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Pont-Croix 

Objets rares d'hier 

Le drusthuil, meuble typique du Cap-Sizun

 

La coiffe de deuil "ar jibilinen "

Ces objets sont visibles au musée du patrimoine 

Le  Marquisat de Pont-Croix

et en photo sur le blog

 

 

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Vous aimez la Bretagne

Vous aimerez le Cap-Sizun

situé au bout du monde, au pays des calvaires, au pays des chapelles, au pays du grandiose, là où finit la terre et commence la mer.

Regardez!!

 

 

 

 


 


Evel ar C'hap, n'eus bro ebet

Il n'y a pas de pays comme le Cap

Pont-Croix

Cap-Sizun côté pile et face

Beuzec

Cleden

Confort

Mahalon

Goulien

Plogoff 

Plouhinec

Pont-Croix 

Primelin

 

Toutes ces miniatures sont extraites de l'album photo du blog. Elles correspondent chacune à un article qu'il suffit de demander dans la liste des articles 

 

 

 

 

 

30 mars 2006 4 30 /03 /mars /2006 09:08

 

 

  

La vierge de Pont-Croix

Autrefois, à l'occasion des noces, on recherchait des gens rigolos pour amuser l'assistance. Dans le Cap, deux personnages étaient très connus pour leur mauvaise langue. Tonton Lom Dribiyoud (mange bouillie) et Tante Gaïd Logoden (souris). Hélas, ces personnages ont vieilli, tous deux  pensionnaires au foyer logement de Pont-Croix. Mais quand les deux compères se rencontrent, je vous dis pas s'pas. On leur laisse la parole, sur le banc près de la fontaine de N.D. de Roscudon (on mettra une photo)

        ****** 

le 18 mars 2006-

  Gaïd (voyant arriver Lom)

  Te voilà toi!! Ousque t'étais encore ? A Audierne en stop sûrement

  Lom

 Voui ! J'étais allé voir pour signer la pétition du mur des lamentations

                                (Le mur des Lamentations ou de la contestation à Audierne)

 Gaïd Des lamentations! de la honte oui!! Du ''dismégans'' avec eux. 1142 signatures sensément. Ma Doué! Plus tous ceux qui n'ont pas signé parce qu'ils ne savaient pas où c'était. Y aura des morts sûrement dans ce virage. C'est pas 62 logements qu'ils font dans l'usine ?

 LOM.  Voui ! T'aurais entendu ça là-bas. Et ça rigolait au comptoir. Y en un qui disait qu'on allait changer tous les noms dans le coin. Les Capucins deviendraient le temple de Salomon, et la Montagne le mont Sinaï. L'autre lui a répondu que Salomon il avait 700 épouses et 300 concubines et qu'on pourrait jamais loger tout ça dans l'ancienne usine . Spontus!! Même que la petite plage deviendrait la bande de Gaza. Ma Doué,Gwaïen en Jérusalem !!

 Gaïd: bande de  quoi tu dis ? Et qui c'est qui a signé le permis hein ??

 Lom : C'est pas moi. Le chef sûrement !!

le 20mars 2003  

  Les 2 compères se retrouvent après le repas de midi.

  Gaïd: Alors t'as bien mangé aujourd'hui ?

  Lom: Voui. L'andouille à la purée c'était bon. Y en un qui disait ''purée de nous autres''!! Un pied-noir d'Oran je crois. Rapatrié quoi.

  Gaïd: Eveljust,  (bien-sûr) t'as encore bu le pinard de Jeanne-Yvonne comme d'habitude ?

  Lom: Gast, on va pas laisser perdre quand même non !!

  Gaïd: Hier tu parlais du chef qu'avait signé pour garder le mur des lamentations. Depuis quand qu'il est là le chef ?

  Lom: T'avais qu'à lire le dernier bulletin municipal. Ils ont dit qu'ils étaient là depuis une décade

  Gaïd: Quoi ? 10 jours seulement, et déjà tant de reuz avec eux

  Lom: Non, 10 ans pas 10 jours

  Gaïd: Gast, 10 ans. C'est une décennie alors et pas une décade. Moi j'ai mon CPE, certificat primaire d'études, première du canton et la bise par Madame Fri-Croc en plus. Je me demande si on devrait pas envoyer ça au ''Canard déchaîné''

  Lom: Pas déchaîné, enchainé que c'est . Peut-être à cause de la grippe aviaire

  Gaïd: Et pour le port de plaisance, tu as su quêque chose 

  Lom: Ben, avec la pétition, y avait un qui disait qu'on allait faire une aire de carénage à Pen-a-Macha'd

  Gaid: A Plouhinec, jamais y voudront. Tu sais bien, la frontière !! C'est pas des ennemis mais ...

  Lom: du Cap quand même s'pas. Là bas c'est pas un quartier-maire chef qui commande. Y font du boulot hein ! Et chez eux y a pas de jardin africain comme celui qu'on va faire à Audierne. En plus c'est assez propre. Je pense que monsieur Spartacus va aller voir !!

Allez Kénavo pour aujourd'hui. Bientôt 4 heures. Mern-Vihen au foyer logement. Tu viens ?

        Fontaine de ND de Roscudon

                                            

                                   Le 21 mars 2006-  

  Gaïd (devant la fontaine) 

  Je vous salue Marie pleine de ...

