Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

miniatures

Pont-Croix 

Objets rares d'hier 

Le drusthuil, meuble typique du Cap-Sizun

 

La coiffe de deuil "ar jibilinen "

Ces objets sont visibles au musée du patrimoine 

Le  Marquisat de Pont-Croix

et en photo sur le blog

 

 

Recherche

Vous aimez la Bretagne

Vous aimerez le Cap-Sizun

situé au bout du monde, au pays des calvaires, au pays des chapelles, au pays du grandiose, là où finit la terre et commence la mer.

Regardez!!

 

 

 

 


 


Evel ar C'hap, n'eus bro ebet

Il n'y a pas de pays comme le Cap

Pont-Croix

Cap-Sizun côté pile et face

Beuzec

Cleden

Confort

Mahalon

Goulien

Plogoff 

Plouhinec

Pont-Croix 

Primelin

 

Toutes ces miniatures sont extraites de l'album photo du blog. Elles correspondent chacune à un article qu'il suffit de demander dans la liste des articles 

 

 

 

 

 

12 février 2015 4 12 /02 /février /2015 10:22

Voyage à l'Île de Sein

 

 

Voyage à l'Île de Sein

Île de Sein sauvegarde

 




Avant-propos

Les photos sont de Danaé, de Patrice Guichaoua et Spartacus. Droits réservés pour toutes les photos. Remerciements particuliers à Patrice Guichaoua pour la très belle photo du phare de la Vieille et à Danaé pour tout ce qui concerne l'île de Sein

******

Tonton Lom et Tante Gaïd dormaient désormais dans la paix, après une vie bien remplie, sous la protection de Saint Tugen. Ils étaient devenus, bien malgré eux, des héros locaux, et certains personnages de leur génération voulurent témoigner encore une fois pour leur rendre hommage. L'hommage des modestes, rendu par des modestes à d'autres modestes, conformément à ce qui se chante souvent, pour dire un dernier au-revoir à ceux qui s'en vont:

Ils sont nombreux les bienheureux, qui n'ont jamais fait parler d'eux....

C'est ainsi qu'un certain Tonton Jean-Clet, originaire de Plogoff, (peut-être de Kerherneau ou de Pennéac'h), voulut rencontrer ceux qui étaient en mesure d'apporter un complément à cette histoire. Il souhaitait participer au sauvetage de cette mémoire qui pourrait disparaître si on n'y prenait garde. C'est ainsi que Danaé et Spartacus se retrouvèrent à la Pointe du Raz au restaurant ''Armen'', pour écouter l'ancien marin , ex gardien de phare. Il avait également servi de guide occasionnel pour piloter les touristes dans les circuits de visites, tant à la Pointe du Raz que sur la mer. Voilà pourquoi et comment, il avait fait la connaissance de nos deux anciens, au cours d'un voyage du troisième âge, à l'île de Sein . Mais il voulait tout d'abord dire deux mots sur l'histoire de la Pointe du Raz

 

 






- Savez-vous d'où vient le nom du restaurant ''Armen'' où nous sommes, demanda le vieux ''marin-gardien'' ?

