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Pont-Croix 

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Le drusthuil, meuble typique du Cap-Sizun

 

La coiffe de deuil "ar jibilinen "

Ces objets sont visibles au musée du patrimoine 

Le  Marquisat de Pont-Croix

et en photo sur le blog

 

 

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Vous aimez la Bretagne

Vous aimerez le Cap-Sizun

situé au bout du monde, au pays des calvaires, au pays des chapelles, au pays du grandiose, là où finit la terre et commence la mer.

Regardez!!

 

 

 

 


 


Evel ar C'hap, n'eus bro ebet

Il n'y a pas de pays comme le Cap

Pont-Croix

Cap-Sizun côté pile et face

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Pont-Croix 

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Toutes ces miniatures sont extraites de l'album photo du blog. Elles correspondent chacune à un article qu'il suffit de demander dans la liste des articles 

 

 

 

 

 

30 juin 2006 5 30 /06 /juin /2006 15:18

             Ma Bro Ar C'Hap Gwechall suite 13   

             

   33-Un exemple : un curé d’avant-hier –

 (document de référence : l’ouvrage de Yvon Tranvouez :  Le chanoine Chapalain à Lambézellec (1932-1956 ) –  

  Que vient faire Lambézellec dans le Cap-Sizun ? Rien !! Sauf que l’Abbé Chapalain a été recteur d’AUDIERNE de 1928 à 1932. Or, je suis né en 1930, à AUDIERNE. J’ai été baptisé le 26 juillet de cette même année 1930, dans une église dirigée par Monsieur Chapalain. Ce personnage pittoresque, défini comme un ‘’athlète du Christ’’,  avait été surnommé ‘’le Bélouga’’ par les marins-pêcheurs d’AUDIERNE. Il est vrai qu’il était plutôt corpulent, et  pesait 115 kilogs. :

« en taol man avaz ez eus digaset eur gwaz deom, ha n’éo ket eur bidorig eo ».

« Cette fois-ci, on nous a envoyé un homme, et pas une demi-portion »

disent le marins. (l’abbé Chapalain, natif de l’île de Batz est mort en 1956). Ce n’est pourtant pas à lui que l’on attribue la phrase quelque peu triviale qui a servi à brocarder certains recteurs à l’embonpoint caractéristique :

« Breudeur ha c’hoarezed Kristen, sellit ouz ma c’hof ha grit pinijenn ».

« Mes bien chers frères, regardez mon ventre et faites pénitence »

  Certains Capistes l’attribuent à un célèbre recteur de Cléden, par ailleurs affublé d’un surnom, mais je pense qu’il n’est pas utile de préciser davantage, sauf à faire preuve d’irrévérence envers la personne, d’autant que rien n’est prouvé.(cette phrase figure aussi dans un livre de Henri Goardon dont je parlerai plus loin) Je pense également que l’ouvrage cité en référence livre un certain nombre d’éléments qui, s’ils ne sont pas purement capistes, sont néanmoins édifiants, parfaitement  transposables, méritant donc d’être connus. Nous aurons d’ailleurs l’occasion de le vérifier dans d’autres chapîtres .  C’est l’écrivain catholique Georges Bernanos qui a écrit , en 1936, « le journal d’un curé de campagne », dans lequel on peut lire :

  « Je me demande ce que vous avez dans les veines aujourd’hui, vous autres jeunes prêtres ! De mon temps on formait des hommes d’Eglise, oui des hommes d’Eglise, prenez le mot comme vous voudrez, des chefs de paroisses, des maîtres quoi, des hommes de gouvernement. Ça vous tenait un pays ces gens-là, rien qu’en haussant le menton ».

  Qui était Bernanos ? Un croyant, déchiré entre le mysticisme et la révolte, qui a combattu par ses écrits la médiocrité et l’indifférence. C’est lui qui, par ailleurs, a écrit ‘’le dialogue des carmélites’’.

°°°°°°

  La génération Chapalain, c’est la génération des ‘’Patros’’. J’ai connu et fréquenté, comme pratiquement tous mes camarades, le ‘’Patro’’ d’AUDIERNE dans mon adolescence (pendant la 2ème guerre mondiale). Je dois dire que je n’y ai pas ressenti de différence entre les enfants de ‘’l’école du Bon Dieu’’, et ceux de ‘’l’école du Diable’’. L’osmose se faisait dans le jeu, l’effort physique, la camaraderie, le chant. Plus tard, malheureusement, quand les enfants seront devenus des hommes, les clivages reprendront leurs droits. Il faut sans doute rechercher l’explication du côté de la politique. J’ai trouvé l’anecdote suivante dans le livre de Yvon Tranvouez (cité en référence) :

  La scène se passe dans le Léon, peu après la dernière guerre, un jour d’élections. Le recteur de TREOURGAT (dans le Bas Léon) monte en chaire, fait son prône, ordonne la reprise du Credo, puis frappe sur le bord de la chaire pour arrêter le chant :

« Annkounac’heat am’oa lavar eun dra dréoc’h. Hirio z’eus votadeg. N’eus nemet unan mad : an MRP »

“ J’avais oublié de vous dire une chose. Il y a un vote aujourd’hui. Il n’y a qu’un bon : le MRP ».

