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Pont-Croix 

Objets rares d'hier 

Le drusthuil, meuble typique du Cap-Sizun

 

La coiffe de deuil "ar jibilinen "

Ces objets sont visibles au musée du patrimoine 

Le  Marquisat de Pont-Croix

et en photo sur le blog

 

 

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Vous aimez la Bretagne

Vous aimerez le Cap-Sizun

situé au bout du monde, au pays des calvaires, au pays des chapelles, au pays du grandiose, là où finit la terre et commence la mer.

Regardez!!

 

 

 

 


 


Evel ar C'hap, n'eus bro ebet

Il n'y a pas de pays comme le Cap

Pont-Croix

Cap-Sizun côté pile et face

Beuzec

Cleden

Confort

Mahalon

Goulien

Plogoff 

Plouhinec

Pont-Croix 

Primelin

 

Toutes ces miniatures sont extraites de l'album photo du blog. Elles correspondent chacune à un article qu'il suffit de demander dans la liste des articles 

 

 

 

 

 

14 juin 2006 3 14 /06 /juin /2006 11:25

Ma Bro Ar C'hap Hirio suite 2

2- Population

21- Considérations démographiques –

211- Les chiffres –

Deux éléments essentiels : le pétrole et la démographie conditionnent aujourd’hui la vie mondiale et planétaire, dans un contexte de géopolitique. Le Cap-Sizun n’est concerné par le pétrole qu’en tant que consommateur. Par contre, il défraie la chronique pour ce qui concerne la démographie. C’est pourquoi, il me paraît intéressant de citer quelques chiffres, uniquement au plan de la réflexion, voire de la prise de conscience.
Selon la revue ‘’Esprit’’ (évaluation de 1993, donc déjà périmée), à échéance 2025, les populations mondiales seront :

Pays concerné        Evaluation en million d’habitants
Chine                        1513 millions
Inde                         1441 millions
Indonésie, Pakistan, Bengladesh Chacun                 250 millions                                        
Nigéria                       280 millions
Brésil                          246 millions
Iran , Tanzanie, Kenya, Thaïlande Aucun pays > à 80 millions
Europe Aucun pays > à 80 millions

Selon une autre source plus récente, la population mondiale devrait atteindre 8,5 milliards de personnes en 2030, soit :

Continent concerné             Hausse en 35 ans
Afrique                    116 % - de 720 millions à 1,6 milliard
Asie                          47 % - de 3,4 milliards à 5,1 milliards
Amérique latine          51 % - 475 millions à 715 millions
Europe                        1 % - de 731 millions à 742 millions

En 1962, l’Algérie comptait 9 millions de citoyens non européens. Ils sont aujourd’hui 30 millions, soit une multiplication par 3,33 .
Selon une source ‘’internet’’, la population mondiale sera de environ 10 milliards de personnes, dont 3 millions de centenaires, à l’échéance 2050. Le quotidien ‘’Le Monde’’ du 1/3/2002, prévoit un vieillissement général de la population, et considère que, en 2050, 1 personne sur 5 aura plus de 60 ans, chiffre supérieur à celui des moins de 14 ans.
J’arrête là ces chiffres qui relèvent de la géopolitique mondiale. Cependant, il n’était peut-être pas inutile d’en parler, avant de revenir à notre sujet : le Cap.
En fait, par rapport à ce qui précède, le Cap c’est peu de chose, vraiment très peu de chose :

177 kilomètres carrés – 16732 habitants, répartis sur 11 communes

La population française est de 58.520.688 habitants et celle du Finistère de 852.418 en 1999.
Là où le bât blesse, c’est que entre les deux recensements de 1990 et 1999, le Cap a perdu 11,33 % de sa population, ce qui constitue le record absolu en Bretagne.
Par comparaison, le canton de Plogastel-Saint-Germain a perdu 1 % de sa population dans la même période.
La perte n’est pas identique dans toutes les communes :

Commune      Perte      Commune  Perte
Audierne -     12,9 %     Plogoff - 18,12 %
Beuzec -       13,62 %    Plouhinec -9,97 %
Cléden -       13,01 %    Pont-Croix -6,41 %
Esquibien -   15,67 %      Primelin -16,22 ù
Goulien -16,15 %

Les communes de Mahalon et Confort-Meilars affichent un solde positif :
+ 4,86 pour Mahalon et + 2,18 pour Confort-Meilars.