- Du phare qui porte ce nom répondirent les deux apprentis reporters

- Evidemment ! mais vous ne savez sans doute pas que c'est la troisième fois que ce nom est utilisé. En effet, avant la guerre (2ème guerre mondiale), on recensait déjà cinq hôtels à la Pointe du Raz. Il y avait, entre autres, l'hôtel restaurant du Raz de Sein, succursale de l'hôtel de France à Audierne, le Grand hôtel moderne appartenant aux propriétaires de l'hôtel du commerce d'Audierne (ex hôtel Batifoulier où fut servi le repas d'inauguration du petit train Audierne-Douarnenez- aujourd'hui magasin de chaussures), et aussi l'hôtel restaurant ''Armen''. Ce dernier avait été créé par un couple de gens entreprenants, par ailleurs commerçants en pâtisserie à Audierne. Le patron oeuvrait à Audierne et la patronne à la Pointe du Raz. Tante Jeanne, c'est ainsi qu'on l'appelait, était originaire de Goulien, aînée d'une famille de neuf enfants, sans beaucoup d'instruction. Tout cela peut sembler banal, mais il y a une anecdote intéressante à signaler. En effet, c'est dans ce restaurant qu'est venu Clemenceau, le ''père la Victoire'', déguster le homard à l'armoricaine réputé le meilleur du coin, au cours d'un voyage en Finistère. Quand on pense que bientôt c'est la coque Q790, épave du Clemenceau qui va franchir le Raz. (Ce sera sans doute fait lorsque ces lignes seront publiées). Il faut ajouter que cette anecdote fait l'objet d'un témoignage écrit établi par l'héritier des premiers propriétaires de l'hôtel cité. La rivalité entre hôteliers était souvent assez vive, parfois médisante et le passage de Clemenceau créa des jalousies entre tenanciers. La médisance fit circuler le bruit que certains avaient des relations, du ''piston'', des protections, et même des choses pas trop nettes peut-être etc.. Plus tard, avant le grand départ pour l'éternité, la ''médisante en chef'' dont nous tairons le nom, exprima le souhait de revoir Tante Jeanne pour solliciter le pardon de tout le mal qu'elle avait pu faire par jalousie et méchanceté .. Tante Jeanne ne refusa pas l'entrevue. Le pardon fut exprimé par un simple baiser, le baiser de la paix. N'est ce pas là un beau cas de charité ? A méditer !!

En fait, la seule rivalité admise à l'hôtel ''Armen'', venait de la baie des Trépassés où officiait Tante Marie-Jeanne à l'hôtel ''Ville dYS''. Les deux patronnes étaient soeurs. Parfois elles étaient même complémentaires et les crabes servis à ''l' Armen'', provenaient souvent de la ''Ville d'Ys''. Tonton Lan, époux de Marie-Jeanne, avait un petit bateau au Vorlen, et pour la pêche c'était un champion. Comme tout cela se passait à l'époque où il n'y avait ni téléphone ni électricité, les deux soeurs avaient mis au point un code de signaux, à savoir qu'un torchon accroché à une fenêtre de ''l'Armen'', signifiait une demande urgente de ravitaillement . Il faut préciser que le torchon était visible de la Baie car les deux hôtels se voyaient sans même utiliser des jumelles. A la vue du torchon, les gamins de la baie se rendaient à pied à Bestrée où se trouvait la réserve de crustacés dans un vivier flottant, et livraient ''l'Armen'' le plus vite possible. Tout cela paraît désuet aujourd'hui. Pourtant, en 1959, l'hôtel ''Ville d'Ys'', fonctionnait encore sans eau courante ni électricité.




Voyez, j'ai une photo du Vorlen (ci-dessus). Nous irons voir, un jour peut-être, mais pas aujourd'hui.

Il existe de vieilles cartes postales représentant ''l'Armen'' , mais il faudrait l'autorisation pour les afficher ici. On peut y voir des personnages en tenue d'époque, coiffe et tablier blanc pour les femmes, casquette de marin pour les hommes, ainsi que les cars assurant la liaison Quimper-Pointe du Raz, via Audierne, d'où provenait le ravitaillement des hôtels. Pas de 35 heures à l'époque !!!!! D'autre véhicules aux formes désuètes sont en stationnement devant l'hôtel. Hélas, l'identification des personnages est difficile. Pourtant on dirait.....Bon, ne disons rien!!

Puis, il y eut la guerre (la seconde guerre mondiale), et la construction de la cité commerciale 'ancienne version) autour de 1960. L'hôtel Armen fut reconstruit, au titre des dommages de guerre, mais Tante Jeanne avait vieilli. C'est ainsi qu'elle se mit à la recherche d'une cuisinière et qu'on lui présenta Madame X.... Informées par la rumeur, certaines bonnes âmes crurent devoir informer Tante Jeanne au sujet de la candidate pressentie. Elle était communiste et donc pas fréquentable. Tante Jeanne passa outre, et embaucha Madame X... ce qui permit à son petit fils de donner plus tard sa version des faits:

''A L'Armen, le soir, quand le service était fini, tout le monde allait se coucher. Dans la chambre 1, on récitait le chapelet, et dans la chambre 2, on lisait l'Humanité ''.

On a presque envie d'ajouter que nos anciens savaient, à leur manière, pratiquer la tolérance. Encore un sujet de méditation !!

