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Pont-Croix 

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Le drusthuil, meuble typique du Cap-Sizun

 

La coiffe de deuil "ar jibilinen "

Ces objets sont visibles au musée du patrimoine 

Le  Marquisat de Pont-Croix

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Vous aimerez le Cap-Sizun

situé au bout du monde, au pays des calvaires, au pays des chapelles, au pays du grandiose, là où finit la terre et commence la mer.

Regardez!!

 

 

 

 


 


Evel ar C'hap, n'eus bro ebet

Il n'y a pas de pays comme le Cap

Pont-Croix

Cap-Sizun côté pile et face

Beuzec

Cleden

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Goulien

Plogoff 

Plouhinec

Pont-Croix 

Primelin

 

Toutes ces miniatures sont extraites de l'album photo du blog. Elles correspondent chacune à un article qu'il suffit de demander dans la liste des articles 

 

 

 

 

 

4 juillet 2006 2 04 /07 /juillet /2006 10:13

Ma Bro Ar C'Hap Gwechall suite 11

                          5- Le petit séminaire Saint Vincent de Pont-Croix – 

(référence : le petit séminaire Saint Vincent par René Gougay)  

  Le Cap-Sizun n’a pas été baptisé ‘’la Terre des Prêtres’’, qualificatif attribué au Léon, extrémité nord-ouest du Finistère, patrie des Léonards, et pourtant !! Le chef-lieu de canton, PONT-CROIX, a abrité pendant un siècle et demi un petit séminaire : Saint Vincent. On ne peut parler du Cap sans évoquer cette institution. Un siècle et demi d’histoire, à résumer en quelques mots.

  Rappelons que le concile de TRENTE s’est déroulé en Bologne de 1545 à 1563, avec pour objet la réforme de l’église ( contre réforme), dirigée contre les protestants, que la Saint Barthélémy a eu lieu en 1572 (3.000 victimes de la tuerie-boucherie de l’intolérance) et que l’inquisition (Sainte Inquisition) mise en place par le pape Innocent III en 1199, a théoriquement disparu au XVIII ème siècle, après avoir marqué son passage chez  les Cathares ( 1244 : capitulation de Montségur, 200 hérétiques sont brûlés sur le bûcher – une stèle commémore ce massacre).

  Le terme de petit séminaire a été adopté au XVIII ème siècle. La révolution avait détruit le système éducatif religieux, sans pour autant le remplacer efficacement.

  L’histoire du petit séminaire de PONT-CROIX  commence avec Monsieur Rochedreux, vicaire de MAHALON , résidant à GUILERS, prêtre insermenté (réfractaire), et déporté en Espagne.Après avoir vécu 10 ans à COMPOSTELLE, il est affecté à PONT-L’ABBE où il exerce de 1806 à 1807, et fonde une école destinée à former les futurs séminaristes. Suite à des discussions au conseil municipal de cette ville, il décide de transférer son école (une quinzaine d’élèves) à PONT-CROIX, et s’installe au manoir de Trefest. Au bout de quelques mois, l’école comptait 45 élèves dont 24 aspirants au sacerdoce. Déménagement en 1809, en raison des mauvaises relations locataire- propriétaire. Le couvent des Ursulines ( fondé en 1652), appartient à Monsieur Tréhot de Clermont que nous connaissons déjà puisqu’il a été le rédacteur des cahiers de doléances de PONT-CROIX ( une partie de ce couvent est louée à la gendarmerie). Le couvent des Capucins d’AUDIERNE  appartient à Monsieur Delécluze qui refuse de le louer. Le presbytère de PLOUHINEC  est refusé. Reste le presbytère de MEIL ARS que Monsieur Rochedreux achète.

  L’école de MEILARS  va fonctionner de 1805 à 1822, successivement avec Monsieur Rochedreux de 1805 à 1812, une interruption de 1812 à 1819, avec Monsieur Madec de 1819 à 1822 ( piètre administrateur), puis à partir de 1822 avec Monsieur Le Coz. (depuis 1817, le recteur de PONT-CROIX était Monsieur Jaffry, prêtre réfractaire natif d’ESQUIBIEN).

