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Le drusthuil, meuble typique du Cap-Sizun

 

La coiffe de deuil "ar jibilinen "

Ces objets sont visibles au musée du patrimoine 

Le  Marquisat de Pont-Croix

et en photo sur le blog

 

 

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Vous aimez la Bretagne

Vous aimerez le Cap-Sizun

situé au bout du monde, au pays des calvaires, au pays des chapelles, au pays du grandiose, là où finit la terre et commence la mer.

Regardez!!

 

 

 

 


 


Evel ar C'hap, n'eus bro ebet

Il n'y a pas de pays comme le Cap

Pont-Croix

Cap-Sizun côté pile et face

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Toutes ces miniatures sont extraites de l'album photo du blog. Elles correspondent chacune à un article qu'il suffit de demander dans la liste des articles 

 

 

 

 

 

2 juillet 2006 7 02 /07 /juillet /2006 14:42

Ma Bro Ar C'Hap Gwechall suite 12

LES  RELIGIONS

 

 

Faut-il parler des religions à propos du Cap-Sizun ? Ne s’agirait-il pas plutôt de la religion, puisque la religion catholique, apostolique et romaine est la seule pratiquée dans le canton. Pour autant, il n’est peut-être pas inutile de faire un bref historique, ne serais-ce que parce que des évènements étrangers au Cap ont néanmoins influencé la vie religieuse locale. Il est incontestable que toute notre histoire se situe dans un rapport de forces entre dominants et dominés, les ordres dominants étant la noblesse alliée au clergé pour faire suer le burnous du tiers-état.

 

1-     Les évènements essentiels : la Réforme , le concile de TRENTE , la Ligue–

    Je ne remonterai pas à la période celte déjà évoquée dans un chapître précédent. Nous avons déjà dit que nos ancêtres étaient venus d’Angleterre, emmenant avec eux leurs chefs religieux qui vont créer les paroisses et bâtir églises, chapelles et monuments. Les chapelles feront l’objet d’une étude particulière plus loin. Je ne ferai pas non plus un tour d’horizon complet de la religion chrétienne, de sa naissance à nos jours. Il serait sans intérêt et sans doute ardu de traiter la situation religieuse du Cap, à l’époque de la papauté en AVIGNON (1309-1378) ou de Jeanne d’Arc brûlée vive à ROUEN en 1431. Donc , passons et limitons nous aux incontournables.

           11:La Réforme :1520

     Ce terme qualifie un mouvement religieux né en Allemagne autour de 1520. Il se forme en réaction contre la manière dont l’église catholique se comporte dans différents domaines touchant aux fondements de la doctrine (Les saintes écritures et leurs commentaires), aux mœurs des membres du clergé, aux relations entre le sacré et l’argent, ainsi qu’à la reconnaissance de l’autorité universelle du Pape.

 

 

 

  La Réforme modifie surtout l’approche traditionnelle du salut. Comment être sauvé ? Le salut est-il offert à tous ou à quelques uns , et si oui sur quelles bases ? Voilà le point le plus important, puisque les statuts respectifs du ‘’pauvre’’ et du ‘’riche’’ au moyen-âge, ainsi que l’assistance de l’un à l’autre,  sont fondés sur l’échange ‘’entre les fruits du ciel contre les fruits de la terre’’.

  On connaît trois formes principales au protestantisme : le Luthéranisme fondé par Luther, le Calvinisme fondé par Calvin, et l’Anglicanisme crée par Henri II et défini par sa fille Elisabeth  1ère 

  Luther n’admet que 2 sacrements : le baptême et l’eucharistie. Calvin est plus extrémiste que Luther dans la recherche des moyens du salut. L’Anglicanisme est un mélange de catholicisme et protestantisme. Il n’est peut-être pas nécessaire de s’étendre davantage sur ce point particulier de notre histoire qui n’a pas exactement concerné le Cap-Sizun. On ne peut cependant l’ignorer.