. Puis, l'hôtel fut vendu. Un restaurant tenu par un neveu de la défunte patronne de l'hôtel ''Armen'' détruit par l'occupant, reprit le nom , qui est désormais porté dans la nouvelle cité par les acquéreurs de ce restaurant tranféré ici lors de la réhabilitation de la Pointe du Raz.

Sachez encore que la statue de Notre Dame des Naufragés date de 1904 (inaugurée le 8 avril 1904 par Monseigneur Dubillard.

 

 

La Pointe du Raz a connu des visiteurs célèbres: Jules Renard (1864-1910), Jules Michelet (1798-1874), José Maria de Heredia (1842-1905) qui a écrit ''Armor'' dans ''les Trophées'', Gustave Flaubert (1821-1880) : ''Par les champs et par les grèves'', sans oublier plus récemment Henri Queffelec qui a porté une appréciation sur les Capistes:

''Le Capiste est un gars qui n'a peur de rien''

Et encore Sarah Bernhardt, Anatole Le Bras (Le gardien du feu), Georges Perros, Tristan Corbière et Jeanne Nabert, plus ceux qu'on oublie...

Mais , il faudra revenir me voir un jour, et je vous expliquerai la Pointe du Raz, comme je la présentais aux touristes quand j'étais plus agile. Regardez ce que l'on voit sur la côte nord par exemple.





Aujourd'hui, je veux seulement vous parler d'un voyage à l'île de Sein, au cours duquel j'avais rencontré Tonton Lom et Tante Gaïd. Nous étions partis de Sainte Edwette:





pour embarquer à bord de l'Enez Sun





La mer était un peu agitée, mais pas au point de nous rendre malade. Nous étions à l'intérieur, à cause du vent et des embruns, mais on voyait très bien la côte. On m'avait demandé de parler de ce que l'on voyait à terre. Comme j'avais fait plusieurs fois le trajet avec mon bateau pour livrer des crustacés à Audierne, je connaissais très bien presque tous les cailloux, et je me revoyais faisant le guide à la pointe du Raz. Allez: en route que j'ai dit ! Regardez et écoutez. Parfois ça barde ici !!

 





Vous voyez le sémaphore de Lervily, juste après l'île aux vaches. Cette pointe est dangereuse par temps de brume. Souvent des plaisanciers s'échouent là dessus. Il y a même des accidents car les pêcheurs vont souvent trop près chercher les bars dans les rouleaux, et une mauvaise lame peut renverser mes meilleurs.

 

 

Aujourd'hui, le sémaphore est occupé par des particuliers. L'administration a seulement gardé le feu, mais il faut connaître quand même. Avant , les vieux marins avaient un radar dans la tête. Aujourd'hui, tout le monde lit un écran, c'est plus simple.

Ici, c'est le Lennac'h. Juste une petite grève. Tous les ans, ceux d'Esquibien reconstituent le travail du goémon au cours d'une fête. c'est à voir. . Le rocher isolé que vous voyez à droite c'est ''la Louve''. Attention à marée haute car il est recouvert. Certains marins s'amusent à passer entre ce rocher et la côte. Moi je ne l'ai jamais fait puisque cela ne sert à rien, sauf à prendre des risques. On va bientôt voir la plage du Treiz que l'on appelle aussi Saint-Tugen, mais avant regardez la pointe de Pen an Enez. (Pointe de l'île). Autrefois il y avait un corps de garde là dessus pour surveiller les anglais . A terre il reste encore un vieux canon que personne n'a encore volé car il est trop lourd à transporter. tenez, j'ai une vieille photo

 

 

Là je dois vous dire que j'ai vu Tante Gaïd toucher discrètement son chapelet car on voit le clocher de Saint Tugen, et Saint Tugen chez nous, enfin....vous savez bien quoi...Elle avait bien le droit de faire une petite dévotion tout de même hein !!Souvent les hommes font la même chose mais sans le montrer. C'est là que Monsieur Queffelec se trompe. Même le Capiste peut avoir peur, dans certains cas, je vous le garantis !!!