  Lom     

 Regarde là! Encore avec son chapelet, en train de faire ses pédennous (prières) comme aux gouspirous (vêpres)

  Gaïd   

 Parfaitement! je devrai pas parce que c'est pour toi que je fais

 Lom

  Pour moi ?

  Gaïd 

  Parfaitement. Un bolchevik que tu es. Toujours en train de faire le beau avec Jeanne-Yvonne pour un coup de pinard. Ne vous dérangez pas Madame Jeanne-Yvonne, je vais couper vot 'viande et  tout. Tu crois qu'on voit pas! Alors que c'est une ''pikès''. Elle dit tout au recteur, même que je suis sensément une gourmande.

  Lom 

  C'est vrai quand même non ! Gourmande c'est sûr. mais c'est que véniel qu'on dit !!

  Gaïd 

  Tant mieux . Tu es encore allé à Audierne pour lipper un coup de rouge sans doute.

  Lom  

  Non surtout pour les nouvelles

  Gaïd 

  Quoi de neuf alors ?

  Lom  

  Tiens regarde

  Oye! L'école de pêche. ma Doué. Soit disant qu'on devait faire une école pour l'environnement. pour les travaux pratiques, tranquille. Tout sur place. Et après ?

                       

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Ma Doué. Tristes qu'elles sont les choses avec nous .

  Oye, un Tag ?? Le Kurdistan à Audierne ménant. Ma Doué beniguet !!

 

  Et ça , Qu'est-ce que c'est ?

  Lom                                                                  

  La rue de Tonton René Autret, celui du bateau de sauvetage. soit disant que le chef ne connaît cette ruine

                                                       

  déchetterie annexe. Pas de ramassage 

           chats sauvages nourris et logés mâles et femelles

 

 

 

   

 

 

 

 

 

 

Gaïd

  Malivurus (malheureusement en phonétique). Ici on fait tout pour la vitrine et rien pour ceux qui sont pas bien placés. C'est pas vrai ?

  Lom  si vat  !!

  Et encore

  Lom

  Voui ! Le mur des Lamentations, sur la route du mont Sinaï

 

 

Gaïd

  C'est encore monsieur Spartacus qui a fait çà sûrement!!!!! 

 Le chef va sûrement piquer une rogne non ?? Et on n'a pas tout vu !

 

 

                                      21 mars 2006 

Réduction du temps de travail pour cause de 35 heures. Repos biologique et compensatoire.  Repos pour tout le monde 

                                     22 mars 2006 

 Manifestation CPE. Tante Gaïd plutôt pour et un peu contre. En fait, elle ne sait pas. Tonton Lom contre. Gast. Et puis, on  a fait Plogoff nous non ? En plus, voilà le parc marin ménant. personne comprend rien. Faudra demander aux chefs 

                                     23 mars 2006

  Gaïd

  Tu parles toujours des chefs. C'est quoi au juste ?

  Lom

  Je vais te dire. Y a plusieurs catégories: le chef, le vrai-chef,le chef-moyen, le chef supérieur qui a droit à un chef suppléant, et le sous-chef.

  Gaïd

  Ah, bon. Et ici alors ?

  Lom

Tu comprends bien que tout çà c'est des affaires de petits chefs et pas de vrais chefs. Y sont pas là pour nous mais pour eux.

  Gaïd

  Ben çà c'est vrai. Ma Doué. Et pour le parc marin alors, c'est comment.

  Lom 

  Soit disant qu'on l'avait enlevé, pour nous quoi ! Le chef supérieur avait dit  que c'était fini. Interrogé les petits-chefs et tout avec lui. Depuis, le chef moyen a dit qu'il était pour. Le chef suppléant lui y pense pas. Il fait comme on lui dit. Dernièrement le chef supérieur a dit: ''ni pour ni contre''. Va comprendre quelque chose toi !! 

  Gaïd

   Ma Doué, j'y comprends rien. Et nous alors ?

  Lom

 Droit de se taire. Y sont chefs non ? Y savent eux et nous on est des plouks pour eux. Juste bon pour pour les élections quoi !

        Le soir dans la chambre de tante Gaïd: monologue

  Il est bien ce Lom quand même. Un Bolchevick bien-sûr, mais instruit et tout; heureusement qu'il m'explique un peu. Autrement, je serais toute en distribilh, drochic un peu quoi ! Y faut que je  demande conseil, aller mettre un cierge peut-être. Voui, mais où ? A Saint-Tugen peut-être! Non quand même pas. Tonton Lom est bolchevick mais il n'a pas la rage quand même. A Sanspé ?C'est pas loin bien-sûr, mais est-ce qu'elle est bien placée là-haut ? On sait pas s'pas ! ça y est, je sais où. A Langroas bien-sûr.

 

 

 

 

 

 

 

 

 La chapelle de Notre Dame de Langroas se trouve à Cleden. Monsieur Daniel Bernard, érudit local né au village voisin de Brezoulous, a été statufié près de la chapelle                                                                    

           Monologue dans la chambre de Tonton Lom

  Elle est bien cette Gaïd quand même !! Dommage qu'elle soit une calotine quand même !!

