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Pont-Croix 

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Le drusthuil, meuble typique du Cap-Sizun

 

La coiffe de deuil "ar jibilinen "

Ces objets sont visibles au musée du patrimoine 

Le  Marquisat de Pont-Croix

et en photo sur le blog

 

 

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Vous aimerez le Cap-Sizun

situé au bout du monde, au pays des calvaires, au pays des chapelles, au pays du grandiose, là où finit la terre et commence la mer.

Regardez!!

 

 

 

 


 


Evel ar C'hap, n'eus bro ebet

Il n'y a pas de pays comme le Cap

Pont-Croix

Cap-Sizun côté pile et face

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Pont-Croix 

Primelin

 

Toutes ces miniatures sont extraites de l'album photo du blog. Elles correspondent chacune à un article qu'il suffit de demander dans la liste des articles 

 

 

 

 

 

16 juin 2006 5 16 /06 /juin /2006 22:08

Ma Bro Ar C'Hap Hirio Suite 1

157- MAHALON


L'église paroissiale Saint Magloire est située au centre du village


MAHALON est limitée au nord par la commune de CONFORT-MEILARS, à l’est POULDERGAT, au sud PLOZEVET et PLOUHINEC, et à l’ouest PONT-CROIX. Cette commune est exclusivement terrienne puisqu’elle ne dispose pas de façade maritime. Classée 3ème en surface, (2138 hectares) et seulement 8ème en population, elle est incontournable en Cap-Sizun et ce , pour plusieurs raisons :
- elle comptait 44 exploitations agricoles en 1996 contre 57 antérieurement, ce qui en fait la 2ème commune à vocation agricole dans le canton de PONT-CROIX, derrière BEUZEC.
- dans le contexte de morosité démographique, elle tire son épingle du jeu, en ayant enregistré une hausse de population de 4 % de 1990 à 1999, et connu une hausse de 10 % entre 1982 et 1990. Plusieurs explications sont à retenir sans aucun doute, la principale étant une politique d’urbanisation bien pensée et réalisée, qui permet d’accueillir dans de bonnes conditions de nouveaux résidents attirés par la proximité de DOUARNENEZ et de la mer.
- le maire de MAHALON est actuellement le président de la communauté de communes du Cap-Sizun.
Une église paroissiale (Saint Magloire) et une chapelle (Saint Pierre) sont les principaux édifices religieux à MAHALON, où l’on trouve aussi une école : Saint Pierre.
Il n’y a pas de services publics. Plusieurs artisans sont installés dans la commune, où ils trouvent l’espace suffisant pour leurs ateliers .

Divers : La commune a servi de cadre à l’un de ses enfants, Daniel Derouin, pour écrire un livre intitulé : La Victoire de MAHALON, publié en 1985. Livre amusant et pittoresque qui raconte une histoire d’équipe de foot-ball et de recteur.

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158- PLOGOFF

L'église paroissiale au centre du bourg

J’ai consacré un chapitre particulier à PLOGOFF pour expliquer la lutte de cette petite commune située à l’ouest de la presqu’île du Cap, pour s’opposer à l’implantation d’une centrale nucléaire sur son territoire. On peut aussi présenter PLOGOFF de manière plus classique pour dire qu’elle est bordée :
- au nord par la limite administrative qui la sépare de sa voisine CLEDEN, en l’occurrence un ruisseau qui partage en deux la plage de la Baie des Trépassés.
- à l’ouest et au sud par la mer
- à l’est par la commune de PRIMELIN.
PLOGOFF ne compte plus que 5 exploitations agricoles (chiffre de 1996) contre 9 antérieurement. Sa vocation est donc plutôt maritime, grâce à ses petits ports de Pors Loubous, Feuteun Aod, et Bestrée, utilisés majoritairement par des plaisanciers et quelques rares professionnels, et surtout touristique car , la Pointe du Raz, carte postale des Bretons en exil, classée grand site national, , connue du monde entier fait partie de son territoire, ainsi que la demi-plage de la Baie des Trépassés .
Autrefois, la Baie des Trépassés possédait 2 hôtels :
- l’hôtel de la Baie des Trépassés, créé par Clet et Marie Normant avant la guerre 39/45. (On peut lire à ce sujet le livre écrit par René Robin, un enseignant affecté à PLOGOFF en 1946 : Deux étrangers en Cap-Sizun).
- L’hôtel de la Ville d’Ys créé par Alain et Marie-Jeanne Barbéoch, mes oncle et tante, après la première guerre mondiale.
Aujourd’hui , les deux hôtels appartiennent au même propriétaire, et sont toujours situés sur la même plage, à 300 mètres l’un de l’autre. Mais, l’un est sur CLEDEN, l’autre sur PLOGOFF. Simplification administrative !! Et aussi folklore autrefois car, lorsque ‘’l’hôtel d’en bas’’ avait l’eau et l’électricité, ‘’celui d’en haut’’ n’en avait pas .
Mais, il est temps de parler de la Pointe du Raz.

