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Pont-Croix 

Objets rares d'hier 

Le drusthuil, meuble typique du Cap-Sizun

 

La coiffe de deuil "ar jibilinen "

Ces objets sont visibles au musée du patrimoine 

Le  Marquisat de Pont-Croix

et en photo sur le blog

 

 

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Vous aimez la Bretagne

Vous aimerez le Cap-Sizun

situé au bout du monde, au pays des calvaires, au pays des chapelles, au pays du grandiose, là où finit la terre et commence la mer.

Regardez!!

 

 

 

 


 


Evel ar C'hap, n'eus bro ebet

Il n'y a pas de pays comme le Cap

Pont-Croix

Cap-Sizun côté pile et face

Beuzec

Cleden

Confort

Mahalon

Goulien

Plogoff 

Plouhinec

Pont-Croix 

Primelin

 

Toutes ces miniatures sont extraites de l'album photo du blog. Elles correspondent chacune à un article qu'il suffit de demander dans la liste des articles 

 

 

 

 

 

16 juillet 2006 7 16 /07 /juillet /2006 16:28

Ma Bro: Ar C'hap Gwechall-Suite 5

        6- Les épidémies -

 Les épidémies ont fait des ravages en Finistère, particulièrement la peste et le choléra. Je ne peux les étudier toutes, alors, un simple rappel :

ü      1349- La grande peste qui atteint les rives de l’Odet à QUIMPER et emporte le célèbre moine franciscain Jean Discalceat, plus connu sous le nom de ‘’Santik Du’’, le Petit Saint Noir.

ü      1594- 2ème épidémie (de peste) : 1700 morts à QUIMPER en  octobre et novembre

ü      1639-1640-1641- la peste ravage toute la Bretagne ( cf : Daniel Bernard- monographie page 53). Invocation de Saint They en CLEDEN-CAP-SIZUN en cette circonstance.

ü      1768- épidémie de fièvre putride (même référence- typhus sans doute)

ü      1834- épidémie de fièvre typhoïde et petite vérole (id°)

Henri Goardon (Ar C’hap Gwechall) confirme l’invocation de Saint They en cas de peste (page 89).

Le Cap-Sizun en histoires (page 30) fait état d’une épidémie de peste au XVIème siècle, à l’issue de laquelle les gens de PLOGOFF émigrèrent à l’île de Sein.

Selon un document d’origine ‘’internet’’, une quarantaine d’épidémies de peste ont été dénombrées dans le Finistère entraînant des milliers de morts.

On peut aussi rappeler ‘’La Peste d’Elliant’’ où une croix signalait l’emplacement d’une fosse commune dans laquelle la plus grande partie de la population avait été ensevelie. Hersart de La Villemarqué a immortalisé cet événement dans le ‘’Barzaz Breiz’’. (Elle daterait du VIème siècle).

Comme il fallait bien trouver un bouc émissaire, on se tourna vers les Protestants et on invoqua les ‘’Saints Guérisseurs’’ : Saint Collodan à PLOGOFF, Saint Corentin à QUIMPER, Saint Grégoire le Grand à QUIMPERLE . Les plus sollicités sont Saint Roch et Saint Sebastien. Quatre vingt chapelles leur sont dédiées, sans compter les statues : 157 pour Saint Roch, 103 pour Saint Sebastien. Le calvaire de PLOUGASTEL-DAOULAS date de 1598, et a été élevé à la suite d’une épidémie de peste.

La peste pourrait donc constituer un sujet à part entière, et je me contenterai de l’effleurer. Je citerai cependant encore 2 choses, choquantes peut-être mais qui figurent dans les documents que j’ai consultés :

§         Dès l’apparition des symptômes, les maisons des contagieux étaient cadenassées et signalées par un sceau spécial .

§         La communion était distribuée aux pestiférés au bout d’un bâtonnet (à Saint Pol de Léon).

******  

Il est temps de parler du travail remarquable fourni par Monsieur Heurté Claude, aujourd’hui Docteur Heurté. Il s’agit d’une thèse de doctorat en médecine soutenue publiquement le 16 décembre 1986 à 18 heures, à la faculté de médecine de BREST, et qui s’intitule :

« Epidémies dans le Cap-sizun au XIX ème siècle ».

J’ai pu accéder à ce document grâce au Médecin Général des Armées Roger Moullec, de PRIMELIN, par ailleurs membre du jury lors de la soutenance de thèse. Je l’en remercie. Travail de fourmi, travail de Bénédictin, document exceptionnel qui devrait comme tant d’autres figurer dans une bibliothèque d’histoire locale, hélas, encore inexistante à ce jour.   Ceci n’est pas une critique, tout au plus une suggestion car, comme disait Beaumarchais :   

                            «   Sans la liberté de blâmer, il n’est pas d’éloge flatteur »

Il me faut donc dégager les points essentiels de ce document de 455 pages.

