient plusieurs de ces causes possibles, et annonce le chiffre de 160.000 tentatives de suicide par an, en France. Il récidive le 25/2/2.002 en titrant :
« L’augmentation des suicides exprime la détresse des paysans »
évoquant successivement les quotas laitiers, les montants compensatoires, la mise aux normes européennes, la ‘’vache folle’’, la sécurité sanitaire, le respect de l’environnement ……etc, qui font qu’aujourd’hui l’agriculteur doit être excellent en technique, en maths, en informatique. La pudeur m’interdit de parler des moyens utilisés pour aboutir à ses fins, également cités dans cet article. Je me contenterai de dire qu’il y a un problème, tout en laissant à des gens plus qualifiés que moi, le soin de proposer et trouver des solutions, à travers des études médicales, psychiatriques, sociologiques, culturelles et même économiques.
La Cap-Sizun compte pour une part dans les chiffres exprimés ci-dessus. Je n’ai pas cherché à la déterminer, tout simplement parce que ce serait pratiquement impossible. Autrefois, dans les campagnes, le ‘’suicidé’’ n’avait pas droit à une cérémonie religieuse d’enterrement . Le suicide était donc transformé en accident aux yeux de l’opinion publique. Seuls quelques proches, le clergé, le corps médical et éventuellement les enquêteurs, connaissaient les causes exactes du décès, sans pour autant d’ailleurs en connaître toujours les raisons. Difficile par exemple de prouver qu’un noyé, rejeté à la côte par la mer, n’a pas été victime d’un accident, une glissade, un coup de vent ou une lame déferlante. Toutes les hypothèses sont plausibles, faute de témoins. Ceux qui ont assisté ou participé à une tentative de sauvetage d’un ‘’suicidé’’, en mer, à la côte , ou sur une digue, savent tout ce que cela peut cacher de détresse humaine. Une seule attitude dans ce cas : le respect et la dignité de tous, avec en plus la prière pour les croyants et la compassion pour les incroyants.

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44 - Le poids des traditions –

On a déjà parlé de la France profonde, et en Cap-Sizun du ‘’C’Hap Don’’. Nous y sommes. Si j’ai tenté une explication, à travers les évènements historiques, c’est parce que nous avons un héritage culturel, donc des traditions, bonnes ou mauvaises, c’est selon, chacun est juge.
La vie du capiste a pendant longtemps été rythmée par les grands évènements qui accompagnent l’homme, de la naissance à la mort, en passant par la première communion et le mariage. Tous ces évènements étant, bien entendu, à dominante religieuse. Comme la religion a évolué, la manière de marquer ces évènements a suivi, mais tout n’a pas cependant disparu. Tant mieux dirons certains, tant pis dirons les autres.
Dans le livre écrit sur GOULIEN, Christian Pelras a consacré un chapitre aux traditions, pratiques et croyances, et détaillé le cycle de la vie individuelle. Ce qui est vrai pour GOULIEN est globalement vrai pour le Cap, avec quelques ajustements selon les ‘’paroisses’’. On peut donc s’y reporter pour connaître hier.
Aujourd’hui, les choses ont beaucoup évolué : mai 1968, la télévision, la libéralisation des mœurs, le Cap n’est pas resté en marge. Les grands-mères, ainsi que les ‘’Pères la Vertu’’ ont du s’y faire et accepter par exemple leurs petits enfants nés hors mariage au sein de couples illégitimes. En fait, on ne baptise plus guère des nouveaux-nés, mais plutôt des adolescents, parfois avant la première communion qui est souvent faite par principe. Le repas de baptême se fait au restaurant, de même que le repas de première communion, les deux donnant lieu à l’offrande de cadeaux . Fini le ‘’frico badeziant’’ , repas de baptême donné dans la maison des heureux parents, suite à la cérémonie religieuse pratiquée dès les premiers jours de la naissance. Les ‘’Anciens’’ sont parfois désemparés devant ce nouveau mode de vie, ces nouvelles mœurs. Il n’est pas rare d’entendre :
‘’autrefois, de mon temps ….’’.
je crois avoir déjà cité la réponse d’un membre du clergé à ce propos :
‘’de ton temps, c’était ton temps, c’était hier. C’est demain qui compte’’.
Sage propos !!
Le mariage, ‘’an eured’’, se pratique encore parfois selon la tradition : cérémonie civile à la mairie, suivie de la messe de mariage à l’église paroissiale. Les instances diocésaines ont supprimé les mariages dans les chapelles, qui attiraient il est vrai, parfois des amateurs d’originalité et de couleur locale, plus soucieux de médiatiser l’événement que de vivre une cérémonie religieuse. Toutefois, pour certains, ceux du terroir, ces cérémonies représentaient souvent quelque chose, en l’honneur de leurs Anciens particulièrement respectueux de ces lieux de culte auxquels ils étaient tout dévoués. Mais, je ne me lancerai pas dans ce débat.
Robe blanche, tenue de cérémonie, repas de noces (ar frico) sont donc toujours d’actualité même quand il s’agit de régulariser une longue période de vie commune. Les repas de noces se font dans les restaurants, ou dans les salles polyvalentes avec la participation d’un traiteur. Fini la grande tente dressée dans la cour, avec tréteaux et bancs fournis par les marchands de vin, comme je l’ai connu avant la guerre.
Les jeunes capistes ne sont pas restés à l’écart du modernisme et de la modernité. Là encore les grands-mères ont dû s’y faire et accepter des belles-filles ou des gendres qui ne sont pas passés chez Monsieur le Maire et Monsieur le Curé. Disparus les entremetteurs et entremetteuses de mariages : les ‘’Bazhvalan’’.
Mais c’est peut-être à l’occasion des décès que la tradition est restée la plus vivante. Autrefois, avant la guerre, avant le téléphone, avant le ‘’e-mail’’, avant l’avis de décès dans le journal, l’annonce du décès était portée à la connaissance des parents proches et cousins éloignés par un émissaire à pied ou à bicyclette. Il n’y avait pas ou peu de voitures. Les seules voitures existantes appartenaient aux médecins, sages –femmes, et gros négociants.
L’émissaire se présentait chez le destinataire en annonçant :’’je suis venu vous apporter une mauvaise nouvelle’’. Il fallait parfois le dire en breton : ‘’kelou fall a zo ganin’’, ce qui signifie littéralement ‘’il y a une mauvaise nouvelle avec moi ’’, et en bon français: je suis porteur d’une mauvaise nouvelle.
Pendant ce temps, le défunt faisait l’objet d’une toilette mortuaire effectuée à son domicile, par les voisins et amis. Lavé, rasé (dans le cas d’un homme), le décédé était allongé sur le lit, revêtu de ses plus beaux vêtements, mains jointes et entrelacées autour d’un chapelet. Un rameau de buis ( datant si possible de la bénédiction des rameaux), trempant dans une soucoupe contenant de l’eau bénite, était déposé sur la table de nuit et servait aux visiteurs pour la bénédiction du corps. Un proche se rendait également à l’église paroissiale quérir les croix, dont le nombre et la qualité variaient selon la classe des obsèques : 1ère classe, croix d’or, 2ème classe croix d’argent, 3ème classe croix de bronze.
Les visites des proches et amis duraient toute la journée, certains venant de loin, à pied ou en char à bancs à la campagne. Il convenait alors de prévoir une collation, généralement dans la pièce à côté de celle occupée par le défunt, car la route creuse. C’est aussi dans cette pièce que se faisait la collecte d’argent destiné aux services et messes, dont la liste était lue à l’église à la fin de la cérémonie. Pas question donc de se faire remarquer en faisant l’économie de l’argent d’une messe, ce qui n’aurait pas manqué d’être repéré et souligné par tous les observateurs attentifs guettant les faux-pas pour mieux les colporter ensuite. Par contre, recommander une messe était aussi considéré comme l’expression d’un témoignage d’amitié à l’égard de la famille.
La veillée funèbre avait lieu à partir de 20 heures. Une récitante, parfois pleureuse, récitait les prières et faisait répéter les dizaines de chapelet pour le repos de l’âme du défunt. (on peut consulter à ce sujet l’ouvrage ‘’Pedennou evit eun noz-veilh gant eun den maro’’, prières pour une veillée funèbre. Ce livre a reçu l’imprimatur en 1953. On pourra y lire :
‘’En ano an tad , ar mab, hag ar spered santel’’
Au nom du père , du fils et ……..
Et plus loin :
‘’Lavaromp eur bater hag eun Ave Maria evit…’’
Disons un Notre Père et un je vous salue Marie pour…