La Pointe du Raz



L’atout principal de PLOGOFF est bien entendu la Pointe du Raz, fanion des Bretons. Réhabilitée dans les années 1990, la Pointe du Raz est généralement présentée comme étant la ‘’locomotive du Cap-Sizun’’. Je laisse à l’inventeur la responsabilité de sa formule, mais je pense qu’une locomotive est faite pour tirer des trains en circulant sur des rails pour desservir des gares dont elle fait la prospérité. Les gares, donc les communes en l’occurrence, sont ce qu’elles sont, comme nous le voyons au fur et à mesure de cette étude. Quant aux rails, donc les routes, on peut sans doute dire que quelques mises aux normes seraient les bienvenues. Vœu pieux très certainement !!
Le sémaphore de la Pointe du Raz a été construit dans un ancien phare datant de 1838. Il est opérationnel depuis 1887. C’est le domaine de la marine nationale. Entre les 2 guerres, la Pointe comme on dit, comptait plusieurs commerces établis dans des immeubles en ‘’dur’’, dont l’hôtel du Raz de Sein, succursale de l’hôtel de France d’AUDIERNE, appartenant à la famille Le Bour-Keradennec, l’hôtel de l’Armen, créé par Jeanne et François Hamon, mes oncle et tante , par ailleurs propriétaires d’une pâtisserie à AUDIERNE, et enfin le ‘’Grand Hôtel Moderne’’ (cf : Ouest-France du 15/11/1994), succursale de l’hôtel du commerce d’AUDIERNE (ex hôtel Batifoulier), appartenant à la famille Lapous.
Le bout du monde a toujours reçu des personnages célèbres : dans un passé récent, le Président de la République : Monsieur Jacques Chirac, et un peu avant Monsieur Edouard Balladur , à l’époque Premier Ministre. Dans un passé plus lointain, Clemenceau serait également venu à la Pointe où il aurait dégusté le homard à l’armoricaine du chef François Hamon (références : archives personnelles de Paul Abgrall, héritier Hamon , domicilié à LOCTUDY).
Que de noms évocateurs à la Pointe : la statue de Notre Dame des Naufragés (inaugurée en 1904), le Moine couché, la Tête de cochon, le fauteuil de Sarah Bernard, sans oublier l’Enfer de PLOGOFF et la cheminée du diable. Rappelons la ‘’Gramb Oliar’’, chambre d’Olivier, déjà citée à propos des prêtres réfractaires et des déserteurs. Et même la roche Moullec qui figure sur les cartes marines, au sud de la Pointe !!

Personnages célèbres dont le nom est lié à la Pointe du Raz

Il m’a paru intéressant de noter quelques phrase écrites par des célébrités :

Jules Renard : (1864-1910) Journal
« Pointe du Raz. Je voulais montrer que j’ai le pied non seulement marin, mais de chèvre et je refusais de m’appuyer sur l’épaule de l’homme…Les guides parlent breton. Que disent-ils ?…Les détonations, les coups de canon de la mer dans le rocher. Un vent nous écrase nos lunettes sur les yeux ».
Jules Michelet : (1798-1874) Journal
« Asseyons-nous à cette formidable Pointe du Raz, sur ce rocher miné à cette hauteur de 300 pieds, d’où nous voyons 7 lieues de côtes. C’est ici, en quelque sorte, le sanctuaire du monde celtique. Ce que vous apercevez par delà la Baie des Trépassés est l’Île de Sein, triste banc de sable, sans arbres et presque sans abri » ;
José Maria de Hérédia : (1842-1905)- Les trophées – Armor-
« Pour me conduire au Raz, j’avais pris à Trogor
un berger chevelu comme un ancien Eubage (prophète païen)…
Et l’homme par delà le morne paysage
Etendant un long bras, me dit : Sell eus ar Mor ! (regarde la mer)
Et je vis me dressant sur la bruyère rose
L’océan qui, splendide et monstrueux arrose
Du sel vert de ses eaux les caps de granit noir »

Gustave Flaubert : (1821-1880) - Par les champs et les grèves –
Ciel bleu, cormorans. Nous allons par le côté droit. Trou satanique, bouleversements, replis, indescriptible couleur des roches sous-marines. L’homme n’est pas fait pour vivre là, pour supporter la nature à haute dose. Ce n’est pas un rocher, mais une agglomération de rochers ; la terre a passé entre, herbe courte et glissante. La roche devient de plus en plus sèche ; la crête aigüe s’abaisse vers la Pointe.
Henri Queffelec : (déjà cité)
Nous sommes dans un lieu où souffle l’esprit, où les mots d’abdication et de reniement n’ont plus cours………La difficulté que nous éprouvons à délimiter en termes précis une région dont chacun parle et qui existe, inspirant aux hommes qui s’en réclament une fierté originale
-Un Capiste, c’est un gars qui n’a peur de rien !-
symbolise et rejoint des ignorances autrement plus profondes.

Et puis encore : Anatole Le Bras , qui a écrit ‘’Le gardien du feu’’ dont l’action se déroule au phare de la Vieille ou de Tévennec, Georges Perros et Tristan Corbière. Mais écoutons une Pontécrucienne.
Jeanne Nabert :
Il s’agissait cette fois d’une cueillette de pousse-pieds. Je suppose que vous ignorez ce que sont les pousse-pieds. Il n’y a guère que les sauvages habitants de nos côtes à connaître ces bêtes étranges, moitié plantes moitié coquillages, collées en buissons serrés comme des coraux sur les parois des grottes les plus inaccessibles , et que l’on peut récolter seulement pendant quelques minutes des plus basses marées de l’année, quand le flot se retire à demi des anfractuosités reculées, d’habitude submergées par les vagues toujours furieuses en ces parages….
Les feux de goëmon déjà allumés le long des falaises pour la cuisson des pains de soude, enveloppaient le Cap de fumées blanches, odorantes comme un narcotique flottant…..Ce fut un soupir d’aise quand, du haut de la dernière colline on aperçut enfin la longue grève des Trépassés, la mer scintillante frangée de vagues écumantes, entre la Pointe du Raz et la Pointe du Van aux monstrueuses falaises découpées là-haut, dans le ciel ».