 (Si seulement on nous coupait pas les images sur le blog de Spartacus ce serait bien.Mais y a du rab comme on disait au service avant !!! ça plaît pas sans doute!!)

25 mars 2006-

  Les aventures de tonton Lom et tante Gaïd ont fait une pause pour cause de pétition au plan national. Cette  pétition  est faite pour pour obtenir la création du domaine breton sur internet. Principaux signataires: Gilles Servat, Melaine Favennec, Gweltaz Ar Fur, Roger Gicquel, Dan Ar Braz , les Bretons de Clamart et plus modestement votre serviteur. Et pourquoi pas vous ?

  Site à consulter:

                      http://bzh.geobreizh.com/www/bzh

Plus de 9000 signataires à ce jour.

28 mars 2006

  Tante Gaïd avait donc décidé d'aller à Langroas. Elle fit arrêter la voiture (un taxi) près de la statue de Daniel Bernard et se rendit dans la maison d'à côté pour demander la clé. Là se trouvait une vieille dame sans âge, encore plus âgée que Gaïd, qui lui demanda si elle connaissait la légende de la chapelle.

                            La légende de Katel Kerlaer 

  Un jour, Katel Kerlaër, mendiante de Plogoff, entre dans la chapelle pour faire ses dévotions. Elle s'agenouille devant un groupe de personnages, aperçoit un hibou posé sur la tête de l'un d'eux, le prend pour un saint, et lui débite la prière en ces termes:

          Gant ho fri croc hag ho ivinou

          Pardonnit d'eon va fec'hejou

(Traduction)

     Avec votre nez crochu et vos griffes

    pardonnez moi mes péchés

  Cette Katel Kerlaër était réputée comme une ''jeteuse de sorts''(Drouk-Avis, mauvais oeil), dont les sortilèges avaient terrifié la population. Une nuit, pour s'en débarrasser, on mit le feu à sa masure, et la vieille sorcière fut brûlée vive.

 Tante Gaïd  ne croyait pas trop à ces racontars. elle était là pour des raisons personnelles qui ne regardaient qu'elle. Munie de la clé, elle entra donc dans la chapelle dédiée à Notre Dame de la Pitié, représentée par une statue du XVIème siècle, près du calvaire de Roland Dore, et commença à réciter une ''dizaine'' pour ne pas avoir l'air d'être venue par intérêt. Le grand silence fut bientôt troublé par une petite voix venue d'on ne sait d'où, qui lui dit:

  - Bonjour Gaïd . Je suis contente que tu sois venue me voir. Mais peut-être que tu as quelque chose à me demander

  - Ma très sainte et vierge très bonne , je suis venue pour Tonton Lom. C'est un brave homme vous savez. Je voudrais, enfin je ne sais pas comment dire .... 

 - Va ma fille, j'ai tout compris. Il n' y a pas d'âge pour aimer. Prie encore un peu, et retourne à Pont-Croix. Le taxi attend. Tu retourneras près de la fontaine de Roscudon comme d'habitude et on verra !

  Sur le chemin du retour, le chauffeur se posait des questions. tante Gaïd avait des voix:

         Intron Varia Langroas, Mam garet or Salver 

         Holl d'ho chapelig bep bloaz, ni a zired seder....

                                   Traduction 

        Notre Dame de Langroas, mère aimée de notre sauveur

 Tous dans votre chapelle chaque année, nous sommes sereins..

 Elle n'allait tout de même pas se faire nonne, à son âge. Mais elle avait le droit de chanter non ?

  Arrivée à Pont-Croix, le premier qu'elle voit c'est Tonton Lom:

  - Ousque t'étais encore ?

  - ça te regarde pas

  - T'es une vraie penn kalet (tête dure) quand même ; ça me regarde pas! Me parler comme çà à moi ! comme à un genaoueg echu (imbécile fini). T'as pas honte non ? Faut pas croire que parce que tu es de Goulien tu as droit de prendre ceux de Meilars pour des Termaji  (saltimbanque). Je suis de Kerbiguet moi, et pas de Kermaden. Avec leur réserve d'oiseaux qu'est-ce qu'ils se croient ceux-là. C'est eux les oiseaux, tous des gaoleg (crâneurs) là bas !!   

 29 mars 2006

  La première à s'apercevoir qu'il y avait un peu d'eau dans le gaz entre Lom et Gaïd, fut Jeanne-Yvonne. Tonton Lom avait pris sa serviette et était allé manger tout seul, au fond de la salle sans dire un mot. Officiellement elle ne savait pas que Gaïd était allée à Langroas. Mais en soulevant le rideau de sa chambre elle avait vu le taxi, et après en posant les bonnes questions ici ou là, elle avait su. La situation était donc grave puisque à Cleden ça avait fait chou blanc. Il ne restait plus qu'à en parler à la directrice pour ne pas garder cela pour elle. On ne sait pas jamais s'pas !! Après réflexion, la directrice dit:

  - il faut que j'aille à Cleden aujourd'hui, vu que je m'occupe de plusieurs maisons. Si vous voulez, je passe par Beuzec et je vous dépose au bourg. J'ai entendu dire qu'il y avait une fontaine là-bas. Je ne sais pas à quoi elle sert mais si on pouvait les emmener, soit-disant pour une excursion, on aurait encore une chance.