          12- Le concile de TRENTE –

  Le concile de TRENTE (1545-1563), me paraît un point de départ convenable. Il fut convoqué par le Pape Paul III, à la demande de Charles-Quint, pour répondre au développement de la réforme protestante. Il devait permettre à l’église d’opérer sa propre réforme, et de réunir à nouveau les chrétiens. Mais on peut déjà noter que si ce concile a eu le mérite d’abolir un certain nombre des abus de l’église catholique et de reviser ses institutions, il aboutit plutôt à la séparation définitive des deux religions. La Saint Barthélémy a eu lieu en 1572, et la Sainte Ligue dite encore Sainte Union a été active de 1576 à 1594. ( dans les faits, les guerres de la ligue vont de 1588 à1599). La Bretagne n’était française que depuis le mariage de la fille d’Anne de Bretagne : Claude, avec le futur François 1er en 1532. (roi de 1515 à 1547) . Henri IV, roi de France de 1589 à 1610, était protestant.

 

 

          13-La Ligue :

   Les combats de la ligue ont laissé des traces en Bretagne. Les bretons se sont soulevés contre leur gouverneur : le duc de Mercoeur qui voulait s’approprier la province en profitant des troubles. Des bandits comme  La Fontenelle, dont le repaire était dans l’île Tristan en baie de DOUARNENEZ se sont signalés en Bigoudénie et à PONT-CROIX. (La Fontenelle fut roué et écartelé à Paris en Place de Grève le 27 septembre 1602). Quant aux protestants, ils existent encore actuellement et disposent de lieux de culte  à BREST, LESCONIL, LECHIAGAT, MORGAT, QUIMPER, CONCARNEAU, CARHAIX, DOUARNENEZ, MORLAIX etc.., dans leurs diverses formes d’églises réformées, évangéliques ou Pentecôtistes, ce qui est encore un autre sujet. 

 

  Je ne reviendrai pas sur tout ce qui a pu expliquer ou  pour certains justifier les  guerres de religion avant la ligue. Encore un autre sujet.

  Il faut savoir que de grands seigneurs comme les Rohan adhérèrent au protestantisme : c’est la douairière de Rohan qui prit l’initiative de faire venir des pasteurs à BLAIN (Loire Alantique)  dans son château en 1562. Ce château fut d’ailleurs incendié par les Espagnols en 1591. Notons enfin que le duc Henri de Rohan (1579-1638), gendre de Sully que je ne présente pas, était également protestant.

  Mais revenons à la Ligue. Les protestants font appel aux Anglais et Hollandais, tandis que le Espagnols accourent au secours des ligueurs. En Bretagne, les partisans de la ligue, catholiques convaincus, luttent de toutes leurs forces contre les ‘’Parpaillots’’ et leur chef le duc de Mercoeur (nommé gouverneur de la Bretagne le 5 / 9 /1582 ).

  Les Espagnols s’installent en 1590 dans la forteresse du Blavet (actuellement PORT-LOUIS, près de LORIENT , Morbihan).. Le détachement de 7.000 hommes est commandé par Don Juan del Aguila (qui ordonnera l’incendie de BLAIN en 1591). Désirant s’installer à BREST, Juan del Aguila envoie 400 hommes dans la presqu’île de CROZON , où ils arrivent en mars 1594 .

  Le roi Henri IV choisit le Maréchal d’Aumont pour reprendre et pacifier la Bretagne. Celui-ci quitte RENNES en août 1594, s’empare de MORLAIX le 21 septembre, QUIMPER le 12 octobre . A ROSCANVEL, la disproportion des forces en présence : 4.000 Français, 400 Espagnols, laisse augurer d’une fin rapide. Mais les Espagnols arrivent en renfort ; 4.000 hommes sont à LOCRONAN le 6 novembre. Malgré leur résistance, les Espagnols sont écrasés et massacrés. Dès 1595, il n’y avait plus un seul Espagnol en Basse Bretagne. Il y eut cependant des mariages et des naissances, peu certes, mais suffisamment pour justifier le nom de la pointe dite des Espagnols, au nord du Cap, dans la presqu’île de CROZON.

 2-     D’autres évènements à conséquence- 

           21- La révolte des bonnets rouges en 1675-

   Cette révolte populaire et paysanne également connue sous le nom de révolte du ‘’papier timbré’’, se déclenche sous le règne de Louis XIV. Des émeutes ont lieu à RENNES, NANTES et GUINGAMP, et la répression du pouvoir royal est féroce.