    Apparemment, il s’agit d’un engagement  politique . Il faut par ailleurs aussi savoir que, en 1936, dans le diocèse de QUIMPER, l’évêque, Monseigneur Duparc avait ordonné une neuvaine de prières publiques, avant les élections, ‘’pour qu’elles ne tournent pas au détriment de la religion’’. Cela paraît suffisant pour dire que l’église est, ou tout au moins a été : le camp de la droite, ce qui explique sans aucun doute qu’elle aie perdu  des fidèles n’appréciant pas une telle prise de position.

  En 1954, l’abbé Chapalain organise une cérémonie pour ses noces sacerdotales, en présence de Monseigneur Fauvel. Le chroniqueur local note la présence de André Colin, député et ancien ministre, Yves Jaouen sénateur-maire de BREST, et Auguste Kervern, adjoint spécial de Lambézellec, c’est à dire l’état major  local du MRP, dont Monsieur Chapalain passe pour le conseiller spirituel que l’on consulte volontiers.

°°°°°° 

       Peu d’Audiernais savent que le premier bulletin paroissial d’AUDIERNE  avait pour titre :« Je sers ». Il s’agit en fait, d’une publication rédigée à PARIS, mais comportant une rubrique locale. On peut en voir quelques uns des rares exemplaires rescapés de l’oubli et de la destruction, lors des journées du patrimoine, aux Capucins d’AUDIERNE. Fort heureusement, on trouve encore des archives privées.

°°°°°°

  En Léon l’engrais est catholique, l’argent est catholique, le foot est catholique, comme l’école est catholique. En fait, le village est dirigé par trois autorités : « An tri Aotrou : An Aotrou Doué, An Aotrou Person, An Aotrou Maner » , c’est à dire : le Bon Dieu, Le Recteur, le châtelain.

         §         Le vote catholique n’est pas royaliste, mais clérical. Le Léon politique n’est pas blanc, il est noir.

§         Le ‘’Sillon’’ est un mouvement social d’inspiration chrétienne, fondé en 1894 par Marc Sangnier, et qui, condamné par Pie X, le Pape régnant de 1903 à 1914, disparut en 1910, non sans avoir préparé la voie à la démocratie chrétienne (Le Pape Pie X, peu favorable à la démocratie, fut canonisé en 1954 par Pie XII, pape qui par ailleurs observa un silence officiel face aux atrocités nazies).

§         Le Léon n’a produit aucun politicien d’envergure, sauf André Colin, mais il a fait Alexis Gourvennec et Edouard Leclerc.

Et le CAP ??? Combien d’hommes politiques d’envergure ???

§         Je cite textuellement un extrait de la page 53 du livre cité en référence :

  « Quelqu’un a été désigné pour porter la croix ou la bannière lors d’une procession, et n’est pas venu sans donner une explication valable. Dorénavant, ni lui, ni personne de sa famille, ne sera plus invité à porter les enseignes, comme on dit, alors que c’était quand même un honneur. Deuxièmement, s’il y a un enterrement dans sa famille, on n’ira pas faire la levée du corps à la maison. Troisièmement : si sa fille veut se marier, elle sera mariée à 8 heures du matin. Un autre exemple : Madame X..qui vendait des engrais, n’en vend pratiquement plus à la suite de la fondation du syndicat et du magasin coopératif suscités par le recteur. Pour compenser, elle construit une salle de danse-occasion de péché aux yeux du clergé de l’époque- où elle sert aussi les repas de mariage. Quand les jeunes viennent se présenter au recteur pour inscrire leur mariage, on leur demande où se fera le repas. S’ils disent chez Madame X.., bon , alors mariage à 8 heures du matin.

 ( la scène se situe à HENVIC ; le recteur est Eucher Corre. Le témoin de la scène est digne de foi, puisqu’il s’agit de Monseigneur André Pailler : témoignage du 23 mai 1985).

  J’aurai l’occasion de citer plus loin un exemple comparable, concernant la paroisse de PRIMELIN

§         Vous avez dit charité chrétienne !! N’ est-ce pas plutôt cléricalisme, sectarisme, intolérance pour ne pas dire imbécillité.

  Je lis encore :

  « Dans les collèges catholiques, on dirigeait les meilleurs sujets vers le grand séminaire, à défaut l’école navale : le sacerdoce ou la royale…

    Installé dans son confessionnal, le prêtre accorde ou refuse l’absolution, ouvre les portes du ciel ou celles de l’enfer… »

  On croit rêver. Nous sommes au XXème siècle, à la génération de nos parents, quand nous étions enfants . Faut-il prendre acte de cette alliance entre le sabre et le goupillon ? Pour ma part, je ne le crois pas . Mais, ce n’est pas fini :

  « La Bretagne catholique, rien ne la fait aimer , comme ce démenti tranquille qu’elle oppose à l’individualisme, au protestantisme dont nous sommes pourris ( Père Paul Doncoeur- 1929- Chapalain pages 65 et 113).

