Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

miniatures

Pont-Croix 

Objets rares d'hier 

Le drusthuil, meuble typique du Cap-Sizun

 

La coiffe de deuil "ar jibilinen "

Ces objets sont visibles au musée du patrimoine 

Le  Marquisat de Pont-Croix

et en photo sur le blog

 

 

Recherche

Vous aimez la Bretagne

Vous aimerez le Cap-Sizun

situé au bout du monde, au pays des calvaires, au pays des chapelles, au pays du grandiose, là où finit la terre et commence la mer.

Regardez!!

 

 

 

 


 


Evel ar C'hap, n'eus bro ebet

Il n'y a pas de pays comme le Cap

Pont-Croix

Cap-Sizun côté pile et face

Beuzec

Cleden

Confort

Mahalon

Goulien

Plogoff 

Plouhinec

Pont-Croix 

Primelin

 

Toutes ces miniatures sont extraites de l'album photo du blog. Elles correspondent chacune à un article qu'il suffit de demander dans la liste des articles 

 

 

 

 

 

2 juin 2006 5 02 /06 /juin /2006 09:16

Ma Bro Ar C'Hap Hirio suite 8

46 – Culture: la langue bretonne – Le costume –

461 – LANGUE - LE BRETON –

Définition selon le Larousse : langue celtique parlée dans l’ouest de la Bretagne. Par conséquent : dialecte, patois ou langue, la question ne se pose pas. Il s’agit bien d’une langue.
Je ne reviendrai pas sur l’origine de cette langue puisque j’ai déjà traité nos origines. La langue va avec nos origines. Dans son édition du 12 avril 1997, ‘’le Télégramme de Brest’’ a consacré une page au breton tel qu’on le parle : pourcentages, statistiques, l’amateur de chiffres pourra s’y référer. J’en cite seulement quelques-uns uns :
En 1997, 45% des bretons âgés de plus de 75 ans parlaient la langue ; ce chiffre n’est que de 5% dans la tranche d’âge de 20 à 39 ans. Sur 2500 personnes interrogées, 31% comprennent le breton mais seulement 18% très bien. Passons !! Comme cas concret, je peux évoquer mon cas personnel : mes parents, nés à la fin du XIXème siècle pratiquaient couramment la langue bretonne, qui était d’ailleurs leur langue maternelle . Pratiquement, tous les gens de leur génération s’exprimaient en breton. Cette langue était d’ailleurs la seule utilisée localement pour les transactions commerciales : foires (marchandages), achat du poisson sur les quais, commerce et toutes conversations à la campagne. Même les valeurs de l’argent étaient exprimées en breton : Lur = livre, franc – Real = 5 sous – Skoed = 3 francs etc…
Vint alors l’école publique qui enseigna exclusivement le français, bannissant le breton et les tournures de phrase dérivées : Kaz an dra ze ganit signifie littéralement « envoie cela avec toi », ce qui n’est pas du français correct ; emporte-le conviendrait mieux ! Le français commence assez vite à supplanter le breton, par ailleurs interdit à l’école. De ce fait, le français devient très vite la langue des gens instruits, la langue des enfants que de nombreuses grands-mères durent apprendre ou tout au moins balbutier pour parler à leurs petits-enfants.
Mes parents assurèrent l’éducation de leur progéniture uniquement en français, se réservant de converser en breton pour traiter les affaires de grandes personnes qui ne regardent pas les enfants. Mais les enfants , comme tous les enfants jouent entre eux et côtoient des enfants bretonnants, voire des anciens qui ne s’expriment qu’en breton. L’apprentissage sur le tas se traduit assez vite par un langage parlé correct qui laisse les parents ébahis lorsque fuse la première réplique en breton. Désormais ils devront se méfier pour les secrets de familles. Viennent ensuite les chants bretons, les cérémonies religieuses, les prônes et homélies en breton, les publications de mariages (bans) à la grand-messe etc….
Promesa ar Vriadelez a vezo etre : X..Mab major eus an décéded Y….
Il y a promesse de mariage entre :X..fils majeur du décédé Y…

Les pardons particulièrement donnent lieu à des prônes en breton. Les jeux : quilles, galoche, billes ont leurs règles et leurs dénominations en breton. Bref, le breton fait partie de l’enfance des gens de ma génération. A vrai dire, il n’en reste pas grand-chose. Désintégré par l’école, le breton n’est plus parlé par les enfants qui grandissent devant la télévision et l’ordinateur. L’école enseigne les langues vivantes, particulièrement l’anglais, langue du commerce international et du langage informatique : Microsoft Word, Outlook Express sont des mots plus courants que ‘’Demat’’ (bonjour) ou ‘’Mont a ra mat ganéoc’h ? ’’ (littéralement : ça va bien avec vous, en français :Vous allez bien ? ). Certes, les médias trouveront bien toujours un plaisantin pour présenter ‘’une bretonne (Bigoudène) à bicyclette sur les Champs Elysées’’ (Bécassine), ou décrire les bretons comme étant les champions du ‘’Gwin Ru’’ (vin rouge ; était-il besoin de traduire ?). D’autant qu’on ajoute aussi facilement que ‘’Bara’’ (le pain) et ‘’Gwin’’ (le vin) sont à l’origine du mot baragouiner qui signifierait dans ce cas, parler comme un breton. Humour douteux, car on parle en Bretagne aussi bien qu’ailleurs.
Mais c’est un fait, le breton, langue minoritaire a du mal à survivre. Je me contenterai de citer l’école DIWAN, sans entrer dans la querelle qui l’oppose à l’état au sujet de son mode d’enseignement dit ‘’par immersion’’. Cette école existe. Elle enseigne le breton que l’on ne retrouve plus guère que dans les cantiques des pardons, les associations culturelles et celtiques, ainsi que les cercles d’enseignement. Un patrimoine disparaît, comme beaucoup d’autres choses, et c’est dommage. Une histoire racontée en breton, avec un vocabulaire souvent imagé, parfois gaulois, a plus de saveur que la même histoire en français. A terme , on peut imaginer que la langue de nos pères fera partie des souvenirs, malgré le dynamisme et les efforts de nombreuses associations. Il est évident que le breton n’a aucun avenir dans le domaine international . Il peut cependant servir en certaines circonstances. Je me souviens avoir parlé en breton sur un réseau radio militaire en opérations. Mon correspondant était breton comme il se doit. Nous avons pu avoir une conversation confidentielle défiant par là même les oreilles indiscrètes mal intentionnées.
Les langues régionales sont minoritaires sans aucun doute, mais elles font partie de l’héritage culturel et du patrimoine. A ce titre, elles méritent la plus grande considération. Régulièrement de nouveaux titres apparaissent dans la presse locale :
les associations se mobilisent, langue bretonne en danger, des élus interpellés etc…
Il faut en prendre conscience et essayer de sauver ce qui peut l’être encore.