Et l’on pourrait continuer en citant d’autres auteurs, tous inspirés par cette nature grandiose et la magie des lieux.
Quant à savoir s’il fallait ou non réhabiliter la Pointe du Raz , je ne me prononcerai pas, car je sais que les avis sont partagés et chacun est libre de son opinion . Je dirai seulement que des investissements ont été consentis à deux reprises : après la guerre de 39/45 et en 1990. Donc deux dépenses, totalement différentes , à quelques années d’intervalle, pour démolir en dernier ce qui avait été réalisé en premier. Je n’ai jamais entendu évoquer la moindre responsabilité au sujet de la première cité commerciale, située près du sémaphore. Ce sont les indemnités dites de ‘’dommages de guerre’’ qui ont servi à la première reconstruction. Réalisations bien pensées ou mal élaborées ? Je n’en sais rien. Très certainement gâchis en tous cas, puisqu’il a fallu démolir et réinvestir.
L’hôtel de l’Iroise, situé sur la face nord, n’existe plus. Il a défrayé la chronique , en son temps, l’affaire ayant même pris une tournure médiatique. Une page tournée !! Place à la locomotive dont j’ai déjà parlé !!
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Je n’ai pratiquement pas parlé des phares, des Gorlès : Gorleik, Gorlegreiz, Gorlepell, du Toul Bihan ou de TrousYar. Il y aurait encore tant à dire. Je laisse donc la parole à François Arnollet, et son opuscule (édition de 1925) :
« Au fin bout de la presqu’île bretonne, le cap Finisterre par excellence, l’éperon de la frégate de granit qui fend éternellement les vagues de l’Atlantique, le bec d’aigle hérissé par où la terre mord la mer……
C’est la beauté géométrique telle que l’ont connue les primitifs de l’architecture : la nature et les constructeurs des Pyramides ;
C’est aussi la terreur ! Car cela vogue au sein d’une mer redoutable, sertie et ceinturée d’écueils, toujours menaçante, même lorsqu’elle sourit au soleil dans les moirures du courant. Cette zone d’excoriations blanchâtres qui rongent la carapace de la géante jusqu’aux 2/3 de sa hauteur, marque la trace du soufflet de la lame quand, par les tempêtes de l’ouest, l’océan déchaîné monte à l’assaut de la paroi et disloque les dernières crêtes qui craquent et gémissent comme des mâts sous l’ouragan, cependant que, là-bas, des profondeurs de l’Enfer, montent des pleurs et des voix…Dans des profondeurs de 120 pieds, flotte le VOCERO ( chant funèbre corse appelant à la vengeance) lamentable des légendes, attendant les soirs d’automne pour en remonter avec l’embrun et la nuit »

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Mais , on ne peut parler de la Pointe du Raz sans parler de ces audacieux marins qui gagnent leur vie en pratiquant la pêche au bar de ligne dans ces parages. Immortalisés par l’émission de télévision THALASSA qui les a baptisés ‘’Les Seigneurs de la Mer’’, ce sont peut-être eux qui, seuls à bord de leurs petits bateaux rapides et puissants, illustrent le mieux le propos ci-dessus de Henri Queffelec « un Capiste est un gars qui n’a peur de rien ». Je me suis déjà exprimé sur le côté excessif de cette phrase . La mer perçoit régulièrement son tribut dans toutes les catégories de pêcheurs et les professionnels, malgré leur professionnalisme, ne sont pas toujours épargnés. Mais, ils continuent ! Chapeau Messieurs les ‘’Seigneurs de la Mer’’ que l’on admire, sans prendre de risque, du haut de la mythique Pointe du Raz. Mais, au fait, n’est-ce pas par là qu’il était question de construire une centrale nucléaire ? Près d’un grand site national ?
En 1997, Madame Dominique Voynet (ancien ministre de l’environnement), en visite à la Pointe du Raz, a tenu le propos suivant :
« La grandeur ébouriffante de la Pointe du Raz n’a rien dû arranger ».
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Mais, pourquoi ne pas avoir envisagé une centrale nucléaire au Mont Saint-Michel par exemple ??


Pour en terminer sur ce sujet, je vais me référer à un journal non local, de diffusion nationale, le quotidien ‘’Le Monde’’ du 30/1/2002. Je cite :
« Du Mont Saint-Michel au Pont du Gard, sans oublier le Cirque de Gavarnie ou la Pointe du Raz, les grande sites, trésors du patrimoine mondial, paient une dure rançon à leur succès. Leur fréquentation touristique entraîne des dégradations ».
Le grincheux va encore dire que j’accorde trop de place à la Pointe du Raz. Soit !!
Le temps est donc venu de dire ‘’Au Revoir’’ à ce paysage exceptionnel. J’ai déjà cité la statue de Notre Dame des Naufragés sans trop en parler, mais c’était uniquement pour ne pas oublier tout ce qu’elle représente pour tous ceux qui l’implorent. Le pardon de la Pointe du Raz célébré tous les ans, permet de voir la procession des bannières et des ex-voto dans ce cadre grandiose et surtout d’entendre le cantique de Notre Dame des Naufragés. On a parfois tendance à dire que les cantiques sont galvaudés, interprétés dans un contexte non religieux et détournés de l’expression de la foi. Je ne partage pas ce point de vue puisque, dans tous les cas, ils sortent du fond des poitrines et sont toujours interprétés en mémoire de ceux qui les ont chantés avant nous. De plus, chanter , n’est-ce pas aussi une façon de prier ? Que ceux qui ont la foi chantent avec foi , et que ceux qui ne l’ont pas chantent avec cœur !!
Itroun-Varia-Beg-Ar-Raz
War zouar PLOGOFF, E Beg ar Raz     Sur la terre de PlOGOFF, à la Pointe du Raz
A bep tu var well d’ar mor braz     On voit la mer de chaque côté
D’ar Verc’hez-Vari ’zo saved     A la vierge on a élevé
Eun imach Mabr kaër meurbed     Une statue de marbre bien habillée
Diskan     Refrain
Itroun Varia Beg ar Raz     Notre Dame de la Pointe du Raz
Dirazoc’h e ma ar mor braz     Devant vous il y a la grande mer
Var hon listri, var hor bagou     Sur nos navires, sur nos bateaux
Savit ho torn leun a c’hrazou     Levez vos mains pleines de grâces