  Monsieur Le Coz fut le créateur de la grammaire latine (2 éditions), conseillant par ailleurs une méthode pour apprendre le français aux enfants de la campagne. Je cite René Gougay :

  « sur une page divisée en 2 colonnes, l’enfant écrit 10 mots bretons dans la colonne de gauche et les 10 mots français correspondants dans la colonne de droite. Il les apprend, il les répète, à raison de 10 mots français par classe ; il en sait 80 à la fin de la semaine, 320 à la fin du mois ».

 

  Nous sommes loin de l’école Diwan et de sa méthode par immersion. Quant aux châtiments corporels, il ne faut y recourir qu’avec l’autorisation des parents.

  En 1822, Monsieur Le Coz pense qu’il faudrait acquérir le couvent des Ursulines à PONT-CROIX. Le contrat de vente est signé pour 16.000 livres, le 2 juillet 1822, en l’étude de Monsieur Le Bris-Durest, notaire à PONT-CROIX. ( ce nom est toujours porté à PONT-CROIX). Le petit séminaire de PONT-CROIX est né ; il est autorisé à recevoir 250 élèves. Un parchemin déposé dans les fondations dédie la nouvelle chapelle à Saint Vincent de Paul. On peut noter aussi que le dernier Supérieur concordataire fut Monsieur Jean-François Belbéoch surnommé ‘’Père Fanch’’ . Natif de PLOARE, ordonné en 1865, il mourut en 1910 et fut enterré au cimetière d’AUDIERNE où il avait de la famille : Monsieur Gabriel Miossec, député sous la V ème république, était son neveu. (L’histoire a voulu que je connaisse bien Monsieur Miossec pour avoir travaillé à la glacière d’AUDIERNE comme manœuvre pendant les vacances scolaires. Mon travail consistait à manipuler des barres de glace de 25 kilogs destinées au broyage. Ceci se passait après la guerre, lors de la création des établissement Picaud . Plus tard, dans le cadre de mes fonctions militaires, je l’ai à nouveau côtoyé à la chambre de commerce de QUIMPER et lors de la marée noire du Torrey Canyon. L’histoire est faite de coincidences ; il n’est pas inutile de la connaître). 

  Les familles chrétiennes, des milieux aisés en général, n’avaient pas confiance dans les collèges publics. En 1850 la loi Falloux autorise la création de collèges secondaires libres. J’ai déjà dit , en rappelant quelques dates, que cette loi fut combattue par Victor Hugo. Rappelons aussi que les ordonnances de 1828 imposaient aux élèves le port de l’habit ecclésiastique à partir de 14 ans, et après 2 années de séjour dans l’établisement ( ceci ne fut pas appliqué à PONT-CROIX ). 

  Dans les lycées napoléoniens, la vie quotidienne était réglée par des roulements de tambour. A PONT-CROIX, la cloche remplace le tambour. Quant au congé hebdomadaire, il est fixé au mercredi au lieu du jeudi, jour de foire. Pas de vacances à Noël, 3 semaines à Pâques, 2 mois de grandes vacances : août et septembre. Les vacances de neige ou autres classes de mer n’étaient pas encore inventées. (Il fut aussi question d’un ‘’pré petit séminaire’’. Un projet fut étudié à AUDIERNE dans la propriété de l’ex député Guezno qui avait dû s’exiler en 1816).

  Les professeurs sont presque tous des ecclésiastiques, et l’accent est mis sur la rhétorique (enseignement des secrets de l’éloquence pour servir la gloire de Dieu).