  - Jeanne Yvonne répondit qu'elle était venue là autrefois avec sa grand-mère et que soit-disant les choses s'étaient arrangées avec cette fontaine.

  Ce qu'il faut donc c'est préparer l'excursion. 

  Gaïd et Lom, chacun dans leur coin, ne se parlaient plus. C'est Jeanne-Yvonne qui remua tout le monde en disant:

  - En route pour Beuzec . Excursion !!

  Il n'était pas d'usage de faire bande à part au foyer-logement. Il fallait donc aller à Beuzec. Gaïd prit son parapluie car à Beuzec il pleut parfois, même pour la fête des Bruyères (gouel ar brug). Lom comme d'habitude, le chupen (veston) du dimanche pour les sorties.

  La directrice connaissait bien la route. En passant devant Sanspé, elle fit le guide. Regardez la chapelle de Sanspé, Sainte Espérance. Il  ya même un cantique :

Pedom oll gand fizians

Gwerhez an esperans  

Traduction:

Prions tous avec confiance

La vierge de l'espérance

Jeanne-Yvonne se disait qu'il y  avait donc  de l'espoir pour que les choses s'arrangent avec un tel cantique. Mais la voiture ne s'était pas arrêtée et avait continué vers Beuzec, juste avant le cimetière. Là, la directrice donna ses ordres.

  - au bout du petit chemin, vous verrez, il y a une fontaine. Allez la voir, et après rendez-vous à la mairie pour vous reposer un peu. Tout le monde est gentil là-bas. Je préviens le secrétaire en passant pour le cas où il y aurait des problèmes Je vous reprendrai en revenant de Cleden. A tout à l'heure .

  Et voilà le trio, en route pour la fontaine dont personne ne savait le nom.

 

   30 mars 2006

  Arrivés  devant cette superbe fontaine, tante Gaïd était prête pour son chapelet comme d'habitude, et Tonton Lom bougon comme d'habitude aussi, se demandant ce qu'il était venu faire là, et qu'il aurait pas trop bonne mine quand le syndicat saurait çà. Voilà tante Gaïd qui s'avance pour aller voir de plus près, et vlan....Une ''dirapadenn'' je te dis pas (dérapage, glissade), étalée tout son long dans l'herbe, parapluie parti, KO quoi !!

  (Il faut savoir qu'il y a plusieurs manières de parler breton. Le breton comme on dit ''chimic'' réservé aux intellectuels, subjonctif et tout compris, le breton chic, un peu aristocrate et moins littéraire, et le breton du Cap, qui est un doux mélange de ce qui se disait sur les quais d'Audierne entre marins , et ce qui se disait à Pont-Croix, à l'occasion des foires. En breton chic on aurait dit rikladenn ou ruzadenn pour glissade, et non dirapadenn, langage démocratique du verbe ''diraper''.) 

  Le sang de tonton Lom ne fit qu'un tour:

  - mais qu'est-ce que tu fais ? Tu vas attraper une fracture du col du fémur, avec pompiers pin-pon et tout. Malivuruz ! Qu'est-ce qui nous arrive.

  Jeanne Yvonne avait pris son portable, téléphoné à la mairie, tombée sur Jean-Pierre le secrétaire qui dit  ''J'arrive''

  Tonton Lom, homme d'action, avait attrapé la main de Tante Gaïd pour la relever, et Gast, il s'était senti senti tout drôle. Une main comme je te dis pas. Lui il avait été tailleur de pierres, et elle plutôt avec les vaches, surtout à traire quoi. Des mains de Capistes travailleurs, de la base quoi, et ma Doué personne n'enlevait sa main. Voilà Jean-Pierre qui arrive avec sa voiture personnelle, Tante Gaïd toujours par terre, mis tout le monde dans la voiture, Jeanne-Yvonne devant, Tante Gaïd et Tonton Lom derrière, et en route pour la mairie. Dans le rétroviseur il avait vu que... Ma Doué, 2 mains l'une avec l'autre comme des enfants qui s'aiment.

  Jean-Pierre  voulait avertir le maire vu que c'était un évènement. L'autre secrétaire faisait le café pour réchauffer toutes ces vieilles personnes. Les 2 amoureux ne voulaient pas déranger. Tante Gaïd avait dit:

  - Ce n'est rien! Y a pas de fémur cassé. Tout va bien

  Tonton Lom pas content demandait qu'on aille à Douarnenez faire le scanner  par précaution.

  A la mairie ils étaient au courant qu'il n'y avait pas de scanner à Douarnenez. Jean-Pierre ne pouvait pas trop dire à cause du devoir de réserve d'un fonctionnaire assermenté. C'est le facteur venu remettre le courrier qui avait tout entendu:

  - un scanner à Douarnenez ! Du baratin oui !! Ah, pour les élections on est les plus beaux. On nous donne tout vu qu'on est quand même  autour de 16000 tous ensemble dans le Cap!! Et que je te donnerai le désenclavement du Cap, le scanner et tout quoi !! Même qu'on veut maintenant nous donner un parc marin qu'on demandait pas. Plus moyen de pêcher une godaille sans avoir un pied à coulisse dans la musette. Bientôt il faudra une autorisation administrative pour détenir une mitraillette à maquereaux, alors qu'elles sont en vente libre à la coopé d'Audierne. Pour des  plouks qu'on nous prend alors qu'on est incontournables comme d'autres !!