 

 

 

  C’est un événement parce que les révoltes sont rares en Bretagne (d’autres révoltes avaient cependant eu lieu en 1490 ; elles ont fait l’objet d’une gwerz intitulée ‘’Le Faucon’’ dans le Barzaz Breiz de La Villemarqué). Je reviendrai sur ce sujet en étudiant les mouvements sociaux, mais la révolte des Bonnets Rouges doit être citée dans l’étude de la religion car elle a eu des conséquences.

  Les points forts de cette révolte sont près de nous CHATEAULIN, le Nord-Est de QUIMPER, DOUARNENEZ et la Bigoudénie. Les impôts décidés par Colbert sont impopulaires. Le gouverneur de Bretagne : Monsieur de Chaulmes organise la répression. Pour frapper les fameux ‘’Bonnets Rouges’’, il décide de sanctionner la religion en faisant décapiter 6 clochers chez les Bigoudens : Lambour, Languivoa, Lanvern, Tréguennec, Saint Honoré et Combrit. Bien que ne concernant pas directement le Cap, cet évènement méritait donc d’être cité ici, pour des raisons purement historiques , et aussi parce que certains de ces clochers servent aujourd’hui de symbole pour exprimer à l’occasion des revendications ;.

           22-La conspiration de Pontcalleck : 1720

   Hersat de La Villemarqué, précédemment cité, en a fait une Gwerz, chantée entre autres par Gilles Servat. Elle relate l’histoire des ‘’Frères Bretons’’ qui voulaient restaurer les privilèges de la province avec l’appui de l’Espagne. Trahi, le marquis de Pontcalleck, chef des conjurés, fut jugé et décapité à NANTES. Encore de l’histoire !!

          23-en 1765-

   Conflit entre le duc d’Aiguillon commandant en chef de la province, et son adversaire le procureur général de La Chalotais, déjà célèbre pour sa lutte contre les jésuites, et son essai sur ‘’l’éducation nationale’’ . Le duc dut abandonner ses fonctions.

          24-La révolution-

   Dès l’été 1789, six paroisses du Cap-Sizun s’étaient fédérées pour prévenir les tentatives possibles de contre révolution.

 

 

 

 

 

 

  La constitution civile du clergé est votée le 12 juillet 1790. Quatre des neuf évêchés bretons sont supprimés. C’est l’affaire des prêtres réfractaires déjà évoquée, et sa conséquence : la chouannerie. Les troubles éclatèrent en 1793, mais les bretons participèrent peu  puisque la révolution avait supprimé le ‘’domaine congéable’’ . Néanmoins la chouannerie se poursuivit jusqu’à Bonaparte. Un des derniers irréductibles : Cadoudal, fut décapité à PARIS en 1804. La chouannerie reprit en 1815, pendant les 100 jours de Napoléon, puis en 1831-1832, lorsque la duchesse de Berry tenta de provoquer un soulèvement contre la monarchie de juillet. Rappelons enfin le concordat signé par les représentants de Pie VII et de Bonaparte le 15 juillet 1801, qui reconnaît que la religion catholique est celle de la majorité des français. Toujours de l’histoire !!

        25- Les expulsions : décret de 1880-

  Les congrégations non autorisées doivent être expulsées de leurs locaux . Ces expulsions donnent souvent lieu à des scènes de violence comme celles évoquées dans le chapitre consacré aux frères de PLOËRMEL en 1903 et au petit séminaire de PONT-CROIX. La loi interdit aux établissements libres de s’appeler université. 

 

  3-    L’encyclique ‘’RERUM  NOVARUM’’-

          

           31- Généralités-

   L’église se trouve confrontée à beaucoup de problèmes : perte de prestige, perte de prérogatives, évolution sociale. Le Pape Léon XIII publie le 15 mai 1891, l’encyclique ‘’Rerum Novarum’’ sur l’état du travail. On parle encore de cette encyclique aujourd’hui. Elle part d’un constat : la richesse est entre les mains d’un petit nombre et la multitude a été laissée à l’indigence, d’où l’intérêt de parler de la condition des ouvriers. Les sentiments religieux du passé ont disparu des lois et des institutions publiques. Ainsi, peu à peu, les travailleurs isolés et sans défense, se sont vus avec le temps, livrés à la merci de maîtres inhumains et à la cupidité d’une concurrence effrénée.