Les récitantes étaient cataloguées et appréciées selon leur talent à faire participer l’assistance, ainsi que leurs intonations parfois un peu théâtrales et même exaltées dans certains cas. Il faut bien considérer que cela se situait à une époque de prééminence de la religion et d’expression de la foi, sans ambiguïté. Mettre tout son cœur dans la récitation de prières était une forme de participation à l’accession du défunt au paradis.
La veillée funèbre était , une fois de plus, suivie d’une collation, le café, dans la pièce à côté où officiaient les voisines de service. Dans certains cas, il s’agissait même d’un repas complet car les plus proches devaient rester toute la nuit pour tenir compagnie au mort et sa famille.
Le lendemain, mise en bière et cortège funèbre jusqu’à l’église. A cette époque, les prêtres venaient à domicile pour une dernière bénédiction avant la fermeture du cercueil Le corbillard à pompons, tiré par un cheval drapé de noir, recevait le défunt porté par les amis et voisins. Les enfants du quartier, tenant des cierges, encadraient le corbillard qui se dirigeait alors vers l’église, en procession ouverte par les prêtres chantant les litanies de circonstance, auxquelles les enfants de chœur répliquaient par les répons. Vêtements noirs pour tous les proches, sans oublier la grande cape des veuves et sœurs du défunt : le ‘’mantelet’’ .
Aujourd’hui la mort : ‘’Ar Maro’’, s’est banalisée, aseptisée si l’on peut dire. Les morts reposent rarement chez eux. Ils sont soit à la morgue des hôpitaux, soit dans des locaux adaptés, où les entreprises spécialisées (pompes funèbres), pratiquent les soins relevant de la thanatopraxie. Les déplacements sont effectués en voitures, et les cérémonies religieuses de plus en plus limitées à une simple bénédiction, sans eucharistie et communion. Il est vrai que de nombreuses cérémonies d’obsèques religieuses sont effectuées au profit de défunts non pratiquants de leur vivant. J’aurais tendance à appeler cela ‘’tamponner le passeport’’, car après tout, ‘’cela ne coûte pas grand chose’’ et ‘’on ne sait jamais, des fois que… après tout…’’ !!
L’incinération se répand au détriment des cérémonies au cimetière et des entreprises de monuments funéraires. Sans compter que l’on peut imaginer des cérémonies d’obsèques à caractère religieux , dirigées exclusivement par des laïques, faute de prêtres, espèce en voie de raréfaction et peut-être à court terme de disparition, tout au moins en France profonde, donc en Cap-Sizun.
Certains aspects de la tradition perdurent néanmoins, par exemple le regroupement des familles devant la porte d’entrée de l’église pour accueillir le cercueil. Or, très souvent, ces familles n’ont plus d’existence relationnelle. Elles n’existent plus que sur le papier, chacun s’étant réfugié dans son isolement devant son téléviseur. Il est reconnu que la télévision a brisé les liens familiaux et les relations de voisinage. L’enterrement est donc l’occasion de revoir des cousins perdus de vue depuis longtemps et avec lesquels on n’a plus de rapports. Mais, il faut sauver les apparences, avec une certaine hypocrisie, et entourer la famille proche pendant la cérémonie. Après, chacun pour soi bien entendu.
Le café d’enterrement existe toujours. Il n’est plus servi à la maison mortuaire comme autrefois, mais au ‘’bistrot’’ du coin. Belle occasion pour revoir tout le monde, et trinquer, en attendant le prochain décès. Evidemment, certains sont venus de loin. Il faut certes les remercier et le cas échéant les réconforter. On peut tout de même se demander quelle est la part exacte du recueillement et du chagrin en ces circonstances. Ne dit-on pas que les grandes douleurs sont muettes ? Mais les cérémonies dans l’intimité n’ont pas encore pignon sur rue. Un bel enterrement est celui qui remplit l’église. Un enterrement ordinaire est celui dont on dit qu’il n’y avait pas grand monde. Poids de la tradition, poids des habitudes, sans compter le ‘’qu’en dira t’on’’ ?
°°°°°°
D’autres traditions sont encore très présentes, même si elles n’ont plus la force d’antan. Il faut citer en particulier les pardons. Il n’y a pas dans le Cap de grands pardons comme à Sainte Anne d’Auray, Sainte Anne La Palud, ou Notre Dame du Folgoët par exemple. Mais chaque église paroissiale a son pardon, héritage du passé. Fête religieuse avec messe, vêpres, procession et bénédiction du Saint-Sacrement le cas échéant.
Les chapelles sont un des joyaux du Cap. Chaque chapelle a aussi son pardon, qui concerne une partie des paroissiens, ceux qui résident dans un certain rayon autour de la chapelle. C’est ainsi que CLEDEN se partage entre Saint They, Saint Tugdual, Saint Tremeur et Notre Dame de Langroas. Autrefois, une fête profane, parfois foraine, se tenait à proximité. AUDIERNE a gardé l’habitude. C’est ainsi que le pardon d’AUDIERNE, c’est à dire la fête foraine et le feu d’artifice font l’objet chaque année d’un article dans la presse, où il n’est jamais question de cérémonie religieuse, ce qui a tendance à indisposer les membres du clergé. En effet, la fête foraine était autrefois complémentaire de la fête religieuse. Les musiques profanes s’arrêtaient pendant les processions. Aujourd’hui, le pardon est pour beaucoup de gens une fête profane, à une certaine date sur le calendrier, on ne sait pas trop pourquoi. Mais, c’est peut-être aussi la même chose pour d’autres évènements qui correspondent à des jours chômés et fériés sans que l’on sache exactement ce qu’ils représentent . En fait, dans beaucoup de cas, le pardon a perdu son sens originel. Je consacrerai le chapitre suivant aux chapelles, mais je dois déjà dire, au risque de répéter, que si elles sont aujourd’hui le joyau du Cap, le mérite en revient aux associations qui se sont chargées de leur restauration. C’est pourquoi, des tentes sont encore dressées le jour du pardon près des lieux de culte ; les bénévoles y organisent des loteries, tombolas, et même des dégustations de produits locaux, pour collecter un peu d’argent destiné à l’achèvement des travaux de restauration.
Que seront les pardons demain ? Comment faire des cérémonies religieuses sans prêtre ? Je n’ai pas la réponse.
Quant au far breton, dessert traditionnel du pardon : ‘’farz riz’’, far de riz, ou ‘’farz bleud’’ far de froment, ils ne sont plus cuits dans les grandes terrines en grès, au four du boulanger. L’électricité est là, chaque foyer est autonome. Disparue aussi la tournée des maisons du quartier pour déguster le far, disparu le ‘’Koste Pen’’ de la tradition, servi comme un plat royal et offert aux proches le jour du pardon ou le jour de l’an. ( tête de cochon cuite au four). On trouve ce plat chez les traiteurs, c’est un plat à touristes !!
En conclusion on peut dire que la modernité a aussi atteint le Cap. Certes les traditions sont encore présentes en certaines circonstances, particulièrement à l’occasion des décès. Mais tout évolue et le Cap n’y échappe pas. On aime, on n’aime pas, chacun est libre d’apprécier ou de réprouver, mais il faut s’y faire. Pour ma part, je crois qu’il ne faut pas confondre habitude et tradition. L’habitude est une disposition acquise par la répétition. Elle peut être bonne ou mauvaise, et dans cette hypothèse il faut sans hésiter la changer, voire la supprimer. Tel est souvent le cas chez les enfants au cours de l’éducation. La tradition est la transmission d’une doctrine, d’une légende, mais aussi de coutumes ancestrales. Les traditions très respectées dans les écoles militaires où j’ai été formé, sont justement respectables par égard aux Anciens. En matière de religion, les traditionalistes qui ne veulent aucun changement sont regroupés sous une certaine bannière. Ce n’est pas le cas du Cap. Sans nier le petit côté de superstition qui s’attache à certaines traditions particulièrement dans le domaine religieux, je pense qu’il faut peut-être laisser les choses évoluer toutes seules et tranquillement, plutôt que de tailler dans le vif. Plus personne ne croit aux vertus de la clef de Saint Tugen et son pouvoir en cas de rage. Faut-il pour autant la supprimer, tant elle que son contexte, alors qu’elle rapporte un peu d’argent à l’association du patrimoine ? A chacun son point de vue. Le mien va vers le respect de la tradition, et tant pis si je me trompe, car nul n’a la science infuse, ni moi, ni personne .