Les amateurs de chiffres pourront s’amuser à faire des calculs de densité d’habitants au kilomètre carré.
Mais, pourquoi ne pas comparer le chiffre global de la population capiste : 16.732, à celui de quelques villes voisines :

Ville     Population     Ville      Population
Brest     149.744      Carhaix      8.198
Quimper 63.093    Pont-L’Abbé   7.374
Morlaix   16.701     Chateaulin    4.965
Douarnenez 15.819  Plonéour-Lanvern 4.619

Il ressort de ce tableau que la population capiste correspond approximativement à :
- 1/5 de celle de QUIMPER,
- le double de celle de CARHAIX, un peu plus du double de PONT-L’ABBE, et 3,5 fois CHATEAULIN.
et qu’elle est proche de celle de MORLAIX ou DOUARNENEZ mais répartie sur 11 communes et non une,
Antérieurement, entre 1975 et 1989, soit en 14 ans, le Cap avait perdu en moyenne 15 % de ses habitants. La situation s’est donc aggravée entre 1989 et 1999. Si l’on ajoute que environ 1/3 de la population actuelle est âgée de plus de 70 ans (ce qui est mon cas), nous tombons dans une perspective et une prospective peu réjouissantes. Prenons le cas de PLOUHINEC : à la fin de l’année 2002, on comptait 1.100 personnes de plus de 70 ans dont 606 de plus de 75 ans sur la commune.
Le 6/10/2000, le ‘’Télégramme de Brest’’ écrivait :
« Audierne, la commune perd 1 millier d’habitants en 24 ans »
Au cours de l’année 2002, le Cap a enregistré 318 décès pour 106 naissances, soit 3 fois plus de décès que de naissances. Rapportés à l’espérance de vie : hommes 76 ans, femmes 82 ans (exactement 75,6 et 82,8 selon TF1 le 29/1/2003), ces chiffres permettent d’imaginer les résultats du prochain recensement, disons en 2010. Considérons que si la perte est voisine de la précédente, nous obtiendrons :
16464 habitants – 11 % ( 1811) = 14653
Et cela se poursuivra, pour aboutir en 2050 à :
14653 – (11 % x 4) = 6447 habitants.
On peut continuer ce raisonnement pour aboutir à l’extinction de la race capiste. Il ne faut pas oublier que d’ores et déjà, 1/3 des maisons familiales ont changé de main pour devenir des résidences secondaires achetées par des Européens : Anglais, Belges, Allemands etc… Un autre 1/3 se prépare à le faire. Je crois avoir déjà dit que en 1980, il n’y avait aucune agence immobilière dans le Cap. Aujourd’hui, il y a un marché, qui a vu la création de 4 agences à AUDIERNE (5 à une certaine époque), une à Plouhinec et 3 à PONT-CROIX, qui font concurrence aux études de notaires déjà existantes. Pour plagier une émission très médiatique en son temps, on peut poser la question :
N’y a-t’il pas quelque chose à faire ??

