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Pont-Croix 

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Le drusthuil, meuble typique du Cap-Sizun

 

La coiffe de deuil "ar jibilinen "

Ces objets sont visibles au musée du patrimoine 

Le  Marquisat de Pont-Croix

et en photo sur le blog

 

 

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Vous aimez la Bretagne

Vous aimerez le Cap-Sizun

situé au bout du monde, au pays des calvaires, au pays des chapelles, au pays du grandiose, là où finit la terre et commence la mer.

Regardez!!

 

 

 

 


 


Evel ar C'hap, n'eus bro ebet

Il n'y a pas de pays comme le Cap

Pont-Croix

Cap-Sizun côté pile et face

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Pont-Croix 

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Toutes ces miniatures sont extraites de l'album photo du blog. Elles correspondent chacune à un article qu'il suffit de demander dans la liste des articles 

 

 

 

 

 

23 avril 2016 6 23 /04 /avril /2016 09:58
monument de la France libre à l'Île de Sein

monument de la France libre à l'Île de Sein

Audierne.Cap-Sizun

Tout ce qu'il ne faut

pas dire !!

Suite

 

Le livre écrit par le général de gendarmerie Soubelet est donc paru à la date prévue. Le blog konchennou a fait la présentation de l'ouvrage dès que la parution a été programmée,  et promis d'exprimer son point de vue après en avoir pris connaissance.

La lecture étant faite, nous allons donc utiliser notre liberté d'expression pour porter une modeste appréciation sur cet ouvrage.

Disons d'entrée: un ouvrage quelque peu dérangeant sans aucun doute !! D'autant qu'il a été écrit justement pour tenter de faire apparaître ce manque de liberté d'expression dans les forces armées, (dont la gendarmerie fait partie), qui contrairement aux forces de police ne disposent pas non plus de syndicats  pour défendre leurs intérêts professionnels. Au point de voir les épouses de gendarmes s'exprimer sur internet au lieu et place de leurs maris. Original non ?? Mais astucieux aussi et même cocasse !! Les retraités font leur possible par le biais des associations mais , pour autant,  ne remplacent pas l'active.

Les forces armées sont donc désavantagées dans certains domaines par rapport aux forces de police. C'est vraisemblablement ce que le Général a voulu démontrer, et la démonstration est faite de manière plutôt magistrale.

Disons tout de même pour que les choses soient claires que le syndicalisme dans les forces armées n'est pas envisageable pour de multiples raisons. On ne peut imaginer une décision d'engagement des forces armées soumise à une consultation voire autorisation préalable d'une quelconque instance syndicale. Les forces armées sont apolitiques et républicaines, ce qui les amène à exécuter les ordres gouvernementaux, quelle que soit la couleur de ces gouvernements. C'est le propre de la démocratie.

Mais les forces armées connaissent mieux que personne leurs points forts et bien entendu leurs faiblesses sans pour autant avoir le droit de les faire connaître autrement que par des rapports adressés à leur hiérarchie, donc sans diffusion ni information publique. 

 Il n'en reste pas moins que certains membres des forces armées acquièrent une expérience particulière dans certains domaines en raison des missions qui leur sont confiées. C'est le cas de la gendarmerie pour ce qui concerne la police judiciaire par exemple, tout comme la sécurité des citoyens dans la vie quotidienne, tant le jour que la nuit . Autre exemple: les contrôles de circulation automobile qui ne sont pas une mission de l'Armée qui a assez à faire par ailleurs, qu'elle soit de Terre, de Mer ou de l'Air., en métropole ou sur d'autres continents.

La gendarmerie qui appartient à l'Armée de terre est utilisée par le ministère de l'Intérieur pour exécuter ses missions du temps de paix, généralement en milieu rural puisque le milieu urbain est plutôt confié à la police. Situation pas très simple évidemment non ?? Deux ministères de tutelle, pourquoi ??? A notre avis, la question se pose. Un ministère unique pour les polices, pourquoi pas ???

La plus grande partie du territoire est donc actuellement sous la responsabilité de  la gendarmerie qui, en fonction de son organisation propre s'occupe des communes ( communautés de brigades, compagnies), des départements (groupements), des régions etc....Un officier de gendarmerie est donc amené à exercer sa fonction à plusieurs niveaux, sur le terrain, depuis la compagnie jusqu'à la région en passant par le groupement et les états majors, voire la direction. En conséquence,Il travaille  en proche collaboration avec les responsables locaux du découpage administratif : Maires, Préfets, Ministres etc...Un temps d'exercice de responsabilité peut durer plusieurs années dans la même fonction. L'expérience acquise est donc incontestable et ne peut se comparer à une expérience différente acquise par exemple dans la société civile qui n'est pas particulièrement confrontée aux risques de pertes en vies humaines. Les risques encourus dans les forces armées sont sans comparaison avec les risques professionnels de la société civile, même si ces derniers existent aussi dans certains domaines: mineur, marin-pêcheur, convoyeur de fonds etc... 