Imprimatur
QUIMPER , le 30 mai 1904
E.M. FLEITER
Vicaire Général


La statue a été inaugurée en 1904, date de l’Imprimatur du cantique

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159- PLOUHINEC



Complémentaire d’AUDIERNE, à moins que ce ne soit l’inverse, PLOUHINEC est la première commune du canton en terme de population (4300 habitants) et la 2 ème en surface (2805 hectares). Personne ne peut donc contester l’importance de cette commune, et par voie de conséquence son poids dans tous les domaines puisqu’elle représente approximativement 1/4 de la population du canton et 1/6 de la surface totale..
Limitée au sud par la mer, au nord par PONT-CROIX, à l’est par PLOZEVET, PLOUHINEC retrouve AUDIERNE dans sa limite ouest, limite purement administrative donc imprécise puisqu’elle coupe le port en deux . La façade maritime exposée au sud, mais aussi aux vents, constitue sans aucun doute un atout considérable pour cette commune qui bénéficie par ailleurs de terrains constructibles avec vue sur mer. PLOUHINEC constructible, ESQUIBIEN inconstructible, voilà un joli sujet de débat !
PLOUHINEC a de ce fait, plusieurs vocations : 
- Une vocation agricole puisqu’elle compte encore 38 exploitations agricoles (chiffre de 1996), contre 58 précédemment ce qui la classe au 3ème rang derrière BEUZEC et MAHALON. 
-  Une vocation maritime puisqu’elle dispose pratiquement, en dehors des quais et de la coopérative, de outes les installations portuaires du port dit d’AUDIERNE, à savoir : cale de débarquement, criée, glace, carburant, magasins de marée etc.. 
-  Une vocation touristique grâce à son littoral et ses plages : St Julien, Kersiny, Mesperleuc, Gwentrez, ses petits ports : Kersiny, Pors Poulhan, demi-port d’Audierne, et sa vaste campagne dont une partie de l’étang de Poulguidou. 
-  Une vocation économique : zone artisanale près du bourg, une zone commerciale à Ty- Frap où se trouvent 3 grandes surfaces : supermarché, vêtements, bricolage et centre auto. Un projet de magasin à chaussures devrait se réaliser sans tarder ( 2 magasins à chaussures actuellement). 
Les terrains disponibles permettent d’ailleurs d’envisager des possibilités de développement de cette zone qui constitue sans aucun doute un pôle économique du Cap-Sizun.

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On ne peut passer sous silence les fouilles entreprises à Menez Dregan, qui font de PLOUHINEC une commune très riche en patrimoine puisqu’il s’agit d’un site préhistorique
( on peut lire à ce sujet un ouvrage publié par Ouest Cornouaille Promotion : ‘’Sur la trace des premiers hommes’’). Deux églises : Saint Vinoc ( XVI ème siècle) au bourg, Saint Julien à Poulgoazec desservent les deux paroisses de la commune sur laquelle on trouve aussi plusieurs chapelles : Saint They, à proximité de Gwendrez et Saint Tugdual à Lambabu. (Remarque : 2 chapelles portant des noms identiques existent aussi à CLEDEN-CAP-SIZUN). La chapelle Saint Jean de Locquéran, dans le quartier du même nom, propriété privée, n’existe plus que sous forme de ruines ; elle date pourtant de l’époque des Hospitaliers de Saint Jean de Jerusalem ( Datée du XIIIème siècle, elle aurait été construite près d’un oratoire du XIème siècle. Vendue à la révolution). Je reviendrai sur les chapelles dans un chapître particulier, mais déjà je signale qu’une autre chapelle a complètement disparu à PLOUHINEC : Saint Mahal.
Notons encore que Plouhinec compte 2 collèges publics : le CES de Locquéran et le LEP Jean Moulin, ainsi que 2 écoles primaires (publique et privée) .