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A Suivre Ma Bro Hirio suite 5






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8 juin 2006 4 08 /06 /juin /2006 22:05

Ma Bro Ar C'Hap Hirio suite 5


45- Patrimoine religieux : églises, chapelles
(références : nouveau répertoire des églises et chapelles du diocèse de Quimper-
René Couffon- Alfred le Bars)

°°°°°° 

Le patrimoine religieux du Cap pourrait , à lui seul, faire l’objet d’un volume. Je ne pourrai donc étudier dans ce chapitre toutes les églises paroissiales, toutes les chapelles, tous les calvaires et autres fontaines. En conséquence, je me limiterai en disant que chaque paroisse dispose au moins d’une église paroissiale ( 2 à AUDIERNE : St Joseph et St Raymond, 2 à CONFORT-MEILARS). Le Cap possède en outre une vingtaine de chapelles, inégalement réparties dans les paroisses, donc les communes. Il faut y voir un héritage exceptionnel, témoignage de la foi de nos ancêtres. J’ai déjà tenté d’expliquer ce point particulier. De nombreuses chapelles sont ouvertes au public pendant la saison touristique. Plusieurs d’entre elles ont fait l’objet d’une brochure explicative que l’on peut se procurer auprès des associations. Je n’ai pas l’intention de les concurrencer. Mon exposé sera donc volontairement synthétique, et par ordre alphabétique des communes.

451- AUDIERNE

Il n’y a pas de chapelles (Audierne = 294 hectares), mais 2 églises : l’église Saint Joseph qui fait fonction d’église paroissiale, et que je ne présenterai pas car elle est relativement récente, et l’église Saint Raymond. Les gens de ma génération y ont vécu les retraites de première communion, et connu la bibliothèque paroissiale installée dans la sacristie de cette église désaffectée du culte à l’époque. (la sacristie n’existe plus).
D’après l’Abbé Jadé, aujourd’hui disparu et bien connu des audiernais pour sa culture et ses autres qualités, cette église aurait été construite aux environs de 1.450. L’Abbé a travaillé et fait de recherches, en liaison avec Roger Gargadennec , le lettré de Pont-Croix féru d’histoire locale. Ils ont diffusé une brochure sur ce sujet. Toutefois, le répertoire cité en référence, situe la date de construction du chœur en 1607. A l’époque, AUDIERNE n’était ni commune (inexistantes), ni paroisse, seulement une trève de la paroisse d’ESQUIBIEN . (Audierne est devenu commune en 1790 comme nous l’avons déjà dit, et paroisse en 1801, à la signature du concordat par Napoléon 1er).
Les chercheurs disposent de peu d’archives pour effectuer leurs recherches. On peut cependant considérer que l’église a été construite sur les douves de l’ancien ‘’CASTEL’’, vestiges d’un camp romain vraisemblablement. Elle est dédiée à Saint Raymond Nonnat, qui mourut cardinal en 1240. Antérieurement, jusqu’au milieu du XVIIème siècle, le saint patron reconnu était ‘’Sant Rumon’’, saint irlandais.
Job an IRIEN, ecclésiastique, érudit, et bretonnant, a écrit le cantique dédié à Sant Rumon , en 1992 .
Kantik Sant Rumon


Aotrou Sant Rumon……….Monsieur Saint Raymond
C’hui eo or Sant Patron……….Vous êtes notre Saint Patron
Selaouit or peden ………. Ecoutez notre prière
Bennigit tud Gwaien ………. Bénissez les gens d’AUDIERNE


Soulignons que l’église paroissiale d’AUDIERNE porte le nom de Saint Joseph, mais que le saint patron est Saint Raymond. Le pardon a lieu chaque année , le dernier dimanche du mois d’août. A cette occasion, l’office religieux est célébré dans la ‘’vieille église’’.
Je crois avoir déjà parlé d’une autre chapelle dans le chapitre consacré au couvent des capucins. Il s’agit de la chapelle Saint Nicolas de l’ancien couvent. Elle est aujourd’hui détruite. Notons encore que l’église Saint Raymond est classée monument historique. En conséquence, son environnement bénéficie d’un périmètre protégé dans un rayon de 500 mètres. Cette limite qui impose l’observation de certaines règles, particulièrement en matière d’urbanisme, est souvent à l’origine de polémiques, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de la commune. Cela peut aller jusqu’à opposer une commune à une autre (Audierne et Plouhinec). Au delà de cette limite, tout semble permis à certains individus non concernés par les règles élémentaires d’un respect minimum de l’environnement. En fait, cela se passe dans une très grande indifférence, justifiée sans doute par des raisons peu avouables qui ne vont pas dans le sens d’un exercice convenable de la responsabilité Mais j’en ai déjà parlé aussi. Je ne dirai donc rien de plus sur le patrimoine religieux d’AUDIERNE, puisqu’on en a vite fait le tour, dans les 294 hectares de la commune.

452 – BEUZEC Cap SIZUN – ( BEUZEC Ar C’HAP )


L’église paroissiale: Notre Dame de la Clarté, dédiée à Saint Budoc, est du XVème siècle. La tour est une imitation de la cathédrale Saint Corentin (Quimper), et le beffroi abrite une cloche datant de 1756. Quant au porche de la façade sud, il est tout simplement superbe, tout comme l’intérieur de l’église et son mobilier.
Tous les ans, à la mi-août, les beuzécois s’unissent ; toutes tendances confondues, pour organiser la fête des bruyères, sur le site de ‘’Kastel Koz’’, la pointe du château. La réputation de cette fête a largement dépassé les limites géographiques locales. A cette occasion, une messe est célébrée à l’église Saint Budoc devant une assistance nombreuse. Les capistes du cru, et même les vacanciers sont ravis d’entendre les chants et cantiques traditionnels interprétés en breton au cours de cette cérémonie.
Mais BEUZEC possède aussi des chapelles.

Chapelle de saint Conogan

 


Datant du XVIIème siècle, elle est située à Lescogan, au sud de la pointe du Millier.

Cantique
Sant Konogan, or zant patron
Mirit or feiz, en nerz kalon

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Saint Conogan, notre saint patron
Gardez notre foi, de grand coeur



Chapelle de Sainte Espérance : Sanspé  




Dédiée à Sainte Espérance elle est située dans un vallon , au village de Sanspé, sur la route reliant BEUZEC à la D765.. En breton on dit ‘’chapel Sant-Spez’’. Sa construction remonterait au XVIIème siècle.
Cantique
Pedom oll gand fizians
Gwerhez an Esperans
Prions tous avec confiance
La vierge de l’espérance

°°°°°°
Il faut citer aussi les chapelles détruites : celle de Lochrist ( son clocher a été réutilisé à l’église de GOULIEN), celle de Sainte-Brigitte à Lannuign, reconstruite à ESQUIBIEN (autrefois dédiée à Sainte-Brigitte de Kelldan, sœur de Saint Tugen, elle est devenue Sainte Brigitte d’Upsala après son transfert) , celle de Saint-Tudy à Trénaour (invoqué pour les rhumatismes), et celle de Saint-Brieuc, près de ‘’Kastel Koz’’.

453 - CLEDEN- CAP- SIZUN – ( CLEDEN AR C’HAP)

L’église Saint-Clet, église paroissiale est du XVIème siècle. Elle était autrefois dédiée à Saint-Cleden.. Très belle à l’extérieur, elle est également superbe à l’intérieur. Je ne m’y étendrai pas, car CLEDEN détient avec PLOGOFF, le record de chapelles sur son territoire, à savoir : Saint-They à la pointe du Van, Saint-Tugdual situé sur la route reliant le bourg à la Baie des Trépassés (au village de Trouzent), Saint-Tremeur sur la route reliant le bourg à la plage du Loch (au village de Trouguennour), et enfin Notre Dame de Langroas située sur la D43 reliant CLEDEN à GOULIEN, à l’entrée de la route du village de Brezoulous, très connu aujourd’hui grâce à Daniel Bernard, l’érudit local, statufié pour la postérité près de la chapelle.
J’ai déjà dit que je ne présenterai pas toutes les chapelles. Mais je signale que l’on peut en consulter quelques unes, sur le site internet réalisé par mon ‘’photographe’’ déjà cité Loïc Dagorn : http : www.Cleden-Cap-Sizun.com . Ma présentation sera donc sommaire.