  Le facteur était parti en bougonnant, quand la directrice était arrivée, en provenance de Cléden. On lui avait tout raconté.  Sans perdre son sang froid, elle avait dit

  - En voiture tout le monde.

  Dans le rétroviseur, pareil! Deux mains, l'une dans l'autre, sans dire un mot. Personne ne disait rien pour ne pas déranger. Même Jeanne -Yvonne qui n'avait pas de rétroviseur se disait qu'on était peut-être pas loin du compte. Et voilà la voiture en route vers les éoliennes de Goulien, tourne à gauche direction les Quatre-Vents, la Croix Rouge, traversé le bourg d'Esquibien sans s'arrêter parce que... (toutes ces épaves de voitures pas oubliées s'pas), Lervily, sans hésiter Sainte-Evette, remonté la petite rue vers Lezongar où on devait paraît-il construire encore des blocs, alors qu'il y avait déjà des blockhauss de la guerre, garé la voiture et voilà !!

  A nouveau devant une fontaine, celle de Sainte Evette, la Sainte aux trois couronnes. La directrice qui savait beaucoup de choses, prit la parole et dit

  - Vous vous rendez compte. On nous a encore volé la statue de la sainte. C'est la 2ème fois. Une fois on l'a retrouvée mais cette fois-ci . ''Bléo'' !! (cheveu; on aurait pu dire ''netra'' c'est à dire rien. voilà qu'elle se mettait à parler breton celle-là maintenant ; nous en reparlerons)

  Tonton Lom qui n'avait pas envie de se retrouver avec un nouvelle affaire de fémur sur le dos, vu qu'on avait  vu qu'il n'y avait pas de scanner à Douarnenez, tenait sec la main de tante Gaïd à cause des cailloux comme on voit sur la photo.

  Mais c'était l'heure de la soupe. Retour par Audierne, un coup d'oeil sur la digue (avant et après les réparations) et voilà encore! L'école de pêche, et juste après le ''mur du son'' ou des Lamentations 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   Le mur (pour lequel rien n'avait été prévu

parce qu'il est plus simple de prévoir après) 

 à moins qu'il ne s'agisse du mur de Berlin, soit-disant détruit ( en langage des quais on pourrait dire détruit sensément s'pas ! )

  Triste quand même les choses avec nous s'pas !! 

   Après avoir traversé Audierne (Jeanne-Yvonne était encore allée  pour expliquer la décade et  la décennie version audiernaise, même que la directrice avait dû dire : taisez-vous, vous êtes un peu  mauvaise langue Madame Jeanne-Yvonne. Puisque tout le monde le sait ce n'est plus la peine d'en parler !! Pas contente Jeanne-Yvonne parce que soi-disant,  ce n'était pas une faute de frappe d'après elle. )

 

 Direction Pont-Croix et un coup d'oeil sur la rivière au pont Physique

 

 

 

 

 

 

 

 et les voilà à Pont-Croix, juste à temps pour la soupe. On avait pas eu le temps d'expliquer d'où venait le nom de pont Physique. On verra çà demain car le repas n'attend pas .

 

31 mars 2006

  Bon, revenons au pont Physique. On pourrait croire que ce nom viendrait des ballets de korrigans qui, par exemple, auraient pu se dérouler sous ce pont, à la pleine lune, puisque la magie se dit: '' taol fisik'' en breton. Mais le Cap est le Cap et pas la forêt de Brocéliande. La réalité est plus terre à terre.

  Il y avait autrefois, à Pont-Croix, un séminaire en activité. Monsieur l'abbé Roland Guizouarn, originaire de Plonevez-Porzay, enseignait la physique et la chimie dans cet établissement. Les séminaristes l'avaient baptisé ''Père Physique''. Lors de la promenade dominicale, il aimait accompagner les élèves vers son coin préféré, un pont sur le  Goyen, près de Suguensou. Voilà comment et pourquoi le pont est devenu pont Physique et passé à la postérité sous cette appellation. Le pauvre père ''Physique'' est mort en 1846, à Porspiron (Beuzec) , au cours d'une partie de pêche. Et tout cela a été raconté dans une ''gwerz'' mais on n'a pas le temps d'en parler, il faudrait une décade s'a pas .Encore !! Décidément !! On l'oubliera pas celle-là. Elle aurait pu être prononcée devant tous nos représentants à Paris, et alors, je te dis pas:

                 ''pour avoir l'air.., on aurait eu l'air.....

  Revenons à la sortie d'hier. Après le petit déjeuner, réunion de états généraux dans la grande salle du foyer logement. On allait devoir prendre des mesures.

  C'est Jeanne-Yvonne qui fit une réclamation sur Beuzec. Ecoutez là

  - Voilà. On a fait le tour chez vous. Le café à la mairie, bien. Mais c'est la fontaine qu'on n'a pas pu trouver tout de suite. Y a pas moyen de mettre une petite plaque à l'entrée du chemin, des explications un peu et tout quoi. Quand même , il faut pas une décennie pour faire çà. Et Vlan, elle avait réussi à placer son truc. Pour le reste on avait trouvé propre, pas de casse de voitures dans la plus grande commune du canton (3453 hectares), comme à Audierne (294 hectares). La commune de Beuzec, 12 fois plus grande que celle d'Audierne, arrivait à être 12 fois plus propre que l'autre, malgré les fermes et tout

 Et pour les paysages, je te dis pas  !!