 

  L’encyclique va jusqu’à utiliser le mot ‘’ploutocrates’’, opulents qui imposent un joug servile à la multitude des prolétaires. Pour guérir ce mal, les socialistes poussent à la haine jalouse des pauvres contre les riches. Pour autant, l’église défend la propriété privée et se justifie. Le travail est le moyen universel de pourvoir aux besoins de la vie, dans l’esprit de écritures : 

  «  Tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain, ni sa maison, ni son champ, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne, ni rien de ce qui est à lui ».

  Quant à la famille, elle fonctionne sous l’autorité paternelle, et l’élévation de tous au même niveau est impossible car il y a des différences de base telle l’intelligence, le talent, la santé, la force etc…Cependant, il ne peut y avoir de capital sans travail, ni de travail sans capital, et les riches, les patrons, ne doivent pas traiter l’ouvrier en esclave. L’exploitation de la pauvreté et de la misère sont réprouvées par les lois divines (et humaines), et les richesses ne mettent pas à couvert de la douleur. Citant Saint Paul, elle rappelle que c’est aussi le devoir de verser le superflu aux pauvres.

  Mais je ne résiste pas au plaisir, à cette occasion de citer aussi Victor Hugo :

« Donnez, riches, l’aumône est soeur de la prière » .

  Tel est l’ensemble des droits et des devoirs qu’enseigne la philosophie chrétienne.

  L’église veut arracher les travailleurs à la misère. ( autrefois, les diacres étaient chargés de l’aumône). Je rappelle au passage que la misère sévit dans le Cap ; elle a été suffisamment mise en exergue par la thèse du Docteur Heurté étudiée précédemment et  consacrée aux épidémies du XIXème siècle.

  Les impôts doivent être répartis équitablement, l’autorité publique doit prendre les mesures pour sauvegarder les intérêts de la classe ouvrière et l’équité demande que l’état s’occupe des travailleurs. Jamais une classe ne doit opprimer l’autre impunément et les droits doivent être partout religieusement respectés. L’état doit entourer d’une sollicitude toute particulière les travailleurs qui appartiennent à la classe pauvre en général, et il vaut mieux prendre des mesures pour anticiper les grèves. Tous les hommes sont égaux , et il faut arracher les ouvriers aux spéculateurs  coupables de vouloir satisfaire d’insatiables cupidités. Le travail de la femme  et de l’enfant ne peut  rivaliser avec celui d’un homme valide. Le salaire doit être défini et fixé avec justesse.

  L’église a des biens ; ils ont été spoliés. C’est injuste.

  Il faut rechercher l’équité dans les relations patron-ouvrier, et que personne n’ait à souffrir d’injustice. Que les droits et les devoirs des patrons soient parfaitement conciliés avec les droits et les devoirs des ouvriers, et que les riches et les patrons se rappellent leurs devoirs parce que :  La charité est reine et maîtresse de toutes les vertus

****** 

  Voici quelques uns des points essentiels de cette encyclique qui fait 34 pages dactylographiées. Je n’ai évidemment pas tout dit. Aucune autre déclaration sur la question sociale n’a exercé une influence aussi large. L’encyclique a inspiré une grande littérature sociale catholique, et beaucoup de non-catholiques l’ont acclamée. Elle définit en effet toutes les règles du comportement  des uns et des autres dans le monde du travail pour aboutir à une société idéale dans laquelle l’église tiendra le rôle  d’autorité religieuse et morale.

  Oui, Mais !! Il ne faut pas oublier que le monde est monde, et que si la théorie est une chose, la pratique est souvent différente.

