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Pont-Croix 

Objets rares d'hier 

Le drusthuil, meuble typique du Cap-Sizun

 

La coiffe de deuil "ar jibilinen "

Ces objets sont visibles au musée du patrimoine 

Le  Marquisat de Pont-Croix

et en photo sur le blog

 

 

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Vous aimez la Bretagne

Vous aimerez le Cap-Sizun

situé au bout du monde, au pays des calvaires, au pays des chapelles, au pays du grandiose, là où finit la terre et commence la mer.

Regardez!!

 

 

 

 


 


Evel ar C'hap, n'eus bro ebet

Il n'y a pas de pays comme le Cap

Pont-Croix

Cap-Sizun côté pile et face

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Plogoff 

Plouhinec

Pont-Croix 

Primelin

 

Toutes ces miniatures sont extraites de l'album photo du blog. Elles correspondent chacune à un article qu'il suffit de demander dans la liste des articles 

 

 

 

 

 

6 octobre 2012 6 06 /10 /octobre /2012 09:00

Audierne.Esquibien.Cap-Sizun.Accords d'Evian. Qui s'en souvient ??

 

Référence:Télégramme de Brest en date du 26-9-2012

 

 Titre: Accords d'Evian. Le harki quimpérois n'a pas oublié

 

*******

 

 

avril-mai_06_026.jpg

 

 

Les accords d'Evian. Qui s'en souvient ?? Les harkis, qui s'en souvient ?? De temps en temps, au cours d'une cérémonie de recueillement on effleure le sujet "Guerre d'Algérie" qui pour la majorité des gens fait partie des souvenirs d'ailleurs parfois classés aux oubliettes. Sauf bien entendu par ceux qui ont vécu et participé à cette tranche de notre histoire. C'est le cas du Quimpérois qui a fait l'objet de l'article cité en référence et qui a assisté à une cérémonie commémorative dans sa ville au cours de laquelle Monsieur Le Préfet du Finistère a lu un texte du Président de la République. Je cite:

 

" Il ya 50 ans , la France a abandonné ses propres soldats , ceux qui lui avaient fait confiance, ceux qui s'étaient placés sous sa protection, ceux qui l'avaient choisie et qui l'avaient servie "

 

 

 avait déclaré quelques minutes plus tôt, le Préfet, lisant le discours du chef de l'état .

 

****** 

 

Mea Culpa   !!

 

Répétons la question: Qui s'en souvient ?? Y a t-il des témoins ??

 

La réponse est oui !!!

 

******

 

J'ai été témoin et même acteur de ce drame affreux qui n'était ni plus ni moins que le renouvellement de ce qui s'était passé préalablement au Viet-Nam. Nous avons abandonné sur ordre ceux qui  avaient servi le drapeau français, ceux qui avaient combattu pour la France, nos compagnons d'arme.

 

Voici mon modeste mais authentique  témoignage, sans tous les détails par respect d'une certaine discrétion pour ne pas dire secret professionnel:

 

Après avoir effectué un premier séjour de plus de 4 années et demi en Algérie commencé dès 1955 lors de ma sortie des écoles militaires, j'ai été désigné pour un 2ème séjour commencé en septembre 1961 dans les Aurès. Commandant de compagnie d'infanterie dans le secteur des gorges de Thighanimine le plus exposé et le plus célèbre depuis la Toussaint Rouge de 1954 (début des hostilités) je dirigeais un sous-quartier (surface approximative: le Cap-Sizun) avec l'aide d'une harka de 40 hommes, tous vieux soldats aguerris. Mes harkis, opérant souvent en liaison ou renfort de la compagnie d'appelés du contingent,  obtenaient des résultats exceptionnels grâce à leur connaissance des lieux et leur sens du terrain qui les dirigeaient très rapidement vers les objectifs traités par leur habileté à utiliser les armes. J'ai plusieurs fois confié en opération ma sécurité personnelle et celle de mon équipe de commandement (radios) à mes harkis qui ne m'ont jamais déçu ni trahi . Cela aurait pourtant été facile !! C'est pour cette raison que je fus amené, lors de la cérémonie du 11 novembre 1961, à  remettre à 5 d'entre eux, la croix de la valeur militaire avec citation (photo à consulter dans un livre cité ci-dessous). Je me souviens de leurs  yeux et de leur regard qui exprimaient la  fierté et la reconnaissance. Un d'entre eux  m'a embrassé, en me disant que j'étais son père. J'eus ensuite l'occasion de faire plusieurs opérations avec eux et de les apprécier encore un peu plus et je leur faisais entièrement confiance. Pas un seul déserteur à la harka. 