Chapelle de Saint-They



Cantique


Aotrou Sant They, Ermit santel
Ni a esper , gand ho skoazell
Chom da zoue bepred fidel

SaintThey, notre saint ermite
Nous espérons avec votre aide
Rester toujours fidèles à dieu


Classée monument historique depuis 1914, la chapelle est bâtie dans un cadre grandiose : la pointe du Van. Le site est, hélas, vulnérable, victime de l’érosion et rongé par la mer . Il faudra peut-être un jour effectuer des travaux de consolidation de la falaise, haute de 70 mètres à cet endroit .
On dit que Saint-They serait venu d’Angleterre au VIème siècle, très exactement de Cornouaille anglaise (Cornwall), où il était connu sous le nom de Saint-Day. En fait, on sait assez peu de choses sur lui. Il serait un disciple de Saint-Guénolé, fondateur de l’abbaye de LANDEVENNEC . D’autres chapelles érigées à la dévotion de Saint-They existent à SAINT-SEGAL, RIEC, PLOUHINEC, POULLAN.
La chapelle actuelle a été construite au XVIème siècle, à l’emplacement d’une autre chapelle tombée en ruines.
L’association de sauvegarde a publié une brochure à laquelle on peut se reporter pour connaître plus de détails tant sur l’intérieur que l’extérieur. Cette chapelle fait partie d’un patrimoine exceptionnel. Le pardon a lieu chaque année le premier dimanche de juillet : messe et vêpres. A l’issue des vêpres, l’assistance, précédée de ses enseignes : croix et bannières se rend en procession au bord de la falaise où se déroule la cérémonie de la bénédiction de la mer.
Personne ne peut rester indifférent, tant à l’aspect traditionnel de la cérémonie, qu’à la manifestation de l’expression d’une foi religieuse transmise par les Anciens. Le capiste accepte sans rechigner les caméscopes de la modernité qui enregistrent les processions, mais rien ne dit qu’il accepterait le manquement d’égards à cette forme de sa culture. L’expression ‘’touche pas à…’’ est toujours à la mode. Ici, elle pourrait se traduire comme suit :
‘’Touche pas à mes cantiques, ils font partie de mon héritage, tout comme le Cap-Sizun !!’’

°°°°°°
On prétend que la cloche de Saint-They sonnait d’elle-même pour avertir les barques en danger, de se mettre sous la protection du saint. Un jour, la flotte du roi de France était poursuivie par une flotte ennemie. La cloche se mit à tinter. L’Amiral de France répondit à cet appel, et dirigea ses vaisseaux dans la Baie des Trépassés, au pied de la falaise sur laquelle est érigée la chapelle. L’ennemi voulut les y suivre, mais un courant contraire prit ses navires et les entraîna dans le Raz où plusieurs frappèrent les écueils. Les autres furent dispersés au large.

N’est-elle pas belle cette légende ? En voici d’autres !

La légende de CONOMOR

Cruel et sans pitié, ce Barbe-Bleue breton obtint de sa femme Typhine 2 fils : They et Tremeur. Un jour, dans un accès de folie, il les décapita ;
They et Tremeur prirent alors leur tête sous le bras, et rejoignirent un canot qui les attendait à la côte. Saint-They, voulant disposer de ses deux mains pour manœuvrer la frêle embarcation, remit sa tête à son emplacement originel, et miracle, celle-ci reprit immédiatement vie. Par contre, Saint-Tremeur, gêné par le vent et les vagues, ne parvint pas à réaliser le même exploit que son frère (on représente Saint-Tremeur portant sa tête dans ses mains). La forme la plus ancienne du nom de Saint-Tremeur est Dremore.
Leur traversée se termina à PORZ Ar ZENT, une petite anse du Cap-Sizun.

Bien-sûr, vous n’y croyez pas !! Allez donc voir le site internet cité précédemment !!



Chapelle de Saint-Tugdual



Cantique

O Sant Dual or patron mad
En or parrez ni’zalh an had


O saint Tugdual , notre bon patron
Dans notre paroisse nous gardons la foi


Juste un mot pour dire qu’elle fut construite en 1772, à l’emplacement d’une autre chapelle plus petite. Au temps des moulins à vent, on balayait la chapelle pour que le vent se lève et fasse tourner les ailes. Ceci a donné naissance à un dicton local :
Troc’ha an ed du araog sant dual……. Couper le blé noir avant la fête de saint-Tugdual
Gant aon e iaffe gant an avel…….De peur que le vent ne l’emporte

Le pardon a lieu le 2ème dimanche du mois d’août.

°°°°°°
Chapelle de Saint Tremeur





Cantique

O Sant Tremeur deit omp hirio
D’ho enori en ho chapel

O Saint Tremeur, nous sommes venus aujourd’hui
Vous honorer d ans votre chapelle


Sise au village de Trouguennour, entre CLEDEN et la plage du Loch, la chapelle de Saint Tremeur date de 1538 (XVIème siècle). Elle est également dédiée à Saint Gildas.
La porte du tabernacle a été volée, aux environs de 1965, par quelqu’un qui, une fois encore , ne respectait rien. C’est bien dommage !!

°°°°°°



Notre Dame de Langroas





Cantique


Itron Varia Langroaz, mam garet or zalver
Holl, d’ho chapelig bep bloaz, ni a zired seder

Notre Dame de Langroas, mère aimée de notre sauveur
Tous, dans votre chapelle chaque année
Nous sommes sereins


Elle est dédiée à Notre Dame de la Pitié, représentée par une statue du XVIème siècle. Son calvaire de Roland Dore, qui a été déplacé en 1922, porte les armes de René de Keridiern et de Marie de Kerivon, mariés en 1620.
Mais, là encore , il y a une légende .

La légende de Katel Kerlaer
(d’après Hyacinthe Le Carguet, déjà cité)

Un jour, Katel Kerlaër, mendiante de PLOGOFF, entre dans la chapelle de Langroas pour faire ses dévotions. Elle s’agenouille devant un groupe de personnages, aperçoit un hibou posé sur la tête de l’un d’eux, le prend pour un saint, et lui débite la prière en ces termes :

Gant ho fri croc hag ho ivinou………Avec votre nez crochu et vos griffes
Pardonnit d’eon va fec’hejou………Pardonnez moi mes péchés

Cette Katel Kerlaër était réputée comme une ‘’jeteuse de sorts’’ (Drouk-Avis, mauvais œil), dont les sortilèges avaient terrifié la population. Un nuit, pour s’en débarrasser, on mit le feu à sa masure, et la vieille sorcière y fut brûlée vive.

PAGANISME ?? Très certainement !! Mais

‘’Touche pas à mes cantiques tout de même’’ !!

°°°°°°

Il faut signaler aussi les chapelles détruites : Saint Guénolé à Lanzullien, dont il ne reste que des ruines. La fontaine, datée de 1788, subsiste. On la nomme parfois Feunteun ar C’hilou, la fontaine des sangsues .
La chapelle du manoir de Kerazan était dédiée à Saint Sébastien. Elle n’existe plus, ayant été démontée aux environs de 1980. Les pierres ont été transportées à PONT-CROIX. J’ignore ce qu’elles sont devenues.




453 – CONFORT- MEILARS


Depuis 1910, la chapelle de Notre dame de Confort a remplacé l’église de MEILARS, dédiée à Saint-Melar, comme église paroissiale.
Elle fut bâtie entre 1528 et 1544 par Alain de Rosmadec et son épouse Jeanne du Chastel. Outre le mobilier du XVIIIème siècle, les vitraux et les statues anciennes qui se trouvent à l’intérieur, il faut signaler un élément assez rare : la roue à carillons qui était mise autrefois en service à la messe, pendant le Gloria. Il s’agit d’une roue en bois, garnie de 12 clochettes, que l’on peut faire tourner.
Les Anciens conduisaient à CONFORT les enfants qui éprouvaient quelques difficultés à trouver la parole : une prière, un tour de roue, une prière !! L’histoire ne donne pas le taux de réussite ni les statistiques des résultats obtenus par ce traitement. Mais, il faut peut-être se souvenir que nos pères n’avaient ni l’instruction, ni les techniques médicales d’aujourd’hui. Seulement la foi, avec peut-être un brin de superstition. Qu’importe puisque c’est à eux que nous devons ce que nous sommes, pour le meilleur comme pour le pire.
La calvaire situé à l’entrée date du XVIème siècle. Les statues anciennes furent détruites à la révolution. Les remplaçantes datent de 1870.

Calvaire de Confort



(photo collection personnelle de l’auteur)
Cantique de Notre Dame de Confort

Gant hor mistri, gant hor rener....................Avec nos maîtres, avec nos chefs
Holl d’ho chapel o mamm dener.............Tous à votre chapelle o tendre mère

Eglise Saint-Melar




Cantique

Kanom, Kanom,A greiz Kalon
Kantik Sant Melar, or Patron

Chantons, chantons de grand cœur
Le cantique de Saint Melar, notre Patron


Comme écrit ci-dessus, cette église n’est plus paroissiale depuis 1910. Cependant, certains indices permettent d’imaginer que la construction remonterait au XIIIème siècle. (porte ouest). Certains éléments sont beaucoup plus récents (clocher : 1837), chœur 1771. Le cadran solaire date de 1784.
A Meilars aussi, d’autres chapelles ont existé autrefois : La chapelle Saint Jean Baptiste, près de Kerscao (démolie en 1928), et la chapelle Saint-Marc qui se trouvait dans le même enclos que la chapelle Saint-Jean.