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PLOUHINEC est donc incontournable en Cap-Sizun. Pour autant, doit-elle avoir un comportement dominant, voire hégémonique ?? Rien n’est moins sûr, et je pense que l’on peut le démontrer assez facilement. Si l’on admet que le handicap majeur du Cap-Sizun, donc en fait le problème majeur , est l’enclavement, le remède s’appelle désenclavement. Or, on ne peut raisonnablement envisager un désenclavement du Cap par PLOUHINEC, autour de la D784, puisque cette route est bordée de part et d’autre par des maisons sur une distance de 5 à 6 kilomètres minimum. Le désenclavement passe donc par la D765, et PONT-CROIX, ce qui condamne PLOUHINEC à rester excentrée par rapport au reste du Cap, et ce qu’on le veuille ou non !! Il ne faut pas non plus négliger le point de passage obligé que constitue le pont d’AUDIERNE, situation non améliorable car il ne faut pas rêver à des investissements exceptionnels. C’est ainsi, et j’attends la preuve du contraire. Je reviendrai sur ce point en étudiant les perspectives d’avenir.
Les infrastructures communautaires (inter-communautaires) doivent donc être logiquement réalisées à PONT-CROIX, car un jour, demain peut-être ou dans 100 ans,( ou peut-être jamais !!), il faudra bien traiter le problème et trouver un remède à la situation d’enclavement. Ce serait donc une erreur d’affecter les investissements à venir, à telle ou telle commune pour des raisons qui relèveraient de l’opportunisme, plus que du réalisme , du bon sens et de la logique. Je rappelle le chapitre précédent où j’ai parlé de la Pointe du Raz et des dépenses effectuées deux fois, dans un court laps de temps, car il y a sans doute eu erreur la première fois. Je n’ai aucun intérêt à défendre ce point de vue qui est l’aboutissement de l’analyse d’une situation donnée, analyse qui doit précéder toute décision et initiative de préférence bonne ou en tous cas la moins mauvaise possible. Les arguments fallacieux sont à écarter. Toute bonne décision trouve sa justification dans la logique, sauf à privilégier d’autres intérêts ou accords de circonstance. Je démontrerai dans un autre paragraphe , que PLOUHINEC, pas plus qu’ESQUIBIEN, ne remplissent les meilleures conditions de situation pour recevoir des équipements qui concernent autant GOULIEN ou PLOGOFF que MAHALON ou CONFORT. La position centrale de PONT-CROIX est déterminante pour ce qui concerne les décisions locales. Je ne parlerai pas des décisions prises à d’autres niveaux, car, d’une part je n’ai sans doute pas tous les éléments d’appréciation, et d’autre part j’ai déjà dit que mes commentaires concernaient la vie exclusivement locale. Si le facteur population était déterminant et sans appel dans tous les domaines, PLOUHINEC devrait être chef-lieu de canton, et la brigade de gendarmerie locale devrait s’y trouver, ainsi que d’autres services (perception, poste etc..). Ce n’est pas le cas, et ce , une fois de plus, qu’on le veuille ou non. Sans compter que la population de PLOUHINEC comprend, entre autres, 1100 personnes âgées de plus de 70 ans (Télégramme du 23/12/2002), ce qui ne manquera pas d’avoir, à terme, une conséquence sur la démographie. Elémentaire, mon cher Watson !!
Nous avons vu, au début du chapître , que PLOUHINEC a une vocation maritime et une vocation agricole. La population agricole est généralement propriétaire du sol, alors que la population maritime possède des maisons mais peu de terre. Les intérêts des deux catégories de personnes sont donc divergents et pourquoi pas antagonistes, compte tenu des rivalités ancestrales entre les terriens et les marins. Pourtant PLOUHINEC constitue un tout autour de son équipe de foot-ball, l’ASP, qui a réussi à créer l’osmose chez les supporters, donc dans la population. Aristide Kérourédan, plouhinécois, aujourd’hui exilé (depuis 1964), a écrit un livre sur ce sujet : « 50 ans de foot-ball à PLOUHINEC et sa région ». De nombreuses photos, dates et anecdotes, illustrent ce livre pour le plus grand plaisir du lecteur qui apprendra que le club est né en 1934, sous l’impulsion entre autres, de quelques instituteurs, dont Albert Trividic, aujourd’hui disparu mais bien connu des audiernais sous son nom familier ‘’Labous-Koad’’, oiseau des bois. Les gens de ma génération se souviennent des célèbres tournois de Pâques qui opposaient PLOGOFF (le CAP), PLOZEVET (la Ploz), PLOUHINEC (l’ASP), et AUDIERNE (l’USA), au stade de Locquéran. L’ASP existe toujours. L’USA a disparu, remplacée comme je l’ai déjà dit par le FC Goyen (Audierne et Esquibien). Epoque révolue sans aucun doute, mais PLOUHINEC se retrouve toujours autour de son équipe de foot-ball, marins et terriens réunis autour du ballon rond et du fanion des ‘’Canaris’’.
Le livre d’Aristide est, très certainement, un document précieux pour la mémoire puisqu’il transmet aux générations futures tout ce qui concerne une époque, et particulièrement les débuts de la pratique sportive dans notre région. A ces générations futures de savoir lire le message !!
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Il va falloir quitter PLOUHINEC. Avant de prendre congé, je dois dire encore qu’une maison de retraite se trouve sur la commune. Tout comme à CLEDEN, cette situation n’est pas sans influence sur la démographie.

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160- PONT-CROIX




Bénéficiant du label de ‘’petite cité de caractère’’, PONT-CROIX est le chef-lieu du canton. A ce titre, il possède encore, à l’heure où j’écris ces lignes, une brigade de gendarmerie (fermée depuis), une perception et un collège privé . Comme partout, la ‘’Justice de Paix’’a disparu, et PONT-CROIX n’a plus la dimension économique d’antan, à l’époque des foires.
Limitée au nord par BEUZEC, à l’est par MAHALON, à l’ouest ESQUIBIEN et au sud PLOUHINEC, PONT-CROIX se classe au 3 ème rang en terme de population (1655 habitants), derrière PLOUHINEC et AUDIERNE, et au 10 ème rang en terme de surface (808 hectares, à comparer avec Audierne : 294 hectares). Il ne reste que 9 exploitations agricoles (chiffre de 1996), contre 12 antérieurement. (classement au 8 ème rang agricole). Il faut bien en tenir compte.
Vocation commerciale aussi : une grande surface, un laboratoire d’analyses médicales (le seul du canton), un cardiologue ainsi que de nombreux petits commerces et entreprises artisanales.
Vocation touristique, en raison d’un patrimoine exceptionnel : église collégiale, ancien petit séminaire, musée du Marquisat, moulin-mer, rues pavées, immeubles de caractère. Dommage que les anciennes halles aient disparu. ; elles dataient du XVII ème siècle, et ont été démolies en 1949.
Pont-Croix est aussi le point de rencontre des eaux douces et salées, dans l’estuaire de la rivière Goyen, estuaire qui appartient à 4 communes : AUDIERNE, ESQUIBIEN, PLOUHINEC, PONT-CROIX. Rien de plus simple donc , si l’on veut !!
Mais PONT-CROIX est surtout une ville chargée d’histoire, et il paraît intéressant d’en dire quelques mots. Je ne reviendrai pas sur le séminaire auquel j’ai consacré un chapitre en raison du rôle essentiel qu’il a eu dans le Cap d’hier, rôle à connaître pour comprendre le Cap d’aujourd’hui. Je ne ferai pas non plus de concurrence déloyale au chantre pontécrucien de la cité : Roger Gargadennec, qui a passionnément parlé de sa ville en termes plus qu’élogieux, point de vue que je partage.
L’ensablement du Goyen est responsable de la disparition du port de PONT-CROIX qui était florissant, exportant notamment en direction de BORDEAUX, BAYONNE ou l’Espagne, et important le vin qui faisait la fortune des négociants. La richesse des monuments de PONT-CROIX témoigne de son passé et de son histoire.