  La revue Bretagne Magasine a publié un numéro spécial (été 2002) dans lequel on trouve le point de vue du Père Gusti Hervé, actuellement curé et recteur dans le pays de QUIMPER. Son secteur va de PLEUVEN à  CLOHARS-FOUESNANT, en passant par GOUESNACH et BENODET. Je cite :

  « Le rôle historique de l’église n’a pas toujours été une  force de libération sociale conforme à son message d’origine……Nous sommes historiquement dans une période où partout se développe l’individualisme……Le destin social du prêtre est parallèle à celui de l’instituteur. Ils avaient tous deux une place bien lisible dans l’organigramme de la société. L’instituteur était admiré ……etc ».

  Il semble donc que, de l’avis même d’un membre du clergé, les choses ne se sont pas passées comme elles auraient pu et dû.

           32-Mise en pratique de la théorie-

  Pour vérifier l’application sur le terrain, j’ai estimé pouvoir me référer au livre de Anne Denez Martin : ‘’Les ouvrières de la mer’’ qui relate avec talent les grèves de 1924 dans les usines de conserve à DOUARNENEZ. Certes, encore hors Cap-Sizun dira-t’on, mais tout à fait transposable à mon sens. Ce livre n’est pas un roman. C’est le récit de témoignages recueillis auprès des acteurs. Je cite:

 

  « Quand le poisson donnait, c’était une provende ; quand il manquait, une malédiction. Cet aspect imprévisible a été exploité par le clergé…..le péché de chair, l’oubli des pratiques religieuses faisaient fuir la sardine…..

   Neuf grandes familles se partagent le commerce de la sardine :……Delécluze

  La législation existe, mais  elle est contournée par la misère

  Les gens travaillaient souvent jusqu’à midi le dimanche matin, et pendant ce temps-là, il y avait tous ces bourgeois à la grand’messe, aux premiers rangs, en train de chanter le Credo ;

  Comment échapper à la sacralisation du travail, vertu morale et chrétienne par excellence, quand il est l’objet d’un tel culte de la part du clergé et des patrons.

  Les liens entre les usiniers et le clergé sont étroits en ce début du XX ème siècle. Si étroits que leurs pouvoirs conjugués régentent la vie privée et collective des douarnenistes (messe).

  Comme CONCARNEAU et AUDIERNE , DOUARNENEZ est anticléricale.

  A partir de 1905, la collusion entre le clergé et les usiniers se renforce.

  Les femmes surtout vont être l’objet d’une grande sollicitude de la part du clergé. Les femmes et les enfants. Car tout commence par l’éducation…… et la guerre des écoles : l’école libre catholique et l’école communale laïque.

  Les prêtres peuvent, sur ordre de l’évêque, excommunier les parents qui ont mis leur enfant  à l’école communale ; l’école du diable comme on dit alors.

  L’intolérance des prêtres  est grande pour tout ce qui échappe à leur contrôle ;

  Parfois les écoles libres  acceptent des enfants pauvres, quand les notables paient pour eux…les frères de Saint Blaise vont dans les maisons pour convaincre les femmes……partir pensionnaires, pour être ensuite missionnaires, pour être prêtres.

  La ségrégation joue même à l’intérieur de l’école…les enfants ne sont pas mélangés.

  Les filles des Dames ne s’asseyaient pas à côté des filles des femmes.

  La religion, ultime refuge de la ségrégation sociale ;

  Au cathéchisme, on était toujours derrière, ils montraient une préférence…..ils, c’est à dire les prêtres aidés par les usiniers…..Par les dons qu’ils prodiguent au clergé, ils s’en assurent l’allégeance.

  Parfois trop pauvres pour payer le sou que coûte  la chaise, elles assistent à l’office debout, appuyées au confessionnal.

  La grand’messe du dimanche tient de l’opéra.

  L’œuvre de chair ne désireras qu’en mariage seulement. Cette obsession de la sexualité…

  Mais jusqu’à la guerre de 14, et même au delà, morale religieuse et civile ne font qu’un.

  Quand on s’était déguisé (pour les gras), on ne pouvait faire ses Pâques.

  ……La peur du prêtre et de l’enfer

  Qui tient une salle de danse peut être excommunié ;

  Percer le secret des âmes dans le confessionnal. Tout est mis en œuvre pour atteindre cet idéal.