 

 

  Allez, cherchez un peu. Entre les pointes du château et celle de Luguenez pour la première. Du côté de Porspiron la 2ème. Le premier qui trouve le met dans les commentaires, en bas. Il y en a déjà.

  Et n'oubliez pas de comparer avec les paysages d'Esquibien et  d'Audierne même si on les a déjà vus

                                      Le 2 avril 2006

  Hier , on avait été obligé de faire la pause à cause du poisson d'avril, vu qu'il y  avait eu des blagues au foyer-logement. Il avait donc fallu fermer les états généraux et il y en un qui avait dit qu'il n'y avait qu'à continuer sur le forum du Cap-Sizun. Tonton Lom qui n'était pas encore remis de son affaire de col de fémur avait vu rouge:

  -Du faux rhum. Qu'est que c'est encore? De la contrebande? On ne trouve plus de ''Négrita'' ? Assez comme çà non !!

  Il avait fallu lui expliquer que c'était un forum, avec des photos et des interventions parfois en breton. cela l'avait calmé, mais il n'était pas à prendre avec des pincettes. Gast !! Un fémur qu'on aurait pu perdre  à Beuzec ! Aurait plus manqué  que çà ! Et tante Gaïd à l'hôpital sans scanner. Il fallait réfléchir, en parler au syndicat, et surtout aller respirer l'air de Pont-Croix pour se changer les idées. Et pas question d'aller vers la fontaine pour ne pas rencontrer qui vous savez ...

  Il se dirigea donc vers le Goyen et ma Doué, comme c'était beau !!  

 

Le moulin-mer, le Goyen et les ''dour-maro'' (eau morte) plus haut

  avant d'aller sur un banc, en face, près du lavoir

  Puis il remonta dans le petit bois

 regarda le ruisseau qui alimentait le lavoir

  et revint encore sur le banc

  Sa décision était prise: d'abord, il n'irait pas au syndicat, cela ne les regardait pas. Ensuite, il demanderait son changement pour la maison de retraite de Cleden si nécessaire. Pas à Audierne à cause des casses de voitures qu'il ne voulait pas voir. De toutes façons les choses ne pouvaient pas rester en l'état au foyer-logement, même dans une petite cité de caractère comme Pont-Croix. On allait voir de quoi un Tonton Lom était capable.

  Il savait où trouver celle qu'il cherchait, et se dirigea sans hésiter vers la fontaine. Elle y était bien comme d'habitude et sans doute déjà rendue à 2 tours complets plus 2 ou 3 dizaines. Voyant arriver Lom, vite elle dissimula son chapelet pour ne pas l'indisposer d'emblée. Ecoutez ensuite:

  elle: alors çà va. Tu as bien promené

  lui: voui. On peut pas dire

  - alors çà va

  - çà va                  Silence

  - çà va bien quoi

  - oui çà va.. Mais tu m'écoutes pas. Gast alors, t'écoutes pas

  - Si mais tu dis rien

  - Moi, je dis rien. çà alors.  C'est que j'aimerais bien faire la noce avec toi là voilà

  - quoi ? La noce avec moi , Une demande en mariage que tu me fais

  - Là ! C'est fait

  Et Tante Gaïd se mit à pleurer. Tonton Lom tout retourné croyait avoir mal dit les choses . Il voulait une explication, tout en essuyant les larmes avec son grand mouchoir à carreaux, disons le, plus ou moins douteux.

  - Alors ,

  - J'aurais bien voulu dit tante Gaïd, mais je ne peux pas

  - Tu peux pas, pourquoi?

  - Voilà, tu ne sais pas tout. J'ai Guiguitte

  - Qui c'est çà encore

  - ma fille !!

  - quoi ? Mais tu as dit que tu n'étais pas mariée

  - Justement

  - Donc si tu disais oui, j'aurais une fille moi aussi alors que je suis vieux garçon

  - Sûrement ! En fin, si elle voulait bien et toi  aussi

  - Gast, moi je veux. mais où elle est ?  

  - à Paris. Elle vient pour les vacances. Même qu'elle avait acheté des crêpes dentelles pour tout le foyer-logement l'été dernier

  - mais tu disais que c'était ta nièce

  -  Oui, à cause de Jeanne-Yvonne et sa langue. J'aurais eu honte 

  - Honte de ma fille à moi !! On va voir !! Gast, honte de ma fille non mais..çà alors.

                                     le 3 avril 2006

    Nous avions laissé Tonton Lom hier, un peu assommé par ce qu'il venait d'apprendre.  Les 2 petits vieux remontaient tranquillement vers le foyer-logement, en se tenant par la main, la main dure et calleuse du tailleur de pierres dans la main rugueuse et ridée de la femme de la terre. Deux mains qui se comprenaient sans parler. Ce fut tante Gaïd qui rompit le silence:

  - Je ne t'ai pas tout dit

  - Quoi encore

  - Il y a les petits-enfants aussi

  - Des petits-enfants

  - Oui. Deux: Tugdual et Brigitte-Edwette

  Tonton Lom reprit son souffle, regarda Gaïd droit dans les yeux et dit

  - Moi non plus, j'ai pas tout dit

  Tante Gaïd s'attendait à une catastrophe qui, peut-être mettrait tout par terre

  - Je suis un enfant de l'assistance comme on dit. Là, personne ne le sait sauf toi. J'ai été élevé à Kerbiguet par des braves gens, puis la marine pendant la guerre, torpillé à Mers-el-Kébir, et tailleur de pierres ensuite jusqu'à la retraite. Pas de parents; j'ai vendu ma petite maison pour payer le foyer-logement et voilà

  - Torpillé, et tu es là !