Histoire-Personnages

Sans remonter à la Gaule, on peut dire que PONT-CROIX a connu la splendeur au moyen-âge et à la Renaissance. Les foires aux moutons, aux chevaux, aux bovins, sont connues dès le XIV ème siècle. La bourgeoisie des professions libérales, avocats, procureurs, voisine avec les négociants. La seigneurie devient marquisat en 1719, et chef-lieu d’un district englobant DOUARNENEZ à la révolution. J’ai déjà évoqué quelques personnages célèbres, par exemple :
Armand-Louis Tréhot de Clermont (1762-1823). Avocat à la cour, membre du directoire du Finistère, rédacteur du cahier de doléances de PONT-CROIX et signataire du serment du jeu de paume. Sa stèle figure au cimetière. Quant à
Louis Tréhot de Clermont , le père du précédent, il est arrivé à PONT-CROIX en 1762, comme intendant des biens du marquisat. Il est devenu le premier maire de PONT-CROIX et le propriétaire du couvent des Ursulines après la révolution. Les héritiers ont vendu ce couvent au diocèse pour en faire le petit séminaire comme je l’ai déjà écrit.

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Que reste t’-il des foires ? La foire ‘’An Teut’’, le 3 ème jeudi de décembre . Je crois que mon père s’était présenté à une de ces foires, en 1939 ou 1940, pour être embauché dans une ferme de GOULIEN comme ouvrier agricole. C’était pendant la guerre, et le patron de la ferme, mobilisé en 1939, était prisonnier en Allemagne.
J’ai déjà parlé de Guy Eder de la Fontenelle et de Jeanne Nabert. Je n’y reviens pas . Parlons plutôt des monuments.

Les monuments

La collégiale Notre Dame de Roscudon : J’en ai déjà touché un mot dans le chapitre consacré aux religions . Classée monument historique depuis 1850, elle a été fondée par Sinquin, le premier seigneur de PONT-CROIX en 1250. C’était alors une nef de 8 travées d’apparence romane. Le Chœur date de 1290, le transept gothique de 1450 et l’abside du XVIème siècle. Le clocher de 67 mètres a été bâti sur les plans destinés à la cathédrale de QUIMPER. (architecte Le Bigot). L’accès se fait par un superbe porche sur la face sud donnant sur une place pavée. Les rosaces sculptées sont superbes. Tout autour de l’édifice, on trouve des bâtiments authentiques et des rues moyenâgeuses qui permettent de dire que PONT-CROIX est un petit LOCRONAN. PONT-CROIX, petite cité de caractère est incontestablement un label bien mérité.
A l’intérieur, on trouve une cène sculptée datant de 1595, une urne baptismale à baldaquin du XVII ème siècle, l’autel du XVI ème , les retables, la chaire du XVII ème … et encore une verrière de 1540, à droite du chœur.
Il ne me paraît pas nécessaire de parler davantage de ce monument historique, joyau du Cap-Sizun qui, à lui seul, pourrait faire l’objet d’un ouvrage et mérite sans conteste une visite.

Le marquisat - Ce bâtiment magnifique a probablement été construit autour des années 1550, pour servir de demeure à la famille des Rosmadec, qui en est restée propriétaire jusqu’à environ 1700. En cette année Sébastien IV meurt sans enfants et lègue ses biens à sa tante Anne Marie de Rosmadec, veuve de René Le Sénéchal, comte de Carcado, qui obtient l’élévation de PONT-CROIX au titre de marquisat (1719). Ensuite : 
-  1789 : Madame de Forcalquier prend possession de la maison noble 
-  1814 : décès de Madame de Forcalquier. La maison passe aux mains de la famille de Canisy (Normandie). 
-  1837 : La famille de Canisy vend la maison au docteur Gabriel Gigaud, maire de PONT-CROIX de 1841 à 1847. 
-  1904 : Jean-Marie Le Bris en est le nouveau propriétaire. 
-  1980 : Mademoiselle Anna Moullec, propriétaire depuis 1961, en fait don à la commune. 
-  1997 : ouverture du musée du patrimoine.
Egalement connue sous le nom de ‘’maison prébendale’’, le marquisat qui fut jusqu’en 1831 la maison noble de PONT-CROIX, abrite donc aujourd’hui un musée du patrimoine dans lequel on trouve de nombreux objets authentiques, pour que la mémoire soit transmise à la postérité. L’histoire, le hasard, ou plus simplement une envie de participer, m’ont amené à faire don de quelques objets, souvenirs de famille, à ce musée.C’est ainsi que la coiffe de deuil portée par ma mère à l’occasion du décès de mon père en 1941, coiffe noire dite ‘’jibilinenn’’ est exposée dans une vitrine. La photo du mariage de mes parents, ainsi que des coiffes et des vêtement divers y sont également présentés aux visiteurs amateurs d’authenticité.
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Mais PONT-CROIX a beaucoup d’autres atouts, dûs en particulier à sa position centrale. J’ai déjà expliqué que le désenclavement passerait par ou à proximité de PONT-CROIX s’il se réalise un jour, avec des retombées économiques incontestables. (personnellement, je suis sceptique pour ce qui concerne la réalisation éventuelle du désenclavement à court et même à moyen terme, compte tenu des retards accumulés, de l’absence de projet et des investissements que cela représenterait, dans une région sans vie économique performante ou presque). La démographie de PONT-CROIX est à prendre avec circonspection, compte tenu de la présence de structures d’hébergement de personnes âgées : foyer logement, maison de retraite, qui influent de manière défavorable sur la courbe des décès. Mais, c’est une erreur de sous-estimer PONT-CROIX et même de le laisser pour compte. Un jour peut-être, l’avenir me donnera raison.