°°°°°°

212- Les responsables et les responsabilités

La seule responsabilité exercée par le ‘’capiste-citoyen-électeur’’ est celle qui consiste à déposer un bulletin de vote dans l’urne, le jour des élections, pour désigner ses représentants. Il vaut mieux ne pas se tromper à cette occasion qui ne se renouvelle pas tous les jours. Au résultat, si l’élu est celui qu’il a choisi, l’électeur peut se réjouir. Dans le cas contraire, il fait partie de l’opposition. Une fois élus, les représentants désignés deviennent responsables, tant de la gestion d’une situation donnée que des remèdes à proposer et prescrire pour soigner le malade. De ce fait, on peut les assimiler aux médecins qui diagnostiquent et prescrivent les médicaments, parfois avec une certaine marge d’erreur sans que pour autant le corps médical puisse être rendu responsable de tous les maux en cas de mauvais résultats. Mais chacun sait qu’il y a d’excellents médecins et d’autre plus médiocres.
L’électeur de base, redevenu simple particulier après son vote, ne peut que constater, sans apporter ni solution ni réponse. La réponse appartient aux responsables du moment qui gèrent en tant qu’élus la situation, qu’elle soit bonne ou mauvaise. C’est pourquoi, il m’a semblé intéressant d’aller écouter les élus. Dans un chapitre ultérieur, je ferai une analyse de situation plus précise.
J’entends dire, je lis aussi parfois, des déclarations d’élus locaux :
« Le Cap est victime de son enclavement, de sa mauvaise politique foncière et urbanistique etc.. ».
Soit !! Il convient donc de définir qui fait quoi, pour savoir qui a le pouvoir de prescrire les médicaments pour soigner une maladie connue puisque diagnostiquée ; le mal est mis à jour, il faut maintenant rédiger l’ordonnance à faire exécuter par le pharmacien. Je commencerai donc par le (ou la ) député. Les élections législatives ont eu lieu en 2002. Je cite textuellement un article du ‘’Télégramme de Brest, publié dans l’édition du 12/6/2002 :

« Le désenclavement du Cap-Sizun
Cette approche consensuelle des candidates ( Madame Tanguy , Madame Lazard), s’est également vérifiée sur la nécessité, en matière d’aménagement du territoire de ‘’désenclaver le Cap-Sizun’’. Pour H. Tanguy : ‘’le député doit être un initiateur, un facilitateur, un porteur de dossiers’’. J. Lazard pense qu’il ne peut être un’’ super-maire’’ mais doit accompagner l’action des élus locaux ».

Je précise aussi que, le 27/5/2002, Madame Lazard avait proposé, sans le détailler, un désenclavement urgent du Cap-Sizun. (Comme j’écris ces lignes le 10/7/2003, cela fait plus d’un an) .
En clair, ce n’est pas le rôle du député de constituer le dossier de ce projet. Son rôle est d’aider pour faire aboutir. Dont acte !! La balle semble donc dans le camp des élus locaux puisque le député siège à PARIS comme législateur. J’attends la preuve du contraire .
Un exemple : Le contournement d’AUDIERNE
Le plus gros projet pour le Cap-Sizun fut, excepté PLOGOFF, l’absence de projet en la matière, autrement dit ‘’de ne pas en avoir’’. C’est peut-être ici qu’il faudrait parler du rôle du conseiller général. Certes, il fut bien question d’un contournement d’AUDIERNE au plus près de l’agglomération, par le nord.
Alors, lisons ‘’Bugale ar Gannaek’’, le livre d’ESQUIBIEN , page 102 :

« le 9 avril 1981, le conseil rejette ( par 11 voix contre, 1 voix pour et un blanc) le projet de déviation de la ville d’AUDIERNE qui partirait de Suguensou pour aboutir à Toulemonde… Cette déviation d’une longueur de 3 Kilomètres traverse entièrement le nord de la commune, de Suguensou à Toulemonde, détruisant plusieurs hectares de terres cultivables et cultivées… Il y a une possibilité de desserte à 500 mètre plus au nord , par la départementale passant aux Quatre Vents ».

Donc, refus d’ESQUIBIEN ! C’est la démocratie, mais pas obligatoirement la meilleure solution pour l’intérêt général.
Dans son édition du 27/1/1992, le ‘’Télégramme de BREST écrit :

« Les commerçants d’AUDIERNE ont dénoncé le projet de déviation d’AUDIERNE qui risque de nuire au commerce local déjà en difficulté ».