  Les gens du Cap connaissent tous le ‘’Pont Physique’’, situé entre AUDIERNE et PONT-CROIX, à hauteur de l’ancien parc à huîtres, sur l’ancienne voie ferrée reliant AUDIERNE à DOUARNENEZ. Mais ils ne seraient sans doute pas tous capables d’expliquer l’origine de ce nom pour lequel il y a d’ailleurs plusieurs versions. En voici une : Monsieur l’Abbé Roland Guizouarn, originaire de PLONEVEZ-PORZAY, enseignait la physique, la chimie et l’astronomie au séminaire en 1832. Baptisé ‘’Père Physique’’, il aimait conduire ses élèves en promenade sur la route d’AUDIERNE, vers ce pont près de Suguensou, tout naturellement baptisé ‘’Pont Physique’’, et passé à la postérité sous ce nom. J’ai entendu une autre version faisant état d’un ballet de korrigans sous le pont , à la pleine lune ( tour de magie se dit ‘’taol fisik’’ en breton). Le spécialiste de la toponymie celtique : Jean Marie Plonéis ne s’est pas prononcé sur ce sujet. La première version paraît tout de même plausible. Monsieur Guizouarn est mort en 1846, à Porspiron (BEUZEC), enlevé par une lame au cours d’une partie de pêche. (Cette fin tragique a été racontée dans une Guerz).

  De nombreux élèves arrêtent leurs études au niveau de la classe de 4 ème. Surnommés  les ‘’PAOTRED AR C’HATRIEM’’, ils essaiment dans leurs paroisses d’origine où ils se présentent avec une instruction générale moyenne sans doute, mais marqués par l’éducation cléricale avec laquelle les instituteurs laïques devront composer. On les retrouvera à la JAC, jeunesse agricole catholique, organisation  qui a tenu une place éminente dans le monde rural en fournissant de nombreux syndicalistes et techniciens de l’agriculture. Ceci n’a pas échappé à Christian Pelras dans son ouvrage sur GOULIEN (pages 98 et 225). On les retrouvera aussi dans le type sociologique défini par Anne Denez Martin et déjà cité : ‘’les Fayots’’, ainsi que dans certaines municipalités comme maire, adjoint ou conseiller, particulièrement lorsque le clergé faisait et défaisait les élections locales.

  Il me paraît encore intéressant de signaler que le canton de PONT-CROIX a fourni au diocèse 159 prêtres de 1803 à 1898, quasiment tous formés initialement au petit séminaire Saint Vincent.

  En voici la répartition par communes  capistes :

  AUDIERNE : 13 - BEUZEC : 9 - CLEDEN : 36 - ESQUIBIEN : 15 - GOULIEN : 25 - Île de SEIN : 1 - MAHALON : 4 – MEILARS , CONFORT :1- PLOGOFF : 16 – PLOUHINEC : 10 -  PONT – CROIX : 18 – PRIMELIN : 11 -  

  Faut-il reparler du ‘’C’HAP DON ‘’ à l’analyse des ces chiffres ??

******  

  Comme les frères de PLOËRMEL, le séminaire de PONT-CROIX a dû se plier aux lois de la République ;  les petits séminaires sont supprimés à partir du 14 décembre 1906. Les élèves sont libérés le 13. Le bruit avait couru que les professeurs seraient expulsés le 15, ce qui déclencha une manifestation des paysans originaires de MAHALON-MEILARS , auquels se joignaient bientôt 100 marins mobilisés par Henri de Lécluse, maire de PLOUHINEC. Le Cap bouillonnait déjà en 1906, bien avant PLOGOFF. Quand on dit que l’histoire est un éternel recommencement.. !!

  Par une subtilité juridique, l’établissement devenait école secondaire en 1907, mais le bail était refusé par le conseil d’état, ce qui entraînait l’expulsion à la date du 29 janvier.