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161- PRIMELIN



Pour terminer le tour du Cap, il me reste à parler d’une des plus petites communes et néanmoins très attachante : PRIMELIN.
Classée au 9 ème rang en terme de surface (867 hectares) et également au 9ème rang en terme de population (787 habitants), la commune de PRIMELIN est limitée au nord par GOULIEN, à l’ouest par PLOGOFF, à l’est par ESQUIBIEN, et au sud par la mer. PRIMELIN est donc une commune à triple vocation : 
-  agricole : 8 exploitations ( chiffre de 1996) contre 11 antérieurement
- maritime : par sa façade littorale longue d’environ 3 Kilomètres1/2. Le port du Loch, très actif pour la pêche-plaisance en été , héberge de nombreux petits bateaux. Le petit port-refuge de Pors-Tarz n’est plus guère utilisé, sauf par quelques riverains. 
-  Touristique : la plage du Loch, ( ou plutôt la demi plage puisque un ruisseau la partage entre les communes de PRIMELIN et celle de PLOGOFF), qui se découvre largement à marée basse, est réputée pour être non dangereuse. On peut citer encore les superbes sentiers de randonnées dont une partie est côtière, un ancien vivier, et surtout le patrimoine religieux.
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La très dynamique association de protection du patrimoine religieux est animée par un groupe de bénévoles au sein duquel on trouve quelques Primelinois bien connus : Eugène Donnart, Jean Normant et le Médecin Général Roger Moullec. PRIMELIN possède une église paroissiale : Saint Primel, remarquable par sa nef romane, et peut-être encore plus par sa bonne acoustique ( appréciation personnelle d’un rédacteur sourd). 2 petites chapelles : Saint Théodore et Saint Chrysanthe (cette dernière très originale par sa taille et sa fontaine centrale) méritent le détour. Une 3ème chapelle, Saint Tugen mérite plus que le détour. Il faut la visiter et si possible demander une visite guidée par un bénévole, car comme tous les bénévoles, ils sont passionnés et aiment à faire partager leur passion. Saint Tugen est le joyau du Cap en la matière.
De nombreux auteurs : Daniel Bernard, l’abbé Velly, Hyacinthe Le Carguet, le chanoine Pérennès, et même le trop discret Médecin Général Roger Moullec, ont écrit sur Saint Tugen. Donc, tout ou presque a déjà été dit. Je reviendrai néanmoins sur Saint Tugen dans un chapitre consacré aux chapelles pour reparler des chiens enragés, du souterrain de Lézurec, et du naufrage du 17 juin 1725 (52 noyés à AUDIERNE au retour du pardon). C’est Monsieur Le Carguet, percepteur à AUDIERNE, déjà cité à plusieurs reprises (inventaires, écrivain local) qui a demandé, en 1907, le classement de l’église de Saint Tugen comme monument historique. Ce classement est effectif depuis 1908.
‘’Oh, Sant Tugen’’ !! Telles furent les dernières paroles de mon père, victime d’un accident du travail, écrasé par un wagonnet chargé de pierres sur le chantier de construction de la digue de Sainte Evette, commune d’ESQUIBIEN, le 15 juillet 1941. Qui s’en souvient ? Mémoire défaillante des hommes, soit !! Mémoire défaillante de ceux dont le devoir est de transmettre l’histoire !! Navrant !!
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Grâce à des complaisances, j’ai pu disposer d’une documentation abondante sur PRIMELIN. J’ai disposé, entre autres, de pratiquement toutes les archives municipales, et je ne résiste pas au plaisir de citer, pour l’anecdote, une délibération de 1902 :
« Refus de classement du chemin du bourg à Pors Tarz . Monsieur Le Gall n’a qu’à payer ».
Pors Tarz est en fait un vivier, aujourd’hui abandonné ou presque, appartenant à l’époque à un mareyeur d’AUDIERNE nominativement désigné pour ouvrir sa bourse. D’après Ambroise Menou (page 11), ce vivier aurait été construit par Monsieur Dumanoir, commerçant à AUDIERNE, au XIXème siècle. Or, le premier maire d’AUDIERNE se nommait Dumanoir, négociant ; il repose dans le cimetière de sa ville près de Guezno comme je l’ai déjà écrit. Il s’agit peut-être d’un descendant de Dumanoir car le premier maire d’AUDIERNE fut élu en 1790, à l’âge de 80 ans. Je n’ai pas approfondi ce point particulier , et Ambroise Menou n’est plus là.
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PRIMELIN (comme GOULIEN ou CLEDEN) est l’exemple type d’une petite commune du Cap-Sizun, qui ne doit pas être mangée par le grand méchant loup. Elle a peu de moyens : un seul magasin de type supérette au Loch, peu de commerces, une école publique (maternelle), pas de services publics, donc peu d’atouts. Située entre AUDIERNE et la Pointe du Raz, (plus exactement entre ESQUIBIEN et PLOGOFF), elle ne bénéficie d’aucune retombée économique de ‘’Beg ar Raz’’. Victime aussi de l’enclavement ( éloignement de QUIMPER et même DOUARNENEZ comme les élus le reconnaissent ), elle ne peut guère s’attendre à un ‘’boom’’immobilier comme MAHALON. Victime de la désertification, victime de la démographie, cette commune mérite une attention très particulière et même une assistance de ses voisins qui subissent moins qu’elle une conjoncture défavorable.