Ce raisonnement prône donc le maintien d’AUDIERNE en l’état, c’est à dire en point de passage obligé, au lieu de considérer et traiter le problème pour faire de la ville un lieu de séjour, dans lequel les automobilistes stationneraient pour devenir des consommateurs. Les véhicules ne s’arrêtent pas, car ils ne peuvent s’arrêter faute de places de stationnement. D’autant que des places de stationnement, à proximité du centre ville, près de la poste, ont été attribuées à une entreprise pour le stockage de bateaux, prix à payer en contre partie de l’installation d’un aquarium comme je l’ai déjà dit. L’avenir dira s’il s’agit du bon choix, mais j’en doute et je le dis, ce qui est mon droit puisque je ne suis pas comme l’ethnologue, tenu de me limiter à un constat. Donc les occupants des véhicules de passage vont consommer ailleurs. Nous sommes en 2003. L’article de presse ci-dessus date de 1992. La situation du commerce local me paraît suffisamment éloquente aujourd’hui pour confirmer la mauvaise évaluation et même l’erreur de jugement de ce raisonnement partisan et conservateur. Quoi qu’il en soit, la politique d’obstruction menée pour défendre des intérêts particuliers, a pu s’appuyer , à terme, sur la loi littorale, classant définitivement aux oubliettes le projet Suguensou .
Dès lors, il ne restait plus que la solution ‘’Quatre Vents’’, mais il a fallu la politique énergique du conseil général, (au sein duquel le conseiller général n’était sans doute pas demandeur puisqu’il fait partie de l’opposition), pour imposer un aménagement de principe, à partir de 1997. L’initiative est venue des instances départementales, pour combattre l’immobilisme et même la suspicion du pouvoir local. Je cite, une fois de plus, ‘’Le Télégramme de Brest’’, qui écrit dans son édition du 16/3/2002 :

« Contournement d’AUDIERNE : Yvette Duval rassure les élus »

Etaient-ils donc inquiets ?

Antérieurement, des associations à slogan du type :

« Il y avait un jardin qu’on appelait la terre » ou « je représente la terre »

ont tenté de médiatiser leur opposition au projet qui, pour donner satisfaction à ESQUIBIEN aboutit à la Croix Rouge et non à Toulemonde, ce qui aurait été plus réaliste. Sûrement encore des intérêts particuliers à prendre en considération.
Je précise aussi que la position du maire de GOULIEN (Henri Goardon), exprimée par voie de presse le 24/10/2001, me paraît le point de vue du bon sens et de la raison. Cette opinion n’engage que moi-même, mais j’ajoute que Monsieur Goardon est, comme il le dit lui-même quotidiennement utilisateur du contournement réalisé, entre Quatre vents et Kervenennec. Il note aussi que le projet réalisé n’a qu’un lointain rapport avec la déviation d’AUDIERNE. Ceci me permet de poser une question : A qui la faute ? Quant à sa suggestion de poursuivre le désenclavement sur le CD 43, entre ‘’La Carrière’’ et ‘’le Moulin’’, c’est encore, à mon sens, la solution logique puisqu’elle vise à désenclaver par PONT-CROIX et non par PLOUHINEC comme je crois l’avoir démontré précédemment. Tout le reste relève du simple constat ou du vœu pieux. Mais, je vais encore me retourner vers la presse locale : 
- Télégramme de Brest : édition du 1/12/2001- rubrique PRIMELIN
« L’urbanisation possible est un atout de la commune, mais le manque d’infrastructure routière pousse les jeunes à s’établir ailleurs. Le circuit touristique autocariste est également contrarié par le manque de voies praticables, hormis la D784 ».
- Même journal, édition du 10/2/1996- rubrique PLOUHINEC
« Aucune mesure d’envergure n’est prise pour désenclaver la région, malgré l’attrait touristique du site de la pointe du Raz ».
On pourrait citer d’autres déclarations de maires , car c’est bien de cela qu’il s’agit. Mais, il vaut mieux clore ce chapitre en disant :
Aide toi, le ciel t’aidera !!