 

Quelques jours avant Noël 1961, une embuscade  mixte composée d'appelés du contingent appuyés par des harkis réalisait à la tombée de la nuit, sans perte, un bilan que je ne détaille pas (plusieurs armes récupérées) . Ce bilan allait être le dernier de mon unité car dès le mois de janvier 1962, ordre était donné de préparer le désarmement des harkis, ce qui fut réalisé en février suivant.

En fonction de la durée de leur temps de service, les harkis recevaient en dédommagement une indemnité de remerciement pour ne pas dire de  licenciement. Nous savions pertinemment que cet argent serait convoité et récupéré très rapidement par nos adversaires qui attendaient dans l'ombre, faisant croire à nos harkis qu'en échange on les laisserait tranquilles. Rappellons qu'ils étaient désarmés donc incapables de se défendre. Certains affichaient leur fatalisme, d'autres pleuraient, allant jusqu'à nous (me) demander de les exécuter parce que c'était notre (mon) devoir. Souvenirs atroces  car nous devions répondre par une plaisanterie en  leur faisant croire qu'il n'arriverait rien parce que nous restions sur place mais que nous n'avions plus de raison de les utiliser puisque la paix arrivait.

 

Mensonge sur ordre !!!!

 

Après 6 mois de séjour dans les Aurès, j'ai bénéficié d'une permission en France. C'est en France, dans ma famille, que j'ai vécu le 19 mars 1962 (application des accords d'Evian), pendant que mes adjoints recevaient l'ordre de déménager, d'abandonner le poste occupé par la compagnie pour installer l'unité ailleurs, sans les harkis bien-sûr .

A la fin de ma permission, j'ai rejoint mon nouveau domaine  et constitué d'autres souvenirs en particulier au cours de  la réoccupation temporaire de mon ancien fortin, près duquel vivaient  avant les harkis. Je n'en dirai qu'un mot : je n'ai pas trouvé un seul harki, pas une seule famille de harki. Leurs logement étaient  vides. Qu'étaient-ils devenus ?? Personne n'a voulu me le dire. Par conséquent, je ne l'inventerai pas, je l'imaginerai seulement car je n'ai pas de preuves formelles  comme on en trouve en Sud-Oranais, à Saïda, où les harkis du commando Georges furent ébouillantés dans des lessiveuses .

 

Pour autant, tout le monde sait qu'il y a eu des chasses à l'homme, des vengeances horribles, des mutilations. Ceux qui ont vu ici ou là, des gorges ouvertes baillant vers le ciel et pleines de mouches, des yeux crevés, des nez et des oreilles coupés, des sexes coupés et cousus dans la bouche avec du fil de fer, des viols, des égorgements, des ventres ouverts, vidés et bourrés de cailloux et j'en passe, savent que la bestialité n'a pas  de limites.

 

Malheur aux vaincus !!

 

Et nous n'avons pas bougé.

 

Inch' Allah !!

 

 

J'ai estimé devoir raconter  cela (partiellement) dans un livre romancé publié en l'an 2000, livre accompagné de quelques  d'images, figurant dans la plupart des bibliothèques du Cap-Sizun Audierne, Primelin, Cleden etc.... sauf Esquibien car le maire de l'époque n'avait pas aimé constater par  mon texte (hors harki)  qu'il ne connaissait pas l'histoire de  sa commune, plus particulièrement l'histoire de la construction de la digue de Sainte Evette à propos de laquelle on continue à écrire encore des âneries aujourd'hui.

 

C'est l'orphelin de la digue de Sainte Evette que je suis qui le dis:  

 

Titre du livre :

 

Le calvaire, la colombe et la Croix du Sud 

 

  C'est peut-être pour le remercier de son ignorance que l'ancien maire d'Esquibien a été récemment fait "chevalier de la boutonnière" car ne connaissant pas l'histoire de sa commune il ne doit pas connaître non plus l'histoire des harkis. 

 

Le drame des harkis n'a été qu'une répétition comme nous l'avons déjà dit. mais aujourd'hui les langues se délient pour parler par exemple des réfugiés espagnols auxquels je viens de consacrer un article. Ils furent eux aussi des victimes, du franquisme et  du fascisme dans ce cas précis.

 

Lien:

 

link

 

 Répétons encore une fois:

 

    Malheur aux vaincus !! 