Après avoir traité de généralités en introduction, l’auteur étudie tout d’abord les épidémies de choléra en 1834, 1849, 1866, 1885 et 1893, puis les autres fléaux : variole, fièvres intestinales, rougeole, scarlatine, diphtérie et même coqueluche.

Généralités  

Dès le départ le constat est accablant. Le Cap est un pays de misère, ‘’misère ambiante à la fois économique et physiologique’’, à la suite de guerres ininterrompues avec l’Angleterre. Le port de BREST serait responsable de l’importation des épidémies par l’intermédiaire des soldats rentrant en France. Autres facteurs : les difficultés de communication (routes non entretenues et peu sûres), l’absence des jeunes (services aux armées, chouannerie) et les conditions de vie déplorable chez les pauvres. (taux de mortalité dans le canton de PONT-CROIX : 40%). Les conditions de vie sont condamnées par la médecine qui se heurte aux coutumes ancestrales.

Le 24 avril 1829, le Docteur Gouiffès, médecin des épidémies de l’arrondissement de QUIMPER, adresse au Préfet un rapport sans complaisance faisant ressortir :

§         Les conditions de vie déplorables parmi les pauvres. L’hygiène et la médecine les condamnent, mais elles se heurtent à de fortes résistances dûes aux coutumes ancestrales.

§         La nécessité de sortir ces pauvres habitants des campagnes de «  l’abrutissement et de la barbarie  où l’ignorance et la superstition les tiennent ensevelis ».

§         La dangerosité des lits-clos « espèce de prison étroite, sorte de cercueil, où croupissent  quelquefois ensemble, sous le coup d’une maladie grave, le père, la mère et quelques enfants suspendus au plafond du sépulcre dans un panier rempli de paille et d’ordures ». Les portes à coulisse sont en bois plein. Les lits-clos sont le désespoir et le tourment  des médecins :

«  Comment renoncer au meuble magnifique, à cet ornement si bizarre et si gothique, à ce chef-d’œuvre si ridicule et pourtant si dispendieux, à cet indice parlant de la richesse de la maison, sur lequel on voit se dessiner en relief, à côté de croix, de crucifix, de saints sacrements, les figures les plus burlesques et une grande partie des animaux échappés au déluge ». !!!

****** 

Il faut noter encore le constat par l’ingénieur de l’arrondissement le 24 décembre 1829 :

ü      L’état des habitations, qui favorisent la propagation des incendies mais sont néanmoins reconstruites à l’identique après un sinistre (coutumes, refus des innovations, héritage des aïeux). Ces maisons sont trop basses, humides, (humidité provenant des fumiers situés derrière et devant), au sol crevassé, mal éclairées, mal ventilées.

ü      L’auge de pierre dans laquelle sont déversées les eaux de lavage et les reliefs de table destinés à la nourriture des pourceaux. L’ensemble fermente, répand une odeur de putréfaction. Lorsque l’auge est pleine, on ne la vide pas entièrement, gardant un fond ( le fond de sauce cher aux maîtres-queux d’aujourd’hui).

ü      La malpropreté. Pas de balayage. Toiles d’araignées jamais enlevées.

ü      La cloison de séparation entre les gens et les bêtes, appelée claye.( J’ai vu personnellement en Morbihan, en 1954, une ferme dans laquelle les vaches n’étaient séparées des gens que par une cloison à mi-hauteur) .

ü      Les fumiers déposés devant les maisons.

ü      La construction des écuries et des étables sur les points hauts pour faciliter les écoulements.

ü      Les immondices jetés devant les portes, dans les écoulements.

ü      La malpropreté naturelle des habitants.

ü      Les incendies fréquents.

 

Il faut signaler aussi la législation aberrante concernant l’impôt sur les ouvertures, législation maintenue jusqu’en 1917 : grandes fenêtres = impôt élévé.

Enfin, le Cap est un coin isolé, dans une situation presque insulaire. C’est un milieu fermé, à l’économie autarcique, disposant de mauvaises voies de communication.

La commission cantonale d’hygiène  réunie à PONT-CROIX  en 1850, situe cette ville à 34.629 mètres de QUIMPER. Le canton de 12 communes compte 19646 âmes. Quant aux vallées, l’une est évaluée à 12 Kms ( de Lespoul à Pont-Croix  jusqu’à la Baie des Trépassés), l’autre à 3 myriamètres. (de Plonéis à Audierne- 1 myriamètre=10.000 mètres ; ancienne mesure).