°°°°°°°
Quant à ceux qui pensent que ce qui a été réalisé ne sert à rien, je leur suggère de faire une expérience qui consiste à mesurer les distances de chaque itinéraire, en utilisant le compteur d’un véhicule. Pour ma part, j’ai trouvé les résultats suivants :
- entre le rond-point de la Croix Rouge et la pancarte située à l’entrée sud de PONT-CROIX : 7 kilomètres ,300 en passant par les Quatre Vents.
- Entre la pancarte précitée et le rond-point de la Croix Rouge : 7 Kilomètres , en passant par AUDIERNE.
C Q F D
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. On peut vérifier sur la carte Michelin qui se réfère au centre ville de PONT-CROIX : 8,5 Km dans un sens, 7 Km dans l’autre. La carte a sans doute raison. Donc, la distance à parcourir en plus par la déviation n’excède pas 1,5 Km. Comme cet itinéraire évite la traversée d’AUDIERNE, surtout en période d’encombrement, il s’avère que le contournement est plus rapide. Mais, la signalisation serait peut-être à améliorer par un pancartage du genre : ‘’itinéraire conseillé’’. J’entends déjà les cris d’orfraie poussés par ceux qui sont toujours
‘’contre tout ce qui est pour, et pour tout ce qui est contre’’.
Affaire à suivre !!

213- Les municipalités et les projets

A l’exception de PLOUHINEC qui vient de recevoir l’autorisation d’implanter un magasin de chaussures dans sa zone commerciale de Ty- Frapp, il n’existe à ma connaissance que les projets de la communauté de communes : piscine, salle omnisports et cyber-commune déjà cités.
Je reviens sur la piscine, car il s’agit d’une arlésienne. On en parlait déjà en 1976, soit, depuis 27 ans. Lisons le livre d’ESQUIBIEN : Bugale ar Gannaek , à la page 99. Je cite :
« Le conseil municipal décide de ne pas donner suite au projet d’installation d’une piscine intercommunale dans le Cap-Sizun »
Alors on peut se demander pourquoi la commune d’ESQUIBIEN souhaite recevoir aujourd’hui, chez elle, ce dont elle ne voulait pas hier quelque part dans le Cap. J’ai déjà dit que ma préférence allait à PONT-CROIX, et j’attends la démonstration de mon erreur d’appréciation ou de jugement. Récemment, je lisais dans un journal (Le Nouvel Observateur du 22/12/2002), le propos suivant tenu par Monsieur Patrick Braouzec, député communiste, soit, et alors :
« Aujourd’hui, tout le monde est dans sa petite boutique en train de compter la caisse, à achalander son magasin, mais sans penser à construire une grande surface ».
Ce propos est également vrai pour le Cap-Sizun. Dès qu’il y a un projet communautaire, chacun le veut chez lui, pour lui, ce qui relève plus de considérations d’orgueil du clocher, comme à l’époque des paroisses, que du réalisme. C’est un peu comme si le fait d’installer une structure chez l’un se traduisait par la déchéance de l’autre. Absurdité s’il en est, et surtout, place et libre-cours aux marchandages, au détriment de l’intérêt général, toujours lui, qui en fait, compte peu !! Pourtant, la situation économique est un fait, et il n’y a pas, à mon sens, de différence entre un demandeur d’emploi de CLEDEN ou PLOGOFF, et un demandeur d’emploi de PLOUHINEC ou CONFORT. Les deux sont des victimes de la crise et du sous-équipement de notre Cap qui n’a rien à proposer dans le domaine de l’emploi. C’est donc pour eux, les demandeurs d’emplois, que l’on doit imaginer les projets communautaires, et les faire aboutir. Ce n’est pas pour faire plaisir à tel ou tel maire, dans la perspective d’un quelconque accord électoral, et encore moins faire plaisir à un lobby ou groupe de pression d’aucune sorte. Certains projets communaux, du type aquarium d’AUDIERNE sont suffisamment riches en enseignements pour en tirer la leçon. Il faudra bien, un jour, établir les responsabilités en analysant le montage financier initial de ce projet estimé à 20 millions (de francs), tel qu’il a été présenté dans la presse :
Fonds propres : 7,5 millions de frs, emprunts : 7,5 millions, subventions : 5 millions de frs, soit 25%.
Le contribuable est concerné par les subventions qui proviennent de l’argent public. La région a fourni 2.200.000 frs. Plus prudent, le département n’a accordé que 300.000 frs, pour la création d’emplois, alors qu’il était sollicité pour la somme de 1,5 millions. Je répète que ces chiffres sont ceux de la presse, les autres étant sans doute plus confidentiels. Quant aux investissements de la commune d’AUDIERNE … !!! Quoi qu’il en soit, on peut se demander à quoi a servi l’argent public, non compris l’argent du département destiné à la création d’emplois bien entendu. Personnellement, je n’aimerais pas être responsable devant l’histoire des mauvaises réalisations, et encore moins comptable ou gestionnaire du déclin. Je n’ai peut-être pas d’ambition, cette ambition individuelle dont le Général de Gaulle a dit qu’elle est une passion enfantine. Il devait penser à la vanité, ou au proverbe alsacien, cité dans le dictionnaire Robert : « on trouve plus facilement 10 maires qu’un seul gardien d’oies ».
L’avenir dira sans aucun doute que les projets d’infrastructures sont intercommunaux : aux communes les cimetières, les becs de gaz, les caniveaux, le balayage, les monuments aux morts, les anciens combattants et les cérémonies commémoratives et aussi bien-sûr, l’état civil. Les projets économiques réclamant compétence, montages financiers complexes et services particuliers, voire spécialisés, doivent relever d’une autre instance : la communauté de communes.