  L’interdit religieux se transforme en devoir dans le mariage.

  Les messes pour le repos des âmes représentent une bonne ressource .

  A LESCONIL, il y avait un centre protestant et un pasteur ; là où il y avait des protestants, on buvait moins.

  La maladie, surtout la tuberculose, est aggravée par la promiscuité.

  Ce sont elles (les grèves) qui ont ouvert la voie en affrontant un des bastions de l’époque : le patronat de droit divin ;

  Les dominants : usiniers, gros patrons pêcheurs,mareyeurs, clergé.

  Avec la complicité du clergé, un système de castes s’est mis en place, qui refoule vers l’arrière la population ouvrière et place au premier rang les usiniers et les notables.

  En 1921, DOUARNENEZ devient la première municipalité communiste de France ;

  Les femmes craignent les représailles du clergé.

  L’église appuie le patronat.

 Les grévistes sont menacés d’excommunication .

  Les usiniers et le clergé unis dans le même combat.

  Les prêtres refusent l’absolution et tous les sacrements aux femmes soupçonnées de vouloir le travail à l’heure ;

  Pour le clergé, sa conduite a été inspirée par un seul mobile : que les conservateurs l’emportent.

  La séparation de l’église et de l’état le rend plus dépendant que jamais du pouvoir politique.

  L’attitude conservatrice du clergé peut surprendre car elle est contraire à la doctrine sociale de l’église, un des éléments essentiels de l’encyclique Rerum Novarum de Léon XIII, promulguée en 1891.

  L’excès de pauvreté et d’injustice fit le reste.

  La présence à la messe, l’absence aux réunions syndicales, sont des gages de bonne volonté ;

  Le péché honni reste le péché de chair ;

  1925 marque un tournant……Dans la conserverie c’est la fin d’un patronat de doit divin ;

  La morale de l’église est intégrée par la communauté et se confond avec la morale civile ».

****** 

  J’entends d’ici le grincheux : ‘’mais DOUARNENEZ ce n’est pas le Cap-Sizun !! Mais on n’a rien écrit sur les conserveries d’AUDIERNE et POULGOAZEC où l’on a compté jusqu’à 19 usines si l’on en croit Ambroise Menou, l’Audiernais bien connu, aujourd’hui disparu. (précision : Ambroise était le gendre de Jean Jadé, député et avocat, précédemment cité ;il a longtemps habité la maison de ses parents sur la route de la Pointe du Raz, ce qui en fit mon plus proche voisin).

 La situation sociale décrite par Anne Denez Martin à DOUARNENEZ était identique dans le Cap. La  collusion clergé-usiniers était manifeste (non compris l’usine Coop de La Montagne à AUDIERNE sur laquelle le clergé n’avait aucune prise). Mais ‘’Pierre’’ou ‘’Queinnec’’ à AUDIERNE ou ‘’Quillivic’’ à POULGOAZEC  étaient manifestement du côté de la paroisse.

  J’ai sous les yeux, une image pieuse datant de 1940. je lis au verso :

 AUDIERNE : la confirmation

Recteur : Monsieur l’Abbé Prigent

Parrain : Monsieur Emmanuel Queinnec

Marraine : Mademoiselle Gabrielle Lannou

11 avril1940

    Je ne ferai pas l’injure aux Audiernais ni aux Capistes de présenter ces parrain et marraine. Ils savent que Monsieur Queinnec était le propriétaire de, vraisemblablement la plus grosse conserverie du Cap.

  Quant à Monsieur Prigent, je l'ai déjà cité dans le paragraphe de la guerre scolaire, à propos d'un refus d'absolution qui a concerné ma propre mère. Si le clergé compte parfois, et je le sais, de saints hommes, il compte aussi le cas échéant des individus sectaires qui portent aujourd'hui la responsabilité du déclin de la religion. Il est peut-être temps de prendre un exemple.

           33- Un exemple: un curé d'avant -hier

(document de référence: l'ouvrage de Yvon Tranvouez: le chanoine Chapalain à lambézellec (1932-1956)

A suivre Ma bro Ar C'Hap Gwechall suite 13  

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