  La troupe, renforcée de gendarmes, intervient à 7 heures du matin malgré l’opposition de la population et des occupants du collège : portes défoncées à coups de haches, combats dans le cloître etc..Les biens destinés à la vente (immeubles et terrains) sont estimés à 150.000 francs, mais les acquéreurs potentiels sont menacés d’excommunication par l’évêque de QUIMPER Monseigneur Duparc. Le diocèse rachète l’ensemble en 1913 et l’établissement est réquisitionné en 1914 pour devenir hôpital militaire temporaire. Les élèves retrouvent PONT-CROIX en 1918 (205 élèves en 1919-1920). En 1920 un élève porte parole de ses camarades déclare :

  «  Nous nous mettrons avec ardeur au latin et au grec……mais à côté nous  ferons une place honorable à la langue de nos pères, le Breton, que nous devons aimer et conserver, parce que c’est la langue d’une race vaillante qui a tout à gagner à rester fidèle à ses coutumes et ses traditions ».

  Dont ACTE !!!

  Mais la pénurie des vocations commence à se faire sentir dès 1920 (peut-être et même sans doute une conséquence de la seconde guerre mondiale). Ceci n’empêche pas la fête du centenaire de l’enseignement libre, de se tenir en 1931. A cette occasion, un ancien élève, devenu avocat et député prononce un discours et pose une question :

« A qui est l’enfant ? Notre réponse est ‘’au Père de famille par délégation de Dieu’’.

  Il s’agit de Jean Jadé, député du Finistère et adversaire invétéré de Georges Le Bail, le bigouden. Cette anecdote n’est pas sans intérêt pour moi, à titre personnel, car il se trouve que ma propre mère a été bonne à tout faire et ‘’Nounou’’chez Maître Jadé, avant son mariage en 1918.

  Notons encore dans l’assistance un autre personnage considéré : Jean Hénaff, maire de POULDREUZIC, conseiller général, et créateur du pâté qui porte son nom.

  D’autres anciens élèves ont des noms connus dans le Cap :

Raphaël Kérisit, ancien négociant en vins à AUDIERNE, Xavier Trellu de DOUARNENEZ, ancien député et sénateur, Auguste Boussard, de PLOGONNEC, ancien vicaire à AUDIERNE qui deviendra Monseigneur Boussard, évêque de VANNES en 1964, Jean Bonthonneau de PONT-CROIX, avocat, Jean-François Coatmeur écrivain, dont je reparlerai plus loin, Joseph Halléguen, député-maire de QUIMPER, Louis Orvoën de MOËLAN futur député et président du conseil général du Finistère, Louis Marc de Querrien, ancien président du tribunal militaire à ALGER et directeur de la gendarmerie nationale etc…

  Autant dire que le petit séminaire de PONT-CROIX  est une vénérable et véritable institution capiste au rayonnement certain, fournisseur incontestable de personnages importants, voire puissants.

    Le séminaire de PONT-CROIX , victime de la crise des effectifs et des vocations ainsi que de sa situation géographique excentrée, se voit bientôt condamné à la fermeture. Le décision est effective en 1973. L’histoire du petit séminaire s’achève avec l’année scolaire 1972-1973. J’ai déjà dit que durant un siècle le collège Saint Vincent a fourni au diocèse environ la moitié de ses prêtres. Une statistique datant de 1952 annonce que sur 1.087 prêtres exerçant dans le diocèse, 408 sont anciens de PONT-CROIX, auxquels il faut ajouter 98 qui exercent ailleurs. Ce chiffre est confirmé en 1985 (303 sur 729).  

******   

  Un ancien élève : Jean-François Coatmeur, écrivain, membre de l’association des écrivains bretons au sein de laquelle je l’ai rencontré, apporte toutefois un petit bémol au fonctionnement de cette institution, dans un article publié par ‘’Bretagne Magasine’’ en 2002. Je cite :

  « Certaines pratiques du petit séminaire me sont restées en travers de la gorge. Et en premier lieu, dans cette maison emblématique de la religion, la connivence de fait avec l’injustice sociale… Contrairement à une opinion répandue, les études étaient payantes ; on avait prévu 2 classes comme à la SNCF, 2 régimes qui s’y côtoyaient en fonction des revenus des parents. Ceux des miens étaient très modestes, j’étais donc régulièrement privé de dessert… système inique dont la réminiscence me scandalise encore ».