22- Considérations sociales

Si la lutte antinucléaire à PLOGOFF est encore dans tous les esprits, il ne semble pas que les luttes sociales aient laissé de grands souvenirs dans le Cap-Sizun. Ceci peut s’expliquer par le fait que le Cap a été et est toujours plutôt ‘’Blanc’’, en raison d’une part de son caractère rural, d’autre part de la présence d’un très fort encadrement clérical jusqu’à récemment. Rappelons-nous : les prêtres réfractaires, les inventaires en 1906, ou le curé d’avant-hier l’abbé Chapalain, tous ces sujets ayant été déjà traités dans les chapitres précédents. Les ‘’Rouges’’ sont plutôt dans les ports, et dans le Cap, le port s’appelle AUDIERNE, qui sera géré par une municipalité communiste après la 2ème guerre mondiale ( Maire : Monsieur Postic). Il faut sans doute y voir aussi, une suite de l’action menée en résistance par les FTP (Francs Tireurs Patriotes), alors que DOUARNENEZ fut précurseur en la matière en devenant la première ville communiste de France en 1921, soit 3 ans après la fin de la première guerre mondiale. Certes, les marins d’AUDIERNE sont plutôt ‘’Rouges’’, mais s’il s’agit bien d’un port, il s’agit aussi d’une petite ville de bourgeoisie commerçante aisée, alliée à l’église, donc sous la tutelle du recteur. Rappelons encore cette phrase de Georges Bernanos :
« De mon temps on formait des hommes d’église, oui des hommes d’église, prenez le mot comme vous voudrez, des chefs de paroisses, des maîtres quoi, des hommes de gouvernement ; ça vous tenait un pays ces gens-là, rien qu’en haussant le menton ».
Rien d’étonnant donc si les Capistes ont globalement marché au pas derrière leur recteur (chaque paroisse avait le sien), entièrement soumis au pouvoir clérical, à quelques exceptions près.
J’ai déjà dit aussi qu’AUDIERNE avait compté jusqu’à 19 usines de conserves (cf : Ambroise Menou), chiffre corrigé et ramené à 18 au tableau d’affichage du musée maritime. Peu importent les chiffres d’ailleurs puisqu’il en restait seulement 8 en 1945.Le pouvoir des usiniers et des mareyeurs, alliés au clergé a déjà été expliqué. Socialement les Capistes sont donc soumis et même résignés puisque : au ciel, les premiers seront les derniers, ce qui signifie que les pauvres seront au premier rang .
Le clergé, l’employeur, la couturière, le coiffeur, les commerçants, tout fonctionne ‘’en réseau’’. Sortir du réseau, c’est se condamner à être marginalisé, privé de travail, bref, devenir un exclus. On peut dire que le clergé, disposant du pouvoir spirituel de par sa fonction, disposait aussi parfois directement, souvent indirectement du pouvoir temporel par le cléricalisme.
Un de mes cousins, déjà cité précédemment, m’a adressé à ce sujet un témoignage écrit concernant une anecdote réelle et vécue par sa Grand-Mère, ma tante, propriétaire d’un hôtel-restaurant à la Pointe du Raz. Je le cite :
« Après 15 ans de fermeture, le restaurant ouvre en 1954. Il faut refaire une clientèle. Les habitudes des touristes ont changé. Malgré l’avis défavorable du vicaire (futur évêque), Jeanne embauche Madame X…, cuisinière à l’école publique, et conseillère municipale communiste d’AUDIERNE. Elle n’aura qu’à se louer de son choix, Madame X… est aux dires de Jeanne, une femme ‘’travaillante’’… Le soir dans une chambre on fait la prière en commun, dans l’autre on lit l’humanité ».
Je laisse au lecteur le soin de juger cette anecdote, pour laquelle la déférence m’interdit de citer des noms propres.
Les grèves si bien décrites par Anne Denez Martin à DOUARNENEZ n’ont pas laissé grande trace dans l’histoire d’AUDIERNE. AUDIERNE a suivi, participé, mais jamais mené. Pas de chef Capiste !! Les gens de ma génération ont très bien connu les usines en activité : Pierre à la Montagne (actuellement Grands Viviers), Queinnec (marque des vieux bretons du Cap), Gonidou (usine en bois-ex Le Bour), Coop à la Montagne ou Quillivic à Poulgoazec, sans oublier Schang à PONT-CROIX , et bien d’autres. J’ai eu l’occasion d’effectuer des travaux d’électricité dans plusieurs d’entre elles, en 1949-1950. La dernière usine traditionnelle a fermé ses portes quelques années après la guerre. Une usine moderne a vu le jour à PLOUHINEC, sous le nom de ‘’Pêcheurs de France’’. Elle aussi a défrayé la chronique, tant en ce qui concerne certains investissements communaux, qu’en ce qui concerne ses performances car elle faisait partie d’un groupe industriel de pêche qui a connu des difficultés. Elle a théoriquement fermé ses portes en 1991, continuant peut-être à travailler de manière sporadique.
Il semblerait que le Cap n’ait pas réussi sa reconversion après la crise de la conserve. Le matériau, la sardine en l’occurrence ayant disparu, la main-d’œuvre, surtout féminine d’ailleurs, est restée sur le carreau, contrainte de s’expatrier ou d’épouser un fonctionnaire (fayot de préférence), en raison de la sécurité de l’emploi. En fait, la sécurité de l’emploi dans certains emplois militaires, est plutôt une insécurité car ces métiers sont souvent dangereux, surtout dans l’armée de terre, profession à risque si on l’exerce pleinement. Les emplois administratifs sont certes moins exposés, et recherchés par certains ‘’pantouflards’’.