 

 

Le temps est passé, mais les souvenirs restent comme on le voit parfois inscrit sur les tombes en Bretagne. Il ne nous reste plus qu'à attendre le jugement dernier, celui qui fera la part des choses. Ajoutons encore qu'il n'y a pas si longtemps un homme politique méridional, aujourd'hui disparu s'est permis de traiter les harkis de sous-hommes. N'insultons pas les morts et disons seulement que les sous-hommes sont plutôt ceux qui parlent pour ne rien dire et qui feraient mieux de se taire. La parole appartient à ceux qui ont vu, à ceux qui ont vécu, et pas aux discoureurs. Ceux qui ont vu doivent témoigner pour apporter leur contribution personnelle à une tranche  de vérité de notre histoire. C'est ce que j'aurai essayé de faire , à mon modeste niveau.

 

Honneur aux harkis soldats français, serviteurs du drapeau tricolore, et respectueux de la Marseillaise  

 

Que ceux qui liront ce texte, et en particulier mes camarades de promotion le fassent connaître s'ils partagent mon point de vue . Qu'ils en soient remerciés par avance.

 

 Ajoutons  seulement, en paraphrasant Alfred de Vigny que ces souvenirs font partie de 

 

"la grandeur et de la servitude"

 

 

du métier des armes, quelle que soit l'origine de ceux qui les portent, y compris ceux qui ont été formés  dans  une  prestigieuse école dont on dit qu'elle forme des hommes d'honneur .

 

 

avril-mai_06_040.jpg 

 

*******

 

 

 

 

 

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Published by spartacus - dans histoire
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commentaires

spartacus 10/10/2012 12:10


Je remercie le bureau de ma promotion à Saint-Cyr Coëtquidan qui a bien voulu signaler ce texte par une diffusion générale en  communiquant à tous les références du blog. Ma
promotion  porte comme nom de baptême


  "Ceux de Dièn Bièn Phù"  .


Par cette décision elle justifie une fois de plus  le nom qu'elle porte avec honneur  et ce qu'elle représente . Amitiés à tous. Spartacus

spartacus 10/10/2012 12:12



mise en ligne



louanchi 07/10/2012 17:58


HARKIS LES CAMPS DE LA HONTE


 


lien vers http://www.dailymotion.com/video/xl0lyn_hocine-le-combat-d-une-vie_news


En 1975, quatre hommes cagoulés et armés pénètrent dans la mairie de
Saint Laurent des arbres, dans le département du Gard. Sous la menace de tout faire sauter à la dynamite, ils obtiennent après 24 heures de négociations la dissolution du camp de harkis proche du
village. A l'époque, depuis 13 ans, ce camp de Saint Maurice l'Ardoise, ceinturé de barbelés et de miradors, accueillait 1200 harkis et leurs familles. Une discipline militaire, des conditions
hygiéniques minimales, violence et répression, 40 malades mentaux qui errent désoeuvrés et l' isolement total de la société française. Sur les quatre membres du commando anonyme des cagoulés, un
seul aujourd'hui se décide à parler.


 


35 ans après Hocine raconte comment il a risqué sa vie pour faire raser
le camp de la honte. Nous sommes retournés avec lui sur les lieux, ce 14 juillet 2011. Anne Gromaire, Jean-Claude Honnorat.


Sur radio-alpes.net - Audio -France-Algérie : Le combat de
ma vie (2012-03-26 17:55:13) - Ecoutez: Hocine Louanchi
joint au téléphone...émotions et voile de censure levé ! Les Accords d'Evian n'effacent pas le passé, mais l'avenir pourra apaiser les blessures. (H.Louanchi)
Interview du 26 mars 2012 sur
radio-alpes.net

spartacus 07/10/2012 18:13



Merci Monsieur Hocine. Je recommande la lecture de votre vidéo et salue votre courage. Amicalement. Spartacus



alain 06/10/2012 15:13


Bonjour cher ami


j'ai déjà eu l'occasion de vous dire tout le bien  que j'avais pensé de votre livre, je n'y reviendrai donc pas, sauf à encourager les lecteurs de ce blog à s'y plonger.


ces évènements doivent rester dans les mémoires, et être transmis à la jeunesse pour éviter l'oubli qui fait le recommencement.


Amitiés


Alain

spartacus 06/10/2012 17:23



Merci Alain pour ce témoignage d'amitié .La médiatisation est tout ce qui nous reste pour contrer les déclarations scandaleuses et fausses. Je viens d'aborder plusieurs sujets dont certains
difficiles. Je continue et je sais que je peux compter sur les amis, sur votre amitié, ce qui passe aussi par le respect des idées personnelles. Vous me comprendrez sûrement. Je ne demande
rien pour moi. J'apporte seulement ma modeste pierre à la construction de l'édifice, par ce que j'ai vu, par ce que j'ai fait, par mon vécu personnel pour lequel il sera difficile de prouver
le contraire. Les contre-vérités ça suffit. La parole est aux témoins. Amitiés . Spartacus