C'est sans doute ce qui a amené le Général Soubelet à écrire ce qui suit (page 207)

" le commandement dans l'armée implique d'affronter la mort , avec le devoir absolu de protéger la vie des subordonnés. Ainsi, tout ce qui vise à la diminution des moyens permettant d'assurer  la pérennité de notre défense nationale est considéré comme une atteinte à l'intérêt général.

Pour les politiques et ceux qui les entourent , les choses sont bien plus nuancées et les accommodements assez fréquents. L'intérêt général est un concept à géométrie variable, fonction du contexte ou du moment.

Il existe donc un réel décalage.........Il est dû aussi à la disparition du service national....

******

Le général Soubelet a exercé des responsabiliés à plusieurs niveaux, dont le département du Vaucluse qui ne doit pas manquer d'intérêt. Le Pont d'Avignon bien-sûr, le festival de la ville du même nom, le Palais des Papes et les chorégies d'Orange, sans oublier le voisinage avec  Marseille et  la mer Méditerranée ce qui implique la proximité avec le  nord de l'Afrique. Toutes les caractéristiques du midi par conséquent et donc tous les problèmes de ce type de région .

Il a également été patron des gendarmes  des 8 départements qui constituent le Midi-Pyrénées , (population de environ 2,5 milions d'habitants). Cette responsabilité concerne donc plusieurs groupements, plusieurs compagnies et encore un peu plus de communautés de brigades. A ce niveau de responsabilité on acquiert sans aucun doute une certaine expérience du terrain, qui permet d'exercer ensuite son talent dans les états-majors. Oser  parler d'affronter la mort ne peut se faire que si on a vécu des cas de situations dangereuses, ce que le Général a dû connaître. Tout le monde a entendu parler du GIGN, dirigé à une certaine époque par l'actuel numéro 1 de la gendarmerie. Mais le GIGN n'est pas un cas unique de confrontation au risque, qui peut concerner la plus modeste brigade dans la France profonde et le plus modeste gendarme dans un simple contrôle de circulation. 

Ceux qui ont connu la guerre d'Indochine sont de plus en plus rares, mais il reste encore des Anciens de la guerre d'Algérie, professionnels ou appelés du contingent, qui ont vécu des cas de combat dans lesquels ils exerçaient parfois des responsabilités: chef d'équipe, chef de groupe, chef de section, parfois commandants de compagnies etc...Ils peuvent encore témoigner et expliquer ce qu'est un échange de coups de feu, la réduction d'une résistance et les bilans dans lesquels il faut compter les morts et les blessés, sans oublier les héliportages, les commandos de chasse et les opérations de nuit comme les patrouilles et les embuscades.

Oui mon Général, le commandement dans l'Armée implique d'affronter la mort, ce qui est le cas des hommes de terrain qui commandent au feu. Laissons à leurs téléphones les stratèges de bureaux qui posent des questions tout en fumant une cigarette et buvant une bière, loin des évènements. En Algérie, les chefs de sections et commandants de compagnie avaient autre chose à faire sur le terrain pour remplir les missions et économiser les vies humaines, faisant ainsi honte au général Nivelle qui, au cours de la guerre 14-18 se flattait d'avoir

Consommé des Bretons .

Les officiers qui ont commandé au feu, qui ont embrassé des Mamans devant le cercueil de leur enfant, qui ont prononcé des oraisons funèbres, ne peuvent qu'être outrés par cette formule honteuse, et sont sans aucun doute heureux d'avoir pu lire ce qu'a osé écrire

Un Général Courage.