  Il parle aussi du congé fixé au mercredi, en raison de la foire du jeudi au cours de laquelle les élèves auraient pu « frôler dans la foule la croupe dodue de quelque aguichante fermière ». Péché d’impureté ! Vade Retro Satanas ! Je cite encore :

  « pour autant, le petit séminaire aura contribué à m’installer pour toujours dans le camp des humbles, de ces ‘’affamés de justice’’ dont il est question aux Ecritures…J’ai connu à PONT-CROIX, je n’ai pu le taire, l’endoctrinement. Mais je n’oublie rien, et sûrement pas que PONT-CROIX m’ a fait ce que je suis, pour le meilleur et pour le pire ».

******   

  Celui qui écrit ces lignes croit pouvoir ajouter que, n’étant pas ancien du petit séminaire, il n’a pas qualité pour juger mais, que étant comme Jean-François Coatmeur ‘’affamé de justice’’, il s’autorise à partager son point de vue . Je n’oublie rien non plus, et surtout pas que c’est l’école publique, laïque et républicaine qui m’a fait ce que je suis , pour le meilleur et pour le pire bien-sûr, sans jamais, dans sa neutralité, empiéter sur mes convictions religieuses.  

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  Pendant les évènements de PLOGOFF, le petit séminaire a servi de cantonnement aux forces de gendarmerie, au cours de l’enquête d’utilité publique. J’en reparlerai, à propos de PLOGOFF. Cette situation entraînera une protestation des anciens élèves du collège  Saint Vincent, parmi lesquels des prêtres. Ils s’insurgent contre l’occupation de l’établissement et le traitement appliqué aux émeutiers (René Pichavant, page 181). Après ces évènements, le petit séminaire  retrouve son calme. Mais les gendarmes ont laissé derrière eux un document oublié dans un tiroir, signé Deiber. Il s’agit du Colonel, futur Général de gendarmerie Deiber, dont j’ai déjà parlé, mon ancien condisciple et voisin de chambre à l’école d’application de l’infanterie à SAINT-MAIXENT en 1954-1955. Le monde est petit !!

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  Et aujourd’hui ? Le séminaire va-t’il ressusciter ? Le télégramme du 5/10/2002 nous apprend que Monsieur Lucien Peuziat, capiste d’origine ayant fait carrière dans la construction, a acquis pour 30.000 €  (196.787 Frs) les bâtiments disponibles. (Certains petits bâtiments annexes appartiennent déjà à la ville de PONT-CROIX (salles municipales). L’idée de l’acquéreur est de faire pour le Cap une sorte de centre culturel au rez de chaussée, et une quarantaine d’appartements dans les étages. On ne peut que souscrire à ce projet et l’encourager bien entendu. Mais on peut aussi se demander si , une fois de plus, le Cap n’est pas victime d’un découpage administratif obsolète, qui crée 11 communes en Cap-Sizun (non compris l’île de Sein), ce qui entraîne l’absence de projets collectifs sérieux, cohérents et surtout un esprit de clocher exacerbé, doublé d’individualisme.

  N’y avait-il pas matière à étudier, autour de PONT-CROIX, un sérieux projet capiste à partir du séminaire, compte tenu de la proximité de la zone de Lannéon  disponible pour devenir une base de loisirs. A vouloir implanter sur ses terres, qui un aquarium, qui autre chose, autour de structures totalement inadaptées, dans des surfaces insuffisantes, sans traiter les problèmes d’aménagement dont les  accès font partie, se traduit par l’inexistence du projet global dont le Cap a besoin pour son économie et même peut-être pour sa survie. Ah , ces ‘’Paotred ar C’hatriem’’ du séminaire, dont la formation a avorté, confrontés aux problèmes de l’informatique sans savoir se servir d’un ordinateur, parmi lesquels aucune personnalité ne se dégage puisqu’ils ne sont pas capables de fournir un député, et dont les dossiers traînent ici ou là dans les méandres obscurs des administrations car ils ne sont pas plaidés et défendus au bon niveau !!!