L'ancien vivier à crustacés de Porz Tarz (on remarque les murs de protection contre la mer et contre les voleurs

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162- La communauté de communes


Constituée en 1993, la communauté de communes a progressivement remplacé les différentes sections du SIVOM (syndicat intercommunal à vocations multiples) créé en 1984.
Elle a vocation à créer et gérer les équipements communautaires ainsi qu’à traiter les problèmes relevant de l’action sociale, économique, environnementale et même culturelle. Concrètement, elle gère sur le terrain deux maisons de retraite (CLEDEN, PLOUHINEC) employant 72 personnes, les centres de lutte contre l’incendie, le ramassage et le traitement des ordures ménagères, un abattoir, un service technique de travaux etc…Premier employeur du Cap-Sizun, elle gère un budget de 8,6 millions d’euros (56,41 millions de nouveaux francs soit 5,6 milliards d’anciens francs), et emploie dans ses services une cinquantaine de personnes. Le conseil communautaire se compose de 37 élus locaux, désignés par les conseils municipaux, et non par le suffrage universel. Rien ne dit pour l’instant que cela devrait changer.
Le premier président de cette communauté a été le jeune maire de GOULIEN, Henri Goardon, élu en 1993, réélu à l’issue des élections municipales de 1995, démissionnaire à l’issue des élections cantonales de 1998. Après avoir exercé pendant 5 ans la fonction de président de la communauté du Cap-Sizun, ce jeune maire , homme de consensus puisque réélu en 1995, estimait, et pourquoi pas à juste titre, qu’il était qualifié pour représenter le Cap au conseil général. C’était mal connaître la politique politicienne et l’esprit de clocher, puisque ces élections virent l’émergence d’un grand nombre de candidats, 9 exactement. Il ne manquait qu’un gardien de but et un avant-centre pour constituer une équipe de foot-ball. La conclusion était évidente : non retenu par les états-majors politiques, non désigné par les électeurs, Henri Goardon, qui avait mis en route la structure, démissionnait de son mandat, laissant ainsi une place vacante, ouverte à tous les appétits.
L’élection du nouveau président se déroula à la salle polyvalente de CONFORT-MEILARS, dans une athmosphère houleuse et navrante : Coups tordus, chausse-trapes, peaux de bananes, savonnettes, un vrai vaudeville à mourir de rire, sauf qu’il s’agissait du Cap. Au résultat, le premier adjoint de la municipalité d’AUDIERNE, était élu nouveau président, malgré l’opposition acharnée de ses plus proches amis qui voyaient déjà en lui un rival potentiel. Election folklorique sans aucun doute, mais légitime. Ainsi, pendant 3 ans, un nouveau président va se charger de l’expédition des affaires courantes, car les dossiers importants préparés par le prédécesseur et en voie d’aboutir, (piscine par exemple) ne sont plus d’actualité. Trois années de retard pour les dossiers du Cap qui n’en avait pas besoin. Trois années, à l’issue desquelles le poste était remis en jeu, à l’occasion des élections municipales de 2001. Contraint de se présenter contre son propre maire auprès duquel il était premier adjoint, le président de la communauté se voyait dans l’obligation de constituer sa propre liste qui ne réussit à placer aucun candidat. Problème !! Le président sortant de la communauté de communes, ex premier adjoint dans sa ville, n’obtenant pas même un strapontin de conseiller municipal, était démissionné d’office. Il ne lui restait plus qu’à aller s’inscrire à l’ANPE des anciens élus, jusqu’à la prochaine élection. Quel joli sketche pour un théâtre de boulevard !! Incontestablement très amusant, oui, très amusant, sauf qu’il s’agit du Cap !!
C’est donc un jeune maire, Bernard Le Gall, premier magistrat de MAHALON, qui est actuellement président de la communauté de communes du Cap-Sizun, depuis 2001. A ma connaissance, on peut déjà lui attribuer 3 projets : 
- Le dispositif cyber-communes en voie d’aboutir (réalisé actuellement)
- Le projet de piscine
-Le projet de salle omnisports.
Souhaitons que ces projets se concrétisent pour sortir le Cap de sa léthargie. Encore faudrait-il que les points d’affectation soient judicieusement choisis comme je l’ai déjà dit. Les refus d’hier se traduisent aujourd’hui par des retards, des lacunes, des carences dans ce Cap-Sizun qui a besoin d’un plan de sauvetage et non d’un cautère sur jambe de bois. La presse locale a bien voulu, en d’autres temps publier mon point de vue à l’occasion d’un événement. J’avais , à l’époque, demandé l’élaboration d’un plan raisonnable pour enrayer le déclin. Depuis, je n’ai rien vu venir. C’est donc l’avenir qui jugera !!

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Une image parmi tant d’autres !!

A suivre Ma Bro Hirio suite 2

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Published by spartacus - dans livres
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