  Ajoutons encore :

-         qu’il faut fuir les salles de danse et les réunions mondaines qui sont des lieux de perdition.

-         que la présence à la messe  des enfants de l’école publique est vérifiée par des cartes qui, déposées dans le plat de la quête, sont récupérées par le sacristain, dûment tamponnées, et restituées au propriétaire à la sacristie, après l’office. ( Vécu à AUDIERNE).

-         que l’école libre est le vecteur de la transmission de la religion

-         que les états-majors paroissiaux sont issus des classes moyennes : commerçants ou employés, organisés comme un réseau d’embauche, etc…

  Il est temps de conclure ce chapitre. L’énoncé ci-dessus apporte suffisamment d’éléments pour expliquer et comprendre la situation d’aujourd’hui : églises vides, abandon des sacrements, manque d’attrait pour les jeunes générations etc… Le clergé régnant de la génération de nos parents, a voulu imposer un catholicisme de ligne Maginot, dirigeant tout : les hommes, les consciences, et même la politique, en usant de méthodes arbitraires et injustes. Ce sont les membres du clergé de cette époque qui ont créé le sectarisme. A vouloir tout régenter, ils sont aujourd’hui marginalisés. La responsabilité de la situation d’aujourd’hui leur incombe en totalité. Il ne faut pas, il ne faudrait pas mélanger religion et politique, comme cela s’est fait entre l’église et le MRP. A propos, qu’est devenu le MRP ? « Mouvement Républicain Populaire », il est devenu CDS « Centre des Démocrates Sociaux », (dans lequel on peut citer quelques noms ; Guellec, Cozan, Arzel etc..), composante d’un grand parti de droite depuis les dernières élections présidentielles (2002). Quant à André Colin, aujourd’hui disparu, il a passé le flambeau à sa fille Anne Marie Idrac, hier député de la majorité présidentielle, actuellement PDG de la société des transports parisiens : la RATP.

  On peut accuser la franc-maçonnerie, la ligue des droits de l’homme, la laïcité, le radicalisme, le socialisme, le communisme, les protestants, la télévision, le bal, j’en passe, la décomposition de la religion est inscrite dans le vent de l’histoire, et elle est sans appel parce que le sectarisme n’est pas mort. Il s’affiche encore tous les jours dans certaines municipalités. Les administrés le savent bien. Comme si les trottoirs et les caniveaux pouvaient être de gauche ou de droite, sauf à confondre le sens de circulation dans la rue  et l’administration objective des structures communales, dans l’intérêt général des administrés. Certes, l’époque du réseau est finie : plus personne n’est obligé d’aller chez le coiffeur qui va à la messe,chez le pharmacien qui a ses enfants à l’école libre, chez le boucher bien-pensant etc…Terminé ! Sauf pour quelques irréductibles d’arrière-garde et autres imbéciles qui pratiquent le ‘’copinage’’ et qui , avant de traiter un problème, s’inquiètent de savoir de quel bord est le demandeur. On n’est plus embauché non plus dans une entreprise parce que l’on va à la messe ou inversement. Encore que d’autres critères pas plus moraux règnent sur le monde du travail. Fini le conformisme villageois : « je vais à la messe pour ne pas être mal vu par les patrons, par les voisins, par la famille, par les bourgeois etc.. »

 Je dois dire encore que le chanoine Chapalain qui m’a inspiré le présent chapitre, est resté à la tête de sa paroisse pendant près de un quart de siècle ( l’équivalent d’une carrière militaire, sauf que les militaires bougent, enfin certains…, du moins théoriquement). De nombreux chrétiens sont devenus progressistes, se rapprochant par là-même des protestants. Il ne faut sans doute pas chercher trop loin l’explication de ce comportement . Enfin, recevant un jeune vicaire en 1953, l’abbé Chapalain lui tint les propos suivants :

-         Ne fais pas d’action catholique, c’est de la connerie

-         N’explique pas la messe, il n’y a pas besoin de la comprendre

-         Va au confessionnal c’est là que tu connaîtras les gens

 

  Chacun fera son profit de ces propos. Ils sont suffisamment explicites !!!

******  

  4- Dieu change en Bretagne, (par Yves Lambert)-

  Edité en 1985, un autre ouvrage fait référence en Bretagne : « Dieu change en Bretagne » par Yves Lambert. L’auteur n’a pas étudié le Cap-Sizun. Soit ! Mais comme pour l’ouvrage  précédent , de nombreuses remarques et constats sont parfaitement transposables . En effet, si Dieu change en Bretagne, il change aussi obligatoirement en Cap-Sizun ,composante intégrale de ce beau pays .

A suivre Ma Bro Ar C'Hap Gwechall suite 14

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Published by spartacus - dans livres
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