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454 – ESQUIBIEN


Dédiée à Saint-Onneau, cette église paroissiale date de la seconde moitié du XVIème siècle et a été remaniée au XVIIème siècle. Sa façade ouest est de la même famille que PLOUHINEC, CONFORT, Saint Tugen, CLEDEN et PLOGOFF. N’oublions pas qu’AUDIERNE fut trève d’ESQUIBIEN, avant de devenir paroisse en 1801 (concordat).
Saint-Onneau aurait débarqué à Treiz Goarem , en provenance de Grande Bretagne pour s’installer à Kannaek aujourd’hui disparue (ensevelie sous les sables en 1111). La chapelle portant ce nom a disparu, de même que la fontaine qui rebâtie en 1648, n’existe plus non plus.


Chapelle de Sainte Brigitte





La chapelle de Sainte-Brigitte est située au village de Landuguentel

Nous savons qu’il s’agit d’un transfert de BEUZEC (Voir Beuzec à ce sujet), et qu’elle est dédiée à Sainte Brigitte d’UPSALA. D’après Hyacynthe Le Carguet (déjà cité), la chapelle était antérieurement dédiée à saint Brigitte d’Irlande. Le transfert a eu lieu en 1651. Le responsable du changement de sainte patronne est Jean Le Bis, recteur d’ESQUIBIEN.
On dit que Brigitte était une vierge irlandaise, abbesse de KILDARE, née en 452 ou 456, morte en 524.Certains affirment qu’elle a pris la place de Brigit, ancienne déesse d’Irlande. Selon la tradition, on trempait autrefois dans la fontaine les linges des bébés ou la chemise de la mère. Invoquée par les femmes en couches et par les mères qui allaitaient, elle serait aussi la patronne des bêtes à cornes.
L’autre Sainte Brigitte est née en Suède en 1302 et décédée en 1373 . On la considère comme la protectrice des épouses , des mères chrétiennes et des veuves.
Quelle est la bonne version ? Les deux ont leurs partisans !!

Chapelle de Sainte Edwette

Il n’y a pas, à ma connaissance , de cantique dédié à Sainte Edwette. Le jour du pardon, les fidèles chantent : Intron Varia ar mor
cantique de Notre Dame de la mer
Kerz eta bagig vihan
Dindan dourn ar verc’hez
Intron Varia ar mor
A ziouallo Kalonek martoloded an Arvor
Va donc petit bateau
Sous la main de la vierge
Notre Dame de la mer
Gardera les courageux matelots de l’Arvor


Située au lieu dit Landrevet, à l’extrémité ouest de la plage dite d’AUDIERNE, elle date de 1743. On ne sait pas grand chose sur Sainte Evette qui fut peut-être une druidesse convertie, allant prier sur une roche dite ‘’menhir’’ de Pors Péré. D’où, éventuellement son nom : Santez Erven, sainte de la pierre. Alors, quand on n’est pas formel, il faut faire confiance à la poésie.


La légende de Sainte Evette

Nos Saintes et Saints sont parfois plusieurs de la même famille. Ainsi, nous avons vu, dans la légende de Conomore, que Saint They et Saint Tremeur sont frères, ayant donc une mère commune Typhine. Qu’en est-il de Sainte Evette ?
Une grande incertitude entoure son nom : Desmeta, Dumata, Demat, Demet, Devet ou Edwett, et même peut-être Erven , sainte de la pierre.
La légende la fait naître en Grande Bretagne, d’où elle part avec Sainte Ursule, pour aborder avec son frère Saint Demet, en Bretagne Armorique. Le navire qui les transporte fait naufrage et tout l’équipage périt. Dieu recueille dans sa main le frère et la sœur, et les dépose sur le rivage à PENHORS. Le pays étant désert, ils décident d’y bâtir un ermitage. La cabane presque achevée, Saint Demet reçoit une révélation : la règle de la sainteté ne permet pas qu’un saint et une sainte restent sous le même toit pour faire pénitence.
Saint Demet ordonne alors à sa sœur :
« Va, pars et demeure en un lieu où, le soleil se levant au dessus de mon ermitage, te verra chaque jour en prière, et se couchant au dessus de ton ermitage, apercevra le seuil de ma cabane »

An heol ho sevel divar treujou va zi,
Da velo, bemdez e pedi
A pa guso divar treujou da di
A velo treujou va uni


Sainte Evette monte dans une auge de pierre (souvenons-nous du vaisseau de Saint Conogan à BEUZEC), joint les mains et lève les yeux au ciel. Aussitôt l’auge se met en mouvement, traverse la baie, et s’échoue à l’endroit où se trouve aujourd’hui la chapelle. La sainte débarque, l’auge vogue vers le large et s’enfonce près d’une bosse appelée ‘’ le Sillon’’ (an Ero), ( situé au sud de la digue brise-lames qui protège actuellement l’avant-port d’Audierne, sur laquelle est mort mon père en 1941. Ce lieu-dit est bien connu des pêcheurs-plaisanciers).
Après avoir bâti sa cabane, la sainte se retire au village de Legueriou (tout à côté), et passe ses journées en prières sur une roche qui porte la marque de ses genoux, la marque de son chapelet pendu à la ceinture, et la marque de sa main droite sur laquelle elle s’appuyait en cas de fatigue.
Saint Demet mourut et devint le Saint Patron de PLOZEVET.
Sainte Evette est la protectrice des pêcheurs, mission reçue de dieu, en mémoire de son naufrage.
Autrefois, la chapelle était un lieu de pèlerinage pour les marins rescapés d’un naufrage. Portant leurs vêtements du naufrage, après s’être mouillés dans la mer jusqu’à la ceinture, ils faisaient neuf (9) fois le tour de la chapelle. On y disait la messe des noyés pour les marins retrouvés, et on faisait la ‘’neuvaine des disparus’’ pour que les cadavres reviennent à la côte, afin de recevoir une sépulture en terre bénite.
La légende dit encore que la construction initiale de la chapelle commença près de l’actuel calvaire. Mais, les travaux exécutés le jour, étaient détruits la nuit, et les pierres transportées auprès de la mer , à son emplacement actuel. C’est ainsi que l’on sut que la sainte voulait être honorée à l’emplacement sur lequel elle avait débarqué.
La statue de Sainte Evette représente la sainte au front ceint de 3 couronnes :
La couronne des princesses
La couronne des vierges
La couronne des martyrs

Cette statue,volée une première fois, il y a environ 60 ans, avait été retrouvée dans un appartement parisien (vol pratiqué par des touristes). Elle a disparu une 2ème fois en 1998, et n’a pas été retrouvée à ce jour. Une copie remplace l’original dans la superbe fontaine.








Calvaire de Sainte Evette

(Photo collection personnelle)















 

 

 

Fontaine de Sainte Evette


(photo collection personnelle)

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Alors ‘’grincheux’’, tu les trouves comment mes légendes ? J’entends bien , ce sont des légendes !! Et alors !!

Touches pas à mes légendes non plus !!

Elles sont, comme mes cantiques, une partie de mon héritage !!

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6 juin 2006 2 06 /06 /juin /2006 09:14

Ma Bro Ar C'Hap Hirio suite 6

456 – GOULIEN

église Saint -Goulven ou Saint -Goulien

Je ne suis pas en mesure de dire quel est le vrai nom du saint patron de GOULIEN. J’ai sous les yeux, un exemplaire ancien du cantique dédié à Sant GOULIEN (imprimatur à Quimper le 9 février 1904- F. Corrigou, vicaire général). Par ailleurs, on parle de la cloche de Saint-Goulven qui aurait des vertus particulières : guérison des maux de tête.
Saint-Goulven, serait un ancien moine celte, devenu cinquième évêque de Léon. Après tout, Saint-Goulien et Saint-Goulven sont peut-être un seul et même personnage.
La superbe église de la paroisse de mes racines date de la première moitié du XVIème siècle. Elle se trouve au centre du village. Son clocher provient de la chapelle de Lochrist en BEUZEC.( transférée et reconstruite à ESQUIBIEN : chapelle Sainte-Brigitte ).
Autrefois, le cimetière, dans lequel se trouvait la tombe de mes ancêtres maternels, était situé autour de l’église. Actuellement, il se trouve au sud-est du bourg, près de la mairie.
Petite remarque, (tant pis pour les répétitions) : le célèbre cantique ‘’Da feiz hon Tadou Koz’’ a été écrit à GOULIEN en 1906 par l’Abbé Abjean, vicaire de la paroisse. Le premier titre de ce cantique était : ‘’Dalc’homp D’hor Feiz’’ , gardons notre foi.