Ici c'est l'ancien vivier de Pors Tarz. Je l'ai connu en activité, mais aujourd'hui il n'est plus utilisé pour conserver les crustacés. Tout se passe à Audierne. A côté c'est le ''Poul la Nièvre''. C'est le nom d'un pétrolier de la marine nationale qui a fait naufrage en 1937. La première marée noire pour nous. Vous voyez aussi la petite digue qui constitue un petit port, utilisé en été par des riverains.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On va bientôt voir la plage du Loch, juste après la pointe du Castel. C'est une jolie plage avec sa digue et des petits bateaux derrière. L'inconvénient c'est que les bateaux sont au sec à marée basse

 





Et juste après, sur la crête la jolie chapelle de notre Dame de Bon Voyage.Elle a été construite en 1702-1703, par le seigneur de Kerazan à Cleden.Il avait fait le voeu de construire cette chapelle après avoir failli se noyer. C'est un beau pardon, tous les ans le 2ème dimanche de juillet.

 





Tante Gaïd que l'on n'avait pas encore entendu, fit remarquer qu'elle connaissait bien cette chapelle puisqu'elle avait assisté au pardon plusieurs fois, qu'elle connaissait bien le cantique etc....En s'exprimant ainsi, elle tenait sa main droite dans sa poche. Personne n'avait rien dit, mais tout le monde savait que son chapelet ne la quittait jamais. Jeanne-Yvonne se contenta de sourire, sans parler.

On n'allait pas tarder à voir Pors Loubous, un petit port chargé d'histoire puisque c'est là que débarqua, pendant la dernière guerre d'Estiennes d'Orves, un grand résistant, fusillé par les Allemands au Mont Valérien. Il était transporté par François Follic, un îlien, sur le bateau ''Marie-Louise''. On a mis une plaque pour commémorer cet évènement. Le port est assez joli. Parfois j'y mettais mon bateau, mais on était toujours en alerte car on ne pouvait pas rester là en cas de tempête.















 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Justement la mer commence à s'agiter. Tante Gaïd se sent un peu patraque. Tonton Lom est là heureusement. Il lui tient la main, et c'est tout ce qu'il peut faire car on n'a pas encore trouvé le vrai remède. Mais, Jeanne-Yvonne garde son sang-froid, et commence la distribution de petits morceaux de sucre imprégnés de d'eau de fleurs d'oranger. ça va mieux.

Tiens, regardez bien! Vous voyez cet espèce de grand hangar. C'est l'ancienne bergerie, construite à l'époque du projet de centrale. Vous vous rendez compte:une centrale nucléaire ici ! Enfin, c'est fini tout ça heureusement. Maintenant c'est un centre équestre, mais que de souvenirs ! C'est notre histoire ! Aujourd'hui peu de gens osent dire qu'ils étaient pour la centrale. Ils préfèrent dire qu'ils manquaient d'informations, mais tiens !! Et Tonton Jean-Clet leva le bras droit, sur lequel vint frapper le bras gauche. On ne connaît pas encore l'expression bretonne pour dire un bras d'honneur, mais le geste est connu....(eur vrec'h enor peut-être!!)

Ah, Feunteun Aod, la fontaine de la grève. Ce joli petit port est agréable par beau temps, mais moi je préférais Bestrée





A Bestrée on dispose d'un petit treuil pour monter le poisson sur une plateforme. C'est plus facile. La digue protège bien aussi, mais par tempête il faut partir. Le gros avantage, c'est qu'on est tout près des lieux de pêche. Mais, regardez, nous sommes presque à la Pointe du Raz. Je connais bien tous ces coins là puisque j'ai fait le guide pour les touristes (il l'avait déjà dit; et alors ?). On faisait parfois de bonnes journées; les gens étaient souvent généreux en pourboires car on les aidait dans les passages difficiles et même dangereux. Il vaut mieux connaître avant de prendre des risques. En bas, c'est le vide. Là, c'est la pointe de Coumoudoc, et plus loin ''Ar Pladen'', disons un endroit plat. Pas grand, mais suffisant pour un pêcheur à pied; les gens qui connaissent descendent là avec leurs cannes à pêche. C'est agréable, mais en bateau c'est mieux.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Et Maintenant, l'extrémité de la pointe! L'enfer de Plogoff bien-sûr ! C'est une espèce de tunnel sous la pointe. Puis le ''Toul Bihen'' (petit trou), la passe de ''Trouzyar (bruit de la poule) et les Gorleik (roches): Gorlegreiz (roche du milieu), Gorlebella (la plus éloignée), j'en passe, et le phare de la Vieille dans lequel j'ai exercé mon métier de gardien.