462 – LE COSTUME

Le Cap-Sizun était, l’est-il encore, un pays pauvre. Le costume était à l’image de cette pauvreté, c’est à dire modeste, contrairement au costume bigouden. Le vêtement masculin pratiquement sans originalité, comprenait : en guise de pantalon, les ‘’Bragou Braz’’ que l’on retrouve dans beaucoup d’endroits, un ‘’chupen’’, compromis entre veste et gilet, à double rangée de boutons, et un chapeau à guises (rubans), sans oublier les bas et les sabots.
Le costume féminin se caractérise d’abord par la coiffe. Le Cap-Sizun n’avait pas une coiffe unique : dans les communes de l’ouest PLOGOFF, CLEDEN, GOULIEN, PRIMELIN, ESQUIBIEN et partiellement AUDIERNE, la coiffe ‘’Kapen’’ ou ‘’Capen’’ était prédominante. A partir de BEUZEC, l’influence douarneniste se faisait sentir ; la coiffe Capen laissait la place à la coiffe ‘’Pen-Sardin’’ (littéralement tête de sardine) ; à PONT-CROIX et CONFORT , on trouvait plutôt la ‘’Ponponne’’, et enfin à PLOUHINEC un compromis de Pen-Sardin et de Ponponne. La coiffe permettait d’identifier la personne , et facilitait les transactions commerciales aux foires et marchés, par une sorte d’esprit clanique. Il valait mieux acheter à une ‘’payse’’ qu’à une ‘’d’ailleurs’’. (Il est vrai que l’on n’avait pas encore inventé la communauté de communes). Les Capens étaient réputées plus ceci , par rapport aux Plouhinécoises plus cela par exemple. Et il est évident que les affaires honnêtes se faisaient entre gens de la même paroisse, car, avec les autres, on ne sait jamais !!!
Un tablier chatoyant, richement travaillé pour le dimanche , recouvrait une longue robe, descendant jusqu’aux chevilles, généralement de couleur sombre. Cette longueur de vêtements n’empêchait nullement nos grands-mères d’entrer dans l’eau froide de la mer, jusqu’à la taille , pour récolter le goëmon, en retroussant cotillons et jupons
Les costumes ne sortent plus des armoires dans la vie courante ; seulement à l’occasion des fêtes folkloriques. (J’ai déjà cité BEUZEC, et la superbe noce en chars à bancs, le jour de la fête ‘’Gouel Ar brug’’, la fête des bruyères.A cette occasion, on peut retrouver le souvenir d’un passé pas si éloigné. Ma mère a porté la coiffe jusqu’aux environs de 1970. Elle a promené cette coiffe à Paris, à Strasbourg et même en Allemagne, en rendant visite à ses enfants ‘’émigrés’’. Mes cousines, nées avant 1920, ont porté la coiffe, mais elles l’ont abandonnée assez rapidement.
Il faut ajouter que ces costumes n’étaient pas toujours très pratiques pour le travail. Les marins ont très vite adopté une sorte de vareuse, veste sans boutons, à enfiler par la tête. Ces vareuses étaient généralement teintées avec les restes de ‘’tan’’ ou ‘’tannée’’ servant à protéger les voiles des bateaux, ce qui leur donnait une couleur rouge, bleue ou marron.
Ajoutons enfin les sabots pour tous : ‘’Boutou-Koad’’ (sabots de bois pour tous les jours ; à la campagne on y mettait de la paille au lieu et place des chaussettes et chaussons), ‘’Boutou-kiger’’ ( sabots de boucher à bouts pointus, signe extérieur évident de richesse) et même plus récemment les ‘’Boutou-Ler ‘’ (sabots de cuir, chaussures). Les sabotiers ne manquaient pas de talent pour faire , à partir d’un morceau de bois , un objet décoré à leur marque et destiné à chausser les pieds de nos anciens.
Tout cela a disparu, et fait partie des souvenirs. La modernité est passée par là, apportant comme partout en France, la minijupe et les talons hauts qui remplacent les sabots. Ceux qui ont porté les sabots, ceux qui sont nés à l’époque de la lampe à pétrole doivent se souvenir pour transmettre car la mémoire ne repasse pas les plats. Combien sont-ils ceux qui , aujourd’hui, regrettent de n’avoir pas enregistré au magnétophone les conversations de nos anciens. Toute cette mémoire perdue, est définitivement perdue.
Mais , n’a-t-on pas déjà dit que :

‘’ DE TON TEMPS, C’ETAIT TON TEMPS !!’’

******
A Suivre Ma Bro Hirio suite 9



Partager cet article

Repost 0
Published by spartacus - dans livres
commenter cet article

commentaires