Cantique de Saint Goulien

Meulom hor patron sant Goulien……….Louons notre patron Saint-Goulien
‘Zo evid-omp eun eienen………Qui est pour nous….


Chapelle de Saint Laurent


Cantique

Intron Varia Kelou mad
Klevit mouez ho pugale

Notre dame de Bonne nouvelle
Entendez la voix de vos enfants


Cette chapelle est connue sous plusieurs noms : Saint-Laurent de Lannourec, du nom du village où elle se situe, et Notre Dame de Bonne nouvelle à laquelle elle est également dédiée.
Saint-Laurent est né en Espagne au début du IIIème siècle. Il vint à ROME, où le Pape Sixte lui confia la gestion des biens de l’église.
L’empereur Valérien persécutant les chrétiens, emprisonne le Pape qui demande à Saint-Laurent de distribuer les biens au peuple. Les autorités romaines veulent mettre la main sur le trésor papal. La pape est condamné à mort, et Laurent arrêté, fouetté, roué de coups et attaché à un carcan . Il est finalement lié sur une grille au dessus de charbons ardents. C’était le 10 août 258.
Le pardon de Saint-Laurent a lieu le dimanche de la Pentecôte.
La croyance populaire attache un pouvoir particulier à ce lieu : on balaie parfois la chapelle pour obtenir la guérison de la courte-haleine, ou ‘’Berr-halan’’.
Cette chapelle était le fief des seigneurs Autret de Misserien et Lézouach. Leurs armes se trouvent sur un autel de pierre datant du XIVème siècle.
A l’extérieur, on trouve une statue sans tête ( Saint-Fiacre : la tête a été victime d’une épreuve sportive entre jeunes gens voulant prouver leur force ) et deux fontaines : une également dédiée à Saint-Fiacre que l’on invoquait pour les maladies de langueur, l’autre dédiée à la vierge . Il fallait vider la fontaine de Saint-Fiacre pour obtenir son intercession.
La longue pierre que l’on prend pour un menhir est en fait, une stèle de flagellation. Les seigneurs y faisaient lier les ‘’domaniers’’ qui n’avaient pas acquitté leurs redevances pour les fouetter.
Enfin, n’oublions pas le calvaire, tout cet ensemble étant situé dans un cadre de verdure particulièrement reposant.

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457 – MAHALON


église Saint- Magloire


En breton :Magloar



Saint-Magloar est né en Grande bretagne. Il fut élève du célèbre Saint-Ildut, comme Saint-Tugdual. Il suit son condisciple Samson en Bretagne, et lui succède comme évêque de DOL- de- BRETAGNE.
Lassé des rivalités qui opposent les seigneurs locaux, il abandonne ses fonctions épiscopales et se fait ermite. Il vit alors en ascète et sa renommée s’étend bien vite en raison de ses conseils et paroles de paix . Appelé à JERSEY, il y fonde un monastère rapidement prospère. Il y est entouré d’une soixantaine de moines qui vinrent au secours de la population jersiaise, lors des grandes famines qui sévirent dans la région.
Saint Magloire mourut en 586, à l’âge de 80 ans.


°°°°°°





(photo : collection personnelle)

Le porche occidental date du XVIème siècle et s’inspire de celui de Notre Dame de Confort, et de l’atelier de Saint-Herbot. Le cadran solaire du porche sud date de 1652, la sacristie de 1726. Quant au clocher, il fut reconstruit en 1831, après avoir été foudroyé en 1828.
Le pardon de Saint-Magloire a lieu le 3ème dimanche d’octobre.





Chapelle Saint-Pierre



Elle est située dans le hameau de Lohantec, à la sortie sud du village et date du XVIème siècle. Le pignon occidental a été reconstruit en 1718


Chapelles détruites
Chapelle Saint-Fiacre à Lanfiacre, chapelle Saint-Tugen à Lantugen, chapelle Saint-Vinoc à Stang Irvin.
Remarque : Dans le nom de village de Lantugen, on retrouve Tugen (comme le saint) , précédé de Lan que l’on retrouve couramment en toponymie : Lan et Plou qui ont donné naissance à de nombreux noms de lieux. Exemples : Landerneau, Plouhinec.


Lantugen signifie la terre de Tugen. (Lan signifie terre consacrée, monastère-cf : toponymie celtique-J.M. Plonéis).
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458 – PLOGOFF

J’ai déjà écrit beaucoup de choses sur PLOGOFF et son histoire. Cette paroisse tient aussi une très grande place dans le présent chapitre, en raison de la richesse de son patrimoine religieux.
Eglise Saint-Collodan

L’église paroissiale de PLOGOFF, située au centre du bourg, date du XVIème siècle. Elle a fait l’objet de nombreux travaux de restauration au XVIIème, XVIIIème et XIXème siècles.
Le pignon ouest est sur le modèle de Saint-Tugen. A l’intérieur, on trouve un mobilier très riche : statues, chaire à prêcher etc…
J’ai déjà dit que comme sa voisine CLEDEN, PLOGOFF pouvait s’enorgueillir de 4 chapelles ;

Chapelle de Saint-André



Située au village de Landrer, cette chapelle est la reconstruction de la chapelle du Loch, située jadis à Pors ar Zent où elle subissait la proximité de la mer. Elle date du XVI ème siècle , et a subi des modifications au XVIIème.
Une nouvelle cloche destinée à Saint-André a été baptisée en 2002, le jour du pardon deN.D. Bon Voyage.
En 2003, très récemment, au cours de travaux de restauration, on a découvert une statue de vierge à l’enfant qui daterait du XVème siècle. Les mêmes travaux ont fait apparaître une petite stèle armoricaine qui remonterait à la deuxième période de l’âge de fer, soit environ 400 ans avant Jésus-Christ. Le pardon a lieu au cours de la deuxième quinzaine du mois d’août.

Chapelle Saint-Michel



Cantique
Kristenien Lesko, otrou san tmikel
A zo direded beteg ho chapel…

Les chrétiens de Lescoff
Ont accouru vers votre chapelle…

Située au village de Lescoff, dans un très joli cadre, cette chapelle date également du XVIème siècle. Elle a été restaurée en 1770. A l’origine, elle était dédiée à Saint-Cleden, puis à Saint-
Collodan .


Chapelle Saint-Yves




Il s’agit là encore d’une chapelle déplacée,
transportée à Kerguidy en 1817.
Cette chapelle s’est fait connaître comme lieu-dit, lors de la lutte antinucléaire de PLOGOFF, car les mairies-annexes de l’enquête d’utilité publique étaient stationnées sur l’esplanade (choix contesté par une majorité de plogoffistes . Le village de Kerguidy est situé près du bourg de PLOGOFF, sur la route de la Pointe du Raz.


Chapelle de Notre Dame de Bon Voyage




Cantique
Intron Varia ar véaj vad
Hon henchit war ar mor bras
Dreist pep tra mirit hor bagig
Pa vimp ho tremen ar Raz

Notre Dame de Bon voyage
Guidez-nous sur la mer immense
Par dessus tout protégez notre barque
Quand nous passons le Raz



Superbement restaurée par une association dynamique de 1986 à 1991, la chapelle de Notre Dame de Bon Voyage et de Bon Port est construite sur la crête du village de Kergroas, à 1 kilomètre de la mer. Elle fut fondée en 1698, et son histoire est liée à celle du manoir de Kerazan en CLEDEN. Jean Baptiste de Tréanna, seigneur de Kerazan, était un homme très pieux. En danger de se noyer dans la réserve d’eau d’un moulin (non identifié), il fait promesse de construire une chapelle à la dévotion de la Sainte Vierge s’il se sort de ce piège. Il tient sa promesse et réalise son vœu en 1702-1703 .
L’emplacement de cette chapelle est magnifique. On y célèbre le pardon le 2ème dimanche de juillet (qui suit le pardon de Saint-They à la pointe du Van). Cette chapelle et son esplanade ont servi de cadre à la dernière cérémonie d’ordination de prêtres dans le Cap-Sizun , en 1988, sous la présidence de l’évêque déjà cité : Monseigneur Barbu. Furent ordonnés :
Diacre : Armand Guezingar, du Loch en PLOGOFF. Prêtres : Jean-François Gourlaouen de Lestrivin (Plogoff) et Christian Le Borgne de PRIMELIN ;
Comme beaucoup de chapelles, N.D de Bon Voyage et de Bon Port s’adresse à une population de marins. Pas étonnant donc de trouver des ex-voto comme à Saint-They.

