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Evel ar C'hap, n'eus bro ebet

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28 juin 2006 3 28 /06 /juin /2006 10:18

Ma Bro Ar C'Hap Gwechall suite 14

4- Dieu change en Bretagne, (par Yves Lambert)-

Edité en 1985, un autre ouvrage fait référence en Bretagne : « Dieu change en Bretagne » par Yves Lambert. L’auteur n’a pas étudié le Cap-Sizun. Soit ! Mais comme pour l’ouvrage précédent , de nombreuses remarques et constats sont parfaitement transposables . En effet, si Dieu change en Bretagne, il change aussi obligatoirement en Cap-Sizun ,composante intégrale de ce beau pays .
Ce livre a analysé la situation d’une paroisse Morbihannaise : LIMERZEL. Le grincheux a raison : cette localité n’est pas capiste. Tant pis !! Je ne retiendrai donc que les lignes les plus frappantes de cet ouvrage, à savoir que : 

- En cas de non-paiement du denier du culte, la liste des contrevenants sera lue en chaire, et ils se verront refuser les cloches pour leurs cérémonies. 

 - On peut gagner des indulgences dans certaines conditions ( Pour abréger un éventuel séjour au Purgatoire. Tarif pour un gain de 300 jours : 6 Pater, 6 Ave, 6 gloria) ; 
- On chante dans les églises : « Parle, Commande , Règne », mais aussi :
Nous voulons Dieu dans les écoles
Pour qu’on enseigne à tous nos fils
Sa loi divine et ses paroles
Sous le regard du crucifix
Enfant de l’école publique, j’ai dû chanter ce cantique dans les offices religieux de la paroisse d’AUDIERNE, dans les retraites de première communion etc.. Un comble !! 
- L’image polychrome de Notre Dame du Perpétuel Secours affiche le texte suivant : « toujours par mes paroles, ma conduite et mes votes, je défendrai la religion » 
- La généralisation de l’école publique pose un problème : « qui tiendra l’école, tiendra les consciences » 
- Dans l’un des manoirs, tout le personnel monte dire la prière dans la chambre de ‘’Monsieur’’ 
- Autrefois, on ne dirigeait vers les études secondaires, que les futurs prêtres ( Le Bac pour les chatelains, les industriels, les instituteurs) 
- Le coût des études est élevé en collège privé 
- Les maîtres laïques combattent l’obscurantisme clérical 
- Aux processions les communiants et confirmants sont classés selon les résultats au catéchisme 
- Les sanctions des enfants à l’église sont les mêmes qu’en classe, avec en plus , la crainte d’être mis à genoux au milieu de la nef, devant tout le monde. ‘’Ar Vez’’ , la honte, sur toute la famille. A l’église d’AUDIERNE, je n’ai vu appliquer cette sanction qu’aux élèves de l’école du diable, car ceux de l’école du Bon Dieu étaient encadrés par leurs enseignants, donc enfants modèles, sages par définition ; 
- Le sacré est toujours supérieur au profane (statut du prêtre , soutane, instruction, prestige) 
- On encense les soldats qui meurent pour la Patrie 
- Les trois personnages clés de la socialisation religieuse sont : le prêtre, l’éducateur et la mère 
- La vocation est un honneur suprême pour la famille 
- Il n’y a pas d’ordre sans morale, et pas de morale sans religion (le clergé est une seconde police) 
- Les hérétiques , comme les Albigeois, ne valent pas mieux que les infidèles (d’où l’inquisition ! Quant à l’avenir de l’œcuménisme, il faudra voir !) 
- A la bataille de TOLBIAC, Clovis décida de se convertir en cas de victoire, ce qui fit de la France la première nation convertie dénommée : « Fille aînée de l ‘église » 
- Le temporel est subordonné au spirituel (principe Augustinien) 
- Le siècle des lumières avec Voltaire et Rousseau est funeste à la religion 
- L’histoire sainte précise que les juifs sont devenus et resteront jusqu’à la fin du monde un peuple maudit ( Voilà qui n’est pas de très bon augure pour la paix dans le monde) 
- Les filles-mères déshonorent la famille : l’enfant n’a pas droit aux cloches à son baptême ? Si la mère se marie, c’est en deuxième classe, après avoir confessé la faute et révélé l’identité du partenaire qui doit l’avouer également pour s’épargner l’enfer 
- Les femmes qui se présentent à la Sainte Table bras nus, se voient refuser la communion (id° pour les bas nylon assimilés au nu) 
- Les craintes cléricales ont repris pendant la guerre d’Algérie 
- Les défenseurs de la religion populaire imputent la baisse de la pratique aux bouleversements liturgiques et à une spiritualité trop cérébrale 
- Le clergé socio-culturel a regardé les cérémonies traditionnelles comme du folklore 
- Certains pratiquants ont trouvé refuge chez Monseigneur Lefebvre. 
- Il s’agit d’une querelle des Anciens et des Modernes 
- Il n’y a plus de Sainte Table, plus de chaire, plus de style doctoral 
- Les enfants de Chœur correspondaient aux pages de la monarchie 
- Sur le plan national, le sacrement de la pénitence est celui qui a connu la plus grande désaffection, et que par ailleurs, le clergé ne fait pas de zèle pour les confessions individuelles 
- Le clergé est désacralisé ; il a perdu son statut social (religieuses id°) 
- Les vocations connaissent une chute spectaculaire (on peut lire à ce sujet, l’article écrit par Monseigneur Marcus archevêque de TOULOUSE, dans le quotidien ‘’Le Monde’’ du 9/11/2001), parce que la plupart des vocations étaient le résultat d’un lourd conditionnement 
- Les congrégations religieuses féminines vont mourir également 
- Beaucoup de prêtres ont défroqué, se sont mariés, parfois avec une religieuse, et les prêtres ont fait beaucoup de tort à la religion 
- Les prêtre prêchent ce qu’il faut faire, et ils n’en font rien 
- Les paroissiens sont favorables au mariage des prêtres 