******

Aujourd’hui, l’activité économique se compose en général de 3 secteurs d’activités : 
-  Le secteur primaire comprenant l’agriculture et la pêche 
-  Le secteur secondaire comprenant les industries de transformation et le bâtiment et travaux publics
- Le secteur tertiaire comprenant les transports, le commerce et les services.
L’agriculture et la pêche, ainsi que le tourisme qui fait partie du tertiaire, seront traités dans un chapitre particulier. Mais il faut préciser déjà que le Cap ne possède aucune industrie de transformation. Le secteur secondaire se limite au bâtiment et travaux publics, représenté par des entreprises familiales et artisanales employant peu de personnel. Seul le tertiaire : commerce et services mérite quelques explications. Je le développerai plus loin, mais je préfère m’arrêter un instant sur un document publié par l’institut CGT d’histoire sociale de la Bretagne :
« Esquisse d’une histoire sociale de la Bretagne- 1993 »
Ce document fait état de : 
-  La révolte du papier timbré en 1675 à RENNES et MORLAIX, suivie de la révolte des ‘’Bonnets Rouges’’ en Bigoudénie 
-  Les différentes actions revendicatives : en 1824 (cordiers), en 1833 à NANTES, en 1869-1870 à RENNES (chemins de fer), en 1893 à MORLAIX (tonneliers), et bien d’autres.
Un chapitre entier est consacré à l’organisation des gens de mer. On y relève aussi que, à la fin du XIX ème siècle, on compte 3.000 bretons à La ROCHELLE (pêcheurs et familles), et que , en 1887, une tentative d’implantation de 5 chaloupes de DOUARNENEZ a eu lieu en Algérie. Notons aussi les 150 usines à poissons sur les côtes bretonnes, dont 34 à CONCARNEAU en 1880. Ceci permet de conclure à l’existence d’un vrai prolétariat maritime, soumis aux crises périodiques, dont l’habitation se compose presque toujours d’une pièce unique de 25 à 36 mètres carrés, avec seau hygiénique et promiscuité. La situation n’est d’ailleurs guère meilleure chez les domestiques de fermes. J’en ai connu, logeant dans une masure au toit de chaume, tellement à la mode aujourd’hui, mais avec les techniques nouvelles bien-sûr !!