Le canton ne possède pas de source d’eau minérale  

****** 

  « Quant à la constitution physique des habitants, elle est bonne et la moralité n’est pas mauvaise ; leur caractère quoique doux, n’est pas très franc ni très loyal ; ils ont l’esprit extrêmement processif. Le penchant pour les liqueurs fortes est très prononcé. L’esprit dominant du pays est pour l’ordre et la religion. Il y a foule aux offices divins, ainsi qu’aux foires et marchés ». (Note du rédacteur : globalement, la commission nous trouve des qualités, mais quels défauts !)

Il faut aussi parler des villes :

ü      PONT-CROIX- surface : 11 hectares, 15 ares- Les habitations, sans être belles ni régulières, sont convenablement  aérées et ne présentent aucune cause d’insalubrité.

ü      AUDIERNE- population de 1041 âmes, surface 10 hectares, jardins compris. Les vases qui séjournent dans le port, les miasmes qui en émanent et l’humidité que présente la majeure partie des maisons vicient l’air qu’on y respire.

Causes présumées des maladies :

ü      Présence des fumiers, mares d’eau croupie, varechs putréfiés autour des maisons humides, basses, mal éclairées et mal aérées , et les lits-clos .

ü      Malpropreté dans le ménage ou défaut de soins dans la préparation des aliments.

ü      Saleté des vêtements.

Ce constat a été signé à PONT-CROIX  par A.Delécluze, remplaçant du maire.  

Le choléra

****** 

Le choléra est parti de CALCUTTA en 1817, pour envahir successivement la Chine, la Perse, la Russie, la Pologne, la Prusse, l’Angleterre et la France en 1832 .

ü      Il atteint le Cap-Sizun à la fin de l’année 1834, après avoir débuté à BREST au mois de juillet. 3 décès à PONT-CROIX en décembre, 11 décès à CLEDEN , 64 décès à AUDIERNE du 25 décembre 1834 au 21 février 1885. (L’état d’Audierne sera décrit plus loin : épidémie de 1885).

Il n’y a qu’un seul médecin dans le canton : Docteur Gigaud, résidant à PONT-CROIX, mais certains ecclésiastiques ‘’rendent des services’’. L’abbé Guézinguar, recteur de PLOGOFF a des connaissances et les inculque à son vicaire, l’abbé Yven ‘’qui fait des saignées et prescrit des potions’’. Celui-ci est appelé à AUDIERNE lors de l’épidémie de 1834 pour donner sacrements et soins (on signale 400 malades et une perte de population de 1/14ème – confirmation du chiffre ci-dessous). Les instituteurs publics n’existent pas encore. 

ü      2ème épidémie 1849 – Bilan :

Nombre de décès

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Commune

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nombre de malades

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

18

Ile de sein

78

7

Esquibien

12

8

Pont-Croix

11

2

Goulien

2

13

Audierne

56

13

Primelin

45

 On remarque qu’il y a moins de cas à  PONT-CROIX, sans doute pour 2 raisons : plus grande propreté de la ville, niveau de vie (commerçants) supérieur à PONT-CROIX, AUDIERNE étant très pauvre. De plus, les médecins résident à PONT-CROIX (on en signale cependant un à Audierne très rapidement).

Pour l’anecdote, je signale que la fontaine de Notre Dame de Roscudon , détruite pendant la Révolution , a été rebâtie en 1858. La vierge était sensée protéger des épidémies.

Pour certains Capistes, le fléau vient des cantons limitrophes : DOUARNENEZ et QUIMPER .A l’Île de Sein, on attribue la responsabilité à un maçon arrivé de BREST le 28 novembre 1849, où l’épidémie fait des ravages.

Il est désormais conseillé de désinfecter les selles des cholériques avec de l’eau chlorée.

On constate aussi que en 1832-1834, le choléra a débuté à l’intérieur et s’est propagé d’Est en Ouest. En 1849, il débute au bord de l’océan  et se propage de l’Ouest vers l’Est .

ü      3ème épidémie :1865-1866-

Le choléra aurait été importé par des pêcheurs à partir du GUILVINEC, ÎLE-TUDY, DOUARNENEZ, PONT-L’ABBE

Bilan : BEUZEC : 1 décès- PONT-CROIX : 10 décès-AUDIERNE : 59 décès (déclarés le 10 février 1866.