 Sacrée Marie-Jeanne ! J’espère te convaincre parce que ‘’Ton Cap fout le camp’’ !!!

  J’ai traité à part  le cas des Capucins d’AUDIERNE en leur consacrant un chapitre mais je rappelle encore le role joué par ces religieux en milieu maritime où ils enseignaient l’hydrographie et la navigation. Cela fait aussi partie de l’enseignement.

  Reste à faire le point de la situation actuelle, sans tomber dans une fastidieuse énumération de statistiques. Quelques chiffres suffiront :

  En 1987, le collège d’AUDIERNE-PLOUHINEC, dit de Locquéran accueillait 360 élèves contre 290 au collège Saint Joseph ;A la rentrée 2002-2003, ces chiffres tombent à 289 pour Locquéran contre 91 à Saint Joseph . Il faut cependant ajouter pour l’enseignement libre, 131 élèves à Notre Dame de Roscudon (PONT-CROIX) pour avoir une idée du Cap et du rapport privé-public.

  En 1950-1951, les chiffres départementaux  attribuaient à l’enseignement public 55 % des élèves contre 45 % au privé (ces chiffres sont à moduler car le Léon , où le privé est dominant influe sur ces pourcentages).

  En 1998, l’enseignement primaire comptait 112.800 élèves en public, contre 73.350 en privé. Cette situation était comparable dans les collèges : public 90.000, privé 66.250.  

  On peut donc considérer que la laïcité est en train de prendre le pas sur l’enseignement confessionnel, puisque au début du XX ème siècle, la situation était exactement inverse : 90.000 élèves dans l’enseignement secondaire religieux, 80.000 dans les écoles secondaires laïques. Le Cap-Sizun n’échappe donc pas au phénomène. Les raisons sont multiples et se situent principalement au niveau de la religion. Cette religion fait l’objet d’un chapitre à part entière, traité plus loin.

  L’enseignement religieux est une des courroies de transmission de la religion, et comme elle, subit l’érosion. Citons encore la régression des vocations dans les congrégations enseignantes, la suppression de l’enseignement purement religieux (catéchisme), l’évolution des mœurs, les excès commis par le sectarisme et l’intolérance, et enfin la télévision devenue maîtresse à penser de la société de consommation, qui banalise le moindre événement, surtout ceux qui portent préjudice, aux uns comme aux autres. Tout cela a des effets et laisse des traces. A terme, et compte tenu du principe de l’union qui fait la force, on peut imaginer des regroupements au sein de l’enseignement libre, par exemple entre AUDIERNE et PONT-CROIX . Les communautés  de communes sont à la mode, et c’est tant mieux, les paroisses disparaissent pour être regroupées en secteurs pastoraux, et c’est tant pis, alors disons que demain, sera demain.

  Le sage dit toujours au vieillard qui rabâche :

 

 

 

 

 

 

 

 

« de ton temps, c’était ton temps ».

  L’avenir, c’est demain, et pour traiter les problèmes de demain, il faudra sans doute remplacer quelques « Paotred Ar C’hatriem » par quelques Marie-Jeanne d’avant-garde, sinon, ‘’tout foutra le camp’’ comme le café de la Comtesse du Barry citée en préambule. Les hommes responsables, ou tout au moins considérés, et rémunéres comme tels, ont grandement démontré ce qu’ils ne savaient pas faire. Pourquoi ne pas donner les responsabilités aux femmes  de bon sens, à part entière, en laissant aux hommes la parité qui leur revient pour éviter la discrimination. J’en reparlerai, mais déjà, Marie-Jeanne, tu dois savoir que l’heure approche sans doute !!! Souvent présenté comme une société de type matriarcal, il ne tient qu’au Cap-Sizun de vérifier si cette réputation est exacte en faisant émerger quelques égéries aptes à tenir la barre car c’est du gros temps qui se prépare, et il faudra peut-être mettre le Cap à la cape.

A Suivre Ma Bro Ar C'Hap Gwechall suite 12 

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Published by spartacus - dans livres
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