 

 

 

 

 

(photo de Patrice Guichaoua)

(photo de Danaé)

J'aimais ce métier.On embarquait à Bestrée, et en arrivant au pied du phare, on envoyait les provisions à la relève descendante par un jeu de cordes et poulies. Puis la relève montante utilisait cet espèce de va et vient pour rejoindre son poste. Ce n'est qu'après le passage des consignes que les autres descendaient. Ces relèves étaient dangereuses, mais on était lestes. En principe on restait 2 semaines, mais une fois je suis resté un mois à cause de la tempête. La tour du phare tremblait tellement qu'on a cru que c'était fini pour nous. Dans ces cas là, on mangeait les vivres de réserve, surtout des conserves. Ce qu'il fallait , c'est que la lampe reste allumée. Parfois on ne voyait même pas la terre. Enfin, on était jeunes, et puis on n'est pas mort. Le plus dur c'était pour les familles quand elles n'avaient pas de nouvelles. Nous n'avions même pas la télé à cette époque, juste la radio pour les informations.

Allez, regardez ''La Plate''. C'est tellement dangereux qu'il faut des feux partout, sinon les bateaux n'auraient aucune chance. Déjà que parfois....Il n'y a pas longtemps, près de Tévennec, encore un petit jeune qui pêchait le bar. Perdu corps et biens. Tévennec c'est l'îlot là-bas. Les îliens y vont pour les ''pouces-pieds''. Les professionnels pêcheurs de bars sont souvent ici. A la télé, Thalassa les a appelés

" les Seigneurs de la mer ''.

Il faut les voir, parfois à 7 ou 8, les uns près des autres, dans les courants. Dès que ça mord, ils débrayent le moteur pour se laisser aller dans le courant et remonter les poissons. Souvent il y a plusieurs bars très gros sur la même levée car ils pêchent avec 10 ou 12 hameçons, des ''lostars'' comme ils disent. Ils ne pourraient pas remonter leur ligne contre le courant tellement celui-ci est puissant. Mais avec 100 kilos de bars au cours d'une partie de pêche, le marin fait une belle journée. C'est pour remplacer les mauvaises journées car parfois c'est nul. Dans tous les cas c'est dangereux.

Ah, l'île de Sein est en vue. Le débarquement a lieu au pied du phare de Menbrial.

 

 

 

 

 

 

Sitôt débarqués, ils se trouvent devant l'abri du marin. Il faudrait raconter l'histoire de ces abris du marin mais c'est un autre sujet













 

 

 

Ils longent les quais, respirant l'air iodé qui les ranime un peu. L'île est calme, pas de voitures, pas de vélos, les chiens et les chats sont en liberté. Tonton Lom semble aux anges quand , tout à coup, il s'écrie:

''Regarde Gaïd, cette rue c'est pour nous''

 

 



Et Tante Gaïd d'ajouter:

''Oh oui alors ! C'est la rue ''Monte au ciel '' ! C'est toi le bolchevick qui dit çà ! Je crois que le Bon Dieu est gentil avec nous. Allons jusqu'à l'église. Je voudrais faire une petite prière pour tous ces îliens qui se sont réfugiés dans l'église lors des raz de marée qui ont submergé l'île à plusieurs reprises. Là encore, c'était le Bon Dieu. La dernière fois c'était en 1924. Et Tonton Lom accompagne Tante Gaïd dans l'église. Respectons leur silence.

 







******

Le déjeuner est servi au restaurant, ''chez Brigitte''. Un ragoût de homard ''marplij'' (s'il vous plaît) ! Et c'est Tonton Lom qui reçoit, comme pour un retour de noces. Jeanne-Yvonne se régale, surtout qu'elle fait partie des invités d'honneur. Le budget du tailleur de pierres va en prendre un coup, mais ''au diable l'avarice'', pour une fois.

Après le café, en route pour la promenade dans une remorque tirée par un tracteur agricole un peu récalcitrant, et cahotant sur les chemins de l'île.