ü      4ème épidémie : 1885-

Cette épidémie n’est pas particulière au Cap-Sizun. On signale 72  décès au GUILVINEC et 144 à AUDIERNE (pour 420 cas), 49 à POULGOAZEC pour 115 cas, 80 à DOUARNENEZ , 24 à L’Île de Sein. AUDIERNE détient le triste record des cas déclarés et du nombre de décès, ce qui a justifié un rapport du  Médecin des épidémies du canton de PONT-CROIX : le Docteur Hébert, dans lequel on peut lire :

« Entre les deux quais, la ville est habitée par les commerçants, classe relativement aisée qui, grâce à ce bien-être, n’a pas eu à souffrir des atteintes du choléra… ».

Suit une description de la ‘’Grand Rue’’, aujourd’hui rue Pasteur, habitée par les marins et leur famille, dans laquelle les logements, adossés aux constructions du quai sont assez salubres. Il n’en est pas de même côté ouest, adossé à la colline de 250 mètres (Kéridreuf). Je cite : 

« L’adossement de ces maisons à la colline constitue une cause permanente d’insalubrité : les murs souvent contigus ou adossés à la colline, véritables cloaques infects surtout en été …infiltration continuelle des eaux….misère, malpropreté, incurie des habitants, lits à 2 étages superposés, paillasses et mauvaises couvertures, hygiène déplorable, matériels et vêtements de pêche déposés mouillés dans l’entrée, fenêtres encombrées par du poisson au séchage, poêle en fonte seulement allumé seulement pour les repas ».  

La rue ‘’Double’’, aujourd’hui rue Danton, n’est pas mieux lotie :

« irrégulière, tortueuse où coule un ruisseau alimenté par la fontaine de Saint Raymond. Les maisons du côté sud sont également adossées à la colline comme dans la ’’ Grand Rue’’.

 Une vieille porte dans la rue Danton

 

 

Les quartiers plus élévés : Kervréach, Keridreuff ont moins souffert (ventilation). La quartier de ‘’La Montagne’’ est le plus sain.  

Peu de maisons possèdent des fosses d’aisance. Les immondices sont déposés un peu partout. Les logements sont surchargés ( 8 à 10 personnes dans une chambre humide et mal aérée).

Et enfin, abus de boissons alcooliques tant chez les femmes que chez les hommes ».

Il semblerait que le choléra  ait été importé du GUILVINEC. En effet, le 16 octobre 1885, 50 à 60 bateaux de pêche du GUILVINEC, surpris par la tempête, se sont réfugiés à AUDIERNE. Neuf jours après, le 25 octobre, le choléra s’est déclaré.

(remarque personnelle : j’ai retrouvé, une fois de plus, mon patronyme  dans la liste des victimes).

C’est la pauvreté et le dénuement qui sont responsables de la propagation : malpropreté, absence de latrines, déjections jetées dans les rues ou dans le bassin ( entendre : le port), linges souillés, non utilisation de désinfectants par ‘’des pauvres diables ignorants et méfiants’’.

Le maire d’AUDIERNE est à l’époque Amédée de Lécluze Trévoédal ( nom d’une terre de Beuzec déjà citée). Il sera amené à prendre un arrêté interdisant aux pêcheurs en transit de loger chez l’habitant, mais devant la mauvaise volonté des marins, il fermera les yeux, ce qui lui sera reproché (intérêt de popularité malsaine, intérêt du négoce : il est marchand de vin) , au point d’envisager des mesures à son égard. Les relations entre le maire et le Préfet sont très tendues (lettre du 30 mars 1886- cf : doc de référence page 181).

Le 16 novembre 1887, on signale la présence du Docteur Neis à PONT-CROIX ( Il a inspiré l’œuvre de sa fille, Jeanne Nabert : le cavalier de la mer ).

Il faut signaler aussi que la langue pose problème : cet obstacle linguistique sera en partie contourné par la francisation et l’action de Jules Ferry.

Le  clergé n’est pas inactif. L’action de l’abbé Mathieu Salaün , vicaire à AUDIERNE ne semble pas avoir retenu l’attention du rédacteur de la thèse. Le bulletin paroissial d’AUDIERNE a, en 1985, consacré un article à cet homme modeste . Par ailleurs, j’ai bénéficié de sources privées pour en parler.

L’abbé a vécu dans la pauvreté en donnant aux autres ce qu’il possédait : son courage et son temps. Il est décédé 2 ans après l’épidémie de choléra. Le bulletin précité parle de suite de fièvre typhoïde. Ma source privée dont je garantis l’authenticité ( copie d’un document de 1887) fait état d’un ‘’transport au cerveau’’, au cours duquel  

 « l’abbé quitta le presbytère en pleine nuit, pieds nus, uniquement revêtu de sa soutane. Toutes les recherches pour le retrouver furent vaines dans la nuit .