- Il n’y a pas de crise de recrutement dans les églises protestantes 
- On assiste à un effondrement du catholicisme post-tridentin, remplacé par une nouvelle forme de catholicisme, de pratique minoritaire 
- Le baptême n’est plus urgent, l’ondoiement est abandonné, et on ne pense plus aux limbes 
- Les évènements religieux ont un côté commercial (cadeaux de première communion) 
- Le régime des contrats, (lois Debré), la suppression des diplômes catholiques ont fait qu’il n’y a plus de différence entre école libre et école publique 
- On est passé de la religion ‘’par cœur’’, à la religion ‘’par le cœur’’ 
- Les jeunes sont à la croisées des chemins (rejet de la morale traditionnelle), et pensent que parfois que la religion est un commerce 
- Les protestants ne valaient rien à en croire les prêtres de notre jeunesse (alors, quand on en épouse une.. !!)
- Les jeunes trouvent souhaitables les relations prénuptiales 
- Le prêtre a désormais une image désacralisée, sécularisée
-Il y avait beaucoup d’hypocrisie 
- On reproche à l’église : l’inquisition, le colonialisme, les nobles, les préséances, les classes d’offices, la défense des privilèges 
- La religion n’est plus ressentie comme étant indispensable à la réussite matérielle 
- Le clergé finit par fermer les yeux sur les nouvelles mœurs des jeunes 
- L’église se prétend neutre dans le domaine social, alors que les pratiquants sont plutôt à droite 
- Le bilan global est de l’indifférence, et une distance assez grande par rapport à l’église 
- La vie conjugale est désormais plus indépendante des normes religieuses 
- Autrefois il y avait beaucoup d’enfants parce que, à 13 ans, le gosse gagnait sa croûte 
- La morale religieuse est une expression systématisée de la morale commune 
- L’autoritarisme était la règle d’hier (j’ai connu une forme d’autoritarisme dans l’armée ; elle est la marque des faibles peu sûrs d’eux car l’autorité est naturelle) 
- L’église n’est plus le lieu du chacun à sa place : les rangs, les classe et les honneurs d’autrefois ont disparu 
- On a pu assister à l’enterrement d’un industriel (durée : 1 heure et quart ) à comparer avec l’enterrement d’une veuve (durée : une demi-heure) 
- Un ancien vicaire d’AUDIERNE est devenu Monseigneur Boussard, évêque de VANNES, en 1964 
- Autrefois, le catholicisme comportait beaucoup d’hypocrisie et de superstition : les curés voulaient tout régenter. 
- L’église avait une idéologie cléricale dominante, et utilisait les forces sociales permettant de détenir ou se concilier le pouvoir politique. Aujourd’hui, c’est l’inverse 
- La fréquentation de l’école catholique repose encore sur la tradition 
- Les démocrates chrétiens sont des ‘’rouges déguisés’’ 
- Le mouvement ‘’Le Sillon’’était l’aile gauche du MRP ou des socialistes d’aujourd’hui 
- La croix était le symbole de la résignation passive (religion opium) 
- Aujourd’hui, l’église est sur une voie de garage 
- L’acceptation et le renoncement étaient les vertus des ‘’dominés’’, exploités par les ‘’dominants’’ 
- Le diable est relégué aux oubliettes 
- La confession est en déclin, les relevailles sont supprimées, le baptême n’a plus lieu dans les premiers jours de la naissance 
- La résurrection de la chair se récite, parce que c’est un article du Credo 
- Le culte des morts est le lien le plus durable et le plus sensible entre l’église et le village (solennisation du passage) 
- Le jeûne et l’abstinence ont été réduits, puis supprimés 
- Autrefois les gens demandaient à Dieu ce qu’ils obtiennent maintenant par l’argent. Néanmoins des non-pratiquants assistent encore à des messes ‘’robinet’’ pour la pluie contre la sécheresse ou les intempéries, et récitent le cas échéant des prières ‘’commerce’’ ou des prières ‘’aspirine’’. (Voilà qui ressemble fort à la superstition) 
- Les croyances aux dons, aux signes,aux guérisseurs se perpétuent (les medium, les mages et autres diseuses de bonne aventure sont toujours d’actualité) 
- Les prophéties apocalyptiques alimentent la crédibilité (et aussi la crédulité). Exemple : Nostradamus
-On constate l’effondrement de la crédibilité des explications religieuses dans certains domaines ; l’école catholique est largement déconfessionnalisée 
- Le rôle de la religion a changé dans le domaine matériel :
Tout ce qui n’était pas maîtrisé était surnaturel
Elle n’a plus à s’immiscer dans les affaires matérielles et économiques
Elle n’est plus indispensable à la réussite matérielle, même si elle a des liens privilégiés avec la droite 
- L’ église entretenait autrefois la haine de l’école publique, des protestants, des juifs etc..
-Elle préférait l’alcoolisme au bal, se comportant parfois en seconde police 
- Elle légitimait l’aristocrate et les classes sociales aisées. Jusqu’à une période récente, elle a joué dans l’ouest, un rôle fondamental dans la vie politique (95% de votes pour la droite catholique ). On peut se demander ce qu’il en est aujourd’hui !! 
- La démocratisation religieuse est achevée (suppression des classes, des rangs de communion etc..) 
- Les chrétiens de gauche ont été influents car, à l’origine, la monarchie était conforme au christianisme 
- On assiste à une montée de l’indifférence 
- L’éthique protestante est admirée 
- Certains considèrent communisme et fascisme comme des religions politiques 
- Les normes religieuses s’étaient ajustées au contexte rural 
- Le clergé a rompu avec sa fraction la plus conservatrice 
- Le clergé a pour lui : une formation supérieure, une bonne connaissance de la tradition, et une église fortement hiérarchisée, armée de rites, de dogmes, encycliques et théologies 