Le chapelle Saint Corentin. On raconte que, parfois, lorsque le Saint ne répondait pas favorablement à une demande, on le mettait au ''piquet'', en retournant contre le mur sa statue qui se trouve à l'intérieur de la chapelle. Mais, il ne faut pas croire tout ce que l'on raconte !!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le rocher du Sphinx, et le monument de la France Libre





Il faudrait un ouvrage complet pour parler de l'île de Sein. De nombreux auteurs s'y sont consacrés. Ne les plagions pas. Disons cependant que, en d'autres temps, l'île de Sein fut appelée le quart de la France et que la coiffe des îliennes ''la Jibilinenn'' est portée depuis l'épidémie de choléra de 1886, que la vie dans une île ne se compare pas à la vie sur le continent, et tant d'autres choses comme la peste de Plogoff, à la fin du XVIème siècle. (Les survivants de cette épidémie furent nombreux à émigrer à l'île)...Une visite de l'île, entre 2 liaisons de bateau, ne permet qu'un tour d'horizon très rapide, d'autant que l'heure du retour approche. Il ne faut pas rater le départ car on serait condamné à attendre le lendemain. Embarquement donc ! La mer s'est un peu calmée. On peut donc rester sur le pont pour profiter des paysages tout en regardant les dauphins qui batifolent autour du bateau. Que de poésie dans ce voyage. Il faut rappeler que tout cela a été décrit, on devrait dire chanté, par des écrivains de talent dont Anatole Le Bras, l'auteur de l'histoire d'un meurtre dans un phare, peut-être à Tévennec à l'époque où l'îlot était gardé par des hommes: un couple et un célibataire. Part du rêve, part de la réalité, à chacun son point de vue.

Et le retour se déroule tranquillement, les paysages défilant en sens inverse du voyage aller.. Une petite heure de trajet, et Sainte Edwette est bientôt en vue





 

C'est en apercevant des gens sur le sentier côtier que Jeanne-Yvonne se mit à fredonner:

Les chemins bretons sont des fantaisistes

Qui vont de travers au lieu d'aller droit

.......

Qu'importe ils s'en vont vers de gais lointains

N'est-ce pas ainsi qu'est la vie humaine ? (poème de Jos Parker)


Les organisateurs on prévu le petit car pour le transport des anciens. Ils ne vont pas rejoindre directement le foyer logement car, une petite collation est prévue dans un hôtel à la Baie des Trépassés. Et Tante Gaïd de rappeler que, il y a bien longtemps, elle avait fait une saison à l'hôtel de la Ville d'Ys dont le nom n'existe plus.

 

 

 

 

 

 

 

 

Le soleil allait bientôt se coucher. C'est alors que Jeanne-Yvonne, avec peut-être un peu de vague à l'âme, fit entendre un des classiques bretons de son répertoire:

''An héol a zo kuzet, setu échu an dé''.....

Kousk, Kousk Breiz Izel.....

Le soleil s'est couché, déjà le jour n'est plus...

Dors, dors Bretagne...



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voilà, c'est la fin de cette histoire que Danaé et Spartacus ont eu beaucoup de ''plijadur'' à vous raconter. Kénavo (au revoir), et à bientôt pour d'autre konchennous, des histoires de chez nous, du Cap-Sizun au bout du monde, là où s'arrête la terre et où commence la mer

La mer, toujours la mer, a quelque chose à dire

Musique et poésie, amour et liberté

Ces mots que nous chantons, vogueront beaux navires

A travers les saisons toute une éternité

La mer....toute une éternité


***

Les vagues sur la mer ont des portées géantes

Où les marins pêcheurs inscrivent leurs bateaux

On entend tous les jours , à la marée montante

En baie de Saint-Brieuc la symphonie des eaux

(On n'a pas osé mettre en baie des Trépassés pour respecter le poète)


*****

C'est le chant des galets sur les doigts de l'écume

Le piano de la pluie, le violon des haubans

C'est le fracas du flot qui bat sur son enclume

La rumeur du reflux et l'adagio du vent

*****

Nous, fils de de la marée vivons à la bouline

Entendez-vous la mer qui porte nos émois

Nous avons plein le coeur de musique marine

Du goémon dans les yeux des embruns dans la voix

La Mer... toute une éternité


(Poème: Christian Quéré-musique Léon Guillou)

(fin provisoire ; possibilité de modifications texte et photos, suite au bug déjà cité)


 

Partager cet article

Repost 0
Published by spartacus
commenter cet article

commentaires