  - Oui. Un coup de chance. J'avais appris à nager à Porspiron, sur la petite plage qu'on a montré plus haut, et j'ai pu rejoindre la côte

  - Tout seul ?

  - Non !!  

   Il n'avait pas l'air de vouloir en dire davantage. Tante Gaïd  respecta le silence et reprit la parole:

  - Moi j'ai encore ma petite maison à Goulien, pas loin de Kerguerriec, tout près  de chez Noella.

  - Qui c'est Noella ?

  - Une grande dame de Paris. Première danseuse à l'opéra, même danseuse étoile je crois, Noella Pontois qu'elle s'appelle

  - Et elle a une maison là

  - Oui, pour se reposer parce qu'elle trouve que c'est beau. Je crois bien que j'ai des photos mais il faut que je les cherche. Je vais quand même te montrer où on allait laver le linge, à Bremeur et même des fois à Plogoff.

 

 ici c'est la vue vers la mer, et après le lavoir

 

 

  Celui-là c'est Plogoff, à Kerhuon. Même que des fois il fallait aller jusqu'au bourg de Goulien  et plus loin à Saint Goulien 

   - Oui, les temps étaients durs. Mais cette maison, on pourrait pas l'arranger un peu pour Guiguitte et les petits enfants ?

   - C'est fait. Guiguitte a pris l'architecte, et tu verras maintenant. On ira, quand il fera beau et que les enfants seront là.

  - Gast, oui alors. On ira !! Et s'il y a des pierres tu verras que je sais encore faire. Mais comment on va dire tout çà au foyer logement

  - Pas la peine de combiner quoi que ce soit. Jeanne-Yvonne  a dû tout raconter déjà. En arrivant on saura. Il n'y aura qu'à regarder

4 avril 2006

  Tante Gaïd ne s'était pas trompée. Tout le monde attendait leur retour, et les yeux des anciens étaient pleins de points d'interrogation.Un grand silence s'était abattu sur le foyer-logement. Habituellement, la télévision apportait un bruit de fond, aujourd'hui elle ne fonctionnait pas; la directrice fut obligée de prendre les choses en main;

  - Bien. Je crois qu'il y a du neuf n'est-ce pas ? (Jeanne-Yvonne n'en perdait pas une ).

  - Tonton Lom répondit qu'effectivement il y avait du nouveau puisqu'il avait décidé de se marier avec Tante Gaïd, qu'elle était d'accord, et qu'il fallait prévenir les enfants, publier les bans, prendre contact avec la mairie et la paroisse, enfin tout quoi !!

 Ma Doué, t'aurais entendu çà au foyer-logement. plus personne ne pensait à la soupe et chacun donnait son point de vue  en français, en breton dans un brouhaha indescriptible. Jeanne-Yvonne parlait plus fort que les autres:

  - Je vous avais bien dit qu'il y avait quelque chose. Même que j'en avais parlé au recteur pour lui demander conseil. Vous savez ce qu'il m'a répondu

  que les voies du seigneur étaient impénétrables et qu'il arriverait ce qui devait arriver.

  Moi, j'avais prévenu hein. Le reste, tant pis !!

  La directrice reprit la parole:

  - Tante Gaïd, votre fille Guiguitte est au courant ?

  Oh, Ma Doué, le pot aux roses ! Tout le monde savait désormais que la nièce était la fille et que...enfin, vous voyez quoi !! 

  Bon, je lui adresse un mail pour l'informer et lui demander son avis.

  Tonton Lom demanda pourquoi on ne téléphonait pas, et que çà irait plus vite.

  Tante Gaïd fut obligée d'expliquer que Guiguitte n'était pas en France vu son métier, qu'elle était en Afrique, médecin sans frontières, toujours à soigner les gens, surtout les pauvres, vu qu'elle n'oubliait pas qu'elle était née pauvre. Tonton Lom, complètement abasourdi, demanda comment on avait fait pour payer  les études, vu que çà coûtait cher et tout. Tante Gaïd répondit qu'elle avait fait beaucoup de lessives après le travail de la ferme de ses patrons, et même des ménages chez les touristes et que Guiguitte avait obtenu une bourse, qu'elle avait travaillé dans les restaurants pendant les  vacances, et que peut-être le Bon Dieu ...

  La secrétaire vint parler à l'oreille de la directrice qui se leva pour vérifier. C'était la réponse de Guiguitte. Juste un mot:

                                        J'arrive ! 

6 avril 2006 

  Donc on attendait Guiguitte. Après le petit déjeuner, les conversations allaient bon train au foyer logement. Voilà le téléphone à nouveau. La secrétaire appela la directrice pour lui dire: On vous appelle d'Abidjan. Air France. L'avion en provenance de Cotonou au Bénin est en escale technique. 24 heures de retard.