On ne peut quitter PLOGOFF, sans évoquer la statue de Notre Dame des Naufragés, superbement dressée, face à la mer, à la Pointe du Raz . La vierge secoure un marin qui tend la main.




(photo collection personnelle)

Cantique

Itroun-varia beg ar Raz..........Notre Dame de la pointe du Raz
Dirazhoc’h e ma ar mor braz..........devant vous la grande mer
Var hon listri, var hor bagou..........Sur nos navires, sur nos bateaux
Savit ho torn leun a c’hrasou ..........levez vos mains pleines de grâces


Chapelles détruites

Chapelle de Saint-Guénolé à Laoual, et chapelle Saint-Michel près de Lescoff, détruite en 1812. En fait l’actuelle chapelle Saint-Michel est sans doute l’ancienne chapelle Saint-Cleden comme je l’ai déjà dit. Citons encore , la chapelle Saint-Maudez dont on ne sait pas grand-chose. Elle était peut-être au village de Pennéach et aurait été bâtie en 1662. Ses pierres auraient pu servir à agrandir la chapelle de Bon Voyage.

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459 – PLOUHINEC

Le territoire de PLOUHINEC se compose de deux paroisses en raison de son étendue et de sa diversité, (agricole et maritime). Il y a donc deux églises paroissiales : Saint-Vinoc et Saint-Julien, situation toute relative d’ailleurs, en raison du manque de prêtres.
Eglise Saint-Vinoc

Sise au bourg de PLOUHINEC, elle date du XVIème siècle. On y trouve les dates de 1571, 1575, et 1577. Elle est en forme de croix latine, et sa tour est imitée de celle de Saint-Corentin (Quimper). Elle a été modifiée au XVIIIème siècle.
Des fondations retrouvées, lors de la consolidation du clocher semblent indiquer qu’elle a été construite sur l’emplacement d’un monument plus ancien
Le chanoine Pérennes, déjà cité et dont nous reparlerons à propos de Saint-Tugen en PRIMELIN, a écrit une intéressante monographie sur PLOUHINEC et POULGOAZEC, en 1941. On y apprend que : 
-  l’éponyme de PLOUHINEC serait PLOE-YSINEUC au XIVème siècle, ou PLEBS-ITHINUC 
-  l’usage d’inhumer les morts dans des cercueils trop petits a été pratiqué par certaines civilisations (découverte à PLOUHINEC en 1911, de coffrets de pierre, à usage de sépultures, dans lesquels les cadavres reposaient en chien de fusil : coudes appuyés sur les genoux, bras relevés vers la face . 
-  Le mot Lescongar signifie cour de l’ermite. Sous la révolution, Marie de Kerouartz, demeurant à Lescongar, donna les grilles de l’enclos du manoir pour faire des piques et armer les sans-culottes de PONT-CROIX. Elle obtint ainsi un prix de civisme, et empêcha sa terre de devenir un bien national. 
-  à propos de l’église de Saint-Vinoc : Winoc , issu de race royale, quitta la cour pour l’évêché de THEROUANNE (actuellement Pas de Calais), et fonda un monastère appelé Bergues-Saint-Winoc. Il mourut en 716 ou 717 . 
-  A propos des naufrages : au cours de la révolution, le clergé n’était plus là pour brider les instincts populaires (d’où, pillages) 
-  Le 3 avril 1804, Monsieur Guezingar, vicaire d’AUDIERNE, écrit à l’évêché : « J’ai été appelé à voir des malades à PLOUHINEC. Il y règne une fièvre putride, maligne, des plus contagieuses ». ( Nous savons, grâce à la thèse du docteur Heurté, que PONT-CROIX a été touché par la variole ou petite vérole en 1912 . Il ne s’agit pas non plus du choléra parti de CALCUTTA en 1817. Je n’ai pas identifié cette fièvre de 1804). 
-  L’abbé Riou, recteur de Lababan, fut guillotiné le 17 mars 1794 et Monsieur Raguenez , prêtre de LANDUDEC, décapité le 13 avril suivant.
- 217 plouhinécois sont morts au champ d’honneur 
-  Un ancien recteur, Monsieur Gueguen, qui avait le culte de la tradition (pèlerinage à BERGUES aux reliques de Saint-Winoc) était très charitable. Pendant les années de disette, il distribuait des secours aux familles nombreuses de POULGOAZEC, et habillait de neuf les enfants de familles pauvres pour la communion solennelle ; 
-  Un autre recteur, Monsieur Billant, prenait pour lui le strict nécessaire. Le reste pour les œuvres et les pauvres. Tout y passait .
°°°°°°
Il m’a paru intéressant de ne pas écarter les précisions ci-dessus, bien qu’elles ne soient pas toutes à leur place dans un chapitre consacré au patrimoine religieux. Le document du chanoine Pérennes, cité en référence, est peu connu, et ces détails méritaient, à mon sens d’être cités car ils font partie de l’histoire locale.

cantique de Saint-Vinoc

O Sant Vinoc benniguet, ganet e Breiz-Izel
Hor selaouit, ni ho ped ha roit d’eom ho skoazel

O saint Vinoc béni, né en Bretagne
Ecoutez-nous, nous vous prions de nous accorder votre aide


°°°°°°

église de Saint-Julien





La version initiale date de 1681. Elle fut vendue comme bien national le 17 juin 1795 Tombée en ruines, elle a été reconstruite et agrandie en 1885-1886, avant d’être transformée en 1929. Elle se situe à POULGOAZEC, sur un point haut, dominant l’entrée du port d’AUDIERNE.
Le chanoine Pérennès nous apprend aussi que :
· L’ancienneté du port de POULGOAZEC l’emporte sur celle d’AUDIERNE, et on peut y voir vraisemblablement la ‘’Vindana Portus’’ que les anciens géographes plaçaient à l’embouchure du Goyen.
· Autrefois POULGOAZEC était un centre commercial actif (maisons en pierres de taille)
· Depuis la révolution, la chapelle Saint-Julien était en ruines. La reconstruction de 1885 s’est effectuée sur des plans du chanoine Abgrall. La bénédiction eut lieu le 16 juin 1886.
· POULGOAZEC est devenue paroisse le 2 avril 1926, par décision de l’évêque Monseigneur Duparc.

Chapelle Saint-They

Datant du XVIème siècle , remaniée au XVIIème, elle se situe dans un vallon, près du village de Kergos. On peut constater qu’elle est dédiée à Saint-They, comme Saint-They ar Van, à la pointe du Van (Cleden-Cap-Sizun). D’après le chanoine Pérennès, l’eau de la fontaine était utilisée pour soigner les rhumatismes et les petits enfants qui tardent à marcher.
Elle fut vendue comme bien national le 17 juin 1795 à Jean le Berre qui la rendit à la paroisse en 1805 .

Chapelle de Lambabu



Sise à Lambabu, elle est dédiée comme la
précédente à un saint déjà évoqué à Cleden : Saint Tugdual Elle date du XVIème siècle. D’après le chanoine Pérennès, Lambabu ou Lan-Pabu signifie chapelle, oratoire de Saint-Pabu, qui n’est autre que Saint-Tugdual, évêque et patron de TREGUIER, saint du VIème siècl

°°°°°°
Extrait de la documentation personnelle
du Docteur Jean-Pierre Perrot d’AUDIERNE


Saint-Tugdual est né en Grande-Bretagne au début du VIème siècle où son père Hoel 1er avait dû s’exiler pour fuir les armées de Clovis. Il reçoit l’enseignement spirituel et moral de Saint-Ildut.( Comme Saint Magloar de Mahalon). A la mort de son père, il est revenu en Bretagne avec sa sœur Seva et sa communauté religieuse. Débarqué en Finistère-Nord, il recherche une terre pour s’installer et reçoit un lieu appelé depuis Trebabu. A cette époque, Childebert a succédé à Clovis.
Il n’y reste guère, fonde un autre monastère à TREGUIER, et côtoie Saint-Samson, l’évêque de DOL. Nommé évêque de LEXOVIE (aujourd’hui LISIEUX), il se rend ensuite à ROME. La Pape décède pendant son séjour en Italie. Il est élu Pape contre son gré, mais renonce au trône papal par modestie. Ce serait, selon la légende, cet épisode de sa vie qui lui aurait valu l’appellation de Pabu, vieux breton signifiant Père.
Le titre de Père se donnait autrefois aux évêques. Rien ne prouve donc que Saint-Tugdual a été Pape, mais il a certainement été évêque.
Il est mort le 30 novembre 564.
D’après le chanoine Pérennès , qui se réfère également à la légende, Saint-Tugdual aurait pu porter le nom de Léon V dans la dignité papale. Son vrai nom de saint serait Tut-Gual, devenu par métathèse Tugdual.
On signale encore d’autres formes du nom : Tudwal, Tudual, Tudual, Tudal, Tutual, Tual .