La crise sardinière commence en 1903. La fête des filets bleus à CONCARNEAU date de 1905 . En 1909, DOUARNENEZ fait grève en raison de l’introduction des machines à souder. Nouvelles grèves à DOUARNENEZ en 1924-1925 (cf : Les Ouvrières de la mer de Anne Denez Martin), à LESCONIL en 1926 etc…
AUDIERNE n’est guère cité dans cette histoire vue par la CGT. Une fois cependant, en 1906, lorsque le maire inquiet, demande l’envoi des troupes en prévision de fêtes du 1er mai (le maire de l’époque est Emile de Lecluse-Trevoedal). Notons encore que l’année 1906 est l’année des inventaires dont j’ai déjà parlé.
On peut aussi noter, à la lecture de cet ouvrage : 
-  quelques grands noms de la conserve : Béziers, qui possède une usine à FEDHALA et Delory à CASABLANCA au Maroc ( déjà un avant-goût des délocalisations en quelque sorte) 
-  quelques chiffres : en novembre 1946, on comptait 3.000 pêcheurs à DOUARNENEZ et, au XIXème siècle on recensait 1.000 chaloupes sardinières dont 800 à DOUARNENEZ. 
-  Enfin, il est question d’AUDIERNE, dans la crise sardinière et ses répercussions (1955). Je cite :
« le résultat s’est traduit, d’une façon générale, comme à l’usine JACQ d’AUDIERNE : la moitié du personnel n’a rien perçu parce que ne remplissant pas les critères nécessaires à l’ouvertures des droits au chômage partiel »
Il apparaît donc que le Cap n’a pas défrayé la chronique en matière de mouvements sociaux. C’est la confirmation des propos tenus précédemment au plan des revendications . Le Cap n’a jamais mené, il a suivi, en raison du contexte déjà défini : cléricalisme et matriarcat. Rappelons aussi que la promotion sociale, telle qu’elle se pratiquait dans une relation de ‘’dominants’’ à ‘’dominés’’, se contentait de promouvoir, par le biais de l’instruction, des éléments préalablement repérés, généralement en milieu modeste et même pauvre, pour en faire des membres du clergé ou de l’enseignement libre. La laïcité a permis aux pauvres de s’émanciper dans un système d’enseignement public, de s’instruire en dehors de toute obédience, donc de se promouvoir. En se référant aux 3 ordres de la révolution :
1 : noblesse - 2 : clergé - 3 : tiers état, on peut dire que la promotion sociale cléricale avait pour résultat de faire accéder à la catégorie 2 des sujets de la catégorie 3. Aujourd’hui, tout est changé. L’école et l’instruction permettent aux plus modestes de faire partie des meilleurs pour devenir non pas ‘’dominants’’, mais allergiques à la domination d’une quelconque caste qui se voudrait supérieure aux autres catégories sociales. Egalité sociale en quelque sorte, du moins en principe et en théorie, car la réalité n’est pas toujours aussi simple, en raison de considérations économiques, culturelles , voire sociologiques. Pour autant, il ne faut pas, à mon sens , mélanger la religion et le cléricalisme, ce dernier étant la religion pratiquée par des hommes avec leurs imperfections comme je l’ai déjà dit. Les théories et les idées peuvent être bonnes, alors que la mise en pratique est mauvaise, d’où l’intérêt de savoir distinguer l’esprit de la lettre en toutes circonstances.

A Suivre Ma Bro Hirio suite 3 

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Published by spartacus - dans livres
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