Au point du jour, on retrouva son chapeau et sa soutane sur une grève voisine de la ville, et, deux heures après, son cadavre gisant non loin de là …..A cette nouvelle, la plus grande consternation se répand dans toute la ville ; il était si aimé celui qui venait de finir si tristement ! Aussi ses funérailles ont-elles revêtu un caractère tout particulier de solennité. Pendant 2 jours, il est resté exposé dans la salle du presbytère…Tous les navires avaient le pavillon en berne. Les marins de la ville, en reconnaissance de son héroïque  dévouement pendant le choléra de l’année dernière ont tenu à porter eux-mêmes sa dépouille mortelle. Le cortège funèbre, au lieu de se rendre directement à l’église, sur la demande de la population, a parcouru auparavent, en procession, les quais et quelques rues…..Devant le cercueil , qu’on avait laissé découvert, de jeunes enfants portaient des bouquets et des couronnes ; une autre couronne était portée sur un brancard par 4 hommes : deux bourgeois et deux marins. Toute la population suivait, et dans cette assistance nombreuse, on voyait couler bien des larmes….Une trentaine de prêtres….et son frère recteur de LANILDUT …. ».

La population audiernaise reconnaissante lui a fait élever (financement par souscription publique), au cimetière d’AUDIERNE, un monument , à droite de l’allée centrale, sur lequel on peut lire :

« Il a ouvert sa main à l’indigent et a tendu son bras au pauvre »

L’abbé avait 41 ans.

Des mains anonymes et peut-être  reconnaissantes  entretiennent régulièrement sa tombe. Voilà qui peut ressembler à un  plaidoyer pour la tombe de Guezno. L’histoire locale est chargée de grands noms qui ne méritent pas  notre ingratitude. L’avenir dira si notre histoire contemporaine transmettra quelques ‘’grands noms’’ à la postérité. Rien n’est moins sûr !!

Quant au conseil municipal d’AUDIERNE, réuni en séance ordinaire le 21 février 1886 sous la présidence de A. de Lécluze Trévoédal maire, il vote la création d’une médaille commérative en bronze, destinée à une vingtaine de personnes, dont :

Le Docteur Neïs de PONT-CROIX

Le Filles du Saint-Esprit de SAINT-BRIEUC

Monsieur Salaün, vicaire à AUDIERNE

Monsieur Kerloc’h, garde-champêtre

Il m’a paru souhaitable de donner tous ces détails car, comme je l’ai déjà dit , la transmission de la mémoire ne peut s’accomoder d’approximation et encore moins d’inexactitudes.

ü      5ème épidémie : 1893 :

Venue de BREST, cette épidémie atteint une fois encore le canton de PONT-CROIX, mais sans faire de victimes (191 décès à Brest, 92 à Saint Pierre Quilbignon, 113 à Lambézellec, 38 à Douarnenez, 18 à Quimper).

Des malades sont signalés à AUDIERNE  entre le 10 et le 23 septembre, à PLOGOFF entre le 13 et le 16 septembre, à PLOUHINEC le 18 septembre.

Il faut noter l’intervention de l’instituteur public Keruzoré à PLOGOFF, qui signe une correspondance adressée au Préfet. Il est en même temps secrétaire de mairie et, c’est un fait nouveau, se substitue au recteur du début du siècle pour encadrer la population en ce qui concerne l’hygiène. On apprend aussi que la pêche au maquereau fait venir à AUDIERNE un millier d’hommes en provenance de TREBOUL. (Lettre du 3/12/1894, page 233), alors qu’il y a eu 35 décès à TREBOUL le 2 septembre 1893.

Le Préfet fait interdire le transport des drilles, chiffons, cordages, filets, voiles, textiles, literies (matelas, couvertures) hors des communes contaminées, ce qui provoque une réaction des négociants en chiffons qui ne veulent pas perdre de l’argent. (Appréciation personnelle : Monseigneur Pognon garde toujours ses droits). Quant aux paysans, ils ne déclarent pas toujours les malades pour ne pas être contraint de brûler les  paillasses ou d’appeler le médecin.  Tout Tout cela c’était il y a exactement un siècle + 10 ans . C’est cela le CAP ! 

Heureusement, le choléra va disparaître à la fin du XIX ème siècle, en raison du dépistage précoce et d’une amélioration de la nourriture et de l’hygiène. Mais son nom restera synonyme de calamité.  Audierne se sera fait remarquer par le nombre de cas déclarés et de décès incontestablement imputables à la pauvreté. (Suite 6)

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Published by spartacus - dans livres
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