°°°°°°

Chapelles détruites

Chapelle Saint-Jean de Locquéran
Ce sanctuaire a été édifié aux environs du XIème siècle par les Templiers ou les hospitaliers de Saint-Jean de JERUSALEM qui développèrent en Bretagne le culte de Saint-Jean-Baptiste, leur patron. Un procès-verbal de 1410 signale que le vicomte de Rohan possède « le terroer de POULGOAZEC, excepté la terre des Templiers ».
Quoi qu’il en soit, la chapelle fut vendue à la révolution , le 29 prairial an III (17 juin 1795). Elle figure dans le domaine privé depuis cette date. Des associations (Breizh Santel) se sont intéressées à ce patrimoine qui est toujours malheureusement à l’état d’abandon ;Une restauration permettrait de confirmer ou infirmer l’existence d’un souterrain qui , partant de ‘’Toul ar Zôner’’ à POULGOAZEC, aboutirait à la chapelle Saint-Jean ou à Suguensou.

Chapelle Saint-Tugdual
Une autre chapelle dédiée à Saint-Tugdual, aurait existé, aux environs de 1789, à proximité de la chapelle saint-Jean

Chapelle Saint-Mazal
Elle se situait aux environs de Keridreuff, faubourg de Pont-Croix et aurait été vendue à la révolution On lui attribue plusieurs noms : Mahal, Vaal, Mal et même Mazal

Chapelle Saint-Jérôme
Il s’agit de la chapelle du manoir de Locquéran

°°°°°°

Pour rendre hommage au chanoine Pérennès et à son remarquable travail, je ferai une entorse supplémentaire à l’objet de mon chapitre ‘’ Patrimoine religieux’’, pour mentionner 3 choses qui figurent dans son ouvrage et méritent, à mon sens d’être signalées : 
-  Le 17 décembre 1684, découverte d’un noyé sur la côte de POULGOAZEC. Il s’agissait de l’évêque grec Monseigneur Cyrille IUSTIANI. 
-  La légende de ‘Toul ar Zoner’’. Elle raconte l’histoire d’un sonneur de biniou qui, entré dans un souterrain, n’en aurait pas trouvé le fond et aurait dû respirer l’air de son biniou ‘’sac’h- biniou’’ pour ne pas mourir asphyxié.
On dit aussi qu’il aurait disparu à jamais dans le trou, où le son de son biniou s’éteignit tout doucement. On peut cependant encore l’entendre, dans les profondeurs du sol, en prêtant l’oreille à l’entrée du souterrain .
C’est la légende de ‘’Toul ar Zoner’’, le trou du sonneur. 
-  En conclusion, un extrait d’une gwerz qui elle aussi mérite de ne pas disparaître. Elle figure en totalité dans l’ouvrage du chanoine Pérennès auquel on peut se référer.


Ar vag kollet

Couplet 1

Kanton ar Pont, Kumun Plouenec
Or vag neve zo chaviret
E vont d’ar mor gant amzer gaer
Donet varno ar goall amzer

Au canton de Pont-Croix, en la commune de Plouhinec
Un bateau neuf a chaviré
Ils allaient en mer par beau temps
Sur eux la tempête est venue

Couplet 12 ( et dernier)

E Sant Julian e tal an nor
‘Ma Intron Varia a Vir Zikour
Pa bassefoc’h dirag e zi
Tennit ho tock d’e saludi

A Saint-Julien, au seuil de la porte
Est notre Dame du Vrai-Secours
Quand vous passerez devant sa maison
Otez votre chapeau pour la saluer


°°°°°°

Alors Grincheux !! Encore des légendes et des cantiques !!
Tu vois bien qu’il ne faut pas y toucher.

°°°°°°

Et pour dire ‘’Au revoir’’ ( du moins provisoirement) à PLOUHINEC, et je l’espère sans faire preuve d’irrévérence, moi aussi je ‘’tire mon chapeau’’ pour saluer la mémoire du chanoine historien en soulignant son remarquable travail. Nous nous retrouverons bientôt, Monsieur le chanoine , pour parler cette fois de Saint-Tugen, en PRIMELIN, et rendre hommage, une fois encore, aux 52 pélerins de PLOUHINEC, qui, rentrant du pardon, furent victimes de la noyade. C’était le 17 juin 1725.
Et comme disait Montesquieu :

Je suis distrait, je n’ai de mémoire que dans le cœur

******

460 – PONT-CROIX

J’ai déjà parlé , dans la première partie traitant du Cap hier, de l’ancien collège Saint-Vincent (et de sa chapelle du même nom), plus connu sous le nom de ’’petit séminaire’’, auquel j’ai consacré un chapitre entier, en raison de son histoire. J’ai également parlé de la collégiale dédiée à Notre Dame de Roscudon, et classée monument historique depuis 1850. En effet, Pont-Croix et la collégiale ne font qu’un. Que seraient-ils l’un sans l’autre ? On ne peut les dissocier. Mais, je n’ai fait qu’effleurer le sujet.




(photo collection personnelle)
Rappel

L’église de PONT-CROIX a la particularité d’avoir été construite en six étapes, échelonnées sur cinq siècles :
· La partie la plus ancienne est la nef romane dont la construction remonte au XIII ème siècle. Elle comprend 8 travées avec les bas-côtés qui datent de cette époque
· Vers 1290, Sinquin de Pont-Croix, seigneur du lieu fit agrandir le chœur et construire la chapelle sud. Il modifia aussi le pignon ouest.
· A la fin du XIV ème siècle, ou début du XV ème construction du porche sud
· Vers 1450, Jean de Rosmadec et sa femme Jeanne Thomelin, firent édifier le clocher et la chapelle des fonts-baptismaux .
· Entre 1528 et 1544, Alain de Rosmadec et son épouse Jeanne du Chastel firent agrandir le chœur.
· Enfin, au XVIIIème siècle, la façade ouest est modifiée et la sacristie reconstruite.

Le magnifique clocher haut de 67 mètres, date donc de 1450. Il signale PONT-CROIX de très loin en dominant la ville et la campagne environnante, surtout dans la vallée du Goyen.
L’intérieur n’est pas en reste : maître-autel du XVIIIème siècle, chaire à prêcher de 1724, cuve baptismale, confessionnaux du XVIIème siècle, statues et tant de belles choses.
Actuellement, cette église collégiale est encore en travaux et les offices religieux sont célébrés à la chapelle Saint-Vincent.
De nombreuses notices ont été éditées au sujet de Notre Dame de Roscudon. Je ne m’y étendrai donc pas car il suffit de les consulter. D’ailleurs, mieux vaut aller visiter. Je signalerai cependant, que le côté nord était autrefois le côté du cimetière, qu’à l’ouest on trouve la porte des lépreux, et au sud un porche exceptionnel.

Cantique de Notre Dame de Roscudon

(non publié)

°°°°°°
J’ai déjà eu l’occasion de parler de la fontaine de Notre Dame de Roscudon, reconstruite en 1858, pour demander la protection contre les épidémies. Elle mérite le détour et il n’est pas facile d’en faire un cliché pour des questions d’éclairage. Tant pis ! j’en prends le risque !!



(photo collection personnelle)
°°°°°°


Le lecteur a pu constater que chaque commune (ex paroisse), dispose de un ou plusieurs édifices ressortissant au patrimoine religieux. Ce patrimoine sert de cadre chaque année, pendant la saison estivale, au ‘’Festival des Chapelles’’ créé par l’association ‘’Cap Accueil’’. Concerts, expositions variées, et circuits de découverte du patrimoine sont organisés à cette occasion. Ils contribuent à faire connaître et apprécier notre merveilleux Cap-Sizun, dans un cadre souvent grandiose, indissociable cependant de la dimension religieuse de ces monuments élevés et respectés par nos anciens. Croyants, pas croyants, qu’importe !! Seulement dévotion pour les uns, indifférence ou incrédulité pour les autres mais
Respect par tous !!
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Chapelles détruites : Saint-Yves dans l’ancien hôpital, La Madeleine dans l’ancien cimetière, et Saint-Guénolé près de la rivière.
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A Suivre Ma Bro Hirio suite 7

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