Ce qualificatif à lui seul vous donne raison d'avoir osé braver une interdiction qui se termine comme prévu par une sanction puisque vous êtes relevé de votre commandement. Mais ce n'est pas une surprise, ni pour vous ni pour vos lecteurs. Reste tout de même à attendre les prochaines échéances électorales (dans un an), pour mesurer l'impact de votre ouvrage sur les résultats, dans un contexte très  particulier puisqu'un Ministre du gouvernement vient de prendre une initiative comparable à la vôtre (sans sanction) en lançant un nouveau mouvement qui s'intitule "En Marche". Donc, deux situations différentes pour un civil qui a des droits  et un militaire  qui n'a pas le droit de s'exprimer. C'est peut-être une conséquence du statut des militaires qu'il faudrait peut-être revoir comme on a revu les anciens règlements définissant autrefois la discipline et que nous citons de mémoire:

" La discipline faisant la force principale des armées....etc"

Il semblerait si l'on en croit les sondages, que de plus en plus l'opinion publique soit  attirée par la recherche en priorité de l'intérêt général, mise en pratique par des responsables apolitiques. Dans l'hypothèse où cette orientation se manifesterait dans les urnes, "Tout ce qu'il ne faut pas dire" serait un des éléments à prendre en considération, loin du "politiquement correct" qui ne semble plus donner satisfaction à une majorité d'électeurs potentiels et versatiles puisque droite et gauche sont qualifiés des mêmes adjectifs concernant leurs résultats. 

Nous pourrions poursuivre sur beaucoup d'autres sujets traités dans votre ouvrage, comme le service national. Rappelons seulement que lorsqu'il fut question de le supprimer, un connaisseur en l'occurrence le Général Bigeard, ancien Secrétaire d'Etat, se prononça pour son maintien . Une durée de 6 mois lui paraissait convenable.

Il ne fut pas écouté malgré sa compétence incontestable et son expérience . Aujourd'hui, le terrorisme est d'actualité et certaines mesures ont déjà été prises. Reste à savoir si elles seront suffisantes en cas de ... 

******

Nous avons commencé cet article en nous référant quasiment à la fin de votre livre. Nous n'allons pas reprendre toutes vos propositions que chacun pourra étudier en lisant votre ouvrage. Pour conclure, nous allons donc revenir au début de votre texte. Voici ce que vous écrivez page 11:

"  Je voudrais contribuer à remettre au goût du jour des valeurs oubliées, nos valeurs fondatrices: l'intérêt général, la probité, l'honneur, la sincérité. ......Autant de vertus sans lesquelles il n'y a pas de grande nation ......

et page 13

" Enfin , j'ai le désir de faire sauter le verrou qui interdit à des responsables militaires de s'exprimer, afin qu'ils puissent  participer  de manière constructive au débat public...."

*****

L'opinion publique devrait  sans doute majoritairement partager votre point de vue, mais rien ne dit par avance ce que sera leur choix lors des prochaines élections. La France profonde est parfois difficile à cerner. Un exemple: la simple fonction de maire d'une petite commune est parfois convoitée par ceux qui sont davantage motivés par des intérêts personnels que par l'intérêt général. Que ne ferait-on pour obtenir une décoration, un titre, un strapontin pour se créer un rang social se situant par là même au dessus des autres, et avoir sa photo dans le journal local en affichant sa boutonnière municipalement et communalement décorée :

" Ma boutonnière !! Non mais alors, vous avez vu ??

C'est peut-être la raison ou une des raisons qui justifie le manque d'enthousiasme des militaires retraités pour s'investir dans les fonctions de base dans lesquelles il est difficiie d'émerger sans adhérer à un parti. (Exemple: actuellement aucun militaire retraité exerçant la fonction de maire dans une des 12 communes constituant le Cap-Sizun).

 Les listes ouvertes et apolitiques n'ont pas toujours le succès qu'elles devraient avoir . Les prochains scrutins diront si les changements sont à l'ordre du jour, ou si on continue, justifiant  par là-même le titre de votre ouvrage:

 

Tout ce qu'il ne faut pas dire !!

  

 

********

 

Ajoutons encore un mot pour dire que nous aurions pu conclure notre point de vue en empruntant  le titre d'un article paru dans "Le Figaro" à la date du 18-4-2016 (signé Alexandre Malafaye) qui pose une question:

 

Eviction du Général Soubelet.

Devoir de réserve ou droit de savoir ??

En voici un extrait:

{ La sanction infligée au Général Soubelet démontre combien le pouvoir exécutif tient à rester sourd à son environnement, prenant par là même le risque incroyable de stériliser la parole de ceux qui doivent justement l'éclairer......

On songe ici à ce proverbe:

"La maison brûle, Grand-Mère se peigne". }

 

 

Chacun pourra donner sa propre réponse à la question posée en titre.

Les Anciens d'une certaine école seront peut-être tentés par une formule traditionnelle qui leur rappellera leur jeune temps :

 

A genoux les hommes...

Debout......

 

 

 

 

Puy du Fou. Honneur à Jeanne d'Arc

Puy du Fou. Honneur à Jeanne d'Arc

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Published by spartacus - dans actualités
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