 La poisse quoi ! Tante Gaïd sortit son mouchoir, et ...Tonton Lom fut obligé de prendre  les choses en main pour éviter le coup de cafard:

  - Appelez moi un taxi, le même que celui qui est allé à Langroas l'autre jour. On va faire un tour.

  Finalement, les formalités pouvaient attendre. Il voulait montrer à Tante Gaïd ce qu'il croyait savoir de ses origines, et en route.

  Sorti de Pont-Croix par Kéridreuff, direction Plozévet, un petit bout de route, tourne à gauche, et voilà !

.  

 

 

Ils étaient arrivés devant l'étang de Poulguidou à Plouhinec, et en montrant la petite maison de la photo d'en haut, ou plutôt ce qu'il en restait, Tonton Lom dit:

  - Voilà; J'ai appris que j'étais d'ici, qu'il y  avait eu du malheur dans ma famille et ensuite ..et bien tu sais n'est-ce pas ?

  On allait encore avoir droit au mouchoir de Tante Gaïd et Tonton Lom dut faire preuve d'autorité:

  - allez, on continue

  Ils avaient repris la route pour aller vers Pors-Poulhan, et là, pas moyen de faire une photo, çà ne marchait plus. Tant pis, ce sera pour la prochaine fois. Retour vers Audierne pour acheter des piles neuves, et Tonton Lom avait son idée. Il voulut monter vers l'église par la rue double, fit arrêter le taxi un peu avant, et montra à Tante Gaïd:

  une porte de toute beauté, au bas de la venelle de l'école sainte Anne avant son déménagement;

  - pas possible d'avoir des choses aussi belles à Audierne, et des casses de voitures en même temps grommela Tonton Lom. Tu te rends compte, une photo de la rue du Tonton Autret ici. De quoi on aurait l'air !  Allez, on continue.

  Devant l'église neuve (Saint Joseph), le taxi remonta la petite route qui va vers le Castel, et s'arrêta à la porte du cimetière.

  - je vais te montrer quelque chose dit Tonton Lom;

  Il avait l'air de connaître les lieux, et s'arrêta devant une tombe

 

 Tu vois: en haut, c'est la tombe du premier maire d'Audierne, Monsieur Dumanoir et à côté la tombe de Guezno. Tout cela est abandonné. Même pas un bouquet de fleurs à la Toussaint. On nous a raconté l'histoire au syndicat. Monsieur Dumanoir avait été élu au Capucins, dans le réfectoire lors du premier conseil municipal à la révolution, et Guezno (Mathieu), député à la Convention, avait voté la mort de Louis XVI. C'est pour cela qu'il avait été  obligé de s'exiler, quand les autres avaient repris le pouvoir. Un coup de peinture sur l'entourage, une petite pancarte pour expliquer un peu çà aux gens, surtout aux touristes. Non, non ! Plus de sous encore, et surtout pas d'idée car un pot de peinture, tu parles !! Sur la tombe il y a une inscription, mais plus personne ne peut la lire; Pas d'idée là encore ! Même que Guezno avait été appelé le Jacobin sans taches, en raison du bien qu'il avait fait à tout le monde. Tu ne  crois pas  que l'on pourrait refaire cette inscription.

  Et Tonton Lom eut cette phrase terrible:

L'oubli des vivants fait mourir les morts

  Oubliant qu'il était dans un cimetière il ajouta:

  - Tous ces gens qui écrivent n'importe quoi, que soit-disant Guezno avait acheté des chapelles à la révolution. Il faudrait préciser que ce n'était pas Mathieu le conventionnel, mais son frère Joseph qui était notaire. C'est comme à Esquibien! ils ont écrit qu'on avait arrêté les travaux sur la digue de Sainte Evette au début de la guerre, alors qu'il y a eu un mort sur le chantier, par accident du travail en juillet 1941. A se demander quand la guerre avait commencé pour eux. Il vaut mieux se taire quand on ne sait pas. Au syndicat on nous donne des cours tu comprends! Allez, en route.

  Pas question de passer devant les casses de voitures. Retour par la rue double et pause au pont Physique que l'on connaît.  Pourquoi ? Il faut toujours expliquer les choses; Vous n'avez jamais eu envie vous ?

  Près du pont, il y avait une voiture de l'équipement. Les gars étaient venus pour des travaux dans le bois de Lécluse. Avec leur véhicule tous terrains, ils avaient proposé de montrer le bois aux deux anciens qui avaient accepté.

  

Le lavoir avait encore fait pleurer Tante Gaïd. Toutes les lessives qu'elle avait pu faire pour payer les études de Guiguitte

 

 

 

 

 

 Le petit pavillon de chasse, et la vue sur le Goyen de là haut. Ma Doué, que c'était beau; et la casse de voitures d'Esquibien pas loin, puisqu'en remontant le ruisseau on arrivait à sainte Brigitte

 

 

 

 

 

 

  Mais il était temps de revenir à Pont-Croix, des fois qu'il y aurait du neuf de Guiguitte !!

A suivre: Ma Doué 2

 

 

Ma Doué

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Published by spartacus - dans nouvelles
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