 C’est toujours le clergé qui dirige la musique 
 - Les recteurs sont aujourd’hui résignés devant cette mutation du catholicisme, condition nécessaire d’adaptation de la religion à la modernité
Conclusion de cette énumération :
Une génération d’incrédules est aux commandes
La page du catholicisme post-tridentin est tournée
La jeunesse actuelle et future est un grande inconnue

°°°°°°

Je vais maintenant donner raison au ‘’grincheux ‘’de service. Tout cela est hors sujet pour ce qui concerne le Cap-Sizun. Certes, Limerzel, paroisse du Morbihan, qui a servi de cobaye pour cette étude, ne fait même pas partie de la Cornouaille. Mais , qui n’a pas eu envie de dire, à la lecture de ce qui précède : « mais ici c’était pareil, ou presque ». Alors !! Qui n’a pas connu les classes d’office, le chapeau des femmes, indispensable pour entrer dans l’église, le rôle du clergé régnant par l’intermédiaire des ‘’Paotred ar C’hatriem’’ qu’il a très justement formé pour mieux les avoir sous sa coupe et qui sont loin d ’avoir tous disparus, l’ostracisme et le mépris pour les filles-mères souvent engrossées par le fils de la maison quand ce n’était pas l’employeur lui-même, les foudres de la chaire à propos des salles de danse, l’exploitation de la superstition et tant d’autres chose !! Certes ‘’grincheux’’, tu as raison, mais en partie seulement, parce que je n’ai pas complètement tort. Alors, si tu le veux bien soyons tolérants pour montrer l’exemple, à moins que tu ne veuilles que je te renvoie , une fois de plus, à la citation de Boileau !! C’est pourquoi, nous allons consulter un autre ouvrage car tu le sais, je me suis engagé à ne rien écrire sans en avoir la preuve, même si toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire. Quelle meilleure preuve peut-on trouver que ce qui a été constaté et publié ??

A suivre Ma Bro Ar C'Hap Gwechall suite 15

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Published